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  2. // 35e journée

Milan écrit son scénario

Dimanche, à 17h, le Milan AC pourrait être sacré Champion d'Italie pour la 18ème fois de son histoire. Pour ce, l'Inter doit chuter à Cesena et les rossoneri doivent disposer d'un Bologne déjà en vacances. Tout sauf impossible.

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« Il est 16h58, nous sommes le dimanche 1er mai 2011, le Milan AC est Champion d'Italie 2010-11, pour la 18ème fois de son histoire » . Voilà ce que Riccardo Cucchi, le commentateur phare de Radio Uno, pourrait scander dans quelques heures. Voilà aussi ce que les tifosi du Milan AC espèrent entendre. Sept ans même, qu'ils l'attendent, cette foutue phrase. Car depuis trop d'années, les supporters rossoneri doivent remballer leur gloire d'antan. Les règnes du Milan de Sacchi puis de celui d'Ancelotti, semblent bien loin. Le dernier sacre national remonte à 2004. Une éternité. A cette époque-là, Schevchenko plantait 24 buts, Maldini guidait la meilleure défense de Serie A, et Rui Costa délectait la Serie A de ses gestes de classe. Le Milan cru 2010-11 n'est peut-être pas aussi savoureux, mais a su se montrer, tout au long de la saison, diablement régulier. Jamais deux défaites d'affilée, toujours présent lors des grands-rendez vous, compétitif malgré les blessures, Milan marche sur la Serie A depuis le mois de novembre. Dimanche, après des mois de cavalier seul, l'équipe de Berlusconi va enfin pouvoir connaître la consécration. Si, et seulement si, l'ennemi interiste le permet.



Un peu de mathématiques. Il reste quatre matches à jouer. 12 points à prendre. Milan compte pour le moment 74 points, 8 d'avance sur l'Inter, 9 sur le Napoli. En s'assurant neuf points d'avance sur son dauphin au terme de cette 35ème journée, Milan décrocherait arithmétiquement le Scudetto. Car même si, par un mauvais sort céleste, les rossoneri venaient à perdre leurs trois derniers matches et l'Inter et le Napoli à les remporter, Milan serait tout de même champion, grâce à la différence de buts particulière. Or, pour se garantir cette avance de 9 points, la bande d'Allegri n'a pas le choix : elle doit battre Bologne, dimanche après-midi, en espérant que, la veille au soir, l'Inter ne s'impose pas face à Cesena. Sachant que les joueurs de Bologne jouent le dimanche en tongs depuis que le maintien a été assuré (1 point conquis sur les 5 derniers matches) et que Cesena a besoin de points comme un toxico a besoin de sa dose, les deux résultats n'ont rien d'utopique. Scénario potentiel.



Naples et l'Inter en piste



Samedi, 18h. L'Inter débarque à Cesena pour continuer à rêver. Une semaine auparavant, les interistes, fatigués, ont puisé dans leurs ressources pour battre la Lazio (2-1). Mais là, ils sont clairement à bout. Et mine de rien, Cesena, ça ne rigole pas depuis le début du printemps. Sur les 9 dernières rencontres, l'équipe de Ficcadenti ne compte qu'une seule défaite (face à la Lazio, justement), et a glané 16 points sur 27. Un superbe score qui lui permet d'être aujourd'hui en dehors de la zone rouge, mais toujours avec le risque d'y glisser à nouveau, en cas de faux pas. C'est donc une équipe à bloc qui accueille le Champion d'Europe en titre. Nagatomo est pris par la nostalgie et n'arrive pas à faire de mal à son ancien club, Eto'o est dans un mauvais soir et le petit public de Cesena donne tout. Sneijder claque quand même un coup-franc, histoire de rappeler à tous qui est le patron. Mais comme contre la Juventus (2-2) et Palerme (2-2), Cesena ne lâche rien et égalise à dix minutes du terme. Un but tout dégueu de Bogdani, peut-être l'attaquant le moins classe de Serie A. L'Inter ressort du stadio Manuzzi avec un petit point, des derniers espoirs qui s'envolent et la tête déjà tournée vers le seul trophée restant, la Coupe d'Italie. Triste.


Samedi, 20h45. Le Napoli reçoit le Genoa. Les Napolitains ne sont pas dans leur assiette. Deux défaites dans les deux dernières rencontres, l'équipe de Mazzarri a du ranger ses rêves de Scudetto. La Ligue des Champions, c'est déjà bien. Revanchards, les partenopei accueillent le Genoa, qui n'en a concrètement rien à cirer de ce match. Eux ont déjà assuré leur maintien, et ont fait exprès, lors du dernier match, de se prendre pleins de cartons jaunes, histoire d'être au complet pour le derby de la semaine prochaine face à la Sampdoria. Cavani, bien malheureux lors de ses deux dernières sorties, se rattrape, et claque un doublé. Personne, à Naples, n'a glané le titre de meilleur buteur depuis Maradona, alors l'Uruguayen veut au moins ça. Le Napoli s'impose, et revient à six points du Milan AC. Mais tout le monde s'en cogne, de toutes façons Naples ne sera pas champion. L'an prochain, peut-être.





Apothéose Milanaise



Samedi, 23h30. Les joueurs milanais jouent au poker toute la nuit. Trop excités pour dormir. Boateng répète le moonwalk avec Seedorf. Il a promis de le faire à San Siro si Milan gagne le titre.

Dimanche, 15h. Giuseppe Meazza est rempli. 80 000 supporters attendent le titre. Et quand l'attente dure depuis 2555 jours, on n'est plus à quelques heures près. Bologne arrive en victime sacrificielle. Di Vaio fait le chaud, avec ses 18 buts en championnat. Mais son pote d'enfance Nesta, avec qui il a grandi chez les jeunes de la Lazio, lui rappelle vite qu'ici, c'est la Scala du football. Sans Ibrahimovic, suspendu et sans Pato, blessé, Milan peine un peu. La peur de la dernière marche. La peur de l'orgasme final. Alors, face à l'inertie des petits nouveaux, les vieux de la vieille prennent en main les choses. Gattuso, Ambrosini et Seedorf étaient déjà là en 2004. Ils savent comment faire. Bologne ne fait durer le suspens qu'une mi-temps. En seconde période, les rossoneri se libèrent. Robinho plante son 13ème but de la saison, le genre de 13 qui porte bonheur. Seedorf double la mise, et Boateng, en guise d'apogée du plaisir, s'offre un moonwalk répété toute la nuit après le troisième but qui clôt le score. Apothéose. Allegri le sobre tombe la veste et finit chemise-trois-boutons-ouverts sous la Curva, Galliani en tribunes gratifie les caméras de ses plus belles grimaces, et Berlusconi vient montrer son immense sourire presque figé sur sa trogne trop liftée. Le tabou est tombé, l'équipe qui gagne en Europe mais plus en Italie remporte enfin son titre national, avec trois journées d'avance. L'hymne du Grande Milan résonne dans l'enceinte du stade tandis que les tifosi agitent des Scudetti tricolores en plastique. La fête. La vraie. Enfin.



Voilà le scénario parfait dont les tifosi milanais rêvent. Dont Berlusconi rêve. Dont Allegri rêve. Dont les joueurs rêvent. Mais le propre des rêves, c'est qu'ils ne se déroulent jamais comme on les avait imaginés. Et ça, Eto'o s'en souviendra peut-être. A la 92ème minute.


Par Eric Maggiori

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Bel exercice de foot-fiction ou d'anticipation! Et parfaitement réaliste.

Je tire mon chapeau au Milan en qui je ne croyais pas du tout en début de saison.

Qui a eu le nez d'embaucher Cassano et Van Bommel à un moment de l'année où il fallait renforcer sa première place.

Berlusconi est un dictateur des temps modernes mais sa gestion du Milan est sans doute sa seule vraie réussite!
Joli article, mes félicitations.Je rêve de voir mon équipe gagner le Scudetto, buts de Pirlo et Nesta...
Petite statistique intéressante concernant Ibrahimovic: Il a gagné tous les championnats qu'il a disputé depuis 2004 (Ajax-Juventus-Inter-Barcelone et probablement cette année avec Milan), les titres remportés avec la Juve en 2005 et 2006 ont certes été retirés.. Mais c'est fort, quand-même !
Quel bande de c****** ces Intéristes!Ils gâchent la fête^^
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