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Micky Hazard : « Eden, tout le monde pensait que c’était mon fils ! »

Bien avant qu’Eden Hazard n’enflamme Stamford Bridge, Micky s’illustrait dans les eighties. Interview d’un homme qui a joué à Chelsea et à Tottenham, mais qui a le cœur blanc.

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Comment tu es devenu footballeur ?
J’étais très jeune et je jouais pour l’équipe de mon école. Tottenham avait envoyé des scouts dans le Nord de l’Angleterre et ils ont vu que j’étais un bon joueur. À partir de là, ils m’ont pris avec eux. C’était aussi simple que ça, si j’étais au niveau, j’étais pris pour cette aventure. Et comme n’importe quel gamin, mon rêve était d’être footballeur. Je n’aurais manqué cette chance pour rien au monde.

Tu as toujours été fan de Tottenham ?
Non, pas vraiment. Je suis né dans le Nord de l’Angleterre, donc Sunderland était l’équipe que tous les gens aimaient. Sauf qu’à mes 11, 12 ans, je me suis pris de passion pour les Spurs qui avaient, à l’époque de quand j’étais gamin, une équipe qui faisait rêver. Et à partir de cet âge-là, je suis devenu un énorme fan de Tottenham.

Qu’est-ce que cela t’a fait de porter les couleurs des Spurs ?
C’est peut-être le sentiment le plus dingue que j’ai pu connaître quand j’étais jeune. Quand tu portes le maillot blanc des Spurs et que tu entres sur la pelouse de White Hart Line, c’est un sentiment incroyable. Les fans chantent ton nom, c’est fantastique. Même dans mes rêves, je ne pensais pas pouvoir jouer dans un club pareil.

Quelle sensation ça t’a procurée de jouer à White Hart Lane ?
La première fois que j’y suis allé, j’avais 12, 13 ans et c’était une folie. Alors imagine-toi ce que j’ai pu ressentir quand, à mes débuts, j’ai pu fouler la pelouse. Je me souviens que j’étais à côté de Glen Hoddle et c’était un rêve d’enfant qui venait de se réaliser. Je me disais : « C’est bon, tu as rempli une partie de tes objectifs, le reste c’est à toi de le faire. »

Tu te souviens de ton premier match avec Tottenham ?
Bien sûr que je me souviens de mon premier match. On avait gagné trois-zéro et j’avais été élu homme du match. On m’avait élu meilleur joueur de la rencontre à la place de types qui étaient bien meilleurs que moi. Je fais marquer et je marque aussi un but et bon, je prends le trophée du jour. Je ne pouvais pas faire mieux comme début. Parfois, quand des joueurs commencent leurs carrières, ils sont timides, ils mettent du temps à prendre leurs marques. Moi, j’y suis allé comme j’étais, comme je savais jouer et finalement, ça m’a plutôt bien réussi.

Tu as joué pendant neuf ans à Tottenham. avec les Spurs, tu as gagné une FA Cup en 82 et la Coupe de l’UEFA en 84. Quel est ton meilleur souvenir ?
Je n’ai pas de souvenir préféré. Mes neuf ans là-bas ont été juste fabuleux, mais si je devais n'en retenir qu’un, ce serait la finale de Coupe de l’UEFA 83-84 contre Anderlecht. À l’aller, on fait un partout et le retour se tient à White Hart Line. Quand tu joues un match comme celui-là, devant ton public, je peux te dire que la pression, tu la sens. S’il y avait une rencontre à gagner, c’est bien celle-là. Imagine-toi jouer devant ton public une finale de Coupe d’Europe, c’est incroyable ! Tous les clubs qui ont eu la chance de jouer des finales et qui ont gagné des trophées connaissent cette sensation. Ce genre de choses est rare et quand tu as l’occasion d’y être, tu te donnes à 300%. On remporte le trophée et on fête ça avec les fans. Oui, on peut dire que c’est mon plus beau souvenir avec Tottenham. Pour moi, ainsi que pour certains fans, c’est comme si c’était hier.

Comment vous avez préparé ce match ?
C’était à l’époque où les finales étaient en deux manches. Au premier match, on joue bien, mais finalement, on ne fait pas mieux qu’un nul. Lors du deuxième match, chez nous, nous sommes restés à l’hôtel, on s’était un peu entraînés, on s’était reposés, enfin tout ce qu’il faut pour préparer un bon match. Deux heures avant la rencontre, on s’est rendus au stade et il y avait déjà des fans qui chantaient. L’atmosphère était formidable, on était obligés de gagner.

Et comment tu as fêté le titre ?
J’avais une rencontre avec l’Angleterre quelques jours après. Donc on a quand même fait la fête toute la nuit de la victoire. Le jour d’après, je devais prendre un avion pour aller en Écosse, j’avais la gueule de bois, mais c’était une matinée complètement folle. Tu as l’impression que ce n’est pas possible, que ce n’est pas la réalité, mais en fait si. On avait bien remporté la Coupe de l’UEFA.

En 85, tu signes à Chelsea, mais pourquoi avoir changé de club ? Pourquoi Chelsea ?
Chelsea est arrivé avec une offre qui était incroyable pour l’époque. Les Spurs avaient accepté cette offre. Je devais jouer mon dernier match contre Newcastle le samedi d’après. On a gagné 5-1 et je marque. J’ai fêté ce but comme un fou avec mes partenaires, le manager et les fans. Il y avait un club allemand qui était intéressé, mais Tottenham était d’accord avec Chelsea. Je devais me rendre au club le lundi d’après. J’étais très en colère, car je ne voulais pas rejoindre un autre club que Tottenham. J’avais rejoins le club quand j’étais jeune, et pour moi, il n’y avait pas d’autre équipe. J’étais vraiment très contrarié, puisque je ne voulais pas partir, mais le club a quand même décidé de me vendre. Le jour de mon transfert est peut-être le plus triste de toute ma vie. Dans ma carrière, j’ai eu la chance de jouer en première division, de jouer avec l’équipe d’Angleterre, de remporter des trophées, mais quand j’ai été vendu, ça m’a pris un certain temps avant que je digère ce changement. Je n’arrivais pas à comprendre comment on avait pu me vendre, alors que j’étais dans le club que j’aimais. J’ai perdu un peu le contrôle de ma carrière à ce moment-là et je ne l’ai jamais regagné.

Le 13 septembre 1986, tu joues contre Tottenham à White Hart Lane. Tu joues le match en entier et tu marques deux buts. Ça fait quoi de marquer contre ton club ?
Au départ, je ne voulais pas jouer ce match. J’étais dans ces vestiaires que je connaissais si bien… Ces vestiaires dans lesquels j’ai pu me préparer pour tant de matchs, sauf que je jouais maintenant pour Chelsea. Quand je suis entré sur le terrain, peu avant le coup d’envoi, j’avais une boule au ventre. Elle a disparu lorsque le match a commencé, moi ce que je voulais, c’était jouer au foot. Durant cette rencontre, je marque deux buts et on gagne 1-3. Après la rencontre, je discutais avec une personne du club de Tottenham qui me demandait comment je me sentais après avoir marqué deux buts contre les Spurs et là je lui réponds : « Mec, c’est comme si j’avais marqué deux buts contre mon camp ! » C’était mon club. Celui que je supportais, celui qui m’a rendu tellement heureux, celui qui m’a fait rêver. Pour moi, c’était comme si je l’avais trahi.

Après un passage à Portsmouth et à Swindown Town, tu reviens à Tottenham en 93. Comment se passe ton retour ?
Osvaldo Ardiles était le coach de l’époque, et on avait une très bonne relation, car nous avions joué ensemble. Il a décidé de me refaire signer pour les Spurs, et pour moi, c’était comme si j’étais parti en vacances pendant très longtemps et que je revenais à la maison. C’est un sentiment incroyable de revenir dans son club après tout ce qu’il avait pu faire pour moi. Je re-signais pour le club que j’aimais et à ce moment-là, j’étais heureux.

Comment tu as réagis quand Eden Hazard, alors joueur de Lille en France, a décidé de signer pour Chelsea ? Il n’était même pas né lorsque tu jouais à Chelsea…
Oui, il n’était même pas encore né ! (Rires) Il joue quand même très bien pour Chelsea, hein ! C’est marrant puisqu'aujourd’hui, tout le monde connaît Eden Hazard. Les Anglais savent qu’avant Eden, le nom « Hazard » était relié au mien. Sauf que maintenant, tout le monde ignore le petit vieux que je suis, mais j’ai aussi fait mon temps ! (Rires)

Comment tu as réagi lors de l’annonce de son transfert ?
C’est marrant, car tout le monde pensait que c’était mon fils ! Il est né en Belgique, je suis né en Angleterre, où est le rapport ? Mais c’est quand même drôle d’être associé à lui parce que c’est un très, très bon joueur. Alors bonne chance à lui pour le match de dimanche, en espérant qu’il ne fasse pas trop de dégâts quand même, hein.

Qu’est-ce que tu penses du début de saison des deux équipes ?
Chelsea est mal en point cette année, il joue moins bien que la saison dernière, et la pression commence à se faire ressentir. Mais ça reste quand même une superbe équipe avec un très bon coach. Quant aux Spurs, on fait un début de saison fantastique avec une très bonne qualité de jeu. La victoire contre West Ham la semaine dernière 4-1 est l’exemple type du potentiel de cette équipe. C’est vrai que Tottenham est en grande forme en ce moment, mais j’attends vraiment de voir comment va se passer cette saison. La saison dernière, les Spurs avaient gagné 5-3 à White Hart Lane, donc j’espère voir un score similaire. Ce serait vraiment un superbe résultat.

Parlons un peu de la coqueluche du moment du côté de Tottenham, Harry Kane… Qu’est-ce que tu en penses ?
Pour le coup, c’est vraiment un excellent joueur, il est complet. Technique, rapide, physique, efficace devant les buts et surtout malin au niveau de ses déplacements. Son gros point fort, c’est son sang-froid au niveau du dernier geste. Il marque énormément de buts. Quand Harry est en forme, il peut planter à chaque match. C’est ce qui fait la différence entre un bon attaquant et un très bon attaquant. Ce qu’il fait en ce moment prouve qu’il peut devenir un très grand joueur, mais seul l’avenir pourra nous le dire.

Si je devais te demander un pronostic pour le match, quel serait le tien ?
Allez, je me lance… Je vais te dire 3-1 pour les Spurs. Et je vais même te rajouter les buteurs, tiens : doublé d’Harry Kane et un but de Moussa Dembélé pour Tottenham et but de Hazard pour Chelsea !


Gad Messika Tout propos recueillis par GM
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Dans cet article

Moi je croyais que c'était Thierry Hazard le père de Eden celui qui dansait le jerk

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