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Moi hamdoulah Sava

Débarqué en décembre dernier au Racing, Facundo Sava a déjà changé la mentalité de son équipe. Avec, au menu, du jeu offensif et un peu de philosophie et des masques légendaires.

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Samedi 6 octobre 2002, Loftus Road. Jean Tigana, entraîneur de Fulham qui a recruté Facundo Sava en provenance de Gimnasia La Plata, l’aligne aux côtés de Steve Marlet. L’attaquant argentin, aux six mètres, offre la victoire aux Cottagers contre Charlton. D’un match sans saveur, on retiendra une photographie.
« J’ai marqué, et j'ai mis le masque. Les matchs suivants à domicile, des milliers de masques se vendaient dans le stade. Un vrai carnaval. » Facundo Sava
Celle de la célébration de Sava, qui sort un masque de Zorro et se le glisse sur la tête. Plus tard, il expliquera ce geste, dans les colonnes du Gráfico : « Je trouvais que c’était une bonne idée pour dédramatiser le football. Fernando Gatti, un coéquipier à Gimnasia, insistait pour que je célèbre les buts de manière originale. Avant un clásico contre Estudiantes, il est venu dans le vestiaire avec un masque et une guirlande. Je lui ai dit non pour la guirlande, mais j’ai mis le masque sous ma chaussette, au cas où. J’ai marqué, et je l’ai mis. Les matchs suivants à domicile, des milliers de masques se vendaient dans le stade. Un vrai carnaval. » Si les supporters de Fulham se souviennent de lui comme du buteur masqué qui est resté une seule saison en Angleterre, Facundo Sava est aujourd'hui bien plus qu’un précurseur de célébration de but. L’entraîneur du Racing, qui a fait briller Quilmes l’an passé, est un membre éminent de la jeune génération d’entraîneurs argentins, qui tente de changer les codes d’un football atrophié. Focus sur un homme porté sur l’attaque. Et sur la psychologie.

Un coach psychologue


Au cours de sa carrière de joueur, Facundo Sava a parcouru l’Argentine. Formé à Ferro Carril Oeste, le « Colorado » est passé par Boca, Gimnasia, Racing ou encore Arsenal Sarandí. Le passage en Europe (Fulham, Celta Vigo, alors en seconde division espagnole, en 2004 et Lorca Deportiva) est bref. C’est au Racing, le club qu’il supporte, que Sava va exploser. Entre 2006 et 2008, il marque 28 buts sous le maillot de l’Academia. En 2010, il raccroche les crampons, pour passer ses diplômes d’entraîneur. Un avenir tout tracé pour le diplômé de psychologie sociale de l’école Pichon-Rivière à Buenos Aires : « Je savais que je voulais entraîner à vingt ans. Grâce à Carlos Griguol (ancien entraîneur connu pour son mythique « Tu veux être champion ? Champion de la chatte à ta sœur » à un de ses joueurs qui venait de prendre un rouge, ndlr). Un jour, il m’a convoqué au vestiaire pour me dire : "Facundo, je vois que tu pourrais devenir entraîneur. Je te conseille de prendre des notes dès maintenant et de le faire avec tous les entraîneurs que tu auras pendant ta carrière." Je l’ai écouté, j’ai acheté un carnet, et j’ai tout noté » , expliquait Sava lors d’une interview pour Canchallena.


« Je peux appliquer tout ce que j’ai appris au football. Je n’exerce pas comme psychologue, mais indirectement, ça sert. » Facundo Sava
Celui qui a troqué les crampons pour le costard de coach débute sur le banc de San Martín de San Juan, en 2012. Et se sert rapidement de sa formation, comme il le racontait au Gráfico : « Je peux appliquer tout ce que j’ai appris au football. Je n’exerce pas comme psychologue, mais indirectement, ça sert. Je n’ai pas eu à choisir entre les deux professions, je pense qu’elles s’entremêlent. Ça m’a aidé pendant ma carrière, donc je sais que je peux aider mes joueurs. » Et d’ajouter, dans Goal : « Je parle beaucoup avec les joueurs. Quand j’étais joueur, j’essayais de discuter avec mes entraîneurs. Avec Unai Emery, à Lorca, je m’enfermais en salle vidéo avec lui pour parler de quelques situations qui pourraient arriver en match. Dans d’autres clubs que j’ai dirigés, j’ai souvent proposé aux joueurs d’organiser l’entraînement. »

Un Racing offensif


Aujourd'hui, l’ancien attaquant longiligne entraîne l’équipe de son cœur. Nommé à la place de Diego Cocca en décembre dernier, il quittait Quilmes sur une bonne note. Alors que l’équipe galérait au fond du classement, il la mène vers le tour préliminaire pour la Copa Sudamericana, petite sœur de la Libertadores. Surtout, le football offensif pratiqué par son équipe insuffle un vent nouveau au football argentin. Quand il débarque à Avellaneda, il retrouve un Racing changé. Champion en 2014, le club veut faire le ménage. Sava compte notamment sur douze attaquants. Parmi eux, Diego Milito, Gustavo Bou et Lisandro López, de retour à la maison. L’entraîneur valide le bon de sortie offert à Pavone et œuvre au retour de Roger Martínez et Rodrigo de Paul. Résultat, le Racing a aujourd'hui l’une des plus belles lignes d’attaque du pays. Condamné au banc sous Cocca, Oscar Romero, la pépite paraguayenne, mène le jeu de l’Acadé. Pour l’instant, le Racing réalise une bonne saison. En Copa Libertadores, les hommes de Sava sont bien placés pour se qualifier malgré un groupe relevé avec Boca et le Deportivo Cali. On retient ces deux tartes infligées à Unión et Atlético Rafaela (deux fois 3-6 à l'extérieur) et cette victoire contre Lanús, prétendant au titre, dans l’un des meilleurs matchs que le football argentin ait produits ces derniers temps.



S’il sait gérer un groupe à la perfection, le natif d’Ituzaingó manie aussi les mots avec habileté. En 2010, juste après sa retraite, il publie le livre Los colores del fútbol.
« Ça fait quelques années que la culture du résultat à outrance s’est installée. C’est comme le fanatisme, c’est néfaste, ça rend aveugle. » Facundo Sava
On y trouve des anecdotes sur sa carrière, mais surtout des réflexions sur le sens de la victoire, l’utilité des mises au vert, le fonctionnement des institutions sportives et autres. Et il ose s’attaquer à l’un des principes du foot argentin dans son ouvrage : « Ça fait quelques années que la culture du résultat à outrance s’est installée. C’est comme le fanatisme, c’est néfaste, ça rend aveugle. » Et de conclure : « Quand j’étais joueur, j’étais triste quand on gagnait en jouant mal. J’ai plus profité du football quand on finissait cinquième en jouant bien qu’en étant champion. » Pas sûr que les supporters du Racing assimileront cette philosophie.

Par Ruben Curiel
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