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Michael Stewart : « Le mépris des Anglais, il faut s'en servir »

En 2003, Michael Stewart était le meilleur joueur de l’équipe réserve de Manchester United. Il ne jouera que huit matchs en pro avant de repartir pour son Édimbourg natal, évoluant un coup pour Hearts, un autre pour le rival Hibernian, avant de finir sa carrière à Charlton en 2011. Reconverti en tant que consultant, l’ex-milieu de terrain poursuit un objectif plus grand que sa carrière de footballeur : obtenir un jour l’indépendance de son pays. Membre du Scottish National Party, le mouvement au pouvoir, il donne rendez-vous au prestigieux Caledonian Hotel. Barbe blond vénitien et pull crème élégant, il évoque le premier référendum d’indépendance, les vues sur la question de Scott Brown et Darren Fletcher, ainsi que les différences avec les nationalismes catalan et corse. Entre deux fourchetées de frites rincées au soda au citron.

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Le parlement écossais a voté la tenue d’un nouveau référendum d’indépendance alors que la Première ministre britannique, Theresa May, y est opposée. Tu prévois quelle issue ?
Westminster ne veut pas du référendum parce qu’ils ont peur de perdre.
« L’argument contre l’indépendance est toujours le même : nous sommes trop petits, trop pauvres, trop stupides. C’est des conneries. Certaines des nations les plus prospères au monde sont de taille moyenne et ont souvent des ressources naturelles inférieures à celle de l’Écosse. »
Mais ils ne pourront pas le bloquer indéfiniment. L’histoire va dans notre sens. L’argument contre l’indépendance est toujours le même : nous sommes trop petits, trop pauvres, trop stupides. C’est des conneries. Certaines des nations les plus prospères au monde sont de taille moyenne et ont souvent des ressources naturelles inférieures à celle de l’Écosse. Une union peut toujours avoir des bénéfices. Ça ne fait aucun doute. Mais le Royaume_Uni n’est pas une véritable union. C’est une pyramide inversée, avec tous les pouvoirs concentrés à Westminster. L’Union européenne, elle, est imparfaite, mais ne ferait jamais ce que Westminster nous fait : nous dire qu’on n’a pas le droit d’avoir un autre référendum d’indépendance. Ils veulent juste attendre que le Royaume-Uni sorte de l’Europe et que les ressortissants européens ne puissent plus voter. Ce qui est profondément dégueulasse...

Quand as-tu rejoint le SNP ?
Il y a plus de quinze ans. J’avais des convictions et je sentais qu’il fallait que je fasse plus. Puis quand je suis rentré en Écosse, j’étais dans des cercles sociaux, ça parlait beaucoup, et le parti a su que j’étais un fervent supporter. J’ai rencontré les hauts gradés. Le référendum arrivait. C’était naturel pour moi de m’impliquer. Le Premier ministre, Alex Salmond, a suggéré que je me présente au parlement. Je n’étais pas très chaud. Il y avait une sorte de primaire. Je ne me suis déclaré que le 1er janvier, alors que mon opposante, Michelle Thomson, a fait campagne dès le 19 septembre. Rétrospectivement, j’ai adoré la campagne, mais c’était une bonne chose qu’elle gagne. Je n’avais pas envie de descendre à Westminster en permanence. C’est tellement archaïque, tu perds ton temps. J’ai demandé récemment à Angus Robertson, le chef des députés SNP, comment il supportait ça. Le mépris des Anglais. Il a éclaté de rire. Il a dit qu’il fallait s’en servir.

D’autres joueurs font-ils partie du SNP ?
Ce n’est pas vraiment un sujet courant dans les vestiaires. Mais quand je faisais campagne pour le référendum, on a essayé de faire sortir Scott Brown (capitaine du Celtic et de l’équipe d’Écosse, ndlr) du placard. On avait organisé une rencontre entre lui et Alex Salmond. Le Sun (dont la version écossaise est pro-indépendance, ndlr) était très intéressé pour faire la couverture. Scott était un peu nerveux. Il voulait d’abord vérifier que le Celtic soit OK. Au début, ils ont dit oui. J’étais surpris. Puis le jour avant la rencontre, ils ont finalement dit non. Les fans du Celtic sont en général pro-indépendance.

Si Scott Brown était allé au bout, ça aurait pu créer des tensions au sein de la sélection ?
Non. La majorité des joueurs n’ont pas le droit de voter, parce qu’ils ne résident pas en Écosse. J’ai aussi pas mal parlé avec Darren Fletcher. Il ne pouvait pas voter. Mais sa famille supporte le YES. Il vient d’une très bonne famille. Son père lui a dit : «  Laisse-ça à Michael. » Je pense qu’il y a une majorité naturelle qui veut l’indépendance. Après, tu as la conjoncture, la manière dont les gens sont informés. Lors du premier référendum, une étude révélait que plus les gens étaient informés, plus ils étaient enclins à voter YES. Ça veut tout dire. L’histoire se répète. On a eu la même histoire, mais à la place d’un bulletin de vote, on avait des flèches, des épées, des boucliers, des flingues. Nous sommes dans une guerre psychologique. Avec de la propagande. Je pense donc que beaucoup de footballeurs supportent l’indépendance. Même s’ils n’en parlent pas en public.

En Catalogne, en Corse, les nationalistes sont très impliqués dans le football. Ce n’est pas vraiment le cas ici, n’est-ce pas ?

En effet. Déjà, les nationalismes corse et catalan ont des origines plus culturelles et identitaires que le nationalisme écossais.
« Puis en Écosse, les questions liant politique et football ne sont pas des questions écossaises. Tu as le club britannique, les Rangers, et le club irlandais, le Celtic. Ils polarisent tout, ce qui explique l’absence de la politique écossaise dans notre football. »
Ici, c’est plus un nationalisme économique. L’identité est importante aussi, mais c’est moins mis en avant. Puis en Écosse, les questions liant politique et football ne sont pas des questions écossaises. Tu as le club britannique, les Rangers, et le club irlandais, le Celtic. Ils polarisent tout, ce qui explique l’absence de la politique écossaise dans notre football. Tu n’as pas un club entier, des supporters aux dirigeants, comme Barcelone, pour pousser l’indépendance. Le mot d’ordre ici, ça a toujours été de ne pas parler de politique. Que ce soit dans le football ou la société en général. Le referendum a changé ça. On a commencé à discuter. Qui profite de l’absence de débat ? Les gens au pouvoir. Ils ne veulent pas que les gens s’intéressent à la politique. C’est pour ça que le référendum les embête. Mais au sein des clubs, tu avais un groupe de supporters pour le OUI, un pour le NON. Donc tu n’as pas eu de bannières pro-YES dans les stades comme en Catalogne. Ces choses-là, les drapeaux, ça rebute les gens plus qu’autre chose ici.

Tu t’es déjà senti britannique ?
(Surpris) Non ! On va me dire que c’est quelque chose de mal. Mais on ne peut pas déposer des labels sur les gens. Ils sont ce qu’ils ressentent. Ne pas me sentir britannique ne me rend pas « anti-quoi que ce soit » . L’Angleterre est un autre pays. C’est tout. Les gens commencent à comprendre que le nationalisme britannique, lui, est vilain. C’est un nationalisme de droite, exclusif, qui est en réalité dirigé par des nationalistes anglais. « Rule Britannia ! On est le putain de meilleur pays du monde ! » Non, tu ne l’es pas. Notre pays, l’Écosse, ne se veut pas être meilleur qu’un pays ou un autre. Mais certainement pas pire non plus. Les gens nous disent (voix apeurée) : « Si tu votes pour l’indépendance, tu fais des membres de ta famille en Angleterre des étrangers. » Et alors ? C’est quoi le problème avec les étrangers ? Tu vas moins aimer ta famille parce qu’elle vit en Espagne ou en Irlande ? C’est absurde. Et l’argument persiste. Et ceux qui disent ça nous accusent ensuite de xénophobie...

Une Écosse indépendante bénéficierait-elle à l’équipe nationale ?
Pas en une nuit. Mais que ce soit le pays ou l’équipe, l’Écosse souffre d’un grave manque de confiance en elle. On a un autre pays qui nous dit ce que l’on a le droit de faire ou non. Fais-ça à un enfant, dis-lui qu’il a le droit de ne rien faire. Il ne va pas penser être capable de faire quoi que ce soit. Donne-lui la chance, dis-lui d’essayer et tu verras.

Propos recueillis par Thomas Andrei, à Édimbourg
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