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Mexique : Les desesperados

Sur sa feuille de route, le Mexique envisageait la Coupe des confédérations comme une opportunité idéale pour se jauger face à des gros calibres (Brésil, Italie) à un an de la Coupe du monde. Sauf qu'aujourd'hui, El Tri, contrairement aux pronostics, est loin d'avoir assurer sa qualification pour l'épreuve reine, et tentera avant tout de trouver des réponses à une multitude d'interrogations au Brésil.

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« Zéro » . Tel était le titre du quotidien sportif mexicain, Record, après la nouvelle contre-performance d'El Tri, mardi dernier face au Costa-Rica. Un nouveau match nul et vierge, le troisième de rang concédé à l'Azteca depuis l'entame du tournoi hexagonal qui conclut les éliminatoires CONCACAF. Du jamais vu dans l'histoire du football picante. Avant les Ticos, la Jamaïque et les États-Unis avaient déjà neutralisé le Mexique à domicile. À chaque fois, Chicharito et consorts ont peiné à enchaîner trois passes. Spectacle affligeant. Équipe perdue, dénuée de boussole. Point règlement : les trois premiers de la faiblarde zone CONCACAF remportent un billet direct pour le Mondial, et le quatrième disputera un barrage face à la Nouvelle-Zélande. Aujourd'hui, après six matchs sur dix de joués, le Mexique se retrouve en troisième position des éliminatoires avec une seule victoire accrochée, six petits points au compteur, et un match en plus de joué que le Honduras et le Panama, ses immédiats poursuivants. Autrement dit, El Tri se trouve menacé de ne pas parvenir à se qualifier pour la Coupe du monde pour la première fois depuis 1982, même si ce dénouement tragique semble encore improbable.

À l'automne dernier, l'horizon paraissait pourtant radieux pour le Mexique. Les hommes de José Manuel « El Chepo » de la Torre avaient survolé la première phase de qualification, en réalisant un sans-faute (six matchs, six victoires), et la médaille d'or olympique semblait confirmer que l'avenir appartenait aux Aztèques, champions du monde moins de 17 en 2011, et vainqueurs du tournoi de Toulon en 2012. Tout un pays était alors convaincu que la Verde se qualifierait en marchant, et le sélectionneur faisait l'unanimité. Outre un début de mandat au bilan idyllique, El Chepo, 47 ans, avait eu le mérite de rétablir l'ordre au sein d'une sélection qui partait en vrille au lendemain de la Coupe du monde 2010. Il n'avait notamment pas hésité à expulser huit indisciplinés à la veille de la Copa América, quitte à amputer les maigres chances d'El Tri de bien figurer dans la compétition sud-américaine (le Mexique présentait une sélection U23). La médaille d'or olympique, remportée en tant qu'adjoint de Luis Fernando Tena, avait accru l'aura de vainqueur de De la Torre, un entraîneur qui avait remporté trois championnats mexicains en seulement cinq ans sur les bancs. Deux avec Toluca (2008 et 2010), un avec Chivas (2006).

Ex-milieu de terrain au style musclé, El Chepo sait former des ensembles parfaitement disciplinés. Solidaires et ordonnés. Mais sa rigidité militaire semble aujourd'hui représenter un obstacle à la progression du dit géant de la CONCACAF. Depuis le début du tournoi hexagonal, le Mexique manque clairement de souplesse tactique pour parvenir à déjouer les problèmes posés par l'adversaire. Les joueurs mexicains mouillent le maillot, courent dans tous les sens, mais personne pour donner un peu de tête à cet enthousiasme de désespérés. El Tri s'entête notamment à passer sur les côtés, pour tenter de mettre à profit la rapidité des Guardado, Barrera, Dos Santos, ou Aquino, mais à l'exception de ce dernier, tous peinent à éliminer leurs adversaires directs ou à adresser un centre décent. Sélectionneur du Mexique de 2002 à 2006, le maître tacticien, Ricardo Lavolpe, a pointé du doigt l'une des limites de De la Torre. « Chepo sait très bien faire évoluer ses équipes en contre, leur faire maintenir l'ordre, cela lui a d'ailleurs donné des résultats, mais quand son équipe se doit de faire le jeu, cela se complique pour lui » , a déclaré l'Argentin à Record. Le sélectionneur mexicain souffre également de ne pas disposer d'un véritable leader technique, d'un relais de caractère sur la pelouse. Ce qu'a longtemps été Cuauhtémoc Blanco. Ce que pouvait aussi être Rafa Marquez, voire Pavel Pardo, le régulateur du milieu de terrain de l'ère Lavolpe. Aujourd'hui, le seul à disposer des états de service nécessaires pour endosser ce costume serait Carlos Salcido, mais si l'ex-joueur du PSV est un élément exemplaire, il n'a pas l'âme d'un guide. Ce Mexique manque clairement de bouteille.

Que pourra faire cette sélection de « zéros » lors de la Coupe des confédérations, dans un groupe où elle rencontrera l'Italie, le Brésil, puis le Japon ? La logique conduit à conclure que Chicharito et consorts devraient rapidement pouvoir partir en vacances. Pourtant, au Mexique, on se plaît à croire que cette sélection devrait se sentir plus à l'aise en évoluant face à des cadors, qu'en affrontant la Jamaïque ou le Honduras. «  Je pense qu'ils peuvent réaliser une belle compétition, estime ainsi Ricardo Lavolpe, car ils vont jouer avec moins de pression, notamment contre l'Italie et le Brésil, et pourront évoluer en contre. D'ailleurs, je suis certain que la pire des rencontres sera contre le Japon, surtout si le Mexique se voit contraint d'obtenir un résultat positif pour se qualifier. » Reste qu'en cas de Confédération calamiteuse, José Manuel de la Torre pourrait rejoindre les rangs fournis des sélectionneurs mexicains qui ont laissé leur tête sur l'échafaud des éliminatoires de la CONCACAF.

Par Thomas Goubin, à Guadalajara
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La dernière fois que le Mexique a raté une Coupe du Monde c'était en 90 pas en 82...
Il n'a pas participé pas à la Coupe du monde 1990 suite à une suspension de la FIFA. Il avait inscrit, lors d’un tournoi de jeunes, des joueurs plus âgés.
En gros, pour voir une bonne équipe du Mexique, il faudra mieux regarder la CM U20 en Turquie.
Ah, Cuauhtémoc Blanco ... on en oublie presque qu'avant qu'il ne soit rappelé, le Mexique galérait aussi pour se qualifier en 2010...
Pour avoir été au Mexique, je vous assure que ce p'tit gros est bien plus adulé là bas que, par exemple, Hugo Sanchez.

Un p'tit article sur lui, Sofoot, et vous me feriez tellement plaisir!
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Note : 1
moi franchement je vois l'Italie sortir, compte tenu de leurs statistiques ridicules en matches amicaux(aucune victoire ou presque sous l'ère Prandelli et un nombre de défaites hallucinant), quand ça ne compte pas ils n'arrivent pas à se transcender et le coupe des Confédérations c'est juste bon pour alourdir le calendrier, les Italiens vont prendre cette compétition à la légère et ils vont sortir comme des .....

Par conséquent, je vois bien les Mexicains terminer deuxièmes du groupe.
La dernière fois que le Mexique ne s'est pas qualifié pour un Mondial remonte bien à 1982. En 1990, les Mexicains n'avaient pas participé au Mondial, car ces sélections avaient été exclues de toutes compétitions de 1988 à 1990. Ils n'avaient donc pas pris part à la campagne de qualification.
Concernant Cuauhtémoc, on a publié dans le mag' un long portrait en juin 2010, juste avant la Coupe du Monde.
federicoloco Niveau : District
Voir jouer le Mexique ou 'équipe de France est consternant !
Un nombre de joueurs sélectionner depuis 2010 hallucinant, El Chepo n'a jamais aligné une équipe type et Dos Santos est nulissime. Si on ajoute que Carlos Vela, apparemment le meilleur joueur de la saison, a envoyé balader la fédé mex, on se retrouve avec une liste de joueurs sans aucun repère.
El tri está de la chingada !
julián basañez Niveau : DHR
Message posté par Belgium2014
Ah, Cuauhtémoc Blanco ... on en oublie presque qu'avant qu'il ne soit rappelé, le Mexique galérait aussi pour se qualifier en 2010...
Pour avoir été au Mexique, je vous assure que ce p'tit gros est bien plus adulé là bas que, par exemple, Hugo Sanchez.

Un p'tit article sur lui, Sofoot, et vous me feriez tellement plaisir!


Et ben jme demande ou est ce que t'es allé hein...
julián basañez Niveau : DHR
Concernant la conclusion de l'article, je suis totalement d'accord, ce sera bcp plus simple pour le mexique de profiter de la vitesse de ses attaquant en evoluant en contre avec un bloc bas. Le match contre le costa-rica etait afligeant, ils n'ont pas les capacités au milieu pour faire la difference contre ce genre d'équipe qui il faut l'avouer emmerde tout le monde (bloc ultra bas, un mec devant, on file des coups...). Je pense donc que cette coupe des confederations peut permettre de retrouver la confiance, surtout en attaque (aucun but marqué a domicile...) et redonner un nouvel élan pour les qualif'.
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