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Milan AC, nouvelle jeunesse

Ce soir, 20h45, le Milan AC reçoit la Fiorentina en leader. Après avoir été traités de retraités par la majorité de la presse transalpine, les Rossoneri ont fait profil bas. Et hormis Zlatan, qui continuait d'envoyer des missiles dans la presse, les joueurs ont préféré répondre sur le terrain. Profitant des mauvais résultats de l'Inter et de la Roma, le Milan AC s'est hissé en tête de la Serie A, comme au bon vieux temps. Coup de maître ou coup de bol ?

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Les vieux vous saluent bien. Le Milan AC est en tête du championnat et ça n'était pas arrivé depuis bien longtemps. « Une équipe vieillissante » , « des joueurs sur le déclin ou en quête de rachat » , « un schéma de jeu sans fantaisie » ... Les Milanais ont fait trésor de toutes ces critiques, assénées sans relâche depuis la saison dernière. Même après la défaite face au Real Madrid (2-0), le 19 octobre dernier, la presse était unanime : ce Milan-là n'irait pas bien loin. Dix jours plus tard, les Rossoneri sont battus à domicile par la Juventus (1-2). La Lazio est alors à cinq points. Branle-bas de combat à Milanello. Berlusconi sort de sa villa et attaque l'entraîneur : « Il devrait mieux se peigner avant d'aller en conférence de presse » . Bim. Aux grands maux, les grands remèdes. Allegri déserte l'entraînement pour prendre rendez-vous chez le coiffeur. Le lendemain, le voilà de retour, tout beau tout propre, avec une jolie coupe bien peignée. Et ça marche. Le mythe de Samson est révolu. Désormais, on devient plus fort sans cheveux. La preuve : Milan gagne à Bari (3-2), puis face à Palerme (3-1) et passe devant la Lazio, battue coup sur coup dans le derby romain et à Cesena.


Ces deux résultats permettent au Milan AC d'aborder le derby de dimanche dernier en leader. Ca aussi, ça n'était pas arrivé depuis un bout de temps. Pire, lors des trois dernières saisons, la domination du cousin intériste s'est faite de plus en plus forte. Trois Scudetti, une Coupe d'Italie, deux Supercoupes italiennes et une Ligue des Champions : tel est le palmarès du club de Massimo Moratti pendant que le Milan AC n'avait que le Trophée Luigi Berlusconi, (père de) à se mettre sous la dent. Trop d'humiliation, trop d'attente, trop de Materazzi qui chambre, trop de tout. L'heure de la vengeance a sonné. Et qui mieux que Zlatan Ibrahimovic, symbole de la puissance nerazzurra post-Calciopoli, pour signer le V de Vendetta ? Un derby dominé de bout en bout, une Inter jamais dangereuse et un Milan AC supérieur sans donner l'impression de forcer : il Diavolo reprend le trône de Mediolanum et même celui de la Serie A. Logique. La fin d'une longue traversée du désert ?


Pourtant, il y a trois mois, ce n'était pas gagné. Kevin-Prince Boateng, Mario Yépès et Sokratis Papastathopolous étaient les trois seules recrues milanaises, à l'aube du 31 août. Presque mieux que l'Inter, qui n'avait recruté que les jeunes Coutinho et Biabiany. Mais les tifosi grondent déjà. Où est donc la grande équipe promise par Berlusconi ? Pas de panique, Galliani a plus d'un tour dans son sac. Le dernier jour du mercato, il fait vrombir son jet privé, part avec 40 millions d'euros dans les valoches et revient avec Ibrahimovic et Robinho dans la soute. Une véritable opération commando, menée avec brio pour le bien de la Nation rouge et noire. Le premier match de la saison peut faire rêver en grand. Milan en passe quatre à Lecce avec un étincelant Pato, loin d'être intimidé par l'arrivée des autres poids lourds. Derrière, Nesta semble revenu à son meilleur niveau, son association avec Thiago Silva pouvant faire peur à tout attaquant. Mais la semaine suivante, coup de tonnerre : Milan tombe à Cesena, le petit poucet de la Serie A. Zlatan rate un péno, la défense est à la rue, Allegri confus. Berlusconi sort de piscine et gueule : « Je dirais que souvent, Milan trébuche face à des arbitres de gauche » . N'importe quoi. Les matches suivants ne sont guère rassurants : nuls face à Catane et la Lazio, succès étriqués face au Genoa et à Parme. Milan ne perd pas, mais ne brille pas non plus. Heureusement, Ibra est là pour planter quand il faut. Ainsi, à coups de petites victoires, le club se replace en haut du classement, profitant aussi du niveau pas folichon des autres ténors. La preuve en chiffres : l'an dernier, après douze journées, l'Inter était leader avec 29 points, soit neuf de plus que cette saison. La Juve en comptait 24, cette année 20. La Fiorentina 21, aujourd'hui 15. La question peut donc se poser : Milan est-il leader parce que l'équipe a franchi un cap ou parce que le niveau global des autres équipes s'est affaibli ? Probablement un peu des deux. En attendant, ils sont tout en haut. Et finalement, peu importe la raison. Berlusconi peut bronzer tranquille.



Eric Maggiori

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