Modesto : « Obligé de gagner le titre »

Il a la belle gueule de Paolo Maldini, mais il est Français (ascendant Corse), joue à l'Olympiakos et n'a jamais été reconnu à sa juste valeur. Lui, c'est François Modesto, champion de Grèce, un mec qui s'éclate au pays d'Ulysse et de Nana Mouskouri.

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François, ça fait depuis le 20 mars que vous êtes champions. Tu te fais pas trop chier depuis ?


Non, non, parce qu'on a bien fini. On a battu le record de points du championnat et on a gagné tous nos matchs à domicile (15 matchs, 15 victoires ndlr) alors qu'avant ça n'avait jamais été fait. C'est ça qui est resté notre principal objectif après le titre, et ce jusqu'au dernier match.


Tu peux nous raconter un peu l'ambiance au soir du titre après une victoire 6-0 dans le derby contre l'AEK ?


C'était extraordinaire. Quand tu gagnes le titre, chez toi, face à l'AEK Athènes, avec un 6-0, je crois qu'on ne pouvait pas rêver mieux. Jamais avant le match on aurait pu penser gagner 6-0. Mais c'est ce qui est arrivé : c'était magique. On a fait une grande fête.


En plus du titre, tu retiens quoi de ta saison ?


Bah surtout que j'ai découvert un autre pays, un très grand club qui est très bien organisé. Aussi le fait qu'il y a beaucoup d'engouement pour le football en Grèce. A 33 ans, j'ai aussi découvert un nouveau poste. J'ai joué beaucoup de matchs au milieu de terrain et ça m'a plu énormément. J'y ai vraiment pris beaucoup de plaisir.


Ca te fait bizarre d'être dans un club qui gagne des titres ?


J'étais à Monaco pendant six ans, et je le considère vraiment comme un grand club, qui a gagné énormément de titres et qui en gagnera encore dans l'avenir. Après c'est sûr que l'Olympiakos est considéré comme le plus grand club de Grèce donc c'est une obligation de gagner le titre. L'avoir gagné dans ce pays, c'est vraiment super impressionnant.


En France on te connaissait comme défenseur. Maintenant tu es milieu axial. Tu prends toujours autant de plaisir ?


Encore plus. Même si j'avais déjà joué à ce poste à Monaco sous l'ère Deschamps. Cette année je suis arrivé pour jouer défenseur mais avec les pépins physiques que les milieux ont eus, le coach a fait appel à moi. J'y ai pris vraiment beaucoup de plaisir, surtout avec de tels coéquipiers...


Le football grec est connu pour son ambiance dans les stades, ça doit te changer par rapport à Monaco ?


C'est clair. Même si Monaco est un club qui est très suivi, le stade n'est pas souvent plein. Ici on est à plus de 30 000 spectateurs de moyenne, le stade est rempli. Même quand on va à l'extérieur, les stades sont bondés parce que c'est l'Olympiakos qui vient. C'est impressionnant, et c'est surtout beaucoup plus agréable quand tu joues dans devant plein de monde.


Le problème c'est que les supporters sont tellement fanatiques que ça finit souvent mal comme lors de l'affaire Cissé ou la dernière finale de la coupe de Grèce avec l'envahissement du terrain. Tu le ressens comment toi sur place ?


Je pense qu'il faut régler ça, et c'est aux autorités politiques de le faire. En plus c'est une minorité de gens par rapport à la majorité qui aime le football en Grèce. C'est un peu comme ce qu'il s'est passé à l'époque en France quand il y a eu beaucoup de problèmes à Paris. Il faut en tout cas que ça soit réglé rapidement.


La culture grecque est vraiment différente de la culture corse ?


Bah, écoute, moi ça me fait beaucoup penser à l'Italie (il a joué 5 ans à Cagliari, de 99 à 2004, ndlr). Dans la façon de vivre, dans la façon de manger, ça s'en rapproche beaucoup. C'est des gens du Sud quoi.


Tu as déjà essayé de parler en Corse à tes coéquipiers ?


Non pas encore, mais ça va venir ! Mais c'est difficile de communiquer parce que le Grec c'est vraiment une langue difficile qu'on ne peut pas comprendre de suite. Du coup, on parle beaucoup en Anglais au sein du groupe.


Sinon, tu vas jouer cet été avec la sélection corse ça représente quoi pour toi ?


C'est la chose la plus importante pour moi parce que ça représente mon île, on va dire notre « pays » , où les gens sont très impliqués. Chaque année on se réunit pour faire un match pour montrer aux gens une belle image de la Corse. Et en plus, ça nous permet de nous mettre en valeur grâce à ce match, de montrer qu'il y a des joueurs corses qui jouent dans de bons clubs. En gros, c'est une belle fête du football corse.


Justement, je suppose que tu suis la belle saison des clubs corses avec Ajaccio, Bastia, le Gazélec qui vont sûrement monter...


Je pense que si ça arrive, ça serait une chose unique pour une région aussi petite que la Corse. Tout ça donne encore une belle image de notre île de voir autant de clubs à de tels niveaux. C'est vraiment super important parce que beaucoup de gens aiment le foot en Corse.


Et est-ce que ton rêve c'est de revenir finir ta carrière à Bastia, le club qui t'as formé ?


Je sais pas. Tu sais, j'ai 33 ans, il me reste encore un an de contrat avec l'Olympiakos donc... Après, c'est clair que le rêve de tous joueurs est de finir sa carrière dans le club qu'il a supporté en étant gamin. Je suis toujours supporter de Bastia, j'ai grandi dans ce club. Maintenant, je suis à un âge où on verra. Je prendrai les années comme elles viennent.


Propos recueillis par Robin Delorme

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