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Messi a mal à son Argentine

Un premier tour de Copa América sans grand éclat, et ça recommence : Messi, qui fête aujourd'hui ses 28 ans, divise l'Argentine. Il ne la convainc pas. Parce qu'il n'est pas celui du Barça. Parce qu'il n'a rien gagné (d'autre que les JO et un Mondial Sub20) en bleu ciel et blanc. Parce que Diego Maradona. Mais aussi (surtout ?), parce qu'il n'est pas assez argentin.

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Le Barcelona est un bar comme on en trouve des centaines à Buenos Aires. Simple, ancien, nostalgique, propriété de petit-fils d'Espagnols et peuplé d'ouvriers et des habitués du quartier, celui de Chacarita. Sur les deux écrans qui se font face, Pipita Higuaín, le buteur, répond aux journalistes. L'Argentine vient de décrocher la première place de son groupe grâce à un tout petit 1-0 contre la Jamaïque. Mais Charly, le serveur emblématique du lieu, l'a mauvaise. La performance de ses compatriotes ne lui a pas du tout plu. Sa cible principale : Lionel Messi. « S'il n'a pas envie de jouer, qu'il s'en aille. Il y a du monde pour le remplacer. » Point de réaction autour des tables. Celle des fidèles est remplie de Quilmes, la bière locale, et de milanesas en tout genre, notamment en sandwich, « la spécialité de la maison » .

Personne ne contredit Charly. « Avec le maillot du Barça, il leur en aurait mis 4 aux blackos » , ajoute un de la bande, sûr de lui. Une scène habituelle, qui en dit long sur le malaise existant entre la star argentine et son pays, éternel insatisfait car désireux - ou persuadé - d'être le meilleur ( « Si, dans de nombreux domaines, on pense être les meilleurs du monde, c'est encore pire lorsqu'on parle de football, et particulièrement de la sélection nationale » , écrivait cette semaine Mariano Hamilton dans le magazine Un caño). L'Albiceleste compte dans ses rangs les meilleurs joueurs des plus grands clubs d'Europe, mais elle ne marche pas sur ses adversaires, y compris les plus petits. Elle possède le meilleur joueur de la planète, mais celui-ci n'est pas aussi renversant et décisif qu'avec le maillot blaugrana. Voilà cette Argentine en quart sans avoir eu à forcer son talent, et pourtant l'ambiance n'est pas au beau fixe. Son capitaine, sa star, d'abord homme du match (Paraguay), puis bon (Uruguay), puis discret (Jamaïque), ne se débarrasse pas des critiques.

« La mémoire collective ne vit pas des chiffres, mais des émotions

 »

La relation entre Messi et l'Argentine n'a jamais été simple. Ce tout premier match face à la Hongrie, un soir de 2005, terminé en moins d'une minute suite à une expulsion étrange, mi-sévère mi-justifiée, était peut-être un signe de ce qui l'attendait. Un excès d'envie, d'espoir et de talent, pour une conclusion frustrante et décevante. À Barcelone, où il a désormais passé la moitié de sa vie, le gars de Rosario est intouchable. Il est vénéré et choyé, y compris dans les mauvais moments, comme la saison passée. Dans son pays, ce statut d'incontestable se limite au petit monde du football : joueurs, entraîneurs et dirigeants. Dans les médias et dans la rue, malgré les maillots floqués à son nom qui envahissent les dos des gamins, les éloges laissent souvent place au doute et au scepticisme. Son tort ? Ne pas reproduire ses incroyables statistiques catalanes (0,85 but par match au Barça, 0,46 en sélection).

Et pourtant, le capitaine ne se résigne pas à la tâche. Contre la Jamaïque, Messi a disputé son 100e match en bleu ciel et blanc. L'occasion d'un tweet : « Il n'y a rien qui me rende plus fier que représenter mon pays. » Comme si certains continuaient à en douter. Pourtant, à l'heure d'enfiler le maillot argentin, la Pulga ne manque jamais à l'appel. Ses 46 buts le placent déjà à la deuxième place du classement des buteurs de la riche histoire de son pays, en attendant mieux. Sauf catastrophe, Messi devrait terminer sa carrière goleador et joueur le plus capé de la sélection. Mais les Argentins s'en fichent : ils veulent des titres, pas des chiffres et des places d'honneur (vice champion d'AmSud en 2007, vice champion du monde en 2014). « Dans le football argentin, la mémoire collective ne vit pas vraiment des chiffres, mais plutôt des moments, des émotions » , précise Diego Murzi, sociologue argentin.

Pas l'étoffe du héros argentin


Sur le pré, il manquerait donc à Messi un moment fort avec le maillot de la sélection, un succès historique marqué du sceau de son immense talent, un match référence symbolique, comme l'Argentine-Angleterre de Diego Maradona, il y a tout juste 29 ans, quand Lio n'était pas encore venu au monde. Mais serait-ce suffisant ? Pas si sûr. Car derrière le malaise, il y aurait quelque chose de plus profond. D'irrémédiable : Messi n'aurait tout simplement pas l'étoffe du héros argentin. « Je crois qu'il y a deux choses fondamentales, poursuit Diego Murzi. L'ombre éternelle de Maradona, et ce profil qui ne coïncide pas avec celui des idoles populaires en Argentine. » De quoi parle-t-on exactement ? « De rébellion sur et en dehors du terrain, d'origines très humbles, d'histoires de sacrifices, de gloire, mais aussi d'échec, de forte identification locale. »

La définition, en clair, de Maradona, sorti de la misère, formé sur des terrains caillouteux, devenu joueur et fan de Boca - le club populaire par excellence -, opposé dans ses discours aux « puissants » de ce monde, capable de déclencher une bagarre générale aussi bien sur un terrain de foot que dans une boîte de nuit, tombé dans la drogue, revenu de la mort. Messi, lui, s'efforce : il chante l'hymne, prend le brassard, s'énerve, parfois. « C'est devenu un homme » , dit même de lui Menotti. Mais rien n'y fait. « Dans une étude de cas au centre de formation d'Estudiantes la Plata, j'ai constaté que Tévez ( « le joueur du peuple » ) et Mascherano (le « chef » qui s'est « ouvert l'anus » face aux Pays-Bas) étaient les joueurs les plus appréciés de la sélection » , révèle Diego Murzi. Des grandes gueules, des forts caractères, qui en ont bavé pour arriver jusque-là : des Argentins. Au bar Barcelona, tous les week-ends de l'année, Messi est un « crack » , un « surdoué » , un « phénomène » . Son côté argentin. Avec le maillot de son pays sur le dos, il « y a du monde pour le remplacer » . Son côté catalan.

Par Léo Ruiz et Markus Kaufmann
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