Milan, à moitié

L'Inter est en tête, la Roma deuxième et les autres loin derrière? Raté! Enfin, le championnat italien a décidé de regagner un peu d'intérêt. Aux chiottes les hiérarchies, la revanche des oubliés a sonné. Il était temps.

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C'est un fait, la Serie A était devenue rébarbative. Un duel entre l'Inter et la Roma, comme l'année précédente, ou comme l'année d'avant : on finissait par connaître la chanson par cœur tant les dernières saisons se sont ressemblées. Alors, cet été, les Présidents des clubs lésés ont décidé de faire un effort pour mettre un peu de piment dans ce championnat devenu trop prévisible depuis Calciopoli. Berlusconi a mis la main a la poche pour faire venir Ibrahimovic et Robinho, Lotito a eu du flair pour dénicher Hernanes, De Laurentiis a convaincu son homologue sicilien de lui lâcher Cavani, et Agnelli Junior a carrément révolutionné la Juve. Conséquence directe du mercato ou non, la roue a finalement tourné. Et c'est tant mieux pour le spectacle et le suspens. Car là, on commençait vraiment à s'emmerder.

Milan a repris son sceptre

Voilà quatre années que les rossoneri bougonnaient dans leur coin. Et puis, l'idée bête qui change tout : pour gagner à nouveau, pourquoi ne pas enrôler celui qui a fait gagner l'ennemi? Ni une, ni deux, les dirigeants milanais vont faire leurs emplettes à Barcelone et libèrent Ibrahimovic. Et comme les idées les plus bêtes sont souvent les plus efficaces : la recette marche. En terre italienne, Zlatan retrouve ses sensations et transcende le Milan AC. Son entente avec Robinho et Boateng fait mouche. Milan retrouve les sommets de la Serie A aux dépends du cousin, qu'il se permet même de battre dans le derby grâce à un but... d'Ibra. Oui mais voilà. Si l'équipe d'Allegri fait la course en tête, elle n'a pas chassé tous ses vieux démons pour autant. Leader solide mais pas invincible, le Diavolo s'est déjà incliné trois fois cette saison, qui plus est contre des concurrents directs à domicile. La "Ibra-dépendance" plane : les rares fois où le Suédois n'était pas dans son assiette, Milan n'a pas gagné. Et ça, sur le long terme, ça peut devenir embêtant.

Naples et la Lazio, invités surprises

Napolitains et Romains sont les belles surprises de ce début de championnat. Après avoir échoué à quelques marches du podium l'an passé, Mazzarri avait demandé des garanties. Son Président l'a entendu : Lavezzi et Hamsik, les chouchous, sont restés, et Cavani, le buteur uruguayen, est arrivé. Le trio fonctionne à merveille, mais surtout, le coach a réussi a inculqué à ses joueurs une mentalité guerrière. Leur abnégation leur a permis d'empocher la plupart des points en fin de match, voire dans les arrêts de jeu. Le "Mazzarri Time". Les Napolitains s'accrochent ainsi à trois points du leader, mais devront jouer l'Inter et la Juve dès la reprise. Ca va chier. Ils partagent leur deuxième place avec la Lazio, sensation de ce début de saison. L'an passé, les Romains avaient frôlé la relégation. Les tifosi avaient menacé Lotito, et brûlé les sièges du Stadio Olimpico. Du coup, le Président s'est écrasé, et a emprunté le chemin de la rédemption. L'arrivée de Reja a remis de la sérénité dans le vestiaire et celle d'Hernanes du talent dans l'entre-jeu. Ajoutez à cela quelques joueurs en pleine bourre (Mauri, Floccari, Dias) et revoilà la Lazio au sommet. Pour longtemps ?



La Juve et la Roma en embuscade



Juste derrière, c'est la bagarre. La Juventus a montré de bonnes choses depuis le début de la saison, remportant les confrontations directes face au Milan AC et la Lazio. Mais à côté des révélations (Krasic, Sorensen) et des confirmations (Aquilani, Quagliarella), Del Neri doit encore travailler sur quelques amnésies, qui ont couté cher sur le plan comptable. Une équipe qui s'autoproclame candidate au titre ne peut pas se faire rattraper par Brescia ou le Chievo après avoir mené au score. Du moins, pas la Juve. Même constatation pour la Roma, qui en prend cinq à Cagliari, puis va battre le Milan AC à San Siro. Un peu de cohérence, merde. Critiqué par la presse et ses cadres (Totti en tête de gondole), Ranieri a eu du mal à imposer une certaine constance à son équipe, mais semble avoir enfin trouvé la bonne recette. Cette année, l'occasion est trop belle : l'Inter n'est plus là pour les empêcher d'aller au bout.


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L'Inter à la traîne



L'Inter, justement. A la traîne, comme jamais depuis cinq ans. Alors certes, les nerazzurri ont deux matches à rattraper. Certes, avec deux victoires, ils seraient quatrièmes, ce qui n'est pas si désastreux. Mais alors, pourquoi diantre Benitez s'est-il fait virer ? Peut-être parce que Moratti est un matheux. Et les chiffres ne mentent jamais : l'Inter a 16 points de moins que l'an dernier à la même époque. Même un littéraire peut tirer les conclusions. L'armada interiste a été diminuée par de nombreuses blessures, mais semble surtout subir le contrecoup d'une année énorme. Eto'o ne peut pas toujours sauver la patrie, et Leonardo aura la dure tâche de remettre un gros coup de motivation aux joueurs. Et si Moratti veut dénicher quelques nouveaux talents, il lui suffira de demander à Zamparini, le Président de Palerme, qui a le chic pour dégoter de nouvelles perles. Cette saison, c'est le Slovène Ilicic, qui, associé à Miccoli et Pastore, fait des ravages. Palerme manque encore de continuité, mais peut légitimement rêver de Ligue des Champions.



La Samp et la Fio sans meneur



Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. L'adage est vieux, mais fonctionne à tous les coups. Il marche aussi pour la Sampdoria et la Fiorentina, qui réalisent toutes deux un début de saison décevant. L'une est neuvième, l'autre quinzième, mais avec un match en retard. Et les deux ont un point commun : leur meneur de jeu leur manque cruellement. Cassano d'un côté, évincé par son Président suite à quelques insultes de trop, Jovetic, de l'autre, blessé au genou pour la quasi-totalité de la saison. Les entraîneurs, aidés par leurs buteurs de secours (Pazzini et Gilardino) essaient bien de faire comme si de rien n'était, mais bon. Marilungo n'est pas Cassano, Ljajic n'est pas Jovetic. Loin de là. Le mercato pourrait servir à relancer les ambitions, mais les comptes le permettront-ils?



Di Vaio et Pelissier, hommes-équipe



Bologne (qui a frôlé la banqueroute) et le Chievo pourraient subir le même sort si Marco Di Vaio et Sergio Pelissier venaient à se blesser. Plus que des leaders, plus que des symboles, les deux capitaines représentent à eux-seuls leur équipe. Di Vaio a marqué 60% des buts de son club, la plupart décisifs. Pelissier a été absent quatre matches pour cause de blessure : pendant ces quatre rencontres, le Chievo n'a pas inscrit le moindre but. En continuant ainsi, les deux clubs resteront à priori en Serie A cette saison. Et les deux Présidents sauront qui remercier.



Maintien : une place pour quatre ?



En bas du classement, les trois promus, Cesena, Lecce et Brescia, risquent de faire l'ascenseur. A moins que l'un d'eux ne se sauve grâce au bilan catastrophique de Bari. L'équipe de Ventura, si brillante et plaisante l'an passé, a perdu toute magie. Elle n'a pas gagné le moindre match depuis septembre, ce qui n'est pas le cas de trois autres, qui ont toutes obtenue une victoire avant la trêve. A moins d'une improbable inversion de tendance, seule une de ces quatre équipes survivra en Serie A l'an prochain. Encore plus fort que Koh Lanta.



Eric Maggiori

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le meilleur championnat du monde.
On est d'accord. Le mieux c'est que ça ne peut que s'améliorer. Toutes ces équipes ont des jeunes incroyables qui avec les années vont devenir les n°1. Il ne manque que quelques achats bien placés (arrières gauches pour Milan, Inter, Juve; ailier gauche et attaquant pour la Juve) et c'est adios Premier League.
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