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Michel Vautrot : « On était dans une pièce de théâtre avec des comédiens »

Il a arbitré une finale d'Euro, une finale de C1, a passé des moments dans le bureau du prince Rainier et a même été élu deux fois meilleur sifflet du monde à la fin des années 80. Michel Vautrot a encore de la mémoire et un livre à ouvrir. Première partie d'un entretien rétro, entre Gilbert Gress, Besançon, le CIO et un tour du monde.

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Qu'est-ce qui décide, un jour, un jeune né dans le Doubs à se lancer dans l'arbitrage ?
Il faut comprendre que j'étais autant fait pour être arbitre que curé ou bonne sœur. C'est la première chose. Ensuite, il faut savoir que je n'ai jamais joué au football de ma vie, ni pratiqué un sport.

Alors c'était quoi un arbitre pour vous au départ ?
Quand j'étais jeune, ma mère était obligée de venir travailler en ville, à Besançon. Ce sont mes grands-parents, qui habitaient à la campagne, qui m'ont gardé. Il n'y avait pas de télévision, je ne savais pas ce qu'était un match de foot. Ce qui m'a sensibilisé, c'est ma radio TSF. Mon grand-père écoutait souvent les informations et on parlait beaucoup de l'équipe de Sochaux de l'époque avec Mattler et compagnie. Le foot n'était pour moi que quelque chose que je vivais à travers la radio, alors je n'avais aucune idée de ce que pouvait être un arbitre de foot. Dans ma tête, je ne sais même pas si ça existait.

On sait que vous êtes pourtant devenu dirigeant très jeune. Comment s'est développé ce rapport au foot ?
C'est simple : quand on nous interdit des choses quand on est jeune, on veut absolument les faire. Un gosse est tenté par l'interdit. Lorsque j'étais plus jeune, je suis resté six mois et neuf mois couché dans un lit. On ne savait plus trop m'occuper, alors on m'offrait le Miroir du football. Je découpais les articles et je me prenais pour un journaliste avec un petit cahier où je signais : « De notre envoyé spécial, Michel Vautrot » . C'était une façon pour moi de créer mon propre journal. J'ai toujours rêvé d'être journaliste, mais malheureusement, je n'en ai pas eu les qualités, même si j'en ai quand même fait pas mal dans ma vie. Pour être clair, j'ai touché à tout dans le football, sauf que je n'ai jamais joué.

« Ma vraie question intérieure était de me demander comment des adultes responsables qui, dans une entreprise, n'auraient jamais mal parlé à un employé, pouvaient se mettre à insulter l'arbitre de cette façon au bord du terrain. Un supporter d'accord, mais de la part d'un dirigeant... »

Et à quel moment on décide de s'impliquer dans la vie d'un club de la manière dont vous l'avez fait, à dix-sept ans ?
À cette époque, ma sœur travaillait aussi à Besançon. Un dirigeant de foot n'arrêtait pas de lui répéter de rejoindre le club des supporters. Ce qu'elle a fait alors que moi, j'avais encore toutes mes collections et mes découpages. Au moment du lycée, je suis allé à mon tour à Besançon et on demandait à ma sœur de m'emmener avec elle. Ma mère me laissait aller aux réunions, mais il ne fallait surtout pas que mon grand-père soit au courant que je sorte le soir en pleine nuit. Certains journalistes étaient chargés d'écrire le journal du club qui s'appelait Allez Besançon !, et était distribué à chaque match à domicile. Moi, j'avais quoi, quinze ans ? Un jour, l'un des journalistes qui s'occupait d'écrire l'historique de l'équipe adverse n'a pas pu s'en occuper et on m'a dit : « Eh toi, avec tes archives, tu pourrais pas nous le faire ? » Je me revois avec ma vieille Remington, avec mes deux doigts, à taper la fiche du légendaire Roubaix-Tourcoing. Je vois encore pour la première fois ma signature, c'était une grande fierté parce que le roi n'était pas mon cousin, hein ! Après, si je le relis maintenant, je ne suis pas sûr que c'était d'un grand français. Mais c'est comme ça que je suis rapidement devenu vice-président du club des supporters et, à l'époque, il y avait automatiquement deux membres du groupe qui étaient présents au comité directeur. Besançon est quand même le club qui est resté le plus longtemps en D2 ! Mais qui n'est jamais monté. Ça s'appelait le Racing Club franc-comtois. Le président, André Masson, m'aimait bien et m'a demandé d'être le deuxième représentant. Je devais avoir dix-sept ans à tout casser, ce qui n'était pas tout à fait légal, car la majorité était toujours vingt et un ans à ce moment-là.

M. Wurtz : « Où est passée la personnalité de l'arbitre ? »

L'histoire raconte qu'il y avait un alignement de grosses voitures et que vous débarquiez avec votre Solex.
Oui (rires) ! Il y avait toutes les sommités de la ville et les mecs étaient tous avec des Mercedes, de belles voitures... Le président de l'époque était un monsieur, quelqu'un qui gérait une grosse entreprise de tracteurs à Besançon. Moi, j'étais là, avec mes deux ans de scolarité ratés, ma timidité, qui venait d'une famille de paysans, ce dont je suis fier, et je me suis retrouvé au milieu d'une assemblée avec que des gens qui avaient des responsabilités. Il y avait des élus de la municipalité, des gros bras, et moi, j'entrais à peine dans la vraie vie. J'étais moins bavard que maintenant ! J'écoutais, et j'étais choqué par plusieurs choses. Tu sais, quand t'es gamin, tu détestes l'injustice. Là, c'était toujours la même chose : « On a perdu à cause de l'arbitre » , « Le stade est vide, c'est la faute des journalistes qui ne font pas assez de bons papiers sur nous » ... Ma vraie question intérieure était de me demander comment des adultes responsables, qui, dans une entreprise, n'auraient jamais mal parlé à un employé, pouvaient se mettre à insulter l'arbitre de cette façon au bord du terrain. Un supporter d'accord, mais de la part d'un dirigeant... Et un jour, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai demandé : « Pourquoi vous critiquez l'arbitre ? Il n'a pas été mauvais. » Oh... Un dirigeant, un industriel alsacien qui était venu s'installer à Besançon, Édouard Obliger, n'a pas accepté que je parle comme ça devant une telle assemblée, devant des adultes, des hommes qui refusent d'être remis en cause, et est devenu tout rouge. Il m'a dit : « Gamin, tu n'y connais rien, tais-toi. »


« Je me suis mis en tête de passer mon examen d'arbitre. Je voulais prouver que je connaissais les lois du jeu. C'était une époque où les jeunes arbitres n'existaient pas, alors qu'aujourd'hui, c'est devenu la norme. »

Jeune, c'était votre habitude de vouloir imposer votre vision comme ça ?
Oh non, l'ensemble de ma famille a été dans l'agriculture, c'étaient des vrais travailleurs de terre, donc on ne parlait pas beaucoup. J'ai toujours été avec des vieilles personnes. Dans ma jeunesse, je ne sortais pas, j'étais bloqué et je détestais simplement l'injustice. Je me rappelle que dans un village à côté de chez moi, il y avait chaque année un tournoi de sixte (variante du foot, à six contre six, avec des matchs de dix minutes, ndlr). J'y allais tous les ans, il y avait des lots importants à gagner, mais je peux te dire que c'était dur, sans foi ni loi. Il y avait un curé à l'ancienne qui s'occupait des foots et il réclamait toujours des arbitres. J'étais jeune, il était réticent, mais il m'a quand même donné un truc. J'avais donc déjà arbitré et touché un sifflet avant d'être dans ce comité directeur à Besançon.

L'arbitrage est donc plutôt une réaction face à l'injustice ?
Oui, car moi, adolescent comme j'étais, j'avais été vexé par cette scène. Donc je me suis mis en tête de passer mon examen d'arbitre. Je voulais prouver que je connaissais les lois du jeu. C'était une époque où les jeunes arbitres n'existaient pas, alors qu'aujourd'hui, c'est devenu la norme. Un brave monsieur, d'un certain âge, m'a dit que c'était bien et m'a poussé à passer mon examen pratique. Je lui ai dit non, je n'étais pas venu pour être arbitre moi, je voulais simplement prouver que je connaissais le règlement ! Il voulait absolument que je vienne à l'arbitrage, mais moi, je ne pouvais pas faire de sport, ça m'était interdit, et j'avais mon club où j'avais décroché le titre très pompeux de rédacteur en chef d'Allez Besançon ! C'était une passion. Sauf que ce brave homme est venu voir ma mère pour la convaincre. Elle lui a répété que je ne pouvais pas faire de sport ! Mais bon, je me suis retrouvé chez le docteur de la famille, qui n'avait jamais vu un match de foot de sa vie. Et lui a dit : « Bon, il a dix-sept ans, un arbitre, ça ne court pas, ça va lui faire du bien. » Selon lui, ça ne pouvait me faire que du bien. Voilà comment est partie cette histoire.

« J'ai rapidement compris que l'être humain gagne par ses propres mérites et perd par la faute des autres. »

Et cet examen ?
Du coup, je l'ai passé ! Et j'ai eu mon premier match d'examen à arbitrer : un match de cadets, entre deux clubs de Besançon. C'était en lever de rideau du grand derby Besançon-Sochaux. Quand j'ai fini mon match, je crois qu'il y avait 13 000 spectateurs ! Je devais rendre la justice sur un terrain de sport, donc ça m'a plu. Le seul truc qui me gênait, c'était mon club qui était ma raison d'être. J'ai tout connu dans ce club, absolument tout, un voyage à Cannes en troisième classe où la nourriture fondait sur nous jusqu'aux difficultés financières. Ce qui est surtout fou, c'est que j'étais arbitre en D2 et toujours responsable du journal du club ! Quand j'allais arbitrer, les gens savaient que j'étais arbitre, dirigeant, que j'écrivais le journal... Maintenant, ça serait inconcevable ! C'était une grande fierté de pouvoir être arbitre de compétition et dirigeant de club.

Cette situation n'a jamais troublé vos rapports avec le club ?
Si, il y a eu quelques désillusions... Je me souviens une fois qu'il manquait un assistant pour un match de coupe Drago. Je suis sûr que tu ne t'en souviens pas.

Non ?
Quelle honte! C'est le seul trophée que Besançon a réussi à gagner ! C'était la consolante de la Coupe de France pour les équipes éliminées avant les quarts de finale. Les vieux comme moi, on en parle encore. Je peux te dire qu'après la finale en 62, il y avait des milliers de personnes à la gare, c'est comme si le club avait remporté la Coupe de France. J'ai donc gagné un titre en tant que dirigeant. Bref, pour revenir à ce match. Oh mon pauvre, ce que j'ai pris... Le club, l'entraîneur, on était éliminés et c'était de ma faute. Tout de suite après la rencontre, j'ai été voir ma grand-mère qui était hospitalisée et j'ai pleuré comme une madeleine. Je pense que ça a été mon premier gros chagrin d'arbitrage. Je crois qu'on m'en veut encore d'avoir donné un corner qui a éliminé l'équipe ce jour-là.

Le monde du foot était déjà très particulier. Comment avez-vous fait pour vous faire finalement accepter très rapidement, devenir arbitre en première division à vingt-sept ans et quelques années plus tard arbitre international ?
J'ai rapidement compris que l'être humain gagne par ses propres mérites et perd par la faute des autres. Il y a très peu de gens capablent de dire : « Aujourd'hui, c'est de notre faute... » Ensuite, je disais souvent : « Un arbitre n'est pas là pour ennuyer les joueurs, mais pour être leur complice. » Dans ce cas-là, ça devait mieux se passer. J'arrive à l'automne de ma vie et je vois qu'un arbitre n'est toujours pas considéré comme complice. Mais il ne faut pas oublier une chose capitale : quand le football a été créé, il n'y avait pas d'arbitre, donc c'était ingérable. Les Anglais ont donc inventé l'arbitre. Si on prenait un peu de recul, il faut comprendre que ce n'est pas l'arbitre qui a demandé à venir sur le terrain, mais que c'est le jeu qui est venu le chercher. Aujourd'hui, avec les salaires qu'il y a, il faut saisir que c'est l'arbitre qui fait aussi la soupe.

« On ne pouvait pas se permettre de faire n'importe quoi, sinon on perdait toute forme de crédibilité. La plaisanterie aidait à calmer le jeu lors des tensions. Je n'ai jamais étudié la psychologie, mais je l'ai compris grâce à l'arbitrage. »

Vous, justement, vous aviez réussi à installer cette relation particulière. Vous utilisiez même souvent l'humour sur un terrain.
Pour moi, et c'est encore un principe de vie, c'était être pris au sérieux sans se prendre au sérieux. Je pense qu'inconsciemment, je savais d'où je venais et que, pour parodier Coluche, je n'allais nulle part. Les évènements sont arrivés de manière naturelle. J'ai l'impression que ce n'est pas moi qui étais sur le terrain. C'était un frère jumeau. Ce n'est pas possible qu'un type comme moi, timide comme j'étais, ait pu faire ça ? Aujourd'hui, même à soixante et onze ans, je reste toujours émerveillé comme un adolescent.


Vous aviez l'impression de changer de personnalité ?
Pour moi, j'étais un acteur avec eux, même si le jeu est fait par les joueurs. C'était ma nature aussi, j'aimais beaucoup les joueurs. Certains dirigeants me disaient que j'étais même trop copain avec eux parfois. J'ai eu une aventure exceptionnelle en 75, j'ai l'impression que c'était hier (rires). J'avais été désigné par Fernand Sastre pour accompagner l'équipe de France amateur qui a fait une tournée autour du monde d'un mois. Quand on n'a pas beaucoup bougé de sa vie, qu'on se retrouve avec une équipe de France avec déjà de bons joueurs comme Serge Mesonès... J'étais avec l'équipe. On a commencé au Vietnam, alors qu'il y avait encore le couvre-feu. J'étais dans la même piaule qu'un joueur. Vous imaginez à quel point ça peut faire parler... C'était une superbe aventure. Après, même avec les plus durs, ceux qui avaient une solide réputation, tout se passait bien et ils me faisaient la bise avant les matchs. Ils ne m'ont jamais emmerdé. Quand j'ai arbitré la finale d'Auxerre en 79, ma première finale, je n'oublierai jamais l'accolade que m'a donnée Serge Mesonès après la rencontre. C'est un côté humain qui me semblait naturel. Bien sûr qu'on est dans une pièce de théâtre avec des comédiens, mais moi, je m'en sortais par un trait d'humour. Je les tutoyais tous, on faisait partie de la même famille, et avec les autres, ça ne passait pas. Je voulais simplement leur être utile. Oui, ça a choqué des joueurs étrangers quand ils arrivaient au départ. La seule personne que je n'ai pas pu tutoyer, c'est Jean Tigana.

C'était pareil avec les coachs. Il y a notamment cette histoire avec Gilbert Gress.
Ah oui ! Il faut savoir que quand il était sur le banc, il n'était pas facile. Gilbert Gress, c'était un personnage et un caractère. C'était à la fin d'un Strasbourg-Nice où mon assistant, Jacques Blondeau, avait refusé un but qui éliminait le Racing à la Meinau. Au moment d'entrer, il nous attendait devant notre vestiaire avec son accent : « Monsieur Vautrot, s'il y a hors jeu là, je me les coupe ! » Dans mon rapport à la commission discipline, j'avais expliqué la scène et j'avais mis à la fin : « La commission de discipline tranchera. » C'est la preuve qu'on peut être pris au sérieux sans se prendre au sérieux. En revanche, on ne pouvait pas se permettre de faire n'importe quoi, sinon on perdait toute forme de crédibilité. La plaisanterie aidait à calmer le jeu lors des tensions. Je n'ai jamais étudié la psychologie, mais je l'ai compris grâce à l'arbitrage.

« Je n'ai jamais joué au foot et j'étais fier de prouver qu'on pouvait arriver à toucher ses rêves sans. J'avais même été réformé de l'armée à cause de mon cœur. Ma carrière a été un rêve permanent. »

Vous aviez d'autres relations particulières dans le milieu ?
On va dire que j'ai toujours été comme un gamin émerveillé à Noël. Je n'ai jamais eu l'impression d'avoir ce statut qu'on m'a donné. Sincèrement, tout ce qui m'arrivait, je n'en revenais pas. J'ai eu la chance extraordinaire d'être pris sous le bras de Fernand Sastre, de Jacques Georges, Nelson Paillou, Jacques Ferran, qui m'ont toujours sollicité pour faire des choses qui sortaient de l'ordinaire. Par exemple, le tournoi de Monaco des juniors qui était un incontournable à l'époque, en novembre, la semaine de la fête nationale, et qui était organisé par le prince Rainier. Il voulait déjà changer les lois du jeu, donc il avait demandé à la FIFA pour que son tournoi soit un test. On a tout essayé : l'exclusion temporaire, les touches au pied... Jacques Ferran suivait ça de près, et moi, j'arbitrais ce tournoi. On était reçus dans le bureau du prince Rainier, et moi, ça me rappelait les moments où ma mère m'avait emmené faire des photos de la garde. C'était assez incroyable. Le football m'a aidé à grandir et m'a tellement apporté.

De quelle manière ?
Regarde, j'ai été pendant quatre ans, après l'arrêt de ma carrière d'arbitre, dans une commission du Comité Olympique. Et tu te dis que c'est fou. Lorsqu'il y a eu le centenaire du CIO à Paris, Nelson Paillou, avec qui j'ai fait pas mal de voyages en Afrique pour des séminaires francophones, m'avait emmené avec lui. Le président Juan Antonio Samaranch était alors entré dans une pièce où j'étais, avec Fedrou Kidane qui était son directeur de cabinet, et il lui dit : «  Mais c'est l'arbitre ? » Samaranch aimait le foot, vraiment, et il n'y avait pas d'arbitre à la commission. Je me suis retrouvé dans la commission sport pour tous avec un premier congrès à Séoul. Ma vie a toujours été un roman. J'étais avec Guy Drut notamment. Puis l'Euro, la Coupe du monde, pour moi, c'était du bonus. On s'est retrouvés avec Robert Wurtz et les autres il y a pas longtemps. On fait comme les anciens militaires, on se retrouve et on parle du passé où on se tirait la bourre, même si c'était pas pour le pognon.

Quand on se retrouve au sifflet de la finale de l'Euro 88, est-ce qu'on lâche son regard d'enfant ?
Pas totalement. Je n'ai jamais joué au foot et j'étais fier de prouver qu'on pouvait arriver à toucher ses rêves sans. J'avais même été réformé de l'armée à cause de mon cœur. Ma carrière a été un rêve permanent. Déjà quand je faisais un match amical... Il faut se rendre compte que mon premier match pro, je n'avais pas le titre. C'était en D2, à la touche d'un Lyon-Marseille, le choc de la saison. J'étais fier. Je me souviens qu'on avait été mangés, tout ça. La Ligue de Franche-Comté voulait que j'arbitre un match le lendemain, mais avec le voyage dans la nuit... Je rentre, il y avait eu un accident mortel sur la route, j'arrive vers cinq ou six heures du matin. Et à huit heures, mon téléphone sonne : c'était la Ligue professionnelle qui voulait que je remplace monsieur Wurtz pour un Red Star-Angers le soir et tout avait été organisé pour mon voyage ! Je me suis retrouvé là, comme ça, comme si une bonne fée s'était posée sur moi.




Propos recueillis par Maxime Brigand
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