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  2. // 11e journée

Monaco prend le large

Avec 26 buts inscrits en huit matchs, une course à la montée plus que jamais indécise, des favoris qui trébuchent, des laissés-pour-compte qui se révoltent : la Ligue 2, en fait, c’est un peu une tragédie grecque. Mise en scène par l’AS Monaco.

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Le but de la soirée

On attendait une pluie d’étoiles pour l’affrontement des co-leaders de Ligue 2, Angers et Monaco, et des deux meilleurs buteurs du championnat, Keseru et Touré (9 cacahuètes chacun). Bon, dans les faits, on s’est surtout emmerdés pendant une mi-temps avant de trouver une raison de s’emballer. Du coup, on s’échange politesses et coups de pied arrêtés jusqu’en fin de première période, jusqu’à ce que Monaco se décide enfin à faire péter les watts. D’abord de la pire des façons, avec Adriano qui teste la solidité des protège-tibias de ses adversaires et se récolte un deuxième carton jaune synonyme d’expulsion. Et puis de la meilleure des façons, grâce à cet exploit de Carrasco, qui s’offre trente secondes de patinage artistique au milieu de la surface adverse : une feinte, un crochet, un tour sur lui-même, un café, l’addition, et une frappe en force petit filet opposé. Monaco, plutôt malmené jusque-là, s’en sort bien. Et une fois que les défiscalisés sont sur les bons rails, ils récitent leurs gammes et donnent des leçons de réalisme. Sur un centre venu de la gauche, Touré claque son dixième but de la saison d’une tête avec l’aide de la barre. Visiblement, l’ASM, ça ne les gêne pas beaucoup de jouer à dix. Angers a beau foutre le feu dans la surface monégasque en fin de rencontre, réduire la marque par Charles Diers complètement esseulé au second poteau, la messe est dite. Boyer récolte même une biscotte magenta en fin de rencontre. Les hommes de Ranieri, qui n’avaient pris que six points sur leurs cinq derniers matchs, prennent le contrôle de la Ligue 2. Et on ne voit pas qui pourrait aller leur contester le titre.

Les super-héros de la soirée

Sans doute que le nom de Claudio Beauvue ne vous dit rien. Formé à Nantes, élevé au grain à Troyes, le jeune attaquant de 24 ans décolle enfin à Châteauroux. Pourquoi pas, après tout ? Auteur d’une dizaine de buts la saison passée, il a assuré un véritable one-man show face au Gazélec d’Ajaccio. Un premier but de la tête, histoire de se mettre en jambes, à la 42e. Suivi d’un retourné acrobatique sur corner deux minutes plus tard. Et pour parachever le tout, un coup franc magistral, enroulé jusque dans la lucarne, en guise de dessert. Le Gazélec n’était pas armé pour résister à ça. Verdier s’offre quand même un penalty histoire de ne pas avoir fait le déplacement sur le continent pour rien. Châteauroux est 8e. Beauvue est heureux.

Lors de la dernière sortie des Tourangeaux, il avait fallu attendre la 93e minute pour voir Bergougnoux envoyer un caramel niveau 6 sur l’échelle de Richter en pleine lucarne et offrir les trois points à Tours. Ce soir, contre Laval, l’ancien Lyonnais a une fois de plus endossé le costume du sauveur. L’histoire était pourtant bien mal engagée, puisque Laval menait 2 buts à 0 jusque dans les derniers instants du match, grâce à Lebouc, auteur d’un péno à la 4e, et à Gimbert, qui coupe la trajectoire d’une reprise de volée écrasée et la prolonge dans les cages (47e). Mais Tours sait se montrer patient. Jérémy Blayac profite d’errances dans la surface lavalloise pour réduire le score à la 89e, et c’est donc ce génie de Bergougnoux qui surgit du diable vauvert vers l’extérieur à la 92e pour égaliser. Tours continue d’emmerder son monde, et Laval doit avoir les gonades au niveau de la pomme d’Adam.

Les flops de la soirée

Le Stade Malherbe de Caen est une équipe conceptuelle. Première de Ligue 2 à l’extérieur, et 15e à domicile. Les hommes de Patrice Garande semblent avoir un vrai problème lorsqu’ils évoluent dans leur enceinte du stade d’Ornano, et restent sur trois défaites toutes compétitions confondues à la maison (deux en championnat, et une en Coupe de la Ligue). Autant dire que Guingamp s’est pointé en Normandie avec le manuel du parfait petit braqueur et n’a eu qu’à suivre les pointillés pour rafler la mise. Thibault Giresse ouvre le score en première période sur un bon service de Yatabaré et après avoir éliminé le dernier défenseur d’un crochet bien senti. Et malgré l’égalisation caennaise de Cuvillier, les Guingampais, pourtant largement dominés, ont su en remettre une couche, une nouvelle fois grâce à Thibault Giresse, complètement oublié au deuxième poteau, et dont la reprise de volée savamment loupée surprend Perquis. Le Stade Malherbe de Caen a sans doute les moyens de remonter, mais il est surtout occupé à se faire du mal, pour l’instant.

Même déception du côté des Istréens, actuellement 3e, malgré la correction infligée par le Stade Malherbe à Parmesain il y a 15 jours (0-4) et la nouvelle désillusion ce soir à Clermont. Beaucoup trop hésitants et maladroits, les hommes de Pasqualetti ont résisté une demi-heure avant de se faire souffler comme du pop-corn. Une superbe réalisation de Dembelé, de l’intérieur du pied jusque dans la lucarne, et une frappe un peu miteuse de Salibur, permettent aux locaux de rentrer aux vestiaires avec deux buts d’avance. Istres a dominé en seconde période et fini par réduire le score par Fettouhi, qui vient flatter le petit filet des vingt mètres. Istres est toujours sur le podium, mais sans doute plus pour longtemps.

Le Mans n’y arrive toujours pas non plus. Auteurs d’un match irrégulier à Nîmes et souvent à la rue en défense, les Manceaux encaissent un premier but à la demi-heure de jeu sur une réalisation de Seydou Koné, qui reprend du plat du pied un centre venu de la droite pour expédier la gonfle au premier poteau. Janot reste immobile. Le Mans réagit enfin juste avant la pause, et Olivier Thomert égalise. Oui, oui, Olivier Thomert, revenu d’Herculès pour répandre la joie au MMArena. Les Crocodiles font claquer leurs mâchoires en seconde période et reprennent l’avantage grâce au doublé de Seydou Koné, d’une frappe tendue de l’extérieur de la surface. Janot est de nouveau resté immobile et souffle dans les bronches de sa défense. C’est un peu tard pour cela, Jerem’.

Le match de dingos

On a cru que le match entre Sedan et Arles-Avignon était plié après seulement 7 minutes de jeu. Les Sangliers, englués en position de lanterne rouge, semblent en avoir plein le dos de se faire punir à tous les matchs et décident de prendre les choses en main. Du coup, ils s’activent : ouverture du score de Kouamatien à la première minute, qui coupe un centre venu de la droite, et deuxième but inscrit dès la 7e minute, grâce à Mickaël Le Bihan, pas malheureux de voir sa frappe moisie déviée dans les filets. Sedan semble enfin en position pour choper des points. Sauf que les Ardennais sont des poissards, des vrais. Romain Rocchi réduit la marque d’un centre-tir et par la grâce d’une énorme faute de main d’Ulrich Ramé, qui semble accuser ses 40 berges (23e). Sedan a la dalle et repart au front. Diaby, aucun lien, redonne un écart de deux buts aux Ardennais, d’un tacle rageur glissé entre les jambes du gardien. Sauf que Sedan aime surtout se faire peur et voit se profiler le drame lorsque Sangaré ramène le score à 3-2 quelques minutes plus tard. Il reste presque une demi-heure ; c’est largement suffisant pour que les Sangliers trouvent le moyen de perdre. Mais la plaisanterie semble avoir assez duré : Diallo scelle enfin le sort de la rencontre d’un péno en pleine lucarne (82e) et offre à Sedan sa première victoire depuis le mois d’août. Sedan est toujours dernier, mais respire un peu.

Le néant

Le Havre jouait à Niort, ce soir. Voilà, voilà. Enfin, il paraît. On n’est pas sûrs, en fait. 0-0.

Les matchs à venir :

Samedi : Auxerre (11e) – Lens (18e)
Lundi : Nantes (6e) – Dijon (5e)

Le classement :

1. Monaco 22
2. Angers 19
3. Istres 18
4. Caen 17
5. Dijon 17
6. Nantes 16

18. Lens 11
19. Gazélec Ajaccio 10
20. Sedan 9


Par Julien Mahieu
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