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Milan, démarrage en côte

Après la grève qui a fait sauter la première journée, les clubs italiens rechaussent enfin les crampons. Ce soir, en match avancé de la deuxième journée, le Milan AC, champion d'Italie en titre, reçoit la Lazio Rome. Il y a pire, comme baptême du feu.

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Les manifestants ont rangé leurs banderoles. La grève est terminée. Après 110 longs jours de vacances, la Serie A va enfin pouvoir redémarrer. Coup de bol, le calendrier a bien fait les choses et offre, pour cette vraie-fausse reprise du championnat, un bon vieux choc entre le Milan AC, champion en titre, et la Lazio Rome, l'un de ses principaux outsiders. Or, une chose est sûre : si les tifosi des deux équipes se font déjà une joie à l'idée de se régaler, les deux équipes, elles, auraient certainement préféré s'éviter. En effet, la première journée, celle initialement prévue le 28 août, aurait réservé deux rencontres abordables aussi bien pour l'une que pour l'autre. Milan devait se déplacer à Cagliari, et la Lazio recevoir le Chievo. Deux potentielles victoires, avec tout le respect pour les Sardes et les Veronesi. Mais non. C'est toutes deux avec un joli zéro au compteur que les formations milanaise et romaine vont s'affronter ce soir. Une affiche pour le Scudetto avant l'heure. Mais surtout, avec un dernier facteur externe à prendre en compte : les Rossoneri, quatre jours plus tard, doivent affronter la meilleure équipe du monde. Rien que ça.

Sans Zlatan, avec Cassano ?

Massimiliano Allegri, le premier, avait prévenu, sans langue de bois. « Attention à la Lazio. Selon moi, elle sera, avec le Napoli, la principale concurrente dans la course au Scudetto » . Ça, c'était juste avant de savoir que les Biancocelesti seraient justement leur premier adversaire cette saison. Petit problème : hormis les amicaux de pré-saison et la Supercoupe d'Italie remportée face à l'Inter à Pékin, le Milan AC n'a pas encore eu l'occasion, contrairement aux autres cadors européens, de montrer son état de forme actuel. Pour les grands débuts à San Siro, face à la Lazio, le coach champion d'Italie va donc devoir la jouer fine. D'une, en réfléchissant en fonction de son adversaire. De deux, en pensant au match face au Barça, mardi soir. Une première certitude : Zlatan Ibrahimovic devrait être sur le banc ce soir. Allegri est plutôt préoccupé par les conditions de son attaquant, après une blessure qui aurait, de toutes façons, dû lui faire manquer la première journée, le 28 août dernier. Par précaution, donc, il restera au repos ce soir. Place donc à Alexandre Pato, qui devrait être associé soit à Cassano (remis sur les bons rails par la confiance accordée par Prandelli), soit à Robinho. Pas certain non plus de voir les nouveaux acquis milanais endosser leurs nouvelles couleurs. Taïwo est blessé jusqu'à la fin du mois, Mexes encore un bon mois, tandis qu'Aquilani et Nocerino devraient également faire banquette. Après tout, l'entraîneur toscan a raison : on ne change pas une équipe qui gagne.

Le “lion noir” remplace “Maurito

A l'inverse, on peut changer une équipe qui ne gagne pas. Au fur et à mesure de la saison dernière, la Lazio avait fait de la Ligue des Champions son objectif principal. Un rêve qui s'est envolé à deux journées de la fin, après une défaite sur la pelouse de l'Udinese. Un peu déçu, mais convaincu que son équipe est enfin en mesure de franchir un palier, Claudio Lotito, le président, a décidé de tout chambouler. Quatre titulaires du onze-type sont partis : Muslera, Lichtsteiner, Floccari et surtout Zarate. C'est d'ailleurs le départ de l'Argentin qui a créé le plus de polémiques. Les tifosi, très attachés à lui, n'ont pas compris cette mésentente avec l'entraîneur, Edy Reja, qui a fini par pousser leur numéro 10 vers l'Inter Milan. Toutefois, ce "hic" de la dernière journée du mercato n'entrave en rien l'excellent mercato réalisé par le club laziale. Klose, Cissé, Marchetti, Cana, Konko : des recrues d'expérience pour une Lazio qui, cette saison, a bien l'intention de jouer les premiers rôles. Mais aussi de confirmer sa renaissance dans la Ville Éternelle. De fait, pour la première fois depuis 2003, elle a terminé devant la Roma au classement. Et le mois d'août 2011 a confirmé la tendance : pendant que l'ennemi romain se faisait éliminer de l'Europa League par le modeste Slovan Bratislava, la Lazio se qualifiait en écrasant Rabotnicki, 9-1 sur l'ensemble des deux matches. Un peu tôt, certes, pour parler d'une véritable inversion de tendance. Mais les promesses sont là.

Alibi Barça

Alors quoi ? Milan est toujours supérieur à la Lazio ? Oui. Bien entendu. Milan est au-dessus du lot, et le sait. Là où l'équipe romaine a un coup à jouer, c'est sur le facteur “surprise de début de saison”. Comme en 2008, lorsque, lors de la première journée du championnat, les Rossoneri d'Ancelotti s'étaient fait surprendre à domicile par le promu Bologne (1-2). Effectivement, mieux vaut jouer le champion d'Italie lors de la première journée, quand les jambes sont encore lourdes, plutôt qu'en plein mois de mars, lorsque l'équipe est en pleine bourre. Nul doute aussi que certains Milanais auront déjà la tête au Camp Nou, même si cela ne doit en aucun cas être un alibi. Surtout qu'en face, la Lazio a plus à gagner qu'à perdre. San Siro est un stade tabou : elle n'y a pas battu le Milan AC depuis 1989. Vingt-deux ans de disette auxquelles un Français, Djibril Cissé, aimerait bien mettre un terme. Légèrement touché à la cheville la semaine dernière, le Djib' est déjà sur pieds et a bien l'intention de ne pas rater les présentations officielles avec l'Italie. Le champion est averti : l'outsider ne vient pas pour faire de la figuration.

Eric Maggiori

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Robinho n'est pas sur la feuille de match me semble-t-il (Seedorf non plus d'ailleurs).
Et Pato est sur le banc.


MILAN: Abbiati; Abate, Nesta, T. Silva, Antonini, Gattuso, Ambrosini, Aquilani, Boateng, Cassano et Ibrahimovic.
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