1. // Coupe du monde des clubs – Demi-finale – Rayados Monterrey/Chelsea

Monterrey veut faire son festival

À défaut de renverser l'ogre Chelsea en demi-finale de la Coupe du monde des clubs, les Rayados Monterrey de Cesar Delgado disposent des armes nécessaires pour ne pas se faire humilier. Présentation d'un poids lourd mexicain.

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Ils ont payé pour apprendre. L'an dernier, les Rayados Monterrey avaient déjà participé à la Coupe du monde des clubs. Le temps d'une apparition éclair. Arrivés ambitieux, Cesar Delgado et consorts s'étaient fait évincer d'entrée par le Kashiwa Reysol, le champion nippon (1-1, 4-3 tab). Cette sortie de route dès les quarts de finale a blessé l'orgueil des Rayados, mais leur a surtout servi de bonne leçon. Cette année, pas question de se pointer au Japon sans avoir effectué le moindre match de préparation comme ce fut le cas en 2011. Avant de s'envoler pour le pays de Koji Nakata, la Pandilla, surnom du club, a, cette fois, réalisé un galop d'essai face au Deportivo Cali. Un match perdu (1-2), mais qui a eu le mérite de faire conserver un tempo décent aux Rayados.

Cette année, le double tenant du titre de la Ligue des champions de la CONCACAF (titre acquis cette année aux dépens du Santos Laguna de Marc Crosas) a aussi eu la bonne idée de se qualifier pour la Liguilla, les play-offs qui concluent chaque tournoi mexicain. En quarts de finale, ils s'y sont fait rappeler les exigences d'une épreuve à élimination directe, en se faisant sortir le 18 novembre par les Xolos Tijuana, le futur champion, au terme de deux rudes batailles (0-1, 1-1). C'est donc parfaitement rodés que les Rayados ont débarqué au Japon. En quarts de finale, le candidat mexicain a récolté les fruits de sa sérieuse préparation, en livrant un match de patron face au Ulsan Hyundai, le champion d'Asie (3-1). Une rencontre totalement maîtrisée, lors de laquelle Cesar Delgado a montré qu'il n'était pas partie en pré-retraite au Mexique : deux buts, et une ouverture visionnaire sur l'action qui provoqua l'ouverture du score.

Leur quart de finale victorieux contre Ulsan Hyundai FC
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Vainqueurs sereins, les Rayados, qui se partagent les faveurs des habitants de Monterrey avec leurs ennemis des Tigres de l'UANL, ont pourtant été contraints de faire sans Humberto Suazo, leur star et buteur. Le Chilien, meilleur réalisateur des éliminatoires de la zone CONMEBOL pour la Coupe du monde 2010, s'est blessé trois jours avant le quart de finale. Il sera également forfait face à Chelsea. Un match lors duquel son absence pourrait davantage peser, tant cet attaquant aux appuis de granit anime autant qu'il conclut les offensives des Mexicains du Nord. Privés de Suazo, les Rayados sont toutefois loin de générer un sentiment de pitié. Outre Delgado, ils peuvent compter sur les jeunes champions olympiques Mier et Chavez, ainsi que sur des internationaux mexicains confirmés comme l'arrière latéral Meza et l'attaquant-pivot De Nigris. Figure également au casting l'international équatorien Walter Ayovi. Un oligarque russe ne rémunère pas ce bel ensemble, mais la situation de ces footballeurs est, pour autant, loin d'être précaire. Les employés de ce puissant club aztèque touchent des salaires à rendre envieux nombre de joueurs de Ligue 1. Suazo reçoit ainsi près de 2 millions d'euros annuels. Delgado le talonne.

Club repris en main en 2001 par la FEMSA, mastodonte de la production et distribution de boisson en Amérique latine (allié avec Heineken et Coca-Cola), les Rayados sont devenus en une décennie l'un des poids lourds du championnat mexicain. Financièrement à l'aise, le club n'investit pas seulement dans la main-d'œuvre, mais met son prospère budget au service d'une politique sportive qui mise sur le long terme : investissement en infrastructures, et confiance renouvelée au coach. Victor Manuel Vucetich est ainsi présent sur le banc des Rayados depuis bientôt quatre ans. À l'échelle mexicaine, où la durée de vie d'un entraîneur dépasse rarement l'année, on n'est pas loin de parler d'un Ferguson aztèque. Surnommé le roi Midas, Vucetich, 57 ans, est non seulement l'entraîneur en activité au mandat en cours le plus long, mais, avec cinq médailles de champion du Mexique autour du cou, il est aussi le plus titré de ses semblables.

Ce fils d'un footballeur argentin a estimé que cette demi-finale face à Chelsea sera le match « le plus important de sa vie » . À Monterrey, troisième ville du Mexique, au quotidien violenté par la lutte entre cartels, une petite moitié de la cité devrait avancer son réveil (match à 4h30, heure locale) pour assister au premier match officiel des leurs face à un club européen. L'an dernier, beaucoup d'entre eux devaient dormir sur leurs deux oreilles quand la Pandilla avait dérapé face à un obscur club japonais.

Par Thomas Goubin, à Guadalajara
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Sniff ... Chelito ... un toucher de balle soyeux, une grinta de malade mais un physique en bois.
Que de regrets de n'avoir pu compter régulièrement sur ce joueur; Mais content de le voir se refaire la cerise au Mexique.
Je retiendraias son match de fou contre le real, surtout là-bas pour le 1-1. Il aurait mérité bien mieux qu'un carrière au Mexique, syndrome Diaby.
Tout le monde n'a pas un Jimi Hendrix dans son équipe!
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