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Monaco et Sainté, le chassé-croisé européen

Après avoir connu des fortunes diverses en Ligue Europa cette saison, Stéphanois et Monégasques se retrouvent ce dimanche pour un match important dans la course au podium. Et si, à la différence des Monégasques, ce sont les Verts qui ont brillé cette saison sur la scène européenne, on constate que la situation était totalement inversée l'année dernière entre ces deux équipes.

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Dans le foot français, les années passent et ne se ressemblent pas. Alors que Saint-Étienne poursuit sa progression sur la scène européenne avec sa belle qualification pour les 16es de finale de la Ligue Europa, Monaco se fait tristement sortir de cette même compétition à la suite d'un ultime revers saignant (4-1) face à Tottenham. Pourtant, il y a un an presque jour pour jour, les dynamiques européennes de ces deux équipes étaient totalement inversées. Tout va très vite dans le football, et ce cas d'école ne fait que le confirmer. En 2014-2015, les Stéphanois sortaient de la Ligue Europa par la plus petite des portes, terminant bons derniers d'un groupe F (Inter, Dnipropetrovsk et Qarabağ) qui semblait pourtant à leur portée. Affichant un bilan pour le moins maigrichon de 5 matchs nuls et une défaite, avec des statistiques à faire pâlir un Islandais en hiver (2 buts marqués en 5 rencontres...), les Verts avaient clairement manqué leur rendez-vous avec la Coupe d'Europe. À l'inverse, les Monégasques, eux, déjouaient tous les pronostics des bookmakers et se qualifiaient pour les 8es de finale de la Ligue des champions, se payant même le luxe de terminer premiers d'un groupe salé composé du Bayer Leverkusen, du Zénith et du Benfica. Mais dans le football, l'année dernière, c'était il y a déjà un siècle.

Petit à petit, Sainté fait son nid


Habitué à une certaine stabilité au fil des ans, on constate tout de même en se penchant sur le tableau final des transferts de l'été 2015 que Saint-Étienne a vécu un mercato assez mouvementé. Certains éléments majeurs qui tenaient l'équipe comme Gradel, Tabanou et, à un degré moindre, Mollo ou Erding ont quitté l'Étrat, tandis que Roux, Eysseric, Berić ou encore Pajot ont quant à eux posé leurs valises dans le Chaudron. Pour autant, il n'est pas question de parler de véritable révolution au sein de l'effectif des Verts, et c'est probablement cette stabilité qui a permis au groupe de Galtier de mieux figurer cette saison sur le plan européen. D'ailleurs, en étant un brin positif, on ne peut que féliciter Sainté qui, sur ses trois dernières saisons, n'a cessé de progresser en Coupe d'Europe. Éliminés dès les barrages de l'EL face à la modeste équipe d'Esbjerg en 2013-2014, les Stéphanois avaient réussi la saison dernière à pousser la porte des poules (pour le résultat que l'on connaît, certes) avant de parvenir cette saison à se hisser en 16es de finale. « Je ne pense pas qu'on puisse parler de retournement de situation » , tempère Frédéric Piquionne, qui a joué pour les deux clubs. « C'est simplement que Sainté a une bonne équipe. J'ai regardé plusieurs de leurs matchs cette saison et je trouve que c'est une équipe homogène, qui veut jouer et qui va vers l'avant. »

Avec la petite expérience qui est la leur, Perrin et ses troupes ont su éviter les erreurs commises l'an passé et ont montré un tout autre visage lors des matchs de poule cette saison. Une progression évidente qui a ravi l'entraîneur Christophe Galtier : « Si je suis très heureux, c’est que, saison après saison, nous nous sommes améliorés en Coupe d’Europe. Nous avons un an de plus dans cette compétition. Il y a eu des améliorations dans plusieurs secteurs. Nous avons su, par exemple, marquer lors des cinq rencontres. Un objectif important est atteint. » Cette saison, les Stéphanois ont montré un visage conquérant que l'on n'avait pas eu la chance de voir la saison passée dans cette même compétition. Un vrai esprit de battant illustré par le gros match disputé face à la Lazio au stadio Olimpico. Malgré la défaite (3-2), les hommes de Galtier, en infériorité numérique (réduits à 10, puis à 9) ont tenu tête aux Italiens. Galtier toujours : « Le moment fort, c’est le match à Rome face à la Lazio. En jouant à neuf, nous avons toujours eu l’espoir de ramener un point. Il y a quelque chose qui s’est passé sur le terrain entre les joueurs. J’ai senti le groupe très déterminé, avec beaucoup de confiance en lui. »

Razzia, gueule de bois, un petit tour et puis s'en va


À l'inverse de Saint-Étienne, à Monaco, l'été 2015 fut chaud, très chaud. Habitué depuis le mercato estival de 2014 à voir son effectif prendre une grande claque dans les dents, Leonardo Jardim a tout de même dû s'étouffer en voyant tous les héros de l'épopée européenne précédente foutre le camp. Exit donc Berbatov, Kondogbia, Ferreira Carrasco, Kurzawa, Abdennour et Martial (pour ne citer qu'eux), qui formaient en 2014-2015 le noyau dur de l'équipe asémiste. « C'est clair qu'avec les nombreux départs qu'ils ont connus lors du dernier mercato, on peut dire qu'ils se sont un peu affaiblis, concède Piquionne. Il faut laisser du temps au coach pour digérer ce qui s'est passé cet été, pour trouver un nouvel équilibre à son équipe. On sait que Jardim est un formateur, il aime avoir des jeunes, il essaye de créer un groupe homogène en mêlant les nouveaux aux joueurs plus expérimentés. Tout cela prend du temps. D'autant plus avec la nouvelle politique en matière de recrutement qui a changé cet été. » Loin d'être de la bleusaille, les nouveaux arrivants ne pouvaient cependant pas soutenir bien longtemps la comparaison.

À la fin du mois d'août 2015, la superbe aventure en Ligue des champions qui avait vu l'ASM sortir en tête du groupe C (devant Leverkusen, le Zénith et Benfica) avant de se qualifier pour les quarts de finale en éliminant Arsenal (3-1, 0-2), n'était déjà plus qu'un lointain souvenir. Si les ambitions européennes affichées en début de saison par les dirigeants n'étaient pas complètement bidons, il était quand même difficile d'imaginer les hommes de Jardim réitérer un tel parcours, même en Ligue Europa. Pourtant, à l'inverse de Sainté, le tirage au sort des groupes avait clairement laissé entrevoir des espoirs de qualification en 16es. Avec Tottenham, Anderlecht et Qarabağ, nombreux étaient les observateurs prêts à mettre une petite pièce sur la « team Jardim » . Un sentiment partagé par l'attaquant calédonien : « Même s'il y avait Tottenham, c'était clairement un groupe à leur portée... » De son côté, Vadim Vasilyev s'était montré beaucoup plus réservé en répétant à qui voulait l'entendre être tombé « dans un groupe de Ligue des champions » . Finalement, avec une seule petite victoire (1-0 contre Qarabağ), contre 3 matchs nuls et 2 défaites, l'ASM est sortie de la petite Coupe d'Europe sur la pointe des pieds et va désormais devoir mettre le paquet en championnat.

En mode Coupe d'Europe


Et ça commence ce dimanche, face à Saint-Étienne, au stade Louis-II. Débarrassés de toute compétition européenne, les Monégasques n'auront d'autres choix que de sortir un gros match et d'arracher un résultat s'ils veulent garder un peu de crédibilité dans le costume de talonneur du PSG. « On n'a plus d'excuses, lâchait Vasilyev après la déroute londonienne de jeudi dernier. Maintenant qu'on a moins de matchs à jouer, je veux que cette équipe aille chercher la deuxième place. » On ne peut pas faire plus clair. Pour y parvenir, ils devront faire face à des Verts non moins motivés à l'idée de terminer une nouvelle saison dans le top 5 de la Ligue 1. « Se qualifier une quatrième année consécutive pour l’Europe serait quelque chose de très bien. Il faut qu’on fasse tourner le compteur points pour rester placés à la trêve » , annonçait ainsi coach Galtier après le match nul contre la Lazio cette semaine. Pour y parvenir, les deux équipes devront donc se mettre en mode « Coupe d'Europe » . Et à ce petit jeu, jusqu'ici, c'est Sainté qui tient la corde.

Par Aymeric Le Gall Les propos de Vadim Vasilyev et de Christophe Galtier ont respectivement été tirés des sites officiels de l'AS Monaco et l'AS Saint-Étienne.
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Brillé c'est peut être un peu exagéré pour parler de Sainté sur la scène européenne bien que je sois content et soulagé qu'ils aient passé les phases de poules, mais même si ils ont battu un faible dnipro, ils n'ont pas battu une faible Lazio quand même

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