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  2. // Barcelone/Arsenal (4-1)

Messi, le quatre fantastique

Arsenal n'a pas fait longtemps illusion. Concassés par Lionel Messi, auteur d'un quadruplé rarissime à ce niveau de la compétition, les Gunners n'ont pas trop de regrets à avoir : Barcelone, sans être aussi grandiose qu'à aller, était bien trop fort. Et déjà, on salive du choc des demi-finales face à l'Inter Milan.

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Le mot miracle ne supporte guère le pluriel. Alors il ne fallait sans doute pas trop attendre d'Arsenal, “rescapé” on ne sait trop comment de l'authentique boucherie du match aller il y a une semaine (2-2). Il avait fallu un match mythique d'Almunia, une maladresse rare des Barcelonais et, disons-le clairement, un immense pot de cocu pour permettre aux Gunners de ne pas être éliminés avant même le road trip en Catalogne. Cette fois, ces dames étaient sagement restées à la maison, Almunia était revenu sur terre et surtout Messi avait décidé de se sortir les doigts. Car il ne faut pas se mentir, à l'Emirates Stadium, le petit Argentin s'était mis en mode albiceleste. Comprenez : effacé et limite empoté. Alors au Camp Nou, il a revêtu son habit de Ballon d'Or en titre pour dézinguer Arsenal à lui tout seul ou presque. Oh, bien sûr, le Barça a collectivement fait le taf pour contrôler les Canonniers mais bien plus laborieusement qu'il y a huit jours. Mais privé de Zlatan Ibrahimovic (blessé) et de Thierry Henry (tricard), il fallait donc le génie du meilleur joueur du monde pour faire la décision. Le Real Madrid, hôte du Clasico samedi, et l'Inter Milan, adversaire du Barça en demi-finale, sont prévenus : il faudra s'accrocher pour faire redescendre l'extraterrestre sur Terre.

Arsenal qualifié... deux minutes !

Mais on a tout de suite senti que la Puce était dans un bon soir. D'entrée Messi vérifie si Almunia est dans les mêmes dispositions qu'à l'aller : frappe croisée fusante déviée du bout des latex par le gardien espagnol (3e). Une dizaine de minutes plus tard, l'Argentin enroule juste au-dessus de la lunette. Question de réglage, on le verrait plus tard... Mais hormis ces deux alertes, Barcelone est moins bien dans ses crampons qu'à l'Emirates. Des relances pourries de la nouvelle charnière, moins de jeu à une touche et un paquet de ballons perdus. Simple maladresse ? Pas uniquement car, en face, l'air de rien, les Gunners jouent mieux le coup que chez eux en montant plus vite sur le porteur du ballon. Moins de temps, moins de mouvement et des ratés à la pelle : ou quand le Barça se met à jouer comme un tâcheron de Premier League. Ok, on exagère mais sur certaines séquences, à peine. Et comme en face, Arsenal n'est pas non plus assez con pour partir à l'abordage, on est loin du rythme de la première manche. Et comme le Camp Nou, aussi majestueux soit-il, n'est pas exactement une fournaise, tout ça ressemble à un obscur match de Serie A, avec une multitude de fautes qui vont bien. Assoupi par cette apathie générale, Xavi perd son seul ballon depuis deux ans sur un pressing de Diaby qui sert Walcott dans le dos d'Abidal, coup de turbo pour servir Bendtner, décidément abonné aux buts qui comptent actuellement, qui marque en deux temps (18e, 0-1). Stupeur ! Car à ce moment-là, Arsenal est qualifié... deux minutes ! Soit le temps pour Messi de prendre la gonfle sur un mauvais renvoi de Sylvestre et d'expédier une praline dans la lucarne d'Almunia (20e, 1-1). Ce type a quelque chose d'un joueur franchise player NBA à qui on passe la balle et qui met dedans sur commande et surtout dans les moments bouillants.

Comme une bizarrerie, les deux équipes nous gratifient de deux pions en vingt minutes infiniment plus dégueulasses que l'entame sublime mais vierge du premier clash. Oui, en foot, il existe d'autres vérités que le tableau d'affichage. Même si Messi, d'une discrétion absolue à Londres, a décidé de sortir la panoplie : slalom géant du milieu de terrain avant d'être séché durement par Denilson, puis échappée sur la droite, crochet sur Sylvestre avant de frapper dans le petit filet dans un angle compliqué. Heureusement d'ailleurs car à ses côtés, en attaque, Pedro peine à exister alors que Bojan ferait presque regretter Henry (ok, on pousse un peu là). Alors, Messi continue : j'organise au milieu, j'ouvre pour Abidal qui centre instantanément, et je récupère dans la surface pour aller piquer au-dessus du pauvre Almunia (36e, 2-1). Avant d'achever définitivement les Anglais sur un service en profondeur de Keita (de la tête !) pour aller de nouveau mystifier Almunia d'une pichenette (41e, 3-1). Arsenal, au revoir et merci !

Abidal, la tuile


Franchement, à la pause, on aimerait bien être dans le vestiaire londonien, juste pour savoir qu'Arsène Wenger peut bien inventer pour continuer à faire croire à ses petits que l'exploit est encore possible. En face, on devine ce que raconte Pep Guardiola : les gars, on continue comme ça mais en mieux, Barça mes que un club, et un petit Coldplay pour finir. Au retour de la pause, on n'a pas fini de revoir le ralenti d'une nouvelle occase de Messi sur un centre de Pedro, qu'Abidal, de nouveau touché aux adducteurs, quitte la pelouse sous les yeux de ce chat noir de Domenech qui avait déjà assisté à la sortie de Gallas à l'Emirates. C'est bien la peine de se déplacer si c'est pour voir la défense tricolore titulaire tomber en petits morceaux. Et une poignée de minutes plus tard, Bojan sort pour... Yaya Touré sous le regard de Titi Henry. Ouais, en juin, entre les blessés et les mecs qui jouent pas, la France aura bien de la chance si elle sort des poules. On s‘égare ? C'est pour votre bien car il ne se passe plus grand-chose sur le pré entre un Barça déjà tendu vers son déplacement à Bernabeu et un Arsenal qui a compris et dont la seule mission désormais est de ne pas se mettre davantage dans le rouge en prévision du championnat pas tout à fait cuit. Encore que... Car sur une relance encore bien pourrave de Milito, Diaby sert Bendtner qui, seul face aux bois de Valdes, met plusieurs lunes à enchaîner et forcément se fait reprendre par Milito, pas tout à fait bon à rien quand même (60e).

Et que dire de Rosicky, idéalement placé aux seize mètres sur un centre à ras terre de l'énormissime Diaby, qui expédie la sphère sur les Ramblas, bien dans le ton du reste de son match, tout en passes manquées et en contrôles archi-foireux (69e) ? En fait de part et d'autres, le seul à être à la hauteur du choc tant attendu, c'est Messi, malin au moment de jouer vite un coup-franc pour Pedro seul face à Almunia mais une fois de plus un peu balourd dans la réalisation de son lob, hors cadre (72e). Ou encore quand l'Argentin déshabille tout le monde en partant des quarante mètres pour être repris in extremis dans la surface (82e). Avant de remettre ça cinq minutes plus tard, cette fois jusqu'au bout (87e, 4-1). A l'aller, cela avait été une symphonie de la part des deux équipes. Cette fois, ce fut un grandiose numéro de soliste. Le plus grand du genre depuis qui vous savez. Et rien que pour ça, finalement on ne regrette pas notre soirée.

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