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Mexès-Rami, l'évidence ?

Suite à l'article d'hier, « Charnière centrale et quincaillerie » ... Retour sur la paire Rami-Mexès plébiscitée par Blanc et qui ne fait plus trop débat. Problème : ils ont en fait encore tout à prouver. Et puis il y a quand même des alternatives à ce duo au moment où on « reconstruit » dans ce secteur de jeu crucial chez les Bleus, non ?

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C'est la satisfaction de l'été, devenue vérité révélée et qui s'impose à tous lorsqu'on parle de la défense des Bleus : la paire axiale Mexès-Rami. Regardez sur la photo comme il sont beaux et souriants : le Lillois porte le N° 4 et le Romain le N° 5, soit le stoppeur et le libéro, deux numéros « à l'ancienne » qui se suivent bien, en plus ! Ecoutez votre voisin (il sait que vous êtes branché foot) parler de l'équipe de France : après avoir cité Lloris, il embrayera lui aussi sur l' « évidence » Mexès-Rami... Bien sûr, les circonstances ont fait que la voie s'est dégagée pour eux deux après la cata d'Afsud qui a jeté Gallas et Abidal au brasier. Cramés aussi, mais déjà avant le Mondial, Julien Escudé et Boumsong mal barrés pour revenir chez les Bleus. Restent les cas Squillaci et Planus dont on reparlera plus loin. Donc, « l'évidence » Mexès-Rami qui se pose là, même si le Norvège-France d'il y a quinze jours n'a pas dissipé tous les doutes, loin de là, au vu de leur match respectif. On avait noté les « flottements » dans leur secteur de jeu et leur manque de complicité sur certaines phases. On ne va pas les accabler alors qu'ils jouaient ensemble pour la première fois et que le reste de l'équipe était elle aussi « expérimentale » puisque privée de pas mal de cadres punis pour mutinerie... Alors ? Alors, il semblerait que la paire Mexès-Rami soit là pour un bon bout de temps. Pour le meilleur et pour le pire.


Adil et Philou, le choix de Lolo

Ancien défenseur central ô combien prestigieux, Lolo Blanc semble avoir fixé son choix sur le duo Mexès-Rami. Lors des rassemblements à Clairefontaine, il parle beaucoup avec eux et les encourage, comme le rapporte Rami : « Il nous a pris plusieurs fois à part pour nous donner des conseils intimes et personnels. Il dit les choses comme il les a vécues lui. Il sait de quoi il parle » . Autre indice palpable, il n'a pris qu'un troisième axial, Mamadou Sakho, dont il dit qu'il est encore là «  pour apprendre, voir et écouter » ( «  Il n'a pas encore le niveau international » , Lolo dixit !) A ce propos, le cas Sakho qui apparaît aussi de plus en plus comme une « évidence » mériterait un autre débat. OK, Mamadou est gaucher et apporte donc une option intéressante, mais sur ses qualités propres, est-il vraiment le grand défenseur central d'avenir que beaucoup nous dépeignent ? On se rappelle du cas Christanval, central monégasque bombardé héritier des Blanc et Desailly chez les Bleus, avant de quasiment disparaître de la circulation... Donc, voilà, la voie est libre pour Phil et Adil, pas menacés par une concurrence exacerbée, vu qu'elle est inexistante. Et pour qui en douterait, il suffit de constater comment Lolo Blanc a écarté (snobé ?) un Jérémy Toulalan, paumé en défense centrale à l'OL. A ses yeux, Toul' a zéro crédibilité à ce poste... Au moins JM Aulas a bien retenu la leçon en signant un « vrai axial » , Diakhaté. Et vlan dans les pattes de Puel !

Messieurs, à vous de jouer ? C'est vite dit. Adil Rami effectue un début de saison moyen, comme en atteste sa performance contre Nice (il a provoqué le penalty contre les siens). Quant à Philippe Mexès, il a a priori du souci à se faire cette saison depuis que la Roma a levé l'option de prêt de Burdisso, qui n'est plus intériste mais romanista. Et comme l'Argentin avait souvent relégué Mexès sur la touche la saison passée... Et puis, Philippe Mexès joue à gauche désormais chez les Bleus, alors qu'il est plutôt droitier. Pas mal d'incertitudes planent donc sur la viabilité du nouveau tandem central de Laurent Blanc. Ceci dit, les forces ou les faiblesses d'une défense axiale reposent aussi sur le reste de l'équipe. Contre la Norvège, les difficultés rencontrées par le duo Rami-Mexès étaient aussi consécutives aux autres « flottements » collectifs. La défense dans sa globalité a beaucoup subi : beaucoup de centres venus des côtés dégarnis (Fanni, pas extra), beaucoup d'incursions dans les 16 mètres à cause de trous d'air au milieu (même si Mvila a réussi son entrée chez les Bleus) et à l'arrivée deux buts et une défaite. On le voit, outre les automatismes et les progrès personnels qui peuvent améliorer la défense centrale, c'est l'équilibre général de l'équipe et son implication qui accélérera la reconstruction du secteur défensif.

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Quelles alternatives à Mexès-Rami ?

Bien sûr, on ne va pas condamner la nouvelle paire des Bleus. Il est juste question de rappeler que d'autres solutions existent dans un secteur de jeu où la formation française s'est montrée déficiente. Beaucoup de joueurs étrangers composent d'ailleurs la moitié ou la totalité des charnières défensives en L1. Ceci dit, la France n'est pas la seule à être en carence dans ce domaine. Hormis notablement l'Espagne, le Portugal ou le Brésil (et encore !), beaucoup de grands pays de foot cherchent encore leur paire idéale... Retour en Bleu : quelles options de rechange, donc ? Les candidats les plus connus sont Planus et Squillaci. En arrivant à Arsenal, le dernier cité va forcément prendre de l'envergure s'il s'impose dans une équipe qui dispute à la fois le « plus grand championnat du monde » et la Ligue des Champions. Mais le fait qu'il n'ait déjà pas été appelé par Blanc complique son cas. A suivre... Marc Planus présente le profil le plus intéressant. Objectivement, à 28 ans, c'est sans doute le meilleur défenseur central français. Outre ses bonnes perfs régulières en L1, il a notamment réussi son examen de passage en C1 l'an passé. Il peut jouer axial droit (son poste de prédilection), ou à gauche. « Stoppeur » ou « libéro » . Un bon jeu de tête, un placement sûr, un vrai sens de l'anticipation et du jaillissement sur l'attaquant, une grande qualité de tacle et surtout, surtout, un jeu long qu'il a bonifié... avec Laurent Blanc ! Des blessures un peu trop récurrentes et une prestation « discutable » en match amical pré-Mondial contre la Tunisie (1-1, un match où les Bleus dans leur ensemble avaient été mauvais) ont un peu altéré son image. Reste que Planus a l'avantage de bien connaître Blanc, ex-coach des Girondins. Ca peut servir...

C'est Planus en priorité qu'il faudrait rappeler en cas de coups durs. Allons plus loin : pourquoi ne pas installer une paire qui existe déjà et qui a déjà bien fonctionné en club, Planus et Ciani ? Ciani s'est troué contre l'Espagne, en mars dernier ? Et alors : tout le monde a coulé contre la Roja ! Reste que, c'est vrai, Mickaël Ciani doit encore faire ses preuves. Enfin, tant qu'à « faire des essais » , il ne serait pas temps de donner sa chance à Matthieu Delpierre, capitaine du VfB Stuttgart, champion d'Allemagne 2007 ? Avec le Portugais Meira (parti au Zénith cette saison), ils formaient la meilleure paire axiale de la Bundesliga. Delpierre a déjà un vécu en sélections de jeunes (25 sélections en Juniors et Espoirs) et un bon petit paquet de match en coupes d'Europe (C1 et C3 réunies). Il avait même joué avec les A' de Domenech. Balaise (1m93) et habitué aux duels costauds de Bundesliga, il a aussi l'avantage d'évoluer plutôt côté gauche de la défense centrale. On va l'ignorer encore longtemps ? Quoi ?... Il a déjà 29 ans ?... Mexès en a 28... Et puis il faut arrêter de parier que sur la « jeunesse » en voulant « préparer l'avenir » . Avant l'avenir, il y a le présent et les certitudes qu'il réclame. Une paire Planus-Delpierre, ça vous fait peur ?

Lire : [ « Charnière centrale et quincaillerie »
, paru hier.

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et Laurent Koscielny ? on y pense pas assez à lui...
Et pis Puygrenier aussi nan ? Arrete de déconner..
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