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Milan crie au loup

Ce soir, le Milan AC reçoit l'AS Roma pour le bouquet final d'une riche année 2010. L'an passé, la Louve cartonnait pendant que les Milanais traînaient la patte. Cette saison, c'est l'inverse. Borriello n'a pas pris le train dans le bon sens.

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Voilà plusieurs années que Milan-Roma est devenu l'un des chocs incontournables de la Serie A. Un match pour la Ligue des Champions, si ce n'est pour le Scudetto. Or, Romains et Milanais ne s'aiment guère, ce n'est pas nouveau. Il n'y a qu'à remonter à l'an dernier pour en avoir la preuve. Milan bat la Roma 2-1 grâce à Ronaldinho et Pato. A la fin de la saison, les giallorossi échouent à deux points du titre. Ils n'ont pas perdu le Scudetto lors de ce match là, mais sur le décompte final, ce fut une défaite fatale. A un an d'intervalle, les enjeux sont désormais résolument différents. Le Milan AC a retrouvé sa superbe et domine à nouveau la Serie A, après quatre années à se taper la tête contre les murs à cause des succès de l'Inter. La Roma, elle, a du mal à se remettre de ce titre perdu au finish. Il faut dire qu'au bout d'un moment, ça peut saouler d'arriver toujours deuxième (six fois sur les neuf dernières saisons, même Poupou n'a pas fait mieux). D'ailleurs, lors du dernier Scudetto du Milan AC, en 2003-04, la Roma était venue disputer le titre à San Siro à trois journées de la fin. Battue 1-0 grâce à un but de Schevchenko, elle avait du assister, vaincue, au sacre milanais. Ca aussi, ça traumatise.



On parlait d'enjeu. Pour le Milan AC, il est simple : les rossoneri ont six points d'avance sur son trio de poursuivants Juventus-Napoli-Lazio. Six points, c'est beaucoup. Un succès leur permettrait de passer Noël au chaud avec une sérieuse avance, quasi inimaginable après leur défaite contre la Juve (1-2) le 30 octobre dernier. Cette claque a été le point de départ d'un nouveau Milan. Berlusconi avait publiquement critiqué la coiffure d'Allegri, qui du coup était allé illico se faire couper les tifs. Et comme si la parole sacrée du divin Berlu avait fonctionné, le Milan, sans les cheveux en bataille d'Allegri, s'est mis à gagner. Six victoires et un nul : une série décoiffante de sept matches sans défaite. La passe de huit ce soir ? «  C'est le match qui précède les fêtes et j'apprécierai de partir en vacances avec un bon résultat. Ce qui compte aujourd'hui, c'est la prestation de l'équipe et non des individualités. Je suis certain que mon équipe ne passera pas à côté d'un tel rendez-vous » a averti un Massimiliano Allegri serein et confiant. Surtout, un succès enverrait la Roma dans les choux, à treize points de la tête. Même avec l'intégralité des matches retours à jouer, le gouffre semblerait trop conséquent. Pour le Roma, actuelle 6ème, il s'agit donc d'une possibilité quasi-unique de pouvoir remonter sur le train du Scudetto. Même si Claudio Ranieri ne le voit pas forcément de cet œil. «  Ce n'est pas notre dernière chance, mais c'est un match important pour nous. Je dis toujours que chacun a ce qu'il mérite. Si nous sommes à 10 points du Milan, c'est que nous méritons ce classement. Nous n'avons pas réussi à rééditer le championnat de l'an dernier, mais nous savons que nous devons travailler et faire beaucoup mieux » a-t-il déclaré au Corriere dello Sport. Le gros problème de la Roma, c'est surtout son rendement loin de ses bases. Si elle engrange tous les points possibles à domicile (20 sur 24), à l'extérieur, c'est une autre affaire. La bande de Ranieri a un rythme calamiteux, digne d'un relégable : quatre défaites, trois nuls et une seule victoire, obtenue... à Rome, dans le derby face à la Lazio. Gagner à San Siro serait donc un signal fort, juste avant la trêve. Un tabou brisé même.



Enfin, ce dernier grand choc de l'année en Italie sera aussi celui entre deux buteurs en forme : Ibrahimovic à ma gauche, Borriello à ma droite. Depuis quelques semaines, le Suédois est dans tous les bons coups. Récemment, les médias italiens ont même trouvé bon de le comparer à Marco Van Basten, histoire de faire désenfler son melon. « Il faudrait une cage pour le mettre dedans. Ibrahimovic ne joue pas seulement au centre, il se place beaucoup sur les ailes, il sera à droite et s'alternera avec Robinho à gauche. Nos défenseurs latéraux auront donc encore plus de travail que les centraux » a annoncé Ranieri, qui se méfie d'Ibra comme de la peste. Mais qu'il se rassure : lui aussi aura son vengeur masqué. Marco Borriello, 10 buts depuis le début de la saison, aura à cœur de briller face à son ancienne équipe. Chaud comme la braise, le Marco se présentera à San Siro avec un masque de protection : son nez n'a pas résisté au coude de Michele Rinaldi. Son masque résistera-t-il à Gattuso ? Une métaphore sous forme d'interrogation, pour se demander si la convalescente Roma réussira à tenir tête à l'ogre milanais.



Eric Maggiori

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C'est dommage parce que une défaite pourrait couper les pattes à la Roma... Mais Milan est vraiment très, très en forme!
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