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Moi, Gianluigi, 16 ans ½, 1m96

Il y a encore quinze jours, le seul et unique Gianluigi qui vaille jouait à la Juventus. Mais ça, c'était avant. Avant que Siniša Mihajlović ne décide de donner sa chance à un môme de 16 ans pour garder les buts de l'un des clubs les plus prestigieux d'Europe. Depuis trois matchs, Gianluigi Donnarumma est ainsi devenu à la surprise générale le gardien titulaire de l'AC Milan.

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Dimanche 25 octobre, peu avant 15h. Pour le neuvième match du Milan - le quatrième de la saison à domicile -, les 37 500 spectateurs de San Siro s'apprêtent à faire la connaissance d'un petit nouveau lancé par Siniša Mihajlović. Son nom : Gianluigi Donnarumma. Son poste : gardien de but. Sa particularité : faire ses débuts en Serie A à 16 ans et huit mois, soit un an de moins que des monstres comme Gigi Buffon ou Angelo Peruzzi (17 ans et neuf mois). Et pour couronner le tout, le Milan s'impose ce jour-là face à Sassuolo (2-1) après une série de trois matchs sans victoire. Pour son baptême du feu en équipe première, Donnarumma garde sa cage inviolée pendant près d'une heure avant de céder face à la patte gauche de Berardi, sur coup franc. Au lendemain de cette rencontre, les presses transalpines et européennes sont admiratives. Non seulement l'AC Milan titularise un gardien de 16 ans, mais en plus, il gagne ! Peu importe ce qu'il adviendra, ce 25 octobre 2015, Gianluigi Donnarumma est entré de plain-pied dans l'histoire du football italien.

Y a Donnarumma dans l'air


Une semaine et deux matchs plus tard, le natif de Castellammare di Stabia dans la province napolitaine a déjà cumulé 270 minutes dans les cages du Diavolo. Pour Gianluca Pacchiarotti, le plus jeune gardien de l'histoire à avoir débuté en Serie A, un soir de 1980 (à 16 ans et six mois), le petit Gigi a d'ores et déjà la carrure pour s'imposer sur le long terme au Milan : « C'est un très bon gardien. Même s'il est jeune, il est déjà très sûr de lui, aussi bien dans les buts qu'avec ses pieds, ce qui est très important dans le football moderne » , juge l'ancien gardien de Pescara avant de poursuivre. « Et puis, depuis le début de saison, Diego López n'a pas été bon. Donnarumma peut être le gardien du Milan pour de longues années. C'est probable qu'on lui ait aussi donné sa chance pour cela. » Hasard ou coïncidence, depuis que Gigi joue, le Milan gagne. Trois victoires consécutives face à Sassuolo, le Chievo Vérone et la Lazio, ce qui n'était plus arrivé aux Rossoneri depuis un an et demi.

Sans aucun doute une énorme fierté pour le Club Napoli Castellammare où Donnarumma a débuté dans les cages dès 4 ans, sous la coupe de son oncle Enrico, entraîneur des gardiens du club pré-formateur du jeune Milanais. Après la disparition de son oncle, c'est Ernesto Ferrara qui a pris la relève. Un gage de qualité puisqu'Antonio Mirante, Gennaro Iezzo ou encore Antonio Donnarumma, le frère de Gianluigi, ont également émergé du petit club amateur napolitain. Puis sont venus les premiers essais dans les grands clubs à l'âge de 14 ans, avec la Juventus d'abord puis… l'Inter. Gianluigi est même passé tout proche de s'engager avec les Nerazzurri. Mais la passion familiale pour le Milan et l'intervention personnelle d'Adriano Galliani ont fait pencher la balance en faveur des Rossoneri. Le jeune Gigi s'est ensuite chargé de brûler les étapes, une à une. « Le plus difficile pour un gardien aussi jeune est de jouer devant autant de spectateurs. Il y a beaucoup de pression, d'autant plus dans un club aussi important que le Milan. Mais Donnarumma a démontré qu'il pouvait l'assumer » , ajoute Gianluca Pacchiarotti, aujourd'hui entraîneur des gardiens des équipes nationales italiennes para-olympiques.

Le péril jeune


Certes, les joueurs de football sont lancés de plus en plus tôt dans l'arène, mais rares sont ceux qui parviennent à confirmer les espoirs placés en eux. Alors que des gamins comme Munir El-Hadadi ou Martin Ødegaard peinent pour l'instant à justifier les sommes folles qui leur sont accolées, d'autres comme Abdoulaye Diallo préfèrent avancer doucement, mais sûrement. Avant de doubler Benoît Costil dans les cages du Stade rennais, le Franco-Sénégalais fut l'un des plus jeunes gardiens à débuter en Ligue 1, un soir de novembre 2009, face à l'Olympique lyonnais de Lloris et Miralem Pjanić. Le Rennais se souvient de cette soirée spéciale : « Bizarrement, je n'ai pas eu de pression particulière parce qu'il y avait cette interrogation de savoir si j'allais jouer ou pas, ce qui m'a permis de ne pas trop me focaliser là-dessus (Diallo a su pendant l'échauffement qu'il remplaçait Nicolas Douchez, blessé, ndlr). Si j'avais été certain de jouer à l'avance, je pense que la préparation aurait été différente sur un plan personnel. Là, je n'ai pas eu le temps de gamberger. »

Quant au fait d'être titularisé à 16 ou 17 ans, là encore, Abdoulaye Diallo a son opinion. « Quand on commence tôt, on peut vite croire qu'on est arrivés et que ça y est, on est joueur professionnel et que c'est parti pour vingt ans. Alors que quand tu débutes jeune, tu as encore beaucoup de choses à apprendre, surtout quand on sait qu'un gardien arrive à maturité tardivement, peut-être à partir de 28 ans. » Ce qui laisserait à Gianluigi Donnarumma une bonne douzaine d'années devant lui. Diallo poursuit : « En l'occurrence, le gardien du Milan a 16 ans et je ne pense pas qu'il faille s'attendre à des performances de haut niveau tout de suite. Il faut être patient avec lui, lui laisser du temps, et le reste viendra tout seul. »

Donna se meurt


Mais le mini Gigi vit pour l'instant des débuts de rêve, puisque les résultats sont au rendez-vous pour ses premières apparitions en rossonero. Gare, toutefois, à ce que la hype passagère ne tourne pas rapidement au vinaigre. Question pétard mouillé, Gianluca Pacchiarotti en connaît un rayon : « À Pescara, les gardiens de l'équipe première s'étaient tous blessés. C'est pour ça que j'ai débuté aussi jeune en Serie A. Mais je suis vite retourné jouer avec les jeunes, et ensuite le club a toujours préféré faire jouer les joueurs expérimentés. Heureusement, les temps ont changé. En Allemagne, Neuer ou Ter Stegen ont aussi eu leur chance très jeune, et regardez où ils en sont aujourd'hui. C'est la tendance aujourd'hui de lancer les jeunes. Quand ils ont le talent, il ne faut pas hésiter. Après, c'est comme le jeu de la roulette au casino, des fois on gagne, des fois on perd. »

Avant d'espérer rejoindre un jour Zoff, Buffon, Toldo ou Peruzzi au Panthéon du Calcio, le petit mais déjà très grand Gianluigi va donc devoir être patient et confirmer tout son potentiel. Car si Mickaël Landreau est devenu capitaine du FC Nantes à 19 ans et Buffon international italien au même âge, rien ne garantit que Donnarumma gardera un jour les cages de la Nazionale. « À mes yeux, le plus important reste l'entourage, ajoute Abdoulaye Diallo. J'ai côtoyé des gens, joueurs ou gardiens, qui pouvaient être pollués par leur entourage. Du coup, le joueur s'enflamme, monte les échelons très rapidement et après ça finit par lui nuire. C'est à ses proches de le préserver et de le protéger de tout ça afin qu'il reste concentré sur le terrain. Garder les pieds sur terre, c'est d'abord un travail sur soi-même. » Pas le moment, donc, d'avoir la tête dans les nuages.

Par Morgan Henry, avec Eric Marinelli
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