Milan, jamais AC

Ronaldhino, Pato, Ibrahimovitch, Robinho. Berlusconi a empilé les pièces, à Allegri de maintenant se débrouiller avec. Bon courage.

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Silvio Berlusconi a annoncé la couleur. Il veut « un Milan très spectaculaire, capable de divertir, où les meilleurs peuvent jouer ensemble » . En clair, Silvio n'a pas sorti le chéquier pour rien, et son entraîneur, Massimo Allegri, ferait bien d'aligner les quatre as, comme on les appelle déjà en Italie, simultanément mais aussi le proche possible du but adverse. « Lors de certains matches, continue Berlusconi, nous n'avons pas tiré une seule fois par mi-temps, parce que Ronaldinho et Pato, au lieu d'être près du but, étaient à 45 mètres » .

Cette année, ils devraient donc être plus haut, et surtout bien accompagnés : Ibrahimovic et Robinho les ont rejoints pour que reprenne la fête, et pas uniquement sur le terrain. Ces arrivées ont ravi les supporters milanais mais également quelques tenanciers d'établissements nocturnes. Et sur le papier, l'attelage parait aussi imprévisible pour la défense adverse que son propre entraîneur. Si les quatre sont alignés, qui va défendre, qui va couvrir les montées des latéraux adverses, qui pour se sacrifier au collectif, qui pour ne pas jouer pour sa pomme ?

Le 4231 ainsi envisagé, avec Ibra soutenu par les trois Brésiliens, pourrait vite se transformer en 6 qui tirent la gueule et 4 rigolos devant. L'axe devrait être un minimum protégé par les deux milieux, du moins avant qu'ils en aient leur claque ; les flancs, eux, s'écrouleront bien assez vite sous les assauts adverses, Robinho et Pato n'étant pas spécialement connus pour leur propension à défendre. Aussi, à moins qu'Allegri ne parvienne à convaincre ses attaquants de l'intérêt du repli, comme Mourinho a su le faire avec Eto'o et Pandev, le milieu de terrain risque d'avoir beaucoup, mais alors beaucoup de travail, et la défense pourrait se retrouver alors aussi sur-exposée qu'un Allemand au soleil. Ce ne sont pas les renforts de Yepes et de Sokratis qui pourront y faire grand chose, d'autant que les latéraux (Bonera ou Abate à droite, Antonini à gauche) n'apportent pas encore (ou plus) toutes les garanties du monde. Plus que de sous-louer Robinho, conserver Borriello et recruter un latéral polyvalent aurait été une bonne idée, mais apparemment, n'est pas Berlusconi qui veut.

Aussi, assez rapidement et malgré les désirs de son Président, Massimo Allegri devrait revenir à un 433 classique (au plus tard pour les fêtes, sous la forme d'un arbre de Noël) afin de ne pas voir son équipe prendre l'eau et des scores fleuves. Heureusement, la vie est bien faite, et il ne faudra sans doute pas attendre bien longtemps. Entre les blessures, les virées nocturnes, la nostalgie de Rio, les blessures, les virées nocturnes, la nostalgie de Rio, les quatre as ne devraient pas trop souvent être frais et dispos en même temps. Un peu comme à Barcelone, du temps où l'on se demandait comment Rijkaard allait bien pouvoir composer avec Eto'o, Ronnie, Henry et Messi ; les aléas de la vie de footballeur ont réglé le problème plus vite que l'entraîneur hollandais.

Massimo Allegri, annoncé comme un futur grand de ce monde, aura donc la tâche assez vite facilitée et pourra alors passer aux choses sérieuses. Soit un milieu à trois éléments, à choisir parmi Ambrosini le capitaine, Pirlo le gouvernail, Seedorf la bouée de sauvetage, Flamini le mousse et Kevin-Prince Boateng, le pirate. Étincelant lors de la dernière Coupe du Monde, le Ghanéen pourrait d'ailleurs bien être la meilleure recrue de l'année...

Car, finalement, ce Milan pourrait ressembler, bien plus que l'on n'y pense actuellement, à son prédécesseur : une défense un peu empruntée, malgré la confirmation Thiago Silva, bientôt le meilleur défenseur central brésilien ; un milieu aussi bosseur que technique, délicat que puissant ; une attaque irrégulière et fantasque, au sein de laquelle Ibra prendra la place de Borriello et Robinho celle du hunter Huntelaar, sur le banc ; une troisième place de la Serie A, derrière l'Inter et la Roma, et une élimination en huitièmes de finale de Ligue des Champions contre un club anglais, Chelsea, où sévit son ancien entraîneur, Carlo Ancelotti. Et l'été prochain, histoire de retrouver au sommet, Berlusconi fera revenir Kaka.

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