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Monconduit : « Je roule en Peugeot 207 »

En l’espace de trois ans, Thomas Monconduit a vécu le doute d’une saison sans emploi – au point de songer à raccrocher les crampons –, puis l’extase de deux montées successives sous le maillot amiénois. À 26 ans, le capitaine du club picard découvre la Ligue 1. Et il n’est pas forcément à l’aise dans son milieu professionnel. Entretien avec un mec qui trinque avec François Ruffin et ne conduit pas de Maserati.

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Amiens compte onze points en autant de journées. Comment juges-tu le début de saison de ton équipe en Ligue 1 ?
On nous prédisait l’enfer. C’est vrai qu’on était un peu timides et timorés en début de saison. Au fur à mesure des matchs, on s’est rendu compte qu’on avait quelque chose à jouer, qu’on avait des qualités pour embêter tout le monde. Au niveau physique, en Ligue 1, les mecs sont tous baraqués. À mon poste (milieu relayeur, ndlr), ils courent entre onze et treize kilomètres, contre dix en Ligue 2. Il faut augmenter le curseur.

Un univers sépare les deux championnats hors du terrain. Tu as déclaré au Courrier picard : « Il y a des moments où j’ai l’impression de ne pas faire partie de ce monde. » Quand, par exemple ?
Dans ce milieu, il y a des discussions qui ne sont pas les miennes. Je trouve que ça parle beaucoup d’argent, de marques de chaussures, de vêtements, de voitures. On est beaucoup dans le « m’as-tu vu » , on ne s’intéresse pas réellement à son coéquipier, à l’humain. C’est triste, mais je ne suis pas sûr qu’il y en ait beaucoup qui connaissent ma couleur préférée dans le vestiaire. Après, c’est lié à notre société...


Tu viens de Drancy. À quoi ressemblait ta jeunesse ?
Ma mère travaillait à la mairie de Drancy, mon père était fonctionnaire de police à Gare du Nord. J’ai grandi dans un quartier de Drancy, comme tout quartier du 93, ça craint un peu. Mes parents ont toujours été là. Avec mon petit frère et mon grand frère, on n’a jamais manqué de rien. J’ai vécu une enfance tout à fait normale, à mon goût. Depuis l’âge de sept, huit ans, je disais à mes parents que j’allais devenir footballeur professionnel, et mes parents m’ont toujours soutenu, que ce soit dans le sport ou les études. Ils ont toujours fait des métiers qu’ils n’aimaient pas vraiment, leur discours, c’était : « Quoi que tu fasses, fais ce que t’aimes. Mais n’oublie pas qu’une carrière, c’est court, donc ne néglige pas les études. »

Si tu n’avais pas percé dans le foot, tu te serais dirigé dans quel domaine ?
Plutôt vers la médecine, j’aurais voulu être kiné par exemple... Étant quand même un très gros flemmard, j’ai raté mon bac S, parce que j’allais souvent en sélection cette année-là (il a disputé six matchs avec l’équipe de France U19, ndlr). Quand je revenais, je ne rattrapais pas forcément. Derrière, je ne l’ai pas repassé, j’ai tout donné dans le foot.


Tu as terminé ta formation, puis débuté ta carrière pro à l’AJ Auxerre. Qu’est-ce que tu as appris là-bas ?
Se battre pour y arriver et ne rien lâcher. À l’époque où j’étais à Auxerre, c’était l’usine. Il y avait mille joueurs : les moins de 17 ans nationaux, les moins de 17 ans DH, les moins de 17 ans PH, les moins de 19 ans nationaux, les moins de 19 ans DH, une CFA, une CFA 2. Il y a des week-ends où je me suis retrouvé à jouer en PH, et si mentalement, tu lâches, c’est un autre qui prend ta place. À Auxerre, on nous répétait souvent : « Où que tu joues, peu importe l’équipe, amuse-toi. » C’est ce qui me reste. Demain, si le coach (Christophe Pélissier) me demande d’aller jouer en réserve, j’y vais et je prends du plaisir. Et, en prenant du plaisir, je serai performant.

Après sept années à l’AJA, tu te retrouves sans club en 2014...
J’arrivais en fin de contrat à Auxerre, je n’avais pas forcément envie de prolonger parce que j’avais une offre d'Évian, en Ligue 1. Auxerre ne faisait pas non plus d’offre pour continuer, donc ça tombait bien. Quand j’ai passé ma visite médicale à Évian, on m’a découvert une pubalgie. « Soigne-toi et tu reviendras après. » Sauf qu’il a fallu six mois pour me soigner. Et en six mois, les clubs vous oublient.

Qu’est-ce qui est le plus difficile à vivre dans cette situation ?
Le plus dur, c’est de ne plus avoir de nouvelles des clubs. Ou si tu as des nouvelles, les mecs te disent : « Ça fait six mois que tu es blessé, qu’est-ce qu’on va faire de toi ? » C’est de se dire que même en revenant, je n’allais pas trouver de club. En gros, en six mois, je suis passé de potentiel joueur de Ligue 1 à une merde.

Tu doutais à ce moment-là ?
Oui, jusqu’au point où j’ai pensé à arrêter. Tu ne peux pas trop définir la période. J’y pensais un jour, le lendemain, j’avais oublié. Puis, j’y repensais la semaine d’après. Ça trottait dans ma tête.


Comment se relève-t-on de tout ça ?
Déjà, j’ai un tempérament, quand je dis quelque chose, je veux toujours le faire. Jouer en Ligue 1, c’était un rêve. J’ai passé six mois à Clairefontaine, mes journées étaient bien remplies. Je ne faisais que de la rééducation. C’est ce qui m’a permis de tenir, être dans un cadre où je voyais d’autres sportifs, des kinés plus que compétents, un psychologue... Et, bien sûr, il y a le soutien de la famille et les amis.

Finalement, Amiens est venu te chercher à la fin de la saison 2014-2015... C’est le premier club qui est revenu vers toi ?
Au mois d’avril, j’ai passé une semaine en Hongrie pour faire des essais, mais ce n’était pas terrible. Ensuite, j’ai visité Amiens et Boulogne-sur-Mer le même jour, et Amiens m’a davantage convaincu. C’est vrai que c’étaient des clubs de National, alors que je pensais au moins retrouver une Ligue 2, mais après un an sans jouer, je n’allais pas trop en demander. Les mots du coach Christophe Pélissier, c’étaient : « Je sais le joueur que tu étais avant, et mon objectif, c’est que tu redeviennes ce joueur-là. » Quand tu entends ça, tu sais déjà que l’entraîneur connaît tes qualités et te fait confiance. Et il s’est avéré que ce n’était pas si mal d’avoir signé à Amiens...

Tu es désigné capitaine après seulement une saison au club. C’est un signe fort...
Oui, carrément. C’était une grande marque de confiance du coach et du staff. J’ai mis du temps à endosser ce rôle, j’attendais de voir si mes coéquipiers allaient adhérer. Même si le coach te donne le brassard, le plus important, c’est la légitimité que tu acquiers auprès des coéquipiers. Au fur et à mesure, j’ai senti que les mecs adhéraient. De temps en temps, j’allais voir le coach : « Untel est fatigué, il faudrait qu’il se repose un peu. » Les mecs me disaient merci. Je n’attends pas forcément de remerciements, mais tu le ressens par des petits gestes, des paroles.


Tu as une relation très forte avec le coach ?

Pas seulement avec le coach, c’est vrai avec tout le staff. On a construit quelque chose depuis trois ans... L’adjoint, le préparateur physique et l’entraîneur des gardiens, c’est le staff, mais aussi des potes. On a fait des soirées ensemble, on a vécu des moments incroyables.

L’année dernière, tu as rejoint le comité de soutien de François Ruffin en marge des élections législatives. Tu peux nous parler de ta rencontre avec lui...
Ma grand-mère, Muguette Jacquaint, a été députée du PCF pendant vingt-sept ans. Un jour, lors d’un repas chez elle, je lui ai dit que j’avais adoré Merci Patron ! - le film de François Ruffin (où comment inverser le rapport de force entre le milliardaire Bernard Arnault et la famille Klur, dont le couple, passé aux minima sociaux, est sur le point de voir sa maison saisie par un huissier, à la suite de la délocalisation de l'usine ECCE d’une filiale de Kenzo, ndlr). Elle m’a alors proposé de le rencontrer : « Et en plus, il est d’Amiens. » La politique, je ne m’y intéresse pas trop, voire pas du tout, je voulais rencontrer l’homme parce que j’avais adoré son film. On a discuté au resto, il m’a proposé d’être un soutien lors de sa campagne, et j’ai accepté. Il a des idées politiques qui vont me plaire, d’autres, pas forcément, mais j’ai adoré le contact humain, ce qu’il a fait pour les gens, comme la famille dans le film. Quand je prends des cafés avec lui, on ne parle quasiment jamais de politique. On parle de foot, de la vie en général.

Ta grand-mère a été députée communiste. Lors des repas de famille, tu devais entendre parler politique...
La famille s’embrouillait pas mal quand ça parlait politique, mais je n’ai pas pris la fibre. Après, c’est le problème de notre génération, la politique, de nos jours, ne nous touche pas forcément.

Pourquoi ?
Parce qu’on se rend compte que les politiques font plein de promesses qui ne sont pas tenues, ou qu’ils agissent dans leur intérêt personnel. Je ne veux pas me tourner vers des gens qui ne pensent qu’à leur gueule, tout simplement.

Est-ce que tu as rencontré des salariés amiénois de Whirlpool en grève ?
Oui, j’ai fait un match avec les Whirlpool. Il y avait Ruffin. Ce n’était même pas officiel. On a joué dans un parc, les cages étaient faites avec des manteaux. Un truc à l’arrache, mais c’était pour qu’ils sachent qu’il y a des gens qui les soutiennent. Ils étaient contents que je sois là, mais on n’a pas forcément eu le temps de discuter.

La politique, c’est un sujet de discussion dans le vestiaire ?
Pas du tout. Est-ce que certains partagent mes idées ? En vérité, je n’en sais rien. Ce ne sont vraiment pas des sujets qu’on aborde dans le vestiaire. Ce n’est pas que c'est tabou, je crois que tout le monde s’en fout de la politique.

Pour finir, toi qui n’en as rien à carrer des marques de luxe et des grosses voitures, tu roules avec quelle bagnole ?
Je roule en Peugeot 207, ma première et unique voiture, mais actuellement, je cherche une 106 !

Propos recueillis par Florian Lefèvre
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