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Milan face au tabou anglais

Vainqueur de l’Udinese ce week-end en championnat, le Milan AC aborde ce huitième de finale de Ligue des Champions contre Arsenal requinqué. Pourtant, leur dernière victoire en Ligue des Champions remonte au 19 octobre. Et la tradition avec les clubs anglais n’est pas des plus rassurantes.

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Février 2008. Milan affronte Arsenal en huitièmes de finale de la Ligue des Champions. 0-0 à l’Emirates, 0-2 à San Siro. Merci, au revoir. Février 2010. Au même stade de la compétition, les Rossoneri tirent Manchester United. 2-3 à San Siro, et une rouste 4-0 à Old Trafford. Merci, au revoir. Février 2011. Toujours en huitièmes de finale, toujours un club anglais. Cette fois-ci, le bourreau s’appelle Tottenham. Les Spurs gagnent 1-0 à Milan, puis tiennent le nul, 0-0, au retour. Merci, au revoir. Oui, c’est un fait : depuis sa victoire en finale de C1 contre Liverpool, en 2007, Milan a créé sans le vouloir une sorte de malédiction avec les clubs anglais. Une malédiction qui, mine de rien, avait même peut-être commencé un 25 mai 2005, à Istanbul, lorsque les Milanais avaient perdu cette maudite finale contre les mêmes Reds de Liverpool. Alors, lorsqu’en décembre dernier, le tirage au sort a décidé que, pour la quatrième fois d’affilée, les Rossoneri affronteraient une équipe britannique en huitièmes de finale, le sang de Silvio Berlusconi et d’Adriano Galliani n’a fait qu’un tour. Il est temps que la roue tourne.

L’Udinese comme rampe de lancement

Toutefois, et c’est un fait, ce n’est pas le même Milan AC qui va se présenter ce soir à San Siro. Non. Ce n’est plus ce Milan en fin de cycle ou ce Milan vieillissant qui sortait par la petite porte de la plus prestigieuse des compétitions. C’est un Milan AC champion d’Italie, avec le Scudetto sur le maillot, qui plus est leader du championnat (ironie du calendrier : les Milanais pourraient perdre leur place de leader pendant le match contre Arsenal, puisque la Juve dispute ce soir son match en retard contre Parme) et tout juste revigoré par une victoire de caractère sur la pelouse de la redoutable Udinese. Or, ce succès a fait beaucoup de bien à tout le monde. Milan n’avait pas encore remporté une confrontation directe cette année. Battu par la Lazio, le Napoli, l’Inter et la Juve en championnat, le champion a sorti ses tripes pour aller arracher des trois points en terre frioulane, là où personne n’avait encore gagné cette saison. Et tout ça sans Zlatan, suspendu pour trois matches de championnat. Or, petit avantage-qualité : ce soir, Massimiliano Allegri pourra bien compter sur son buteur au grand nez. La suspension n’affecte pas la Ligue des Champions, et l’avant-centre suédois, à qui la C1 manque encore au palmarès, a bien l’intention de libérer sa frustration sur le terrain.

Gunners II, la revanche

S’il est indéniable que le Milan AC est un club de Coupes, avec un palmarès monstrueux de sept Ligue des Champions, deux Coupes des Coupes, cinq Supercoupes UEFA, trois Coupes Intercontinentales et un Mondial des Clubs, les statistiques les plus récentes ne sont pas aussi flatteuses. Lors des trois dernières saisons, le club de Via Turati n’a remporté que 6 des 22 matches de Ligue des Champions qu’il a disputés. Et encore. Hormis une victoire de prestige contre le Real Madrid en 2009 (3-2 à Bernabeu), les autres succès sont arrivés contre des équipes comme le BATE Borisov, le Viktoria Plzen ou l’AJ Auxerre. Pas vraiment des cadors du football européen, avec tout le respect pour Guy Roux. Un club aussi prestigieux se doit donc de réagir. Tout de suite. Cette confrontation contre Arsenal tombe donc à point nommé. Peut-être aussi parce que, symboliquement, c’est à partir de cette défaite à San Siro contre les Gunners (2-0, buts de Fabregas et Adebayor) que l’empire milanais a commencé à perdre de sa superbe. « Non : nous n’avons aucun complexe d’infériorité vis-à-vis des clubs anglais, il s’agit juste d’une question de technique et de tactique » a martelé Allegri en conférence d’avant-match. Une méthode d’auto-persuasion pour tenter de rompre l’incantation.

Ibra-bonheur

Plusieurs bonnes nouvelles pour l’ancien entraîneur de Cagliari. Le banc milanais va pouvoir se garnir dès ce soir de deux renforts de luxe. Après un mois d’absence, Alexandre Pato et Kevin-Prince Boateng sont prêts, même si les deux « n’ont pas 90 minutes dans les jambes » , selon Allegri. En revanche, aucun doute en ce qui concerne Zlatan Ibrahimovic. La suspension en championnat ne le conditionnera pas, et devrait d’ailleurs lui apporter d’ultérieures motivations pour ce rendez-vous face à Arsenal, une équipe contre laquelle il avait planté un doublé en quarts de finale de C1, à l’époque où il portait encore le maillot du Barça. « Zlatan doit être serein et ne doit pas être obsédé par la Ligue des Champions. Je le vois très bien physiquement, et même mentalement. Il peut faire un grand match ce soir » a-t-il affirmé. Il vaudrait mieux pour les Lombards. En effet, c’est mathématique : quand Ibra marque, le Milan AC ne perd pas. Ah si, c’est arrivé une fois depuis son arrivée à Milan, l’exception qui confirme la règle. C’était en novembre dernier, contre le Barça. Pas forcément la dernière équipe venue.

Eric Maggiori
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