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  2. // Real/Barcelone (0-2)

Messi fait taire le Real

Un combat de boxe, un coup de génie, des cartons rouges, et un match retour qui s'annonce bouillant. Le Barça s'est imposé à Bernabeu 2 à 0 au terme d'un drôle de match. Le clasico troisième du nom n'avait d'espagnol que le nom. Les vrais sauront apprécier.

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Real Madrid - FC Barcelone : 0-2


Buts : Messi (2x) pour le Barça

Ready to rumble! Le présage était net, la réalité l'était tout autant. Ce soir, à l'occasion du troisième clasico de ce mois d'avril, le Santiago Bernabeu chauffé à blanc, avait tout d'un Caesar Palace un soir de combat. De grand combat. Ceux qui voulaient du classique version football seront sans doute déçus, mais ce soir, ce derby espagnol, apologie du beau jeu et terre promise des champions du monde 2010, avait tout d'un Ali vs Frazier, version 8 mars 1971. Couverture de journaux à gogo, envoie de punchlines via presse interposée, et clash d'avant-match, à la pesée, entre José "le putain de chef" Mourinho et Pep Guardiola. Vous l'aurez compris, ce soir, c'est pas la Coupe du Roi qui est en jeu. Alors plus question de tiki-taka, de manita, ou de quelconques fioritures. Ce soir, peu importe la manière, seule la victoire est belle.


Comme tout grand combat qui se respecte, le match a commencé bien avant le coup de sifflet. Dans le coin madrilène, on réserve une petite surprise au rival catalan. La pelouse est aussi mal rasée que Gerard Pique. 4,5 centimètres, de quoi ralentir une passe appuyée de Teddy Bertin, voire une patate de Tyson. Les Barcelonais s'en foutent, ils sont dans leur match. Pique, inspiré par Taiwo, va taquiner les supporters madrilènes, qui pourraient bien se venger sur Shakira au Camp Nou. Même privés d'Iniesta, les disciples du Pep décident de jouer leur football UHU. La balle colle au pied, la passe à dix commence. Première alerte sur le but de Casillas dès la troisième minute après une volée cadrée de Xavi. La balle tourne dans les pieds catalans mais les Blaugranas peinent à passer la moitié de terrain. Dans l'arène, les socios madrilènes commencent à se faire chier. Du coup, les gladiateurs dégainent le glaive et l'épée. La chasse aux chevilles est lancée. Dans un tel combat, dire que le retour de Carles Puyol, même en latéral gauche, fait du bien aux Catalans n'est qu'un doux euphémisme. Poids mouche, Lionel Messi, plus à l'aise que lors de ses dernières sorties face à Madrid sème la pagaille dans la défense madrilène.

L'Argentin esquive les uppercuts et les crochets avec la grâce d'un Ali et envoie un amour de passe dans le dos de la défense à destination de Xavi, dont la frappe instantanée est déviée par un Casillas toujours aussi impérial. 30ème minute, fin du round d'observation. Une légère obstruction d'Arbeloa sur Pedro déclenche une émeute. Pique et Ramos, qui se cherchent depuis le premier clasico de la saison, remettent le couvert et d'une manière générale, tous les protagonistes présents sur la pelouse viennent mettre leur grain de sel. Le minutes passent, le temps pour Cristiano Ronaldo d'envoyer deux coup-francs dans le mur alors que Valdes avait un laser vert dans la gueule. Dommage, il suffisait de cadrer. Énervé par ce gâchis, CR7 déclenche une frappe terrible sans élan juste avant la mi-temps. Valdes ne peut que repousser la balle et Ozil, en position de hors-jeu, ne parvient pas à ajuster le portier catalan. Mi-temps. Ou presque. L'échauffourée de la pause était presque inévitable. Tout le monde se chauffe, Arbeloa taquine Keita, et le tressé Pinto vient se mêler au combat. Eh ouais, avec une coupe de cheveux comme ça, agir en cas de danger est une question de street-credibility. Une crédibilité qui a un prix. Cocasse. Un carton rouge sans fouler la pelouse.


L'heure de la vraie mi-temps est arrivée. Le temps pour le Mou de se creuser un peu la tête. Ce soir, ses joueurs n'ont pas les mêmes jambes qu'en finale de Coupe du Roi. La clé du match réside dans les coup de pied arrêtés. L'heure de la tige togolaise a sonné. Adebayor remplace Özil, moins inspiré que d'habitude. Le gentil Barça ne gagnera pas en jouant au dur. Les joueurs du Pep le savent. Mais après avoir essayé de produire un peu de jeu sur dix minutes, les Catalans n'en peuvent plus de faire les Bisounours. Trop bons trop cons parait-il. Alors les Catalans font les malins. Taquinent un peu les nerveux Madrilènes. Les cibles sont bien choisies. Et la stratégie fait mouche. Pepe, brillant à Mestalla la semaine dernière, va faire plus ample connaissance avec la cheville de Dani Alves. Le Brésilien s'effondre, les Barcelonais s'excitent, les Madrilènes prennent peur, à juste titre. La couleur du carton, José Mourinho la connait. Une nouvelle fois, il ne finira pas le match à 11. Pire, cette partie, il la finira dans les tribunes à passer des petits mots à son adjoint. Le football reprend ses droits par intermittence, et les héros sont les mêmes qu'en finale de Coupe du Roi.

Bien lancé par Xavi, Villa envoie une belle frappe qui fille dans les buts de Casillas, mais le mur madrilène écœure une nouvelle fois l'attaquant barcelonais. Ramos n'en finit plus d'insulter Pedro. Bah ouais, Pique est trop loin en phase défensive. Quoi qu'il en soit, s'il y en a bien un que cette succession de clasico doit déprimer, c'est bien Vicente Del Bosque. 270 minutes que sa Roja s'effrite, et c'est pas parti pour s'arrêter. Surtout que l'entrée d'Affelay à la place de Pedro n'est pas pour calmer les nerfs de Ramos. Deux minutes après son entrée, le néo-Barcelonais déborde sur le côté droit et trouve Messi dans la surface. L'Argentin ne se fait pas prier et claque son but. Un crochet du gauche violet dans la mâchoire du Real, KO debout. Alors qu'ils pensaient finir le match tranquilles, les Madrilènes vont passer du calvaire au cauchemar. 90ème minute, Messi, parti balle au pied, vient remettre le football au gout du jour. Slalom à la Jean-Baptiste Grange, petite frappe croisée du droit. 2-0. Propre. Les Merengues prient déjà les dieux du football pour le match retour qui se fera sans Ramos, qui a reçu un carton jaune et donc, sans Pepe. Le Barça ressort donc vainqueur aux points et aux poings d'un match de boxe dont ils n'étaient pas vraiment les favoris. Comme quoi, en football comme en baston, la fourberie l'emportera toujours sur les muscles.

Swann Borsellino

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