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Mexique : séduire et gagner

Le Mexique a annoncé la couleur : il imposera son style, au moins le tentera, et ne changera pas de tactique pour les beaux yeux Bleus des Français. Pour Javier Aguirre, le résultat de ce jeudi soir passe par la manière. Une combinaison qui a rarement réussi au Mexique.

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Quand il reçoit un grand, ou réputé comme tel, le Mexique se fait beau, sort le piédestal et se hisse à la hauteur de son prestigieux adversaire. L'Allemagne, l'Argentine, le Brésil, ou les Pays-Bas, l'histoire de la sélection nationale regorge de matchs références livrés face à de grandes puissances. Au bout, la fierté nationale de voir son onze rivaliser avec le gotha, mais rarement la victoire. Dominer et ne pas gagner, le Mexique sait faire. Tuer le match, ne sait pas faire. Typique, le huitième de finale de 2006 où l'Argentine avait vacillé mais finalement renversé El Tri sur une demi-volée phénoménale de Maxi Rodriguez en prolongation (2-1).

Pour remédier à cette carence récurrente du football picante, Javier Aguirre n'a pas lâché ses attaquants de la semaine : atelier épistémologie du but et travaux appliqués pour Guillermo Franco, El Chicharito, Cuauhtémoc Blanco, Carlos Vela, ou Giovani Dos Santos... Face à l'Afrique du Sud, le Mexique aurait dû faire des Bafana Bafana une affaire classée dès la première période. Improductifs, les représentants du géant de l'Amérique centrale ont cravaché sec pour revenir au score. Sur leurs huit derniers matches, les Aztèques n'ont pas marqué plus d'un but à six reprises.

Alors, la France doit-elle tranquillement attendre, pour planter une flèche dans le dos de la défense mexicaine ? Pas vraiment conseillé, le déclic pouvant toujours se produire. Car si le Mexique marque peu, il se crée aussi un bon paquet d'occasions par la mobilité imposée par El Vasco. Les latéraux montent très haut, les attaquants permutent à tout va, et les solutions fourmillent pour le porteur du ballon. Les bons choix moins... une fois rendus dans les 25 derniers mètres.

Derrière, Aguirre bûche aussi

Ce jeudi soir, Rafael Marquez sera capitaine. Charismatique et décisif -il est l'auteur des deux derniers buts du Mexique en Coupe du Monde- le Blaugrana a récupéré le brassard du biceps du besogneux Gerardo Torrado, pas franchement à son avantage face aux Bafana bis. Marquez est la clef de voûte de l'édifice bâti par Aguirre. Selon son positionnement, et surtout selon le passeport du porteur du ballon, le Kaiser du Michoacan fait basculer le schéma du 3-4-3 au 4-3-3, et inversement. Une rumeur l'avait pourtant envoyé en défense centrale face aux Bleus. Car si Aguirre a cherché des solutions pour les vingt derniers mètres, il cherche aussi des garanties pour les vingt premiers, son système ambitieux et séduisant ne tolérant pas de pertes de balle, ni de replis un poil approximatifs ou tardifs.

Lors du match d'ouverture, le Mexique a frôlé la correctionnelle, avec notamment un pénalty non sifflé en seconde période. Dans l'œil du cyclone, le jeune latéral Paul Aguilar, qui pourrait être remplacé par le monstre de polyvalence, Efrain Juarez. Andres Guardado serait alors aligné d'entrée comme milieu offensif gauche. Autre alternative : Ricardo Osorio ferait un pas sur la droite pour laisser Hector Moreno, employé modèle de l'AZ Alkmaar, prendre sa place dans l'axe. Cette semaine, Javier Aguirre a également insisté sur la négociation des coups de pied arrêtés, véritable calvaire de sa défense lors de la préparation. Enfin, vu l'efficacité des Français sur ce genre de phase... Pour terminer, une statistique : le Mexique n'a jamais battu la France en six confrontations. Mais El Tri compilait douze matches sans victoire face aux Italiens, avant d'en venir à bout (2-1) il y a deux semaines. Le Mexique avait alors séduit et gagné. Cela lui arrive.

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