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  2. // Inter/Milan (0-1)

Milan, logiquement

Victoire pleine d'abnégation et plutôt logique du Milan. Les Rossoneri conservent la tête de la Serie A et rejettent l'Inter à six points. L'hégémonie nerazzurra appartiendrait-elle déjà au passé ?

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Benitez connaît l'enjeu du derby de la Madonnina. Depuis Istanbul... Il avait alors observé la fraternisation des supporters Reds avec ceux de l'Inter. En 2005, les Nerazzurri n'avaient que les échecs de leur voisin Rouge et Noir pour se réjouir. Depuis, l'Inter a appris à gagner, au point de compter davantage de scudetti que son rival. Cinq titres ont coulé sous les ponts et le champion d'Europe en titre s'avance en favori malgré un premier tiers de championnat laborieux. Benitez a aussi déclaré chercher dans ce derby « un match référence » . Un match pour vraiment lancer la saison des siens.

Avec Eto'o et Milito enfin associés dès le coup d'envoi, l'Inter affiche ses ambitions. Benitez a rangé son 4-3-3 pour un 4-3-1-2 neutralisé dès les premiers instants par les choix d'Allegri. Ni Dinho, définitivement en disgrâce, ni Pirlo, auquel le coach italien préfère la combativité de Flamini. Pour son premier match sous le maillot nerazzurro, Sneijder avait dynamité à lui seul le Milan AC. Cette fois, le seul échelon intermédiaire entre la récupération et ses avants se trouve totalement neutralisé, annihilé par les ratisseurs milanais.

Sans Maicon, Samuel, ni Muntari, Benitez est contraint de chercher un match référence avec un onze expérimental. Le jeune Obi accompagne Zanetti et Stankovic dans la partie reculée du milieu, alors que les vieux Cordoba et Materazzi siègent à l'arrière du camion Pirelli. En manque de repères, l'Inter affiche des lignes en accordéon et le Milan s'y installe pour jouer sa petite musique. Dans la profondeur, ou dans les diagonales, via des transversales expertes de Seedorf et Ambrosini, les Rossoneri démembrent le squelette désarticulé interiste.

La sentence tombe dès la sixième minute. Lucio se fait bluffer par une feinte d'Ibrahimovic parti dans la profondeur, et Materazzi, en pompier incendiaire, balaye le Suédois dans la surface. Zlatan se fait justice lui-même, et contient son bonheur, dans une posture de respect envers ses anciens supporters. Bis pour Ibra dès la 15e minute, mais l'individualiste est d'humeur altruiste et manque son service pour Flamini plutôt que de tenter de plier l'affaire en solo. L'allumé suédois est en feu et se permet un coup du sombrero sur Lucio dans la surface, avant d'allumer une demi-volée à quelques centimètres du poteau de Castellazzi sur un superbe service d'Ambrosini (22e).

L'Inter nage à contre-courant, et seul Eto'o, explosif sur chacune de ses prises de balle, semble susceptible de faire retrouver le cours du jeu aux siens. Un accident va faire le bonheur des Nerazzurri. A la 35e, Obi est sonné, et Benitez saute sur l'aubaine pour lancer Coutinho, manifestement chargé d'accompagner Sneijder dans la confection des offensives. L'entrée du Brésilien change le cours du match. L'Inter parvient enfin à combiner et Gattuso multiplie les infractions. Déjà averti, Rino se sauve miraculeusement de l'exclusion après avoir accroché Sneijder à l'entrée de la surface (41e). Le coup-franc frappé par le Batave rasera l'équerre d'Abbiati.

Fin du songe dès la reprise. Benitez se refuse à réanimer le souvenir du duo tourbillonnant Sneijder-Van der Vaart de l'Euro 2008 et envoie Coutinho dans le couloir droit dans un 4-3-3 où Pandev vient substituer Milito, absent de l'écran de contrôle en première période. Occupation du terrain plutôt que possession de balle pour le tatillon coach espagnol. Option pas vraiment payante, tant la
domination nerazzurra paraît stérile. Côté Rouge et Noir, Allegri a sagement opté pour Pirlo afin d'éviter une expulsion à Gattuso. Milan terminera à 10, malgré tout.

Dans un coup à trois bandes, Abate se fait exclure. Flamini allume la mèche en montant sur Sneijder et Pandev ira provoquer le latéral italien, pas assez flegmatique pour éviter un deuxième jaune. En supériorité numérique, l'Inter ne trouve toujours pas la boussole pour réorienter son jeu, et ce sont même les Milanais de l'AC qui se créent les occasions les plus franches, avec un Seedorf magistral à la baguette.

Les hommes d'Allegri frôlent toutefois le désastre, quand dans un duel avec Materazzi, Ibrahimovic échappe à l'expulsion, mais ne manque pas l'Italien, contraint de sortir (68e). Avec Biabiany en renfort, l'Inter fait à présent le siège d'une arrière-garde milanaise admirable dans son organisation et son sacrifice. Un don de soi qui rappelait immanquablement la seconde période des Nerazzurri au Nou Camp du printemps dernier. Les duels sont rugueux, les espaces bouchés, et Milan, qui aurait pu tuer le match en première période, arrache finalement la victoire avec les dents. Surtout, il redevient un candidat crédible à la succession de son voisin honni.

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