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Montpellier cherche son plan de comm'

Montpellier a beaucoup de mal à vivre avec son statut de champion de France. Pour expliquer les difficultés du moment, ses recrues sont pointées du doigt. En filigrane, l'absence de Giroud aussi, qui score enfin chez les Gunners. Mais mieux que ses performances, ce qui retient l'attention en début de saison, c'est bien sa communication de crise, qui n'a pas d'égal.

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Repartir après un titre est peut-être la tâche la plus difficile en sport de haut niveau. Surtout lorsqu'elle concerne un club qui n'était en aucun cas préparé à cet exercice de style. Une fois l'objectif suprême atteint, il faut retourner charbonner contre des adversaires plus motivés, tout en sachant qu'il sera presque impossible de faire aussi bien. Il faut également, plus sommairement, accepter de retrouver son niveau réel. Montpellier est en train aujourd'hui de s'en rendre compte. Ils ne seront pourtant ni les premiers ni les derniers à vivre ce douloureux épisode. Dans les années 2000, beaucoup de champions ont souffert après l'ultime récompense. Nantes avait attendu la 11e journée avant de gagner lors de la saison 2001-2002. Quelques années plus tard, les voilà en Ligue 2. Stéphane Ziani se souvient : « Après un titre, Reynald Denoueix disait : "C'est simple, soit il faut changer toute l'équipe, soit il faut changer l'entraîneur." »

Une communication qui soude

Le hic, c'est que l'inverse se produit : après un titre, il faut prolonger des joueurs bien plus gourmands. Bordeaux avait resigné en pagaille l'été 2009. Certains joueurs comme Chalmé ne s'en sont jamais remis. À l'inverse, un Jean-Michel Aulas savait très bien gérer ce mercato estival crucial en renouvelant à chaque fois son effectif avec justesse pour éviter de croiser son pire ennemi : la routine. À Montpellier, la découverte de tous ces paramètres se fait aujourd'hui dans la douleur. Mais s'il y en a bien un qui ne semble plus du tout maîtrisé, c'est la communication du club. Calibrée pour être celle d'un petit de province résistant, qui fait la nique aux plus grands, ficelée à la perfection la saison dernière, celle-ci tourne désormais au vaudeville.

L'an dernier, Montpellier jouait le titre et les sorties de ses aboyeurs étaient fréquentes. Elles donnaient du caractère, une identité au club, une force et une sérénité au groupe aussi. Lorsque, début avril, Loulou Nicollin donnait Paris champion - « Ce n’est pas toujours l’argent qui fait tout, mais à mon avis, à l’arrivée, ils seront là. » - il retirait une énorme pression à ses joueurs. Lorsqu'il alignait Ancelotti à son arrivée en janvier - « Je préfère Courbis à Ancelotti ! Il faut être "jobar" pour prendre ce type. S’il ne coûte pas cher, ça va, mais 500 000 euros mensuels… Je crois rêver ! Je ne vois pas ce qu’il a de plus. Il a gagné des titres, mais il avait de la came. Les grands entraîneurs sont ceux qui gagnent des titres avec des demi-bons. Avec Courbis, on est montés en Ligue 1 avec des demi-mongoliens. René Girard fait des miracles cette année. » - il détournait l'attention vers le PSG et valorisait le travail malin réalisé dans son club. Laissés de côté, les joueurs n'avaient plus qu'à jouer derrière. Quelques petites piques de ça et là pouvaient même souder le groupe. L'édifice était hyper cohérent, à tel point qu'il a été champion.

Une communication qui plombe

Après le titre pourtant, Nicollin sent la mauvaise histoire poindre : « Ce n'est pas que du bonheur. Les joueurs veulent tous des augmentations. Un champion, ça ne veut pas rester au Smic ! » Cette remarque peut prêter à sourire, la donne a changé, les histoires de vestiaire sont déballées. Après le match nul de la première journée contre Toulouse, résultat qui n'a a priori rien d'infamant, il remet ça : « Ce qui s'est passé après le titre, les demandes de ceci, de cela, de primes, de réévaluations de salaire, ça m'a gavé. J'ai toujours aimé mes joueurs, mon équipe, et là je reconnais que je les aime moins. J'en ai plein le cul des gens qui se plaignent sans arrêt, qui veulent plus, resigner deux ans, un an de plus pour avoir une réévaluation. Je trouve ça aberrant, casse-couilles, et ça m'emmerde. » La première salve est lancée. Exit la confiance paternaliste aveugle, Loulou se désolidarise explicitement des joueurs. Il n'est plus le père protecteur qui les vend plus cons et plus mauvais qu'ils ne sont pour les protéger. Il les responsabilise, les met face à leur statut de champion et face à un impératif de résultats.

Début octobre, il en rajoute une couche : « Je les fréquente de moins en moins, c’est tout. Je sais à quoi m’en tenir depuis le début de saison. Je leur laisse encore un mois et après on prendra les décisions nécessaires. Là, on est en train de faillir, et je mets tout le monde dans le même panier. Ça ne peut pas continuer comme ça. Quand les gens ont tout ce qu’ils ont voulu pour travailler, on ne peut pas faillir comme ça. » Avant de se montrer même plus menaçant : « En règle générale, les joueurs se sentent impunis. Et pourquoi je n’en virerais pas un ou deux, quitte à perdre le montant d’un transfert ? Dès les jours qui ont suivi le titre, je savais que certains prendraient la grosse tête. C’est dur, mais c’est la vie. Ça s’est passé comme ça aussi à Marseille, Bordeaux et Lille. Il n’y qu’à Lyon que les gars sont restés les mêmes. C’est dommage parce que ce sont de bons gars, mes joueurs. Mais il y en a beaucoup qui sont très surfaits et qui ont eu beaucoup de réussite la saison passée. » Lorsque Pierre Ménes s'en prend publiquement à Daniel Congré, il rétorque dans le Midi Libre : « Il faut arrêter de tout mettre sur le dos de Congré. Il y en a qui sont plus faibles à mon goût. Quand je vois ça, je me demande surtout pourquoi on a recruté autant de joueurs. Ce n’est pas moi qui les ai voulus. » Cadres décisionnels, recrues, joueurs du titre, finalement, tout le monde en prend pour son grade.

Good cop, bad cop

René Girard a beau essayer de calmer le jeu - « Le temps passe et la pression monte, il va falloir avoir de la sérénité dans ces difficultés, mais c'est là qu'on va voir si on a des hommes. Il n'y a pas le feu, mais il faut gagner des matchs » -, cette année, la communication un brin old school et méridionale de Montpellier a changé de dynamique. Quand Girard nuance et recadre, Loulou continue d'aligner. Allumer le feu et l'éteindre, Montpellier est un peu paumé dans cet habit de champion. Un habit trop grand pour lui.

Par Antoine Mestres
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L'autre photo celle de la page principale est cool. On dirait un personage du seigneur des anneaux... Genre le grand mage rouge ou un truc du genre...
Tolkien aurait ete fier.
Jean-Bonbeur Niveau : CFA2
Montpellier cherche surtout un fonds de jeu!
Nicollin adore reprocher a ses joueurs de se la raconter depuis le titre... Il devrait comment par s'ecouter (lui et son coach d'ailleurs), parce qu'il a reussi a rendre un club sympathique et meritant limite detestable et a se rejouir qu'ils sombrent comme c'est le cas cette saison en championnat...
Scotch_OMsoccer Niveau : Loisir
@juda

nan nan, on dirait juste un gros tas de merde*

Aaaaah Loulou et ses montpeliérains!
Bin oui, ils ont pas le service de com des grosses équipes mais c'est ce qui fait leur originalité aussi

et puis depuis quand un champion en titres arrive à poser ses couilles* l'année suivantes en France?
Nan parce que depuis le grand 7 lyonnais (ou 8? je sais même plus), aucun champion n'a confirmé l'année suivante, tombant même souvent dans le ridicule.

j'en veux pour preuve : Bordeaux, Marseille, Lille
Montpellier ne fait que suivre la tendance. C'est pas eux qui sont faibles, c'est cette L1 de merde* où les "cadors" sont pas foutus de tenir leur rang

rien à voir donc avec un déficit de com
et puis, entre nous, on savait très bien que Mtpellier c'était le coup d'un soir, le genre d'exploit fait par une équipe en surrégime qui n'était pas prête de se répéter

c'est déjà énorme ce qu'ils ont fait
corinthians Niveau : DHR
Une equipe de demi mongoliens .... Je l'avais raté celle la .... Elle est drôle, mechante oui mais drôle !!
Millonario Niveau : DHR
Article résumant bien la situation. La vraie différence avec Lyon selon moi, c'est que les gones vendaient plus de joueurs, recrutaient également. Donc malgré les titres, chacun se sentait quelque part menacé, personne n'était indiscutable. Tous devaient bien figurer. Les moins bon pour rester dans un club qui joue la C1 et le haut de tableau, les meilleurs pour partir dans les grosses écuries. Dans le cadre d'un champion, on ne peut raisonnablement garder la même équipe, beaucoup sentent qu'ils ne feront jamais mieux, surtout qu'ils sont beaucoup plus attendus. Cela n'enlève rien à leur formidable épopée.
Mister Wayne Niveau : District
Tout le monde les voulait devant Paris, Lyon, Marseille l'année (des clubs qui "dérangent", mentalité française obligé), leur souhait fut exaucé.

Ces mêmes personnes seront les premiers à se plaindre quand l'indice de coefficient français européen sera sur la pente descendante et seulement les 2 premiers auront accès à la LDC. Dont un qui devra passer par le tour préliminaire..
Bah, je pressens surtout que la « communication » de Montpellier n'a pas fini de payer d'avoir réussi à être quand même le champion de Ligue 1 le plus exceptionnel de la décennie écoulée, tant du point de vue du nombre de points glanés que de la concurrence avec son dauphin qatari. C'est déjà ça.

Pour le reste, rien ne change à l'ombre de l'Hexagoal, les champions ont beaucoup de mal à enquiller une seconde année au top niveau : départ de joueurs clés, blessures, méforme, melons... La liste est longue.
Note : 1
Montpellier depuis le début de saison a connu pas mal de blessures, de suspensions, et le recrutement est pour le moment raté (même si il serait mal venu de tirer des conclusions définitives sur les recrues).

C'est surtout ça qui joue à mon sens, au delà des nouveaux contrats etc... après si vous commencez à prendre Loulou au sérieux dans tout ce qu'il dit, je sais pas à force vous devriez le connaître des conneries il en dit souvent et il se prive pas.

Il y a juste Belhanda auquel on pourrait éventuellement reprocher de se la couler douce après un nouveau contrat, et encore je pense pas qu'il soit dans cet état d'esprit.

L'équipe a tout simplement moins de pression positive, il y a un relâchement psychologique par rapport à l'an dernier, de la malchance et tout le monde est entrainé et les recrues peinent à apporter du sang frais. Mais les deux grands matches contre Arsenal et Schalke prouvent que le groupe reste de très grande qualité.
mouais... J'ai envie de dire que le MHSC n'a jamais eut des plans de com précis... C'est à chaque fois des coups de sang.
Club moyen, président moyen. Cette année ils sont en dessous de tout. Ils ont eut leur chance et elle est passée.
La grosse difference avec l'année derniere, c'est qu'on n'a plus aucune chance. La saison derniere ils etaient chanceux comme pas possible (combien de match gagné avec un but dans les dernieres minutes ), les blessures pareil, on a eu plus de blessés en 3 mois que toute la saison 11-12. manque de reussite flagrant aussi,les 2 3 occase que se sont procurés utaka, charbonnier et herreara contre rennes, l'année derniere giroud d'en mettait au moins 2 au fond !
HriStoichkov8 Niveau : DHR
quoi?!?!?
Montpellier est champion de France?
HriStoichkov8 Niveau : DHR
scfcb
il y en a qui appellent ça de la chance, d'autres qui savent bien que Rennes a laissé filer le match à l'avant dernière journée
SCFCB

Je me rappelle trop de deux matchs de montpellier l'année dernière... pfff j'étais deg !!! MHSC-St etienne : reprise de volée totalement improbable de giroud du gauche sans vision du but et qui file au ras du poteau...

mais le pire c'est j'sais plus contre qui... corner de Belhanda, le ballon tombe limite sur le genou de camara et fini dans la lucarne...

plus d'une fois ils m'ont rendu dingue les loulous de nicollin... ce que je les ai maudit !!! lol
rainbowmatador Niveau : District
Du nouveau sur le procès d’Émile Louis et des disparues de l'Yonne?
RadamelFalcao Niveau : Loisir
« Ce n'est pas que du bonheur. Les joueurs veulent tous des augmentations. Un champion, ça ne veut pas rester au Smic ! »


Je tombe des nu. Moi qui pensait qu'à Montpellier ils jouaient tous pour l'amour du maillot face au méchant parisien plein de fric, rah, un monde s'écroule.
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