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  2. // Barcelone/Stuttgart (4-0)

Messi et les autres

L'arbitre siffle le coup d'envoi. Quinze minutes plus tard, il aurait pu siffler la fin du match, Messi scellant à lui tout seul le sort de cette manche retour : un doublé et une passe quasi-décisive. Bojan, buteur dans les dernières secondes, se dira qu'il aura participé à la fête. Henry, titulaire ce soir, peut faire son geste favori : applaudir un Barça retrouvé et qualifié.

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Barcelone/Stuttgart (4-0)


Stade du Camp Nou


Buteurs : Messi (13ème, 60ème), Pedro (22ème), Bojan (89ème) pour Barcelone



Les premières minutes barcelonaises ne laissent guère de doute. Les Blaugranas ne reproduiront pas la soupe d'un vieux resto routier, celle-là même qu'ils nous avaient indignement servie en première période il y a 15 jours à Stuttgart. Oubliez les imprécisions techniques, la suffisance aussi, oubliez le jeu monotone vers Ibrahimovic planté entre les deux défenseurs centraux. Le risque était de toute façon mince, Guardiola préférant pour cette manche retour capitaliser sur la bonne forme affichée par Thierry Henry contre Valence samedi, reléguant Ibra sur le banc.


Messi tisse sa toile


Les 10 premières minutes permettent au trident offensif du soir de se tester tour à tour. Henry (2ème), bien lancé dans la profondeur sur la gauche, trouvera les gants de Lehmann, Pedro (5ème) le panneau publicitaire, et Messi de nouveau les grosses paluches du portier du VFB. Le Barça peut être rassuré, il aura eu plus d'occasions en 10 minutes que lors des 90 jouées à la Mercedes Arena.

Le VFB a beau être bien en place, compact, lignes resserrées, il n'aura finalement tenu que 13 minutes. C'est le moment pour Leo Messi de mettre la machine blaugrana sur les rails du quart de finale. Excentré à 45 mètres sur la droite, l'Argentin repique sans opposition dans l'axe, profitant du respect des défenseurs allemands, béats devant la conduite de balle estampillée UHU, et place à 20 mètres une lucarne d'école à Jens Lehmann, qui plonge pour la forme. Messi est grand et rassure toute l'Espagne qui ne pouvait imaginer une déconvenue de son dernier représentant en C1.

L'Argentin, en électron libre, se balade sur le front de l'attaque, tantôt à gauche, tantôt à droite et sera à l'origine du deuxième but barcelonais, 10 minutes après l'ouverture du score. Le numéro 10 du Barça conserve le cuir à l'entrée de la surface, pique une merveille de passe pour Yaya Touré, monté aux avants-postes. L'Ivoirien, en une touche, centre pour Pedro qui marque dans le but déserté par Lehmann, abandonné aussi par ses défenseurs.

Barcelone peut dérouler et regarder presque avec pitié des Allemands qui essaient, l'espace de quelques instants, d'imiter le jeu léché de leurs hôtes. Mais bon, le VFB n'a pas les mêmes atouts ; pas facile de faire du Iniesta, Busquets ou Messi quand on s'appelle Pogrebnyak, Khedira ou Cacau. Le retour au vestiaire est cruel pour des Allemands pas ridicules mais dépassés par un jeu catalan enfin retrouvé et un Messi des grands soirs.


Le nouveau délice de Messi


Pour le deuxième acte, Christian Gross décide de mettre sur le pré Gebhart, auteur d'une bonne prestation à l'aller, histoire d'animer un flanc droit jusque-là bien silencieux, histoire également de calmer un Iniesta bien trop entreprenant en première période. Le VFB n'a de toute manière pas trop le choix s'il veut continuer son aventure européenne. Positionné plus haut, Stuttgart fera illusion pendant 10 minutes mais jettera rapidement les armes, n'arrivant pas à se défaire d'une pression constante des Barcelonais sur le porteur de balle. Un gouffre technique sépare ces deux équipes et saute aux yeux à l'heure de jeu. Le Camp Nou attend le coup de grâce. Touré, bien plus en vue qu'il y a 15 jours, allumera la première mèche mais sa frappe frôlera le poteau droit de Lehmann (55ème). Messi aura lui le bon briquet et réussira à allumer la troisième bougie. Pedro déboule sur le côté droit et centre en retrait pour Daniel Alves. Le Brésilien talonne astucieusement pour Messi. Le talent fera le reste. D'une facilité déconcertante, l'Argentin pivote et adresse une frappe croisée, ni trop forte, ni trop faiblarde, juste parfaite. Le délicieux meneur de jeu poursuit son festival et gratifie le Camp Nou du spectacle qu'il était en droit d'attendre ce soir.


Bojan termine


Stuttgart, s'il y croyait encore, peut préparer ses valises. Leurs joues deviennent de plus en plus rouges à force de courir après les shorts insaisissables des hommes de Guardiola, qui récitent une de leurs plus belles compositions de 2010. Les remontées de balle impossibles sont de retour, à l'image d'une action d'Iniesta et Henry amorcée dans leur propre camp et conclue de la tête par Messi. Lehmann sauvera ce qu'il reste de l'honneur allemand par une belle manchette.

Le dernier quart d'heure nous offrira une rencontre d'intellos entre Lehmann et Ibrahimovic, entré à la place de Busquets, blessé. Signalé hors-jeu, le Suédois poursuit son mouvement et chambre en marquant entre les jambes du vétéran teuton, plutôt colère. Les insultes fusent mais aucune châtaigne ne part. Dommage.

Ibra utilisera en revanche l'art du petit pont d'une bien meilleure façon en fin de rencontre. Seul dans le rond central, le géant viking attend l'appel de Bojan, fraîchement entré en jeu, attend que le défenseur venu timidement à sa rencontre écarte les cuisses pour y glisser tranquillement le cuir. Bojan récupère le cadeau pour tromper Lehmann et parachève le succès catalan (89ème).


Stuttgart pouvait toujours être discipliné et sérieux collectivement, il n'aurait rien pu faire face aux seules fulgurances techniques de Messi. Et vu que l'ensemble barcelonais s'est mis au diapason de son meneur, vu que Cacau et Hleb, les seuls “impact players” du VFB, étaient déclarés absents ce soir, les Allemands ne pouvaient rentrer de Catalogne qu'avec une belle leçon.

Ronan Boscher

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