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Model City

Manchester City défie Chelsea aujourd'hui. Les deux riches du pays vont étaler les billets sur le pré. D'un côté le champion, de l'autre, un nouveau riche qui rêve de l'imiter...

Contre Wigan, Manchester City était confronté à des problèmes de riche. Kolarov, Boateng, Bridge, Lescott, Adebayor et Balotelli n'étaient pas sur la feuille de match. Given, Vieira, Santa Cruz, Wright-Phillips, Jô et Adam Johnson s'étaient, eux, assis sur le banc. De quoi monter une sacrée équipe 24 carats. Sous une autre bannière, la moindre absence se paie cash. Pas à City où l'effectif a été construit à coups de barils de pétrole. Surtout, la plupart de ces absences sont la conséquence du coaching de Roberto Mancini. On parle de choix d'entraîneur donc. Hormis le Serbe Kolarov, censé squatter le couloir gauche, l'équipe de City est au complet. Un 4-5-1 solide et diablement physique à l'image de son trio de récupérateurs De Jong-Kompany-Yaya Touré. A ce triumvirat s'ajoutent les perforateurs David Silva et James Milner. Devant, le capitaine Carlos Tevez effectue la sale besogne avec une certaine réussite.

Offensivement, la squad de Mancini peut perforer tous les blindages du Royaume. Bref, vous l'aurez compris, l'ancien coach de l'Inter a tout pour être heureux. Oui mais non, à force de construire son effectif à coups d'internationaux, les ego refont surface et ça sent le bordel organisé à plein nez. Roberto l'a bien compris et s'est d'ailleurs fendu d'une sortie médiatique sur le sujet : « Si nous voulons gagner quelque chose et devenir une grande équipe, il est important qu'on change de mentalité. C'est impossible que chaque jour un joueur donne une interview et dise : “Oh je ne joue pas”. Il est important qu'il tape à ma porte et me parle pour que je lui explique la situation en face-à-face. Je veux une mentalité comme celle de Manchester United ou de Chelsea mais c'est difficile de les changer en cinq mois » . Pan ! L'Italien faisait référence aux atermoiements de Shay Given et d'Emmanuel Adebayor. Tu veux jouer ? Tu la fermes et tu bosses. Le message est limpide.

Chelsea... le modèle impossible

Sans l'avouer ouvertement, le board de City n'a qu'une ambition. Copier le Chelsea d'Abramovitch. A savoir, dans l'ordre : investir, gagner, régner, écœurer. Après avoir claqué 116 millions d'euros en 2009, l'autre club de Manchester a réinjecté 124 millions sur le marché cet été. La première étape est respectée. Brillamment même. Sauf que la mayonnaise n'a pas encore pris. Et rien ne dit qu'elle prendra. Pourtant l'effectif est capable de coups de génie. Comme l'an dernier où en plein Terrygate, les Citizens de Wayne Bridge avaient balayé des pâles Blues 4 buts à 2. A Stamford Bridge qui plus est. On le sait, City est capable de pratiquer ponctuellement un football chatoyant. Mais sur le long terme, la question demeure.

Sortie piteusement de la Carling Cup par WBA (2-1) en milieu de semaine, la bande à Mancini veut se faire respecter à la maison. D'autant que Roberto Mancini, passé par l'Inter, aimerait dompter son compatriote Carlo Ancelotti, marqué au fer rouge et noir du Milan AC. Un match dans le match. Un duel dans lequel l'entraîneur de Chelsea mène aux points (9 victoires pour ce dernier, 3 nuls et 7 succès pour Mancini).

C'est l'année ou jamais pour City. Liverpool est en bout de course, Tottenham et Aston Villa n'ont pas -encore- les épaules. Une place dans le Big Four est donc à prendre ou à laisser. Pour définitivement se faire accepter à la table des plus grands, il faut que Manchester City s'enhardisse sévère. Au-delà de la qualification obligatoire en Ligue des Champions à la fin de l'exercice, City doit marquer les esprits. Pour ce faire, il faut convaincre, convaincre, convaincre et encore convaincre. Rien de tel qu'une victoire contre le champion pour poser la première pierre.

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