Menotti et le footballeur moderne

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Menotti veut dispenser quelques cours de tactique aux footballeurs actuels.

César Luis Menotti, 76 ans et sélectionneur de l'Albiceleste championne du monde en 1978, n'a pas encore raccroché les gants. Du moins, s'il n'entraîne plus, il continue d'envoyer quelques uppercuts. Notamment sur le football actuel, dont il ne porte pas tous les acteurs dans son cœur : « 90% des footballeurs actuels ne savent pas jouer. Ils ne connaissent rien au jeu, à l'époque. Ils ne savent pas occuper les espaces. (...) Ça me fait rire quand j'entends tant de conneries, quand on me dit qu'un joueur qui joue avec son dos garde bien le ballon. À ces gens-là, je leur dis que le ballon ne doit pas être porté. Quand un joueur garde le ballon sur plus de 20 mètres, c'est qu'il joue comme un âne » , a balancé Menotti dans le quotidien argentin La Capital.

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Un vrai but d'âne. AM
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Note : 4
Il a fait une cure de jouvence et un peu de muscu Menotti?
Il a fait une cure de jouvence et un peu de muscu Menotti?
Epictète Niveau : CFA
C'est vrai, Samir Nasri joue comme un âne.
Lucio Nerone Niveau : Loisir
Pour moi, Bale est l'archétype du joueur moderne.

Le type qui est physiquement (au niveau de l'endurance, de la puissance et de la vitesse) monstrueux, qui est très fort quand il a de l'espace, qui frappe très bien mais qui est perdu en attaque placée. Ce que je trouve déplorable. Désormais, les joueurs technique jouent bas, et les attaquants doivent avant toute chose être rapides.
D'où des équipes comme le chelsea du Mou, ou de Real d'Ancelotti.
Coach Kévinovitch Niveau : Ligue 1
"Quand un joueur garde le ballon sur plus de 20 mètres, c'est qu'il joue comme un âne"


Imbula, c'est pour toi!
Donc ça c'est le but d'un mec qui joue comme un âne ?

https://www.youtube.com/watch?v=SOEPIq2g3Ew
Jean-Luc Pontère
C'est pas faux, Maradona n'a jamais joué avec sa tête. Mais c'état Maradona. Si il avait eu un cerveau, je ne sais pas ce que ça aurait donné.
Lucio Nerone Niveau : Loisir
Message posté par Jean-Luc Pontère
C'est pas faux, Maradona n'a jamais joué avec sa tête. Mais c'état Maradona. Si il avait eu un cerveau, je ne sais pas ce que ça aurait donné.


Euh, Maradona, avant d'être un dribbler ahurissant et un virtuose technique, était un meneur de jeu exceptionnel. Il avait une science de la passe qui n'a été que très peu égalée, et une vista énormissime.

Ok, il partait très souvent en rush, sauf que lui les réussissait tous, et chacun de ses rushs créait des brèches énormes et était une bénédiction pour le collectif. Simple exemple: le fameux but de la main de dieu, si il y a pu avoir une brèche, dans la défense anglaise, lui permettant de se retrouver face au goal, c'est précisément parce qu'il a commencé l'action par éliminer 3 anglais.

Donc bon, réduire Maradona à un joueur tel que le décrit Menotti, non.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 7
Toujours un peu de mal avec ce genre de déclarations lapidaires.

Même si dans le fond, je suis d'accord avec lui, ce genre de vision dogmatique a tendance à nier l'infinie variété des mouvements dont dispose une équipe pour en déséquilibrer une autre.

Entre une bonne circulation de balle, fluide, pour écarter les lignes et trouver la profondeur, et un dribble réussi, la seule différence, c'est la distance qu'on met entre l'adversaire et le ballon.

Alors bien sûr, une passe ira toujours plus vite qu'un joueur qui porte le ballon, mais s'ôter la possibilité du dribble ou de la conservation individuelle, c'est aussi prendre le risque d'atrophier la verticalité du jeu, c'est un peu la limite qu'on a aperçu avec la dégénérescence du tika-taka 1.0., qui a fini aussi raide et horizontal qu'un putain de cadavre dans un cercueil.

Quand on se souvient des chevauchées de Piazza, des sorties de balle de Redondo, si ces mecs lâchaient la balle trop vite, ça ne servirait à rien. Ils conservent le ballon parce qu'à un moment donné, la défense adverse sera obligée de monter sur eux. Ainsi ils fixent un ou deux défenseurs, ce qui leur donne la possibilité d'une passe en profondeur.

Si l'on devait définir grossièrement l'objectif de toute tactique, je pense que tout le monde serait d'accord pour dire qu'il s'agit de déséquilibrer l'adversaire pour créer une occasion de but en minimisant au maximum le risque d'être contré.

Mais il y a aussi des équipes apparemment suicidaires, dont les deux extrêmes seraient aujourd'hui, un Bielsa et un Mourinho (ahah, mettre Bielsa et Mourinho dans le même panier philosophique, va falloir que j'assure maintenant).
Je m'explique, je m'explique.

Dans le règne animal, il y a les prédateurs purs, ceux qui génétiquement, ataviquement, sont dominants et ne connaissent que très peu de "concurrents" alimentaires. Ceux qui ont le jeu, la technique, le talent avec eux. Et le fric, ne nous mentons pas.

Et puis il y a ceux qui sont des cibles constantes, des proies éternelles, mais dont le patrimoine génétique et l'évolution ont permis de trouver des parades à leurs faiblesses. La majeure partie des espèces vivantes ne base pas sa préservation sur la force, mais sur la duperie, la malice, le bluff.

Bielsa dit qu'il a besoin que son équipe donne l'apparence d'un certain déséquilibre pour mieux aspirer son adversaire et le tuer en contre. C'est ce que font énormément d'insectes et surtout de mollusques végétatifs. Certains arrivent même à mimer la rigidité cadavérique et à sécréter une hormone proche de la putréfaction, pour duper leur prédateur naturel et - le cas échéant - le fuir ou le piéger.

D'autres, pourtant mieux armés, sont capables de feindre une infirmité, un boitement généralement, un signe de faiblesse qui va les désigner comme proie facile, pour mieux attirer dans leurs filets leur prédateur - qui est en fait leur proie. La plupart des charognards joue là-dessus.

Mourinho joue là-dessus. En faisant le dos rond, en jouant le repli stratégique, il opère comme cette bande de hyène, qui ne courra jamais aussi vite qu'une lionne, mais qui va laisser la lionne s'épuiser à attraper un gnou (en général, le gnou a une approche tactique comparable à celle d'un entraîneur de L1). Une fois la proie attrapée, la lionne est incroyablement vulnérable, son rythme cardiaque est proche de la rupture. C'est la que les hyènes débarquent, en nombre, et profitent de sa fatigue pour dévorer le festin à la bonne franquette.

Et puis il y a les cougars, dont Klopp serait la plus belle incarnation. Une bête qui mise tout sur la fluidité et la vitesse. Une bête magnifique, capable, lancée à pleine vitesse, de trouver encore un regain de vitesse en allégeant sa vessie, en se pissant dessus.


Putain, je regarde trop National Geographic en ce moment.
Par pitié, ne confondez pas les rushs de joueurs comme Maradona, Baggio, Messi et j'en passe, à ceux de joueurs comme Lucas, Chamberlain et autres Walcott.

Non, vraiment, faut se rendre compte que certains joueurs portent le ballon quand il le faut : pour l'équipe et lorsqu'il n'y a que peu de situations de jeu exploitables ; quand d'autres pignoufs portent le ballon et s'en débarrassent quand ils ne savent plus quoi en faire.

La vérité, c'est que les interventions de mecs comme Menotti, Sacchi et quelques autres grands entraîneurs, ne peuvent être résumées en 10 lignes.
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