France - Ligue 1 - 17e journée - Brest/Montpellier

Par Alexandre Pauwels

Montpellier et le Cabelhanda

L’un a été le leader technique du champion de France, l’autre est le leader technique d’une équipe rentrée dans le rang. Younès Belhanda et Rémy Cabella, passé et présent. Deux joueurs en lutte, si ce n’est pour le même poste, sinon la même étiquette. Deux joueurs qui constituent assurément le principal casse-tête montpelliérain. Topo sur un dilemme.

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Younès Belhanda et Rémy Cabella (Montpellier Hérault)
Younès Belhanda et Rémy Cabella (Montpellier Hérault)
« Cabella, il est au top. C’est un excellent joueur et il a un excellent état d’esprit car un coup, il joue, un coup, il ne joue pas, mais il ne dit jamais rien et répond toujours présent. C’est la classe. Il est l’un des leaders, l’un des meilleurs joueurs de l’équipe. Mais il n’y a que l’entraîneur qui ne semble pas en être sûr. » C’est Loulou Nicollin himself qui a posé les bases d'un débat qui divise Montpellier cette saison : confier les clés du jeu ou non, à Rémy Cabella. Chouchou du président du MHSC, le joueur impressionne à chacune de ses sorties. C’est simple, lorsqu’il est à la baguette, Montpellier joue mieux. Mieux, que lorsque Younès Belhanda est en charge de cette fonction. Pourtant, donc, René Girard insiste avec l’international marocain. Difficile de blâmer le coach, qui s’est reposé toute la saison dernière sur les exploits de son milieu offensif, assurément l’un des hommes clés du succès héraultais en Ligue 1. Mais la donne a changé.

Belhanda et Cabella, des évolutions différentes

Younès Belhanda et Rémy Cabella, deux hommes à la fois proches et lointains. Proches, car ils appartiennent tous deux à la génération 90, ont appris ensemble au centre de formation de Montpellier. Ensemble, ils ont remporté une Gambardella en 2009. De cette formation commune cependant, les joueurs ont pris des chemins divers. Pour Belhanda, crack annoncé, la progression est limpide : après le titre chez les jeunes, il intègre l’effectif pro, dispute 33 matchs en faveur du MHSC en 2009/2010, et jouit déjà du bonheur de la « titularité ». Pendant que son pote découvre les joies de la L1, Cabella, lui, doit patienter. La faute à une rupture des ligaments croisés, qui le tient éloigné des terrains toute la saison. L’année suivante, le voilà contraint de passer par la case prêt à Arles-Avignon, où il attend la fin de l’exercice avant de s’imposer en tant que titulaire. C'est discrètement qu'il rentre à la Paillade la saison du titre. Saison où il retrouve Belhanda, et où, ironie du sort, il se retrouve à jouer sa doublure. En janvier 2012, il entrevoit enfin l'occasion de ramasser plus que des miettes. Parti disputé la CAN, le Marocain laisse vacant le poste de numéro 10, Cabella saisit sa chance. Et ce qui ne devait être que de l’intérim expérimental se mue en CDD prolongé : avec le Corse en playmaker, Montpellier continue d'enchaîner les résultats. Et si le retour de Belhanda le propulse de nouveau vers le banc de touche, le « petit jobard », comme le surnomme Loulou, a gagné la confiance de René Girard. Ce dernier lui confère un statut de joker, capable de dépanner sur l'aile droite. Dans l'esprit du technicien, tout est clair : c'est Belhanda, le numéro 10. Logiquement, ce dernier affiche un bilan saisonnier de 26 titularisations, là où son « remplaçant » n'en compte que 8. Rien de bien choquant, pour le coup.

Girard et Loulou, chacun son chouchou

Mais depuis, un été s’est écoulé. Quelques transferts plus tard, le champion de France perd confiance, et réalise un début de saison tout pourri. À l’image de son club, Belhanda n’est plus transcendant, plus décisif. Et Cabella de rappeler qu’il est là, à chacune de ses sorties. C’est notamment lorsque le Marocain n’est pas aligné d’entrée, comme dans un match de championnat contre Valenciennes ou une rencontre de Coupe de la Ligue face à Nice, que Montpellier joue mieux. Parce que le poste où Cabella excelle, plus que celui d’ailier droit que René Girard s’obstine à lui confier depuis le début de saison (manière d’aligner ses deux cracks ensemble), c'est celui de 10 électron libre derrière un attaquant. Exactement le poste occupé de longue date par Belhanda. Et qui dit longue date, dit forcément rapport de confiance avec René Girard, l’homme qui l’a lancé dans le grand bain dès son arrivée dans l’Hérault à l’été 2009. Ce qui explique, quelque part, son entêtement : « Il fait beaucoup d’efforts. C’est vrai qu’il n’a pas trouvé la plénitude qu’il avait la saison dernière. Un peu comme l’équipe, tout lui réussissait. Mais il fait tous les efforts pour revenir à son meilleur niveau. C’est vrai qu’il a beaucoup de déchets dans son jeu. Il peut mieux faire. Il sait qu’il n’est pas aujourd’hui à son rendement maximum. L'explication ? Quand un garçon ne fait pas le maximum, on peut la trouver facilement. Mais il tente beaucoup de choses et joue à un poste qui lui convient parfaitement, derrière l’attaquant, où il a beaucoup de liberté. »

Belhanda transférable ?

Deux hommes, deux talents, en concurrence pour mener le jeu. Comment contenter tout le monde ? Les aligner ensemble au milieu ? Girard l’a déjà fait. Dans un 4-3-3, en faisant reculer Cabella dans un registre plus défensif, ce qui ne lui colle pas vraiment à la peau. Ou comme face à Sochaux en septembre dernier, dans un 4-1-4-1 inédit (pour une victoire 3-1). Mais le technicien ne semble pas disposé à retenter l’expérience, préférant encore utiliser Cabella sur une aile, plutôt que de risquer un éventuel déséquilibre de son milieu de terrain. Compréhensible. Sacrifier l’influence d’un Cabella pour le positionner sur un côté (ou encore, sur le banc), voilà le choix du coach pour le moment. Un choix discutable, qui ne le serait plus en cas de regain de forme du Marocain. Ce qui semble s’amorcer, avec un match de haut vol ce weekend face à Ajaccio (3-0, Belhanda marque et réalise un assist). Mais le truc qui pourrait aussi contrarier les plans du coach, c’est la volonté de Loulou. Un homme qui adore son Cabella, et pourrait voir d’un mauvais œil l’attitude nonchalante et les récents écarts de son autre pépite (carton rouge contre le PSG, la célébration « fermez-là » aux supporters). Comme il l’a déclaré lui-même : « À part Stambouli, Cabella et un ou deux autres, la porte est ouverte durant le mercato. » On ne sait pas si Belhanda fait partie des intouchables. Mais après tout, un transfert, aussi, pourrait clore le débat.

Par Alexandre Pauwels


 





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  • Message posté par FlyingDutch le 12/12/2012 à 17:47
      Note : 4  /

    Sympa le wati b sur les fesses.... En meme temps une casquette wati b ca ne peut pas servir a grand chose sinon de receptacle pour poser une peche

  • Message posté par MaxMaga le 12/12/2012 à 17:51
      Note : 1 

    Ah putain je me marre en ce moment en lisant les comms sur SF on trouve du niveau un peu partout même sur les sujets les plus innocents

  • Message posté par Ksouille le 12/12/2012 à 17:59
      

    Ces deux pépites sont très bien lignés ensemble.. le coté droit réussi bien a Cabella doonc si Youness retrouve son niveau ça risque de faire très mal avec utaka à gauhe .. girard a bien raison de persister ainsi.. pr linstant en tt cas

  • Message posté par saviola07 le 12/12/2012 à 18:35
      

    C'est surtout que depuis le début de la saison, Cabella est le seul joueur capable de déstabiliser les défenses adverses par ses dribbles et prises de balles fulgurantes. Maintenant que John Utaka est de retour ça va aller de mieux en mieux, mais au delà du poste (10 ou ailier droit) c'est surtout l'envie et la percussion qui distingue Cabella des autres.

    On va voir ce soir comment ça se passe, mais Cabella plus Belhanda en forme il est évident que ça fait très mal. Et bizarrement, le match contre Ajaccio était le meilleur de Belhanda (quoi que niveau passes c'était vraiment pas encore ça) et le plus quelconque de Cabella (tout de même ponctué d'un beau but...).

    Bref, Allez Paillade !!!

  • Message posté par Klinch le 12/12/2012 à 18:36
      Note : 1 

    Ce sont deux joueurs plein de talents assurément, maintenant le choix est compliqué mais effectivement avec un Belhanda au top en n°10 ça peut faire très mal avec Utaka et Cabella.
    Cabella est un ton au dessus cette année, ce qui peut faire pencher la balance.

  • Message posté par Paic le 12/12/2012 à 22:05
      Note : 1 

    Les deux ensemble ça marche aussi hein ! Surtout que dans l'absolu je vois plus Belhanda en 10 et Cabella sur un coté.

    Belhanda a une qualité de passe plus grande, d'ailleurs ce soir il donne un nouveau beau caviar à Utaka.

    Après il a pas été heureux dans ses choix et en réussite sur ce début de saison, mais malgré tout on sent qu'il est au dessus, que ce soit dans des petites déviations, des attitudes, des conservations de ballons, sa technique tout simplement. Girard a 1000 fois raison de continuer à lui faire confiance, et ça paye.

  • Message posté par Je reviens et je suis pas content!!! le 12/12/2012 à 23:41
      Note : 1 

    Tout à fait d'accord avec toi Paic, Belhanda respire la classe du petit numéro 10 technique avec une bonne vista. S'il arrive à devenir plus décisif, il sera enfin mûr pour aller tâter du middle club européen.

  • Message posté par Duck-Hunt le 13/12/2012 à 04:32
      

    Tout à fait Paic. Je trouve que le fait que Belhanda soit intégré à l'équipe depuis plus longtemps se ressent dans le jeu. En comparant les deux aujourd'hui on sent que le marocain a un peu plus d'expérience, il parait plus serein dans l'axe, alors que Cabella est peut être plus fougueux.

    M'enfin, on va pas tortiller du c*l pour ch*er droit, on a la chance d'avoir Belhanda qui retrouve son niveau, et Cabella qui est largement capable de le suppléer au besoin, et qui est aussi capable de très belles choses sur un côté, alors tant mieux !

    C'est pas le sujet mais avec en plus Utaka qui est en feu, ça peut être intéressant.


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