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Monaco, avertissement presque sans frais

Après Tottenham, on s'attendait à une confirmation pour l'AS Monaco. Mais les hommes de Leonardo Jardim ont livré une prestation indigente contre le Bayer Leverkusen et ont été sauvés par une réussite insolente sur la frappe de Kamil Glik dans les arrêts de jeu. Un résultat qui maintient l'ASM en tête de son groupe, mais qui douche l'enthousiasme concernant la compétitivité de la Ligue 1 en Ligue des champions.

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Monaco a-t-il été ébranlé par la branlée reçue à Nice ? La victoire laborieuse contre Angers aurait pu faire croire que non, que les hommes de Leonardo Jardim avaient réussi à rebondir, quitte à le faire couteau entre les dents. Rien de tel alors qu'accueillir le Bayer Leverkusen pour capitaliser sur une victoire à Wembley contre Tottenham lors de la première journée de Ligue des champions. Sauf que les Monégasques, à l'image de leur stade loin d'être plein, n'ont pas joué un match de Ligue des champions ce mardi soir. Avec un 4-3-3 où seul Valère Germain devait évoluer en pointe, Jardim annonçait clairement la donne : sa priorité était de proposer un bloc structuré et solide. Mais son onze a surtout livré une prestation timorée et contre-productive : rien pendant le premier quart d'heure, une possession de balle laissée aux Allemands, puis une fin de période fermée, si ce n'est une belle ouverture de João Moutinho pour Germain que le gardien Bernd Leno avait anticipé (32e). Il aura fallu attendre la 43e minute pour une première vraie frappe, non cadrée de Thomas Lemar suite à une belle talonnade de Djibril Sidibé...

Chicarito le Rédempteur


Trop peu de la part de l'ASM qui, malgré une entame de second acte plus intense, a finalement donné l'impression de retomber dans ses travers de la saison passée : un jeu frileux, sans ambition ni prise de risque. Ce qui peut marcher à l'échelle nationale, mais ne suffit jamais dans la durée sur la scène continentale. On a donc senti le coup de grisou arriver, tout doucement, avec une équipe
allemande qui s'est installée dans le camp français. Une équipe qui a aussi nettement plus couru – le pressing a un coût – et patiemment tissé sa toile aux abords de la surface de Subašić. Bernardo Silva a bien failli faire illusion, cinq minutes après la reprise, avec une frappe déviée en corner sur la plus belle occasion collective monégasque du match. Mais à un gros quart d'heure de la fin du match, le but de la tête de Javier Hernández n'était que logique. Et une juste rétribution pour le non-match monégasque. Coupé en deux, incapable de ressortir le ballon et pénalisé par Andrea Raggi qui a souffert devant Kevin Volland, Monaco a raté le coche. Et pourrait le regretter amèrement à la fin de la phase de poules. Car pendant qu'il dilapidait son exploit contre Tottenham, le club princier a vu sa victime se refaire à Moscou.

Saint Kamil le Sauveur


On pourra toujours remercier Kamil Glik, qui a finalement sauvé les meubles au bout du bout du temps additionnel et maintenu son équipe en tête du groupe E. Mais le miracle monégasque ne devra en aucun cas occulter la remise en question nécessaire. Lyon à Séville, avec moins de moyens – Alexandre Lacazette blessé, comme les deux arrières droit habituels Christophe Jallet et Rafael – et bien plus de panache, a été largement moins bien payé pour un contenu autrement supérieur.

À défaut d'être armé pour survoler son groupe, Monaco avait une vraie opportunité de faire des réserves. Et, finalement, met fin aux gros espoirs suscités après son succès en Angleterre. Non, la Ligue 1 n'a pas fait un bond qualitatif pendant l'été, non, le PSG n'est pas encore assuré d'être accompagné en huitièmes de finale au printemps prochain. Et d'ailleurs tant qu'on y est, vu la forme du groupe d'Unai Emery, devrait-on se surprendre si l'on finissait avec trois clubs reversés en Ligue Europa en décembre ?

Par Nicolas Jucha
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