Mise à mort à Madrid

L'OL se rend ce soir à Santiago Bernabeu. Les socios, chauffés à blanc par la dernière victoire en Liga contre Séville, ne pardonneraient jamais une élimination. Alors comme ici c'est le Real, il est interdit de baisser la tête et l'humilité est un péché. Perez joue la crédibilité de son modèle sportif et même Sergio Ramos a promis un 3-0 aux Lyonnais. Ambiance.

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« C'est le meilleur Real que j'ai vu jouer dans ma vie » . Manolo Jimenez vient d'en prendre trois en une demi-heure mais reste fan. Le Sevilla menait 2-0 mais plus de 30 frappes madrilènes plus tard, le Blitzkrieg a eu raison des lignes andalouses. Ce match-là est sans doute la référence que les Madrilènes guettaient à domicile. Du coup, l'heure est à l'auto-incantation et la presse s'époumone depuis dimanche. On loue le « meilleur Madrid depuis 1962 » , le « pouvoir surnaturel du Bernabeu » et « Don Manuel » (Pellegrini).

Remonter deux buts, doubler le Barça en Liga et jouer un match européen décisif dans la même semaine, c'est un plaisir que ne se refusera jamais aucun madridiste. Ici c'est Madrid, et au royaume des grandes gueules, la calculette ne sert qu'à compter les buts de Ronaldo (20 en 21 matchs). Le Triplete ? Le jeu du Barça ? Les cinq éliminations consécutives en Ligue des Champions ? Des erreurs de l'histoire qu'il s'agit de corriger au plus vite.

Un ADN européen

La Ligue des Champions commence vraiment ce soir et Lyon –personne n'en doute ici– fait office de première cartouche dans le fusil blanc. Pire, perdre ce soir serait un déshonneur : « Perdre contre le Milan en ¼, d'accord, mais contre l'Olympique en 1/8ème c'est pas sérieux » rigole un socio devant son stade favori. « Le Real Madrid a l'Europe dans son ADN » rajoute Perez. Pas touche à la légende. Sauf que depuis cinq saisons et cinq éliminations en huitièmes d'affilée, le Real est la risée de tous les autres grands. L'heure a sonné de faire cesser les sourires en coin et de « taper du poing sur la table en Europe » martèle Guti.

CR9 se prépare et fait le dur : « Nous allons montrer à Lyon qui commande au Bernabeu » . Ce soir, Bernabeu sera plein à ras-bord et sans doute un peu moins silencieux qu'à l'habitude. Les Merengues sont pressés d'en découdre enfin avec leur destin et Perez de prouver le bien-fondé de son “projet”. L'heure est venue pour lui de prouver au monde que les Galactiques 2.0 ne sont pas que des hommes-sandwichs et pour les socios, de retrouver la gloire perdue.

Las Ventas au Bernabeu

Côté jeu, Pellegrini devra, encore une fois, faire rentrer un carré dans un cercle. Certes le Real doit remonter le score mais il doit surtout ne pas en prendre, sous peine de ridicule. Il prépare donc discrètement le terrain et rappelle que le match de ce soir n'a rien de mythologique : « Il ne s'agit pas de faire une “remontada” épique, l'avantage des Lyonnais est minime » .

Mais la prudence, en “terra blanca”, est une faute de goût. Le Real, parce que c'est le Real, se doit d'être le patron du jeu et d'imposer sa loi. Comme l'a un jour théorisé Valdano, alors joueur, les adversaires du Real doivent « avoir le trac » une fois sur la pelouse du Bernabeu. Jean-Michel Aulas s'est fait quelques copains en plus en comparant le match de ce soir à « une mise à mort » . Bien vu JMA, les arènes de Madrid sont les plus exigeantes du monde. Comme à Las Ventas, le public du Bernabeu n'hésitera pas à demander qu'on change un taureau amoindri ou un matador un peu trop froussard. La fin sera donc la même : la mise à mort. Mais de qui ?

Thibaud Leplat, à Madrid

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