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  2. // 20ème journée

Milan dans le viseur

En Italie, on chasse traditionnellement le canard, la grive ou l'alouette. Mais pour un week-end, toutes les équipes de Serie A avaient désigné une seule et même proie : le Milan AC. Et avec Eto'o, Del Piero et Di Natale comme chasseurs en chef, elles étaient plutôt bien armées.

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En général, les périodes de chasse débutent en septembre. Le dimanche. Pourtant, nous sommes en janvier et depuis hier, la chasse au Milan AC est officiellement lancée. Les Rossoneri, leaders de la Serie A depuis la 11ème journée, sont désormais la cible à abattre. Mais là, ni appeau ni chilet pour attirer et piéger la bête : les uniques armes sont un ballon et une grande abnégation. Lecce a bien reçu le message : les Milanais devaient laisser des plumes lors de leur déplacement dans le Sud. Après une première mi-temps de nul absolu, Zlatan Ibrahimovic réveille tout le monde avec un coup de canon qui aurait même tué une perdrix en pleine forêt. Sa volée se loge dans la lucarne, pour l'un des buts de l'année en Italie. Ibracadabra, encore une fois. Mais Lecce a du cœur : après plusieurs tentatives sauvées tantôt par Amelia, tantôt par le poteau, les Giallorossi égalisent en fin de rencontre par Oliveira (1-1). Et le vaillant Lecce devient le héros d'un soir dans la grande famille des chasseurs.



Plutôt que de partir chasser le Milanais, le Napoli a préféré rester tranquillement à la maison pour se taper une bonne Caponata, spécialité locale. Résultat, un 0-0 décevant face à une Fiorentina de plus en plus solide. Tant pis pour le braconnier Mazzarri, qui devra attendre la semaine prochaine pour se rapprocher d'un leader qui reste à quatre points. En revanche, dans la région de Rome, la chasse est bien ouverte. Battue la semaine dernière, la Lazio n'avait pas le choix : faire chuter la Sampdoria ou revoir ses ambitions de C1 à la baisse. Olimpia le rapace a fait son show en début de match. Heureusement, l'aigle est jusqu'à ce jour un animal protégé en Italie. Pour ce qui est de la rencontre, rien à signaler jusqu'à la 85ème minute. Libor Kozak, entré sur le champ de bataille depuis quelques minutes, délivre alors la Lazio d'un coup de tête rageur qui vaut trois points et une seconde place au classement. Et c'est bien là le seul motif de satisfaction pour une équipe romaine qui aura offert un spectacle loin, bien loin de ce qu'elle proposait en début de saison. Même discours pour la Juventus. Les Bianconeri, encore sous le choc des deux gifles reçues face à Parme (1-4) et Naples (0-3), ont dû attendre les dernières minutes pour faire chuter une brave équipe de Bari (2-1) et rester ainsi à un point de la zone Ligue des Champions. Après que Del Piero a visé et trouvé la lucarne sur coup-franc (le 250ème de sa carrière?), Bari est revenu dans le coup et a tenu jusqu'à la 80ème minute. Moment choisi par Aquilani pour fusiller Gillet d'une superbe reprise de volée. Pour une journée sous le signe de la chasse, Bari aura fait honneur à son surnom : les coquelets. Prends ça la gallinette cendrée.



L'Inter Milan n'a pas de surnom d'animal. Et alors ? Leonardo n'en a visiblement pas besoin pour faire peur aux cousins rossoneri. L'an dernier encore, ils chassaient ensemble. Époque révolue. Désormais, l'ancien du PSG guide une Inter Milan revancharde et déterminée comme jamais. Quatrième victoire en quatre matches pour les Nerazzurri, plus que jamais candidats à une remontée fantastique. Bologne n'a rien vu venir : quatre coups de fusil signés Stankovic, Milito et Eto'o (2), et les Bolognais rentrent bredouille. Avec deux victoires lors de leurs deux matches en retard, les Interistes seraient virtuellement deuxièmes du classement. De son côté, Cesena nous a fait le coup de la proie qui se saborde avant de se faire abattre. Dominés pendant une grande partie de la rencontre par l'AS Roma, les joueurs de Cesena ont bien senti que leurs efforts allaient être vains. Du coup, à une minute du terme, l'Argentin Pellegrino s'est tiré une balle dans le pied en marquant contre son camp le seul but de la rencontre. La Roma reprend ainsi les trois points abandonnés à Gênes et reste au contact des premières positions. Ce qui n'est pas le cas de Palerme, toujours aussi désastreux loin de son île. Le Président Zamparini aura beau hurler toute sa colère contre les arbitres, ses joueurs repartent de Sardaigne avec une belle défaite (3-1). Cagliari continue son petit bonhomme de chemin : les Sardes sont désormais neuvièmes. Pas mal.

Mais l'équipe qui vend du rêve en ce moment, c'est l'Udinese. Après le rocambolesque 4-4 de la semaine dernière face au Milan AC, les Frioulans ont encore frappé quatre coups face au Genoa. Mais cette fois-ci, ils ont eu la bonne idée de n'en encaisser que deux (4-2). Promis, Zeman n'est pas leur entraîneur. Toto Di Natale a encore scoré (et de 14), Alexis Sanchez aussi. Comme quoi, pour chasser, il ne suffit pas d'être patient pour débusquer une cible : on peut aussi se lancer à l'assaut pour aller la dégommer. C'est peut-être ce que le défenseur de Parme, Massimo Paci, a pensé lorsqu'il a vu l'attaquant de Brescia, Eder, filer au but. "Opération dégommage", quitte à être exclu. A dix pendant plus d'une heure, ses coéquipiers ont dû hisser le drapeau blanc (2-0). Brescia revient ainsi à un point de Cesena, premier non-relégable, et à quatre de Catane, tenu en échec par le Chievo de l'éternel Pelissier (1-1). Le soleil se couche, la journée-chasse s'achève. Qui va à la pêche dimanche prochain ?

A voir :

Le but de Zlatan Ibrahimovic

Le coup-franc de Del Piero

Eric Maggiori

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Coolos. Mais l'Inter a bien comme surnom un animal: Il Biscione (sorte de "grand serpent") c'est d'ailleurs ce qu'il y a sur le maillot blanc de l'équipe. Au fait, la Juve c'est le Zèbre aussi.
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