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Michel, les promesses non tenues

Ce mardi, à la veille d'une demi-finale de Coupe de France, l'OM a officialisé le départ de Michel. Le moins que l'on puisse dire, c'est que son passage sur la Canebière a été un échec cuisant. Sur tous les plans.

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Dimanche 23 août, le Vélodrome se prendrait presque à rêver. Après un début de saison cauchemardesque qui a vu Marcelo Bielsa jeter l'éponge après seulement une journée, une flopée de joueurs cadres se barrer pour pas grand-chose (Gignac, Ayew, Payet, Imbula, Fanni, Morel, Lemina) et deux défaites sans marquer le moindre but, l'OM vient de s'imposer largement contre Troyes. Un 6-0 retentissant, parfait et prometteur. Cette victoire, c'est la première de Michel sur le banc olympien, et son avant-dernière à domicile en Ligue 1. À peine deux jours après le départ de Bielsa, l'ancien joueur du Real Madrid avait été approché par Vincent Labrune. En quelques jours, emballé, c'était pesé. Alors forcément, le président de l'OM est tout excité, tout fier après la première réussie de son nouveau poulain. En zone mixte, il se lâche et promet monts et merveilles aux supporters. Des promesses jamais tenues, c'est l'histoire de Michel à Marseille.

Zéro projet de jeu


« On a choisi Michel parce que c'est quelqu'un d'enthousiaste, de passionné et qui voulait venir à Marseille. Il m'a convaincu très vite. On aura une équipe très attractive cette année. Je pense que cette année, on va donner beaucoup de plaisir aux gens. » Voilà à quoi s'engage Vincent Labrune. Car avant tout, le président de l'OM veut préserver la qualité de jeu, marque de fabrique de l'équipe sous Bielsa. C'est cette qualité de jeu exceptionnelle qui a permis de mieux faire avaler la pilule de la non-qualification en Ligue des champions aux supporters. Et apparemment, Michel est l'homme idéal pour assurer « l'héritage » de son prédécesseur. Aujourd'hui, Marseille est 15e, Marseille n'a plus gagné depuis dix matchs en Ligue 1, Marseille est à six points de la zone rouge. Avec 25 % de victoires, Michel a le pire bilan d'un entraîneur marseillais depuis Bernard Casoni en 1999-2000 (22%). Pire, si on ne prend en compte que les techniciens qui ont dirigé plus de 30 matchs, il faut remonter à 1958-1959 et les 16 % de Louis Mauer pour trouver pire. Cette année, l'OM était descendu.

Et pourtant, malgré un bilan aussi dégueulasse, ce n'est pas ça qui fait le plus mal aux supporters marseillais. Ce qui fait le plus mal, c'est le contenu des matchs, le fait que Michel, malgré toutes les circonstances atténuantes qu'on peut lui accorder, ait dénaturé tout un projet de jeu. Plus les semaines passent, plus les matchs de l'OM ressemblent à un néant infini. Il n'y a rien à en tirer. L'OM ne presse pas, mais ne défend pas non plus avec un bloc bas. L'OM ne passe pas par les ailes pour chercher le centre, mais l'OM ne combine pas non plus plein axe. L'OM ne joue pas un football de possession, mais l'OM ne procède pas non plus en contre. Face à ce vide tactique absolu, les joueurs défensifs ne savent pas comment relancer et les offensifs semblent perdus et condamnés à tenter l'exploit individuel. Michy, Alessandrini, Nkoudou, Ocampos, Cabella et Thauvin ont certes leurs torts, mais leur spontanéité et leur confiance ont complètement été bouffées par la promesse d'un projet de jeu non tenue par Michel.

Communication en crise


Autre argument au recrutement de Michel : l'image. Vincent Labrune voulait quelqu'un qui tranche avec Marcelo Bielsa aux yeux de la presse. Ciao le mec en survêtement qui ne regarde pas les journalistes dans les yeux et qui communique le moins possible, faites place au beau gosse souriant tiré à quatre épingles présent sur les réseaux sociaux. Michel est présenté comme un as de la communication. Les sourires et les petites plaisanteries du début ne trompent pas longtemps. Là encore, c'est un fiasco. Il ne faut pas plus d'un mois pour que Michel rejette la faute d'un début de saison délicat à domicile sur à peu près tous ceux ce qui l'entourent. Il commence par reprocher à ses joueurs de « choisir leurs matchs » . Il se pose ensuite en victime en déclarant que c'est « toujours de la faute de l'entraîneur » , sourire aux lèvres. Un mois plus tard, l'attaque est encore plus frontale. « Diarra est un homme. Mandanda aussi. Il nous en faut neuf autres » , assène-t-il. Plus récemment, il s'en est pris directement à Benjamin Mendy et plus particulièrement à son hygiène de vie. S'il a le droit et peut-être raison de penser tout ça, nul doute que ce n'est pas ce qui va aider ses joueurs à progresser.


C'est bien simple, Michel a été incapable de se remettre en question. En huit mois sur le banc, il n'a eu de cesse de rabaisser son équipe. Surtout depuis 2016. « Vous pensez vraiment que Sampaoli serait intéressé par cette équipe-là ? » s'amuse-t-il en mars après avoir expliqué maintes et maintes fois qu'il ne « comprenait pas » ce qu'il se passait, qu'il n'avait jamais connu d'aussi grand défi. En revanche, pendant ce temps-là, pendant que l'OM se dissolvait, il n'hésitait pas à étaler son bonheur de découvrir la ville de Marseille sur Twitter, postant selfie sur selfie au soleil. Alors, c'est ça, un as de la communication ? Après tout, ce n'est pas si étonnant quand on sait que Vincent Labrune est également censé être un expert de ce domaine. Bref, l'aventure Michel est terminée. De la même manière qu'elle avait commencé. En ne tenant pas une promesse. Il y a quinze jours, il avait expliqué qu'il ne « démissionnerait jamais » , et Margarita Louis-Dreyfus avait promis qu'il terminerait la saison. La seule promesse qu'il a bien fait de ne pas tenir.

Par Kevin Charnay
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