Milan, la vie sans Kakà
Milan, la vie sans Kakà
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Demandez à n’importe quel Milaniste de vous parler de la vie sans Kakà. Avant de penser au système de jeu à utiliser pour le remplacer, avant de parler tactique, transferts, Ligue des Champions, scudetti, il vous parlera d’hier. Il sera heureux d’être triste en ressassant tous ces souvenirs qui l’ont fait rêver. À Milan, Kakà a été adulé comme peu de joueurs l’avaient été avant lui. L’histoire d’amour était surprenante : la passion entre un Saint ayant découvert les plaisirs de la chair il y a à peine quelques mois et une ville capable de vous mettre tous les vices en alerte le temps d’une courte nuit. Mais voilà, ces deux-là étaient vraisemblablement faits pour s’entendre.
Alors, triste, heureux, on ne sait jamais vraiment, un Milaniste vous racontera comment Kakà avait débarqué à Milan en 2003 avec la valise pleine de mots de ses parents qui devaient lui porter chance, comment il en est reparti six ans plus tard, la même valise mais cette fois pleine de trophées, avec la même bouille d’enfant sage et bien élevé. Il vous parlera de son premier but, lors de son premier derby, 46ème minute, but de la tête, centre de Gattuso, de ses dix buts lors de sa première saison, de ses dix buts en C1 en 2006-2007, et surtout de ses trois buts en demi-finale contre Man U. De son Ballon d’Or 2007, aussi. Des offres que recevait le club à chaque inter-saison, sans cesse plus vertigineuses, et de l’angoisse qu’accompagnait à chaque fois l’attente de la réponse de la società. Des manifestations de milliers de tifosi pour empêcher le départ de l’idole quand Man City avait pointé le bout de son nez et de son argent sale. Puis le départ, inéluctable.
Kakà, ce sont d’abord des souvenirs. Mais depuis qu’il n’est plus là, c’est surtout un vide qu’il convient de combler tant bien que mal. La mélancolie appartient aux supporters. Point d’état d’âme autorisé lorsque l’on entraîne le Milan AC. Alors, seul à l’ombre du soleil lombard, Leonardo prépare sa révolution, et pense à demain.
Demain, c’est lundi 6 juillet. Date de la reprise de l’entraînement. Kakà s’en est allé, Ancelotti aussi. Il y aura donc du changement. Ce que l’on sait, c’est que le nouveau Mister devrait opter pour un 4-3-3 et qu’il a promis de gérer son groupe sans être avare de compliments envers ceux qui les méritaient ; qu’il était prêt à faire des choix douloureux si le club devait en tirer un plus grand bénéfice que celui des joueurs. Que grande importance sera accordée au centre de formation, qui redeviendra « le réservoir de l’équipe première ». Nombreux seront les jeunes qui devraient ainsi faire leur apparition en Serie A : Di Gennaro, Albertazzi, Zigoni, Strasser. On sait aussi que le mercato n’est pas fini, et le Milan espère encore l’arrivée de Dzeko, auteur de 26 buts en 32 matchs pour Wolfsburg cette saison. On parle aussi d’Adebayor et de Luis Fabiano.
D’ailleurs, Adriano Galliani a d’ores et déjà annoncé l’objectif : arriver dans les trois premiers et aller le plus loin possible en Champion’s League. En milanais, « plus loin possible » se dit Coupe aux grandes oreilles.
Certains partent, d’autres restent. Inzaghi, en vacances comme à son habitude en Italie, accorde une interview entre deux bains de soleil et en profite pour écrire sur le sable « Milan je t’aime » : « Nous avons perdu des amis avec lesquels nous avons beaucoup gagné mais cela ne veut pas dire que demain sera moins beau qu’hier ». Tant qu’il y aura Pippo Inzaghi…
Les tifosi pleurent, les entraîneurs travaillent, Inzaghi bronze et Kakà sourit devant les caméras et signe des autographes : la saison 08/09 est bel et bien terminée et un nouveau cycle commence. Le Milan AC est éternel.






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