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  2. // Juan Pabo Meneses

« Messi est le grand coupable de la vente d'enfants footballeurs »

Le journaliste chilien Juan Pabo Meneses a sillonné l'Amérique latine pour acheter un enfant footballeur. Le but ? Dévoiler dans un ouvrage (Niños Futbolistas) les arcanes d'un business où les enfants sont considérés comme des produits jetables et où les clubs européens font figure de grands prédateurs. Barça en tête.

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Pourquoi avoir enquêté sur le phénomène des enfants footballeurs ?
Acheter des enfants pour une bouchée de pain pour les revendre très cher est le phénomène qui fait saliver le monde du football aujourd'hui, des plus grands aux plus petits clubs, des agents sans grade aux plus renommés … J'avais écrit un livre auparavant pour décortiquer la chaîne de commercialisation de la viande. J'avais acheté une vache pour la vendre, et être ainsi en contact avec tous les acteurs de la filière. J'appelle cela le « journalisme cash » . Le concept est d'acheter l'objet de ton enquête. De la consommation alimentaire je suis passé à l'industrie du divertissement. Pour la comprendre, j'ai parcouru toute l'Amérique latine pour acheter un enfant footballeur et le vendre en Europe.

Avez-vous été surpris par la magnitude du phénomène ?
Avant de débuter mon enquête, je craignais la réaction des parents. Leur demander « combien tu me donnes pour ton fils ? » est une question qui me paraissait agressive. Mais, en règle générale, quand je leur disais « Bonjour, je suis Juan Pablo Meneses, j'écris un livre et je veux acheter ton enfant pour l'amener en Espagne » , les parents étaient enthousiasmés. Aujourd'hui, en Amérique latine, si on envoie un enfant de neuf ans pour qu'il travaille dans les champs en Europe on va parler d'esclavage, de travail infantile. Si on envoie le même enfant, dans un pays dont il ne parle pas la langue, pour jouer au foot, les media sportifs vont titrer sur la naissance d'une star, vont parler de « futur Messi » . On oublie alors que ces enfants sont de véritables travailleurs à qui on charge de faire vivre leurs familles.

Comment avez-vous procédé pour repérer les enfants ?
J'ai tout simplement visité des écoles de football, qu'il s'agisse de structures de quartier ou dépendantes de clubs professionnels. Si tu détectes un prodige, et qu'il n'a signé aucun contrat, tu peux l'acheter pour seulement 200 dollars. Mais à neuf ou dix ans, la grande majorité des enfants a déjà signé un contrat ou quelque chose qui y ressemble, avec l'équipe où ils s'entraînent, mais aussi avec des clubs européens. Quand je suis parti faire mon enquête, j'avais en tête cette vidéo de Maradona enfant où on lui demande quel est son but comme footballeur. Il répond : « Être champion du monde » . J'ai posé la même question aux enfants que je voulais acheter. Leurs réponses : « Acheter un salon de coiffure à ma mère, une maison à mes parents, une voiture à mon grand-père ... » Ils considèrent déjà le football comme une activité économique.

« Renvoyer des enfants de sept ans  »

En quoi ce commerce a-t-il évolué ces dernières années ?
Le phénomène prégnant, c'est la présence des clubs européens en Amérique latine. Des grands clubs, mais aussi des clubs moyens s'implantent pour ne pas rater le nouveau Messi. L'Espanyol Barcelone a ainsi créé une école de football sur la plage de Copacabana. D'une certaine manière, le responsable, le grand coupable de ce phénomène, c'est Lionel Messi. Messi fut une si bonne affaire pour ceux qui ont investi sur cet enfant des quartiers pauvres de Rosario, et qui vaut aujourd'hui 200 millions, que tout le monde a son exemple en tête, et veut faire fortune grâce à un enfant footballeur.

Quel est le rôle des entraîneurs dans ce commerce ?
Aujourd'hui, en Amérique latine, il est difficile de rencontrer un entraîneur qui ne pense pas à la valeur marchande du jeune footballeur qu'il dirige. Ils sont un maillon de la chaîne. Un entraîneur m'a ainsi dit le plus naturellement du monde : « Il y a trois périls qui peuvent compromettre une carrière : la copine, la drogue, et… les études. » Il y a quelques jours, on m'a appelé d'Argentine pour me parler d'un club de quartier de Rosario. Depuis des dizaines d'années, les enfants s'y rendent pour jouer au foot tous les après-midi. Il y a deux semaines, un nouvel entraîneur est arrivé et a renvoyé du club les enfants de sept ans qui n'avaient pas, selon lui, les qualités nécessaires pour aspirer à une carrière pro. Que s'est-il passé ? Le club a en fait été acheté par Villarreal. Aujourd'hui, tout le monde est impliqué dans cette obsession : détecter le nouveau Messi.

J'imagine que vous avez aussi été en contact avec des agents, souvent décrits comme les grands responsables de la commercialisation des joueurs dès leur plus jeune âge…
J'ai évidemment été confronté à eux. Je leur demandais des conseils pour apprendre à faire une bonne affaire, à détecter un surdoué. Un chapitre de mon livre est dédié à Guillermo Coppola, le manager historique de Maradona. Il m'a donné des conseils techniques mais a surtout insisté sur le fait qu'il était capital que l'enfant soit quelqu'un de frontal, d'entreprenant, qu'il fallait notamment l'observer avec les femmes. Il m'a aussi conseillé de faire jouer mes relations pour obtenir un article sur mon joueur, et de faire ensuite un cadeau au journaliste. Avec Coppola, je me suis rendu compte que le football est un conte et que les agents sont simplement ceux qui le racontent le mieux. Dans le livre je n'essaie pas de désigner les bons et les mauvais.

Quelles réactions ont généré votre ouvrage ?
Tout d'abord, j'ai été surpris qu'il y ait tant de gens à ignorer ce phénomène. Par exemple, la Fifpro (Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels) m'a appelé pour faire une vidéo-conférence à propos du livre. Et ils m'ont demandé : comment solutionner ce problème ? Que peut-on faire ? Au final, ils ont rédigé un communiqué officiel adressé à la FIFA. Je crois que le fait que le livre ne soit pas, dans la forme, un livre de dénonciation, a aidé à sensibiliser ces gens. Mais, à l'opposé, beaucoup de lecteurs ont vu ce livre comme un manuel pour acheter des jeunes footballeurs en Amérique latine !

« Le système du Barça est parfait »

Que deviennent les joueurs qui ne parviennent pas à faire carrière ?
Ces enfants sont si bon marché, qu'ils n'ont pas le droit à l'erreur. Ils se manquent une fois et c'est fini. En Argentine, un jeune a gagné un reality show pour intégrer la cantera du Real Madrid. On était alors en pleine crise économique. Il faut s'imaginer : il se retrouve au Real, on lui fait visiter le Bernabéu, rencontrer les galactiques ... Son envie de réussir était telle qu'il s'est blessé lors de son premier entraînement. Ce fut le fin de son rêve. Aujourd'hui, où en est-il ? Il est revenu en Argentine, où il accumulé les échecs dans divers clubs. Finalement, il est revenu vivre dans son village où il vend des sodas. Ces enfants sont des produits jetables.

Que dit ce commerce sur l'état du football latino-américain ?
Que le football tel qu'on le connaissait n'existe plus. On est à l'ère du postfutbol. On a des équipes entières composées de joueurs qui n'espèrent qu'une chose : être vendus en Europe. Aujourd'hui aucun club latino-américain ne peut repartir avec la même équipe après avoir gagné un titre. Pour les besoins de mon livre, je suis venu à Guadalajara. Quand j'interviewais ces jeunes Mexicains, ils ne me disaient pas qu'ils voulaient jouer pour les Chivas ou Atlas, mais pour le Barça ou le Real. Au Chili, idem. On ne me répondait pas Colo-Colo ou la U de Chile, mais Barcelone ou Real Madrid. En Amérique latine, la Liga est devenu le championnat local. Aujourd'hui, on en est réduit à se demander quand vont partir nos bons joueurs. C'est pour cela qu'Independiente ou River Plate, des mythes du football argentin, sont descendus en deuxième division. Leurs centres de formations ne forment plus les grands de demain, à quelques exceptions près. Il est symptomatique, par exemple, que les deux grandes idoles d'Independiente soient Ricardo Bochini, un joueur qui a fait toute sa carrière avec le club et remporté un tas de titres, et Kun Agüero, un joueur qui est parti en Europe dès ses 18 ans.

Peut-on parler de néo-colonialisme ?
Plutôt d'impérialisme, car les clubs espagnols s'installent dans nos pays. Le cas de Barcelone, qui possède le centre de formation de Boca Juniors, est brutal. Personne n'a industrialisé aussi efficacement la détection d'enfants footballeurs que le Barça. Son système est parfait. Pour trois raisons. La première : un prodige de plus ou moins dix ans ne peut pratiquement pas échapper au Barça, où qu'il soit dans le monde. Il y a peu, le Real a signé un Japonais de neuf ans, et dans le communiqué annonçant son arrivée le club merengue insistait sur le fait que le Barça le suivait depuis trois ans. La deuxième raison : le Barça invente de nouvelles méthodes de détection, comme ces camps d'été pour lesquels la sélection se fait par vidéo envoyées par les enfants ou leurs parents, ou The Chance, ce concours organisé par Nike en 2012 avec la participation de Pep Guardiola. Enfin, tout ce business est fait avec le nom de l'Unicef sur le maillot. C'est une stratégie parfaite. La boucle est bouclée.

Votre vision du foot a-t-elle évoluée depuis la réalisation de cette enquête ?
Quand j'ai écrit mon livre sur la chaîne de production de la viande, je ne suis pas devenu végétarien, mais carnivore conscient. Il m'arrive à peu près la même chose avec le football aujourd'hui. Je suis un passionné, mais je le regarde avec une autre perspective. Il faut se rappeler que quand Maradona est parti en Europe, à 21 ans, il était déjà la grande promesse du football argentin et avait déjà été champion avec Boca. Messi, lui, est parti à 13 ans. Le Barça ne l'a pas pris pour lui payer un traitement, mais parce que c'était un enfant qui gagnait tout seul des championnats en Argentine. Aujourd'hui, on commence à vouloir faire signer des contrats à la naissance. Je pense à l'enfant d'Agüero et de la fille de Maradona que plusieurs équipes ont voulu signer. Pour une enquête sur le monde équestre, j'ai assisté à ces rencontres entre propriétaires de purs-sangs. Ils se réunissent pour assister à l'accouplement de leurs purs-sangs avec une jument. Dans un futur proche, peut-être enverra-t-on le fils de Messi avec la fille de Ronaldo copuler un week-end sur une île paradisiaque …

Propos recueillis par Thomas Goubin, à Guadalajara

Lire : Niños Futbolistas, Ed. Blackie Books, 2013.

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Note : 17
Très bon article, faut que je trouve ce bouquin.
gregoirelenormand Niveau : DHR
Le clonage c'est pour quand?
Partant du postulat que Ronaldo et Messi ont chacun un garçon, on va pouvoir dire que c'est une belle enculerie..

DD Gignac
Le recrutement de gamin est pourtant sensé être interdit par la FIFA... Mais d'une manière plus générale, le foot est devenu un métier, plus une passion, et cela de manière généralisée. L'exemple de Maradona est flagrant.
Que ce soit en Amérique du sud, en Afrique, et même en Europe, les jeunes veulent d'abord jouer au foot pour gagner beaucoup d'argent. Et au bout de ce processus, on abouti à des joueurs désintéressés de leur sport, comme beaucoup de joueurs français. Combien vont même jusqu'à dire qu'ils ne regardent pas de foot une fois chez eux. C'est aberrant, et cela n'existait pas il y a 20 ans.
L'exemple le plus représentatif étant un joueur comme Tevez, capable d'offrir ses services en location à des clubs.
On en arrive après à des dérives comme la starisation à outrance, à l'image de Ronaldo ou toute l'équipe doit le faire marquer dans un match sans enjeu comme celui d'avant hier, afin de pouvoir lui faire gagner un ballon d'or (aujourd'hui vidée de sa substance), car cela rejaillira financièrement sur toute l'équipe. Mais la notion de collectif, ou même de victoire n'existe plus, l'essentiel étant qu'il marque.
Et pour certains fan de foot comme moi, il est de plus en plus difficile de s'attacher à des joueurs, on se raccroche à l'histoire de notre club, à ses couleurs (quand tout cela ne change pas à l'arrivée d'un milliardaire comme à Cardiff et dans une moindre mesure au PSG), car on sait que les joueurs partiront à la première bonne offre venue.
Et on envie les rares clubs qui ont encore des joueurs emblématiques, comme Totti à la Roma, ou avant un Zanetti à l'Inter. Il y en a tellement peu...
Note : 3
Ce sport a la base est mercantile a l’extreme , des produits dérivés aux joueurs pro confirmés cherchant le meilleur salaire a chaque nouveau contrat !

Maintenant faut voir aussi l'économie d'un citoyen lambda , d'un pays en Amérique du Sud ainsi que celle d'un footballeur , et un salaire de footballeurs Européens .
Les seuls qui a la rigueur auraient pas besoin de s'expatrier sont les Brésiliens jouant dans les meilleurs clubs du Brésil , le Brasileiro étant le championnat Sudaméricain avec le plus de moyen financier , le Brésil ayant la meilleur économie du Mercosur et de tout le continent bref .

Les clubs Européens ouvrant des écoles de futbol en Argentine ou au Brésil , on ne les comptes plus !!
Alors que les championnats locaux sont déja pauvres , chaque meilleurs joueurs Chiliens , Colombiens , Argentins , Equatoriens , Uruguayen .. évolue en Europe .

La solution pour éviter le marché des enfants footballeurs ?? aucune idée a vrai dire , mais on pourrait émettre des hypothèses ou supposer un travail pour les parents , avoir un cursus classique de jouer dans une école de foot de son pays et intégrer par la suite un club pro de son championnat !!
Ne pas griller les étapes pour ne pas se griller définitivement par la suite sur le vieux continent .

Cela passe par un dialogue des acteurs locaux , des dirigeants des écoles de futbol , indépendamment de venir de villa miseria , favelas , ou de penser de suite eldorado monts et merveille en Europe , ainsi que du spécimen Leo Messi !!
Ripaillons Niveau : DHR
Franchement, super article, qui m'a vraiment donné envie de me procurer le livre.

J'avoue que je ne sais pas quoi en penser, coincer entre mon amour du sport, ma position en tant que consomm'acteur et en tant que spectateur d'un des divertissement les plus populaires au monde.

Peut-être que ce système ne nous appartient pas. J'ai l'impression que le milieu du football fonctionne en vase clos, et qu'il n'est pas vraiment démocratique. En fait, c'est une quasi-certitude.
PenoIndirect Niveau : Loisir
L'ultra libéralisme appliqué au football,ça donne : Traite d'humains (enfants compris),corruption à grande échelle,dopage,blanchiment d'argent et j'en oublie...A part ça ,allez les bleus .Sport de merde !
pierrot92 Niveau : CFA2
Si on parle uniquement d'efficacité, à part Messi, a-t-on d'autre exemple de joueur ayant signé un contrat disons au même age que Messi (13 ans) qui sont aujourd'hui de très bon professionnel (je parle pas de prétendant au ballon d'or...). Et avant 10 ans?
"D'une certaine manière, le responsable, le grand coupable de ce phénomène, c'est Lionel Messi."
Bah oui, ça fait plus de 25 ans que le phénomène existe et que les gamins africains sont exploités de cette manière mais c'est Messi qu'est responsable de ça. Je crois pas que l’Amérique latine ait attendu Messi pour ça.
Message posté par So6demorto
"D'une certaine manière, le responsable, le grand coupable de ce phénomène, c'est Lionel Messi."
Bah oui, ça fait plus de 25 ans que le phénomène existe et que les gamins africains sont exploités de cette manière mais c'est Messi qu'est responsable de ça. Je crois pas que l’Amérique latine ait attendu Messi pour ça.


Sauf que l'auteur parle de Messi comme d'une vitrine de la réussite. Il est connu et admiré dans le monde entier, et les parents désargentés rêvent tous pour leurs enfants d'un destin à la Messi.
En plus, concernant Messi, le Barça joue sur le fait que sans le club, il n'aurait pas eu de traitement donc n'aurait jamais grandit. Ca fait 2 besoins fondamentaux assouvis : la santé, et l'argent, et forcément, ça fait rêver les pauvres.
Message posté par Brad
Le recrutement de gamin est pourtant sensé être interdit par la FIFA... Mais d'une manière plus générale, le foot est devenu un métier, plus une passion, et cela de manière généralisée. L'exemple de Maradona est flagrant.
Que ce soit en Amérique du sud, en Afrique, et même en Europe, les jeunes veulent d'abord jouer au foot pour gagner beaucoup d'argent. Et au bout de ce processus, on abouti à des joueurs désintéressés de leur sport, comme beaucoup de joueurs français. Combien vont même jusqu'à dire qu'ils ne regardent pas de foot une fois chez eux. C'est aberrant, et cela n'existait pas il y a 20 ans.
L'exemple le plus représentatif étant un joueur comme Tevez, capable d'offrir ses services en location à des clubs.
On en arrive après à des dérives comme la starisation à outrance, à l'image de Ronaldo ou toute l'équipe doit le faire marquer dans un match sans enjeu comme celui d'avant hier, afin de pouvoir lui faire gagner un ballon d'or (aujourd'hui vidée de sa substance), car cela rejaillira financièrement sur toute l'équipe. Mais la notion de collectif, ou même de victoire n'existe plus, l'essentiel étant qu'il marque.
Et pour certains fan de foot comme moi, il est de plus en plus difficile de s'attacher à des joueurs, on se raccroche à l'histoire de notre club, à ses couleurs (quand tout cela ne change pas à l'arrivée d'un milliardaire comme à Cardiff et dans une moindre mesure au PSG), car on sait que les joueurs partiront à la première bonne offre venue.
Et on envie les rares clubs qui ont encore des joueurs emblématiques, comme Totti à la Roma, ou avant un Zanetti à l'Inter. Il y en a tellement peu...


Un des commentaires représentant le mieux mon sentiment actuel.. Mais je n'arrivais pas malgré un honnête cerveau ( du moins je l'espère ) à mettre de mots dessus..
Joshua_is_a_tree Niveau : CFA
Putain* ,j'adore cet article merci.
Le gars a complétement raison, la passion est morte dans le foot.
Peter North Niveau : DHR
C'est fou, ce reflete exactement le visage de la société en Europe ..

Je prends mon exemple (et de celui de bien des amateurs de football) :

Ces procédés sont lamentables et révoltant et pourtant : quand je joue a FM, j'essaye toujours d'acheter le plus jeune et talentueux joueur que je connaisse.
Et si j’étais DT ou manager en vrai, je suis sur que je tendrais vers ce style de méthode...

Et c'est comme ca pour des milliers d'autres exemples, genre tu es scandalisé par les marées noires, la pollution etc etc, mais tu va quand meme faire ton plein 1X semaine au lieu de prendre le metro ....
PenoIndirect Niveau : Loisir
Message posté par Brad
Le recrutement de gamin est pourtant sensé être interdit par la FIFA... Mais d'une manière plus générale, le foot est devenu un métier, plus une passion, et cela de manière généralisée. L'exemple de Maradona est flagrant.
Que ce soit en Amérique du sud, en Afrique, et même en Europe, les jeunes veulent d'abord jouer au foot pour gagner beaucoup d'argent. Et au bout de ce processus, on abouti à des joueurs désintéressés de leur sport, comme beaucoup de joueurs français. Combien vont même jusqu'à dire qu'ils ne regardent pas de foot une fois chez eux. C'est aberrant, et cela n'existait pas il y a 20 ans.
L'exemple le plus représentatif étant un joueur comme Tevez, capable d'offrir ses services en location à des clubs.
On en arrive après à des dérives comme la starisation à outrance, à l'image de Ronaldo ou toute l'équipe doit le faire marquer dans un match sans enjeu comme celui d'avant hier, afin de pouvoir lui faire gagner un ballon d'or (aujourd'hui vidée de sa substance), car cela rejaillira financièrement sur toute l'équipe. Mais la notion de collectif, ou même de victoire n'existe plus, l'essentiel étant qu'il marque.
Et pour certains fan de foot comme moi, il est de plus en plus difficile de s'attacher à des joueurs, on se raccroche à l'histoire de notre club, à ses couleurs (quand tout cela ne change pas à l'arrivée d'un milliardaire comme à Cardiff et dans une moindre mesure au PSG), car on sait que les joueurs partiront à la première bonne offre venue.
Et on envie les rares clubs qui ont encore des joueurs emblématiques, comme Totti à la Roma, ou avant un Zanetti à l'Inter. Il y en a tellement peu...


...."Tevez, capable d'offrir ses services en location à des clubs." ? Çà s'appelle des transferts .Sinon ,c'est tout ce qu'a t'as retenu sur le fond ?
Message posté par PenoIndirect


...."Tevez, capable d'offrir ses services en location à des clubs." ? Çà s'appelle des transferts .Sinon ,c'est tout ce qu'a t'as retenu sur le fond ?


Non, tu as tort. A Man U c'était une location.
Quant à ta question, ma réponse : est-ce tout ce que tu as retenu de mon commentaire?
Je ne faisait que citer un exemple. L'important n'est pas de savoir si on parle de Messi, Tevez, Ronaldo ou de qui tu veux, mais c'est le système.
"The whole world shines shit but calls it gold."
-The Wire.
GhjuvanFilippu Niveau : CFA2
C'est pour ça que je me suis "radicalisé" dans ma manière de supporter.

Désormais, je ne m’intéresse plus tellement aux joueurs, ils sont devenus tellement interchangeables. J'aime mon club et c'est tout.

Le football va vers une dérive qu'il ne contrôlera plus, et il se prendra dans la gueule une volée de la part de certains fans attachés à une idée du football que l'on peut résumer par le "c'était mieux avant" et qui franchement m'a l'air de plus en plus vrai chaque jour.

Je connais des gamins qui sont ou ont été dans des centres de formations de Ligue 1/2, et ça fait peur : incapable de dire qui était Lev Yachine ni ou jouait Bobby Charlton. Pas foutu de savoir combien de Ligue des Champions a gagné l'Ajax ni qui était Kopa. Ils regardent de moins en moins le football. Limite en dehors des entrainements ils s'en foutent complet, c'est vraiment abérant. C'est comme si un futur diplomate ne s'intéressait pas à l'actualité géo-politique ou si un pécheur ne regardait pas les nouvelles réglementations sur les quotas de pêche. Ils ne regardent pas la télé, ne joue pas dans la rue. Ils ne savent pas faire une analyse tactique d'un match, même minime.
Quand au fait de penser qu'ils aillent regarder des matchs en tribune, la je rêve.


Bref, comme cela a été dit au dessus, le foot c'est désormais un besoin économique et/ou une revanche sociale. Ce n'est plus une passion comme avant.
Avant, tu jouais au foot car tu aimais ça, à 10 ans mes potes et moi on jouait au foot, à l'école on parlait foot, on mangeait foot, on ne regardait que le football, c'était limite l’extrême inverse, mais au moins on était sincère dans notre passion du ballon.

Aujourd'hui, il n'y a presque plus que des gamins qui veulent du pognon, une meuf bien plastiqué et une grosse voiture. Sauf que c'est une extrême minorité qui arrive à ça. La plupart galèreront en National/CFA car pas assez bon pour aller en pro, et comme le système est super bien fait, ils se retrouvent à la fin sans aucune ressource ...
Tout ceci soutenu tacitement (ou non) par les médias, les agents, les clubs et malheureusement nous les supporters. Tout ou presque n'est plus que business, business et encore business.
Avant, je trouvais les revendications des ultras du type "non au foot business, oui au foot populaire" vident de sens. Aujourd'hui je commence à comprendre le sens du message, et je le soutiens à 10 000%.
Message posté par Brad


Sauf que l'auteur parle de Messi comme d'une vitrine de la réussite. Il est connu et admiré dans le monde entier, et les parents désargentés rêvent tous pour leurs enfants d'un destin à la Messi.
En plus, concernant Messi, le Barça joue sur le fait que sans le club, il n'aurait pas eu de traitement donc n'aurait jamais grandit. Ca fait 2 besoins fondamentaux assouvis : la santé, et l'argent, et forcément, ça fait rêver les pauvres.


Je suis d'accord avec SO6. Le mercantilisme et le pognon dans le foot ça a toujours existé. Sauf qu'à la lecture de cette interview on a l'impression que l'argent dans le foot, les dérives capitalistes, la starification sont du seul fait de Messi. L'arrêt Bosman c'était bien avant Messi il me semble. Tu sais quelle était la tactique de l'Argentine en 86 ? c'était tout simple: on donne la balle à Diego et il nous fera gagner la coupe. Le Manchester de Best était pareil, Garrincha à son époque était une rockstar plus adulée par le peuple que le roi Pelé himself. Donc l'aspect individuel du foot n'est pas né avec Messi. Celui ci n'a fait que profiter d'un système qui était déjà en place au même titre qu'un Gael Kakuta par exemple. Tout ça pour dire que le Pognon dans le foot a toujours existé et de manière indécente. Garrincha est mort à son époque totalement ruiné après avoir vécu dans l’opulence et la profusion. Aujourd’hui on s'indigne de la même manière que nos petites enfants s'indigneront sur un transfert à 200 Millions en se disant "quand je pense qu'à mon époque CR7 avait seulement coûté 90 Briques".

Il y'a une bulle qui n'a jamais cessé de croître, le barça n'est pas responsable de cette bulle, mais l'alimente comme tous les acteurs du foot, y compris toi et moi quand nous payons notre abonnement Bein à 11 euros/mois. le tout c'est d'attendre le jour où ça explosera et là on se marrera vraiment.
Message posté par ozymandias


Je suis d'accord avec SO6. Le mercantilisme et le pognon dans le foot ça a toujours existé. Sauf qu'à la lecture de cette interview on a l'impression que l'argent dans le foot, les dérives capitalistes, la starification sont du seul fait de Messi. L'arrêt Bosman c'était bien avant Messi il me semble. Tu sais quelle était la tactique de l'Argentine en 86 ? c'était tout simple: on donne la balle à Diego et il nous fera gagner la coupe. Le Manchester de Best était pareil, Garrincha à son époque était une rockstar plus adulée par le peuple que le roi Pelé himself. Donc l'aspect individuel du foot n'est pas né avec Messi. Celui ci n'a fait que profiter d'un système qui était déjà en place au même titre qu'un Gael Kakuta par exemple. Tout ça pour dire que le Pognon dans le foot a toujours existé et de manière indécente. Garrincha est mort à son époque totalement ruiné après avoir vécu dans l’opulence et la profusion. Aujourd’hui on s'indigne de la même manière que nos petites enfants s'indigneront sur un transfert à 200 Millions en se disant "quand je pense qu'à mon époque CR7 avait seulement coûté 90 Briques".

Il y'a une bulle qui n'a jamais cessé de croître, le barça n'est pas responsable de cette bulle, mais l'alimente comme tous les acteurs du foot, y compris toi et moi quand nous payons notre abonnement Bein à 11 euros/mois. le tout c'est d'attendre le jour où ça explosera et là on se marrera vraiment.



Mais je suis d'accord avec toi, le pognon a toujours existé dans e foot, et évidemment ce n'est pas à cause de Messi qu'il y a ces dérives. Mais aujourd'hui dans un monde ultra médiatique, l'histoire de Leo Messi comme elle l'ait raconté à ces gens est un accélérateur. Messi n'y est pour rien bien, sûr, mais un club comme le Barça joue à fond dessus pour trouver des enfants talentueux.
Et à propos de ce que tu disais sur Maradona en 86, ou Best ou les autres, toute l'équipe jouait pour eux, bien sûr comme c'est toujours le cas quand tu as un cador, mais la finalité était de gagner la coupe pas le ballon d'or, la différence est notable. Ils s'en foutaient de la popularité de Maradona, ils voulaient juste être champions du monde.
Et puis quand on entend ajourd'hui des Maradona, Pelé,ce sont de vrais passionnés de foot. Ils ont amassé plein de fric, bien sûr, et ils le méritaient, mais avant d'être des grands joueurs c'étaient des dingues de foot.
A une échelle beaucoup plus basse, j'aime un mec comme Landreau qui connait l'histoire de la L1, qui sait qui était Etori, le passé de son ancien club le FC Nantes, etc... Heuresement il en reste quelques uns des comme lui, mais ils deviennent rares...
Message posté par Brad


Mais je suis d'accord avec toi, le pognon a toujours existé dans e foot, et évidemment ce n'est pas à cause de Messi qu'il y a ces dérives. Mais aujourd'hui dans un monde ultra médiatique, l'histoire de Leo Messi comme elle l'ait raconté à ces gens est un accélérateur. Messi n'y est pour rien bien, sûr, mais un club comme le Barça joue à fond dessus pour trouver des enfants talentueux.
Et à propos de ce que tu disais sur Maradona en 86, ou Best ou les autres, toute l'équipe jouait pour eux, bien sûr comme c'est toujours le cas quand tu as un cador, mais la finalité était de gagner la coupe pas le ballon d'or, la différence est notable. Ils s'en foutaient de la popularité de Maradona, ils voulaient juste être champions du monde.
Et puis quand on entend ajourd'hui des Maradona, Pelé,ce sont de vrais passionnés de foot. Ils ont amassé plein de fric, bien sûr, et ils le méritaient, mais avant d'être des grands joueurs c'étaient des dingues de foot.
A une échelle beaucoup plus basse, j'aime un mec comme Landreau qui connait l'histoire de la L1, qui sait qui était Etori, le passé de son ancien club le FC Nantes, etc... Heuresement il en reste quelques uns des comme lui, mais ils deviennent rares...


Bon ça aurait été compliqué pour Maradona de jouer pour le ballon d'or à cet époque étant donné qu'il n'était attribué qu'à des joueurs européens. Mais si tu essaies de me dire qu'à l'époque les joueurs ne jouaient pas pour gonfler leurs stats (je déteste cette expression) j'aurai du mal à te croire. Des gars comme Stoichkov, Maradona, Rivaldo, Romario et la liste est longue étaient de sacrés égoïstes qui voulaient tous mettre 100% des buts de leur équipe comme le font Messi et Ronaldo aujourd’hui.

Quant au désintérêt des footeux pour leur sport aujourd’hui je suis d'accord avec toi, mais il faut également le mettre en rapport avec la médiatisation gerbante du foot. à l'époque il fallait lutter pour voir ne serait ce qu'un résumé de match de foot, on développait des techniques (moi perso je regardais le match en crypté sur canal avec la radio à coté, ça me donnait une idée plus ou mois précise des actions héhé). Mais maintenant on analyse tout, on décortique tout, on fait des débats sur tout et rien, tout le monde donne son avis. Imagine un gosse qui est noyé dans tout ça depuis qu'il est petit, normal qu'il ait envie de décrocher complètement sur le peu de temps libre qu'il a. Après tout ça c'est relatif, tous les anciens joueurs ne sont pas des encyclopédies vivantes du football. Landreau est une exception. Pour revenir à lui, Best s'en carrait complètement de tout ce qui était schéma tactique, entraînement, histoire du foot, tout ce qu'il voulait c'est qu'on lui passe la balle. Il y'a bien sur aujourd'hui des jeunes cons* mais ça n'empêche pas qu'on puisse aussi être con* et vieux (j'en suis la preuve vivante)
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