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  3. // Bilan de mi-saison

Montagnes russes et matriochkas

Le Zénith Saint-Pétersbourg de Spalletti, le CSKA Moscou de Doumbia, et surtout l’Anzhi Makhachkala d’Eto’o : le championnat de Russie régale de plus en plus. Raison de plus pour s’offrir un rab à partir du mois de mars, avec les play-offs du tournoi. Spasibo.

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Le leader est au nord-ouest
Depuis deux ans, le Zénith Saint-Pétersbourg est souverain au Royaume de Russie. Champion en 2010, vainqueur de la Coupe de Russie la même année, le club entraîné par Luciano Spalletti a récidivé cette saison, en terminant premier au terme de la saison régulière. Manque de bol, cette année, le titre n’est pas attribué au mois de décembre, mais en mai. Exceptionnellement, le championnat de Russie connaitra des play-offs de mars à mai, pour s’aligner sur le format des championnats européens, qui va de septembre à mai, et non pas de mars à décembre. Voilà qui ne fait pas vraiment les affaires du Zénith, qui va devoir cravacher pendant encore douze matches pour confirmer que la capitale de la Russie n’est plus au centre. Depuis son arrivée, Spalletti a réussi à construire une équipe cohérente, faite de joueurs venus de l’ouest (Criscito, Bruno Alves, Danny) et de pépites nées dans le grand froid (Kerzhakov, Shirokov, Faizulin). Un chiffre suffit pour prouver la suprématie du club géré par Gazprom : sur l’année 2011, il n’a concédé que trois défaites en championnat. Avec six points d’avance sur le CSKA, le chemin vers le titre est une véritable autoroute.

La révolution moscovite
Face au rythme effréné du Zénith, une armada de clubs de la capitale tente de suivre. En effet, à la trêve, les deuxièmes, troisièmes et quatrièmes places du classement sont trustées par trois équipes moscovites. Le CSKA, le Dinamo et le Spartak. Jamais trois sans quatre : le Lokomotiv, lui, est sixième. Actuellement, le seul en mesure de pouvoir disputer le titre au Zénith, c’est le CSKA. Qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, le club de l’Armée Rouge a longuement mené la danse dans ce championnat de Russie. De mai à juillet, il était même irrésistible, avec neuf victoires en dix matches. Et puis, à l’automne, le gros rhume. Défaite face au Zénith, dégringolade au classement et, en point d’orgue, deux défaites lors des deux premiers matches des play-offs, disputés à la mi-décembre. Parcours inverse pour le Dinamo : plutôt anonyme jusqu’au mois de septembre, l’équipe emmenée par le duo Voronin-Kuranyi s’est réveillée lors des derniers mois, avec notamment un superbe succès 4-0 lors du derby face au CSKA. Le Dinamo est désormais troisième, et pointe à sept longueurs du Zénith. Le Spartak suit, un point derrière, et reste sur une belle série, avec une seule défaite concédée lors des 17 derniers tours. Costaud.

Le milliardaire et Fils
Il y a Manchester City en Angleterre, le PSG en France, et, désormais, l’Anzhi Makhachkala en Russie. Ici, le club n’est dirigé ni par un cheikh du Qatar, ni par un émir de Dubaï, mais a été racheté en janvier dernier par le milliardaire russe Suleyman Kerimov. Alors, pour se faire plaisir, le magnat du Daguestan s’est payé Samuel Eto’o comme première friandise. Un plaisir qui lui coûtera la bagatelle de 20 millions d’euros par an. Mais il s’en fout. « L’argent n’est pas un problème » , comme il aime dire lorsqu’il parle de ses futurs achats. On a évoqué Dani Alvès, Drogba, Lucio, Berbatov ou encore Kanouté. Pour créer un club de trentenaires dorés ? Presque. L’Anzhi a de belles ambitions, et Kerimov souhaiterait décrocher la qualification pour la Ligue des Champions dès le mois de mai. L’Anzhi est actuellement septième, à six points des places qualificatives pour la C1. Or, au mois de mars, à la reprise des hostilités, Eto’o et ses potes, désormais coachés par Yuri Krasnozhan, se présenteront renforcés. Et la dernière rumeur parle de 130 millions prêts dans une mallette pour enrôler Ganso et Lucas. Ca va chier.

L’invité-surprise
Parmi les huit clubs qui participent aux play-offs, il y a, évidemment, un petit poucet. Il s’agit du Kouban Krasnodar, à ne pas confondre avec Krasnodar, l’autre club de cette ville du sud de la Russie. L’équipe, entraînée par l’ancien de Chelsea Dan Petrescu, a réussi à se hisser parmi les huit premiers, grâce notamment à des victoires prestigieuses contre le Rubin Kazan (2-0), le Dinamo Moscou (3-1) ou encore l’Anzhi (1-0). Le Kouban, anciennement Dynamo Krasnodar, a même remporté le derby face à Krasnodar, en octobre dernier, obligeant son rival à se contenter des plays-out. Une joie de plus pour les Koubantsi, qui rêvent désormais d’une historique qualification pour l’Europa League. Pour ça, la formation jaune et verte pourra compter sur l’Ivoirien Lacina Traoré, ancien de Cluj, auteur de quinze pions cette saison, dont neuf lors des neuf dernières journées. Prends ça, Seydou Doumbia.

La Russie d’en bas
Les plays-off font presque oublier qu’il y aura aussi, en mars prochain, des plays-out pour ne pas descendre en deuxième division. Ce sont les huit équipes arrivées de la neuvième à la seizième position au terme de la saison régulière qui y participeront. A savoir : Krasnodar, Rostov, le Terek Grozny, l'Amkar Perm’, Krylya Sovetov, Volga, le Spartak Nal’chik et Tom’ Tomsk. La grosse déception, c’est évidemment le Terek Grozny, l’équipe controlée par le président tchétchène Ramzan Kadyrov et qui avait enrôlé Ruud Gullit comme entraîneur. L’ancien joueur du Milan AC n’a pas fait long feu, et a été viré pour mauvais résultats. Depuis, c’est le moustachu Stanislav Cherchesov qui dirige, avec peu de brio, l’équipe. Celle-ci devrait se sauver sans trop de soucis. En revanche, pour les rêves européens de Kadyrov, il faudra encore attendre quelques années. Et c’est bien comme ça.

Eric Maggiori
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Les plays-out s'annoncent grandiose !
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