Ménez, l’art de la joie

À bientôt 30 ans, Jérémy Ménez revient en Ligue 1 par la petite porte. Alors que son talent aurait dû l’emmener au sommet, le voilà dans un club qui vient de changer d’entraîneur après une délicate onzième place. Pourtant, on a envie de croire à sa résurrection, lui, le plus doué de tous.

Modififié
953 29
13 mais 2012, Parc des Princes. Montpellier file vers le titre de champion de France devant le PSG de Carlo Ancelotti. Sur la pelouse parisienne, le PSG accueille le Stade rennais. C’est la 37e journée. Nenê marquera les trois seuls buts du match mais ne sera pas élu grand monsieur de la rencontre. Le patron, c’est le numéro 7, Jérémy Ménez. Il a alors 25 ans depuis moins d’une semaine et termine sa première saison au PSG, le club de son cœur. Ce soir-là, il est impliqué dans les trois buts et casse des reins à en faire pâlir un protégé de Marc Dorcel. Intrinsèquement, c’est sa meilleure saison au plus haut niveau : 7 buts, 11 passes en Ligue 1 et des différences incroyables. C’est sûrement sa seule saison référence, avec sa première sous la liquette milanaise (16 buts en Serie A). À bientôt 30 ans, Ménez arpente les terrains de football professionnels depuis bientôt 14 ans. Cela montre la précocité de son talent et l’attente qu’il a toujours suscitée et qu’il suscite encore. Quoi qu’il arrive, peu importe son club, son poste, son humeur, son âge, sa coupe de cheveux, sa condition physique, on a toujours envie de croire en Jérémy Ménez. C’est inexplicable. On parle d’un garçon dont la légende débute par le voyage d’Alex Ferguson en personne au domicile familial pour convaincre le jeune adolescent de rejoindre Manchester plutôt que Sochaux. La suite est plus réelle : Ménez, c’est un triplé en Ligue 1 à 17 ans en moins de 10 minutes. Ménez, c’est la génération 1987 qui a broyé le championnat d’Europe U17 en 2004, celle des Nasri, Ben Arfa, Benzema. Au départ, c’est sans doute le plus technique. Le plus précoce. Le plus mature. D’aucuns diront le meilleur, tout simplement. Au final, a l’aube du changement de dizaine, Benzema est titulaire au Real Madrid, Samir Nasri va passer entre les mains de Guardiola, Ben Arfa a rejoint le PSG en même temps qu’il a retrouvé les Bleus, et Ménez, lui, va s’entraîner avec Andre Poko et a pris le numéro d'Abdou Traoré. Et c’en est presque rageant car Jérémy Ménez avait tout pour marcher sur le monde. Absolument tout.

Lucas, le tournant


Tout semblait écrit : belle formation sochalienne, émancipation et premières erreurs de jeunesse monégasques, découverte de l’Italie avec la Roma et puis le PSG de QSI à 24 ans. Un nouveau départ pour le produit de banlieue et notamment du 94 de Kery James pour lequel il squattera clips et lyrics. À Paris, il prend son envol. Il prend la lumière. Claque des buts. Donne du caviar. Crochète, change de direction, donne le tournis, brise des défenses. Il s’essaie à la crête blonde avant d’opter pour la boule à zéro. La coupe des hommes, et c’est en tant que tel qu’il plantera un but historique sur la pelouse de Gerland un soir de mai 2013. Jérémy Ménez offre le titre de champion de France au PSG. Le premier de QSI. Le premier du XXIe siècle. Le plus important car il ouvre la voie. Bizarrement, ce but aurait dû le faire changer de dimension. Il va sonner son chant du cygne. Entre Ancelotti et le numéro 7, le courant ne passe plus depuis une bouderie de soir de Ligue des champions au Mestalla car l’Italien au sourcil en lévitation lui a préféré Lucas. L’arrivée du Brésilien aux 42 millions va tout changer. Pas forcément très adepte de la communication et du sourire, Ménez va s’enfermer et perdre son combat à distance avec l’actuel numéro 7 parisien. Ça, et des blessures à répétitions (hernie discale, déjà).


Sans une certaine fragilité physique, le garçon aurait pu aller tellement haut… L’arrivée de Laurent Blanc sur le banc du PSG sonnera finalement sa perte. Il partira par la petite porte. Comme un vulgaire Milan Biševac alors qu’il aurait mérité le tapis rouge. De l’autre côté des Alpes, il donnera l’impression d’avoir retrouvé de sa superbe, à l’image de son but en talonnade à la suite d’un grand pont sur le gardien, mais l’homme en a plein le dos. Il sort d’une saison presque blanche alors qu’il rêvait encore d’Euro 2016 il y a un an. En Gironde, Ménez a signé trois ans. Bordeaux, le club qui a lancé Zidane et Gourcuff. La Ligue 1, le championnat qui a (re)lancé Ben Arfa et Diarra. Alors oui, on a toujours envie de croire en Jérémy Ménez. Car le 13 mai 2012, je revenais au Parc des Princes pour la première fois depuis le plan Leproux. L’ambiance était affreuse. L’enceinte ne ressemblait plus au Parc des Princes. Mais quand Jérémy Ménez a été remplacé à dix minutes de la fin, je me suis levé, et j’ai applaudi.

Par Mathieu Faure
Modifié

Dans cet article

Max_Payne Niveau : CFA2
Note : 1
Un sentiment de déception au vu de son talent, certes.
Mais une raison d'espérer : à 30 ans il aurait pu aller en Chine ou au Qatar palper des dollars. Non, il a préféré revenir en France dans une équipe qui ne fait rêver personne mais avec Gourvennec on peut espérer un joli come-back !
Vahiruascz Niveau : DHR
Note : 2
C'est cool pour les ultra-marine leur équipe de chèvres va enfin leur vendre un peu de rêve.
Y'a qu'eux qui trouvent le courage de remplir quelques places du Matmut Atlantique et pour ça ils le méritent
pointardinho Niveau : District
un pari sur un talent brut, surement l'exemple de cette génération 87 qui a débuté très fort (euro et pour lui ce triplé à Bonal )

Une capacité d'accélération et une technique en mouvement frôlant ce qui se fait de mieux ( tel un Quaresma, Ben arfa, Reyes, ..qui eux aussi et n'ont pas sur concrétiser le potentiel entrevu à 17/18 ans).

Soit incompris, soit pas exploité ..le propre d'un " génie"* footballistique est de trouver le déclic ou pas ..par le biais d'un entraineur, d'un groupe de joueurs.

Qui sait ce sera l'année de Menez, ou bien juste une nouvelle fois un pari à demi réussi ( pour les bordelais, le souvenir amer de Denilson )

* génie = terme un peu fort, mais j'ai faim donc je vais au plus simple
pointardinho Niveau : District
Message posté par pointardinho
un pari sur un talent brut, surement l'exemple de cette génération 87 qui a débuté très fort (euro et pour lui ce triplé à Bonal )

Une capacité d'accélération et une technique en mouvement frôlant ce qui se fait de mieux ( tel un Quaresma, Ben arfa, Reyes, ..qui eux aussi et n'ont pas sur concrétiser le potentiel entrevu à 17/18 ans).

Soit incompris, soit pas exploité ..le propre d'un " génie"* footballistique est de trouver le déclic ou pas ..par le biais d'un entraineur, d'un groupe de joueurs.

Qui sait ce sera l'année de Menez, ou bien juste une nouvelle fois un pari à demi réussi ( pour les bordelais, le souvenir amer de Denilson )

* génie = terme un peu fort, mais j'ai faim donc je vais au plus simple


débutée*...
La Groupie de Ronnie Niveau : DHR
Il n'a pas toujours fait les bons choix mais on ne lui a rien laissé passer non plus.

Dommage car il est le seul à avoir ce style de jeu dans les joueurs français (même s'il y a d'autres dribbleurs : Ribéry, Ben Arfa,...).
A l'époque, j'avais un peu le sentiment qu'il subissait une concurrence, pas toujours loyale, de Pocho, Lucas voire de Pastore (qui jouait alors sur le côté), dont aucun n'était un modèle de régularité.

En espérant que ça prenne dans un club où on devrait le laisser tranquille.
kalu modrić Niveau : District
Ahahah merci pour la photo les gars !
rp.bourque Niveau : DHR
Le contrat de "Samir Nasri va passer entre les mains de Guardiola", le joueur c'est franchement moins sûr, Guardiola est bon et donc il essaye de s'en débarrasser.
Menez a peut-être été décevant parce qu'il a montré parfois des choses surs le terrain... Nasri apparemment il a dû montrer des choses à l'entraînement puisqu'il y a aussi des gens qui sont déçus, moi je n'ai jamais rien vu pendant les matchs. Je ne suis pas fan de Menez, surtout quand il commence à parler, mais je trouve qu'il a une carrière plus intéressante au final, il a fait des choses et ne s'est pas contenté d'avoir son nom sur les feuilles de match.
Note : 2
Sans Lucas à Paris, Menez serait encore la et en équipe de France...
Quelque soit les résultats d'un point de vue comptable, j'ai bon espoir de voir Gourvennec mettre en place un projet de jeu clair, ce qui a manqué au club depuis le départ de Blanc (surtout sous Sagnol qui, malgré des réussites dans certains domaines, se comportait plus en selectionneur qu'en entraineur).

Les arrivées de Menez et Toulalan (surtout) sont destinées à réequilibrer le groupe en insufflant plus d'expérience.

Je n'aurais jamais pensé dire cela il y a tout juste un an mais ma principale crainte est que le groupe soit trop "joueur". Sertic devrait glisser en charnière et le milieu s'articuler autour d'une paire Toul-Plasil. Si l'on ajoute les Vada, Ounas, Malcom, Rolan, cela fait beaucoup de joueurs de ballons alignés mais, comme entrevu lors des matchs de prépa, je crains que nous ne manquions de hargne et de goût du duel.
Lost in translation Niveau : CFA2
Sans ton avatar je n'aurais pas perdu 10 minutes sur YouTube.
Message posté par pointardinho
un pari sur un talent brut, surement l'exemple de cette génération 87 qui a débuté très fort (euro et pour lui ce triplé à Bonal )

Une capacité d'accélération et une technique en mouvement frôlant ce qui se fait de mieux ( tel un Quaresma, Ben arfa, Reyes, ..qui eux aussi et n'ont pas sur concrétiser le potentiel entrevu à 17/18 ans).

Soit incompris, soit pas exploité ..le propre d'un " génie"* footballistique est de trouver le déclic ou pas ..par le biais d'un entraineur, d'un groupe de joueurs.

Qui sait ce sera l'année de Menez, ou bien juste une nouvelle fois un pari à demi réussi ( pour les bordelais, le souvenir amer de Denilson )

* génie = terme un peu fort, mais j'ai faim donc je vais au plus simple


Denilson.
Drôle de comparaison.
Les girondins étaient encore une équipe qui jouait le haut du tableau à l' époque et Denilson n'était plus performant depuis longtemps.Si sa technique restait brillante,il a eu effectivement peu d' impact sur le jeu.
Je pense,au vu du contexte que les supporters vont plus attendre de Ménez.
Si le collectif est fort,c'est le type de joueur talentueux qui nous apportait une vraie plus value.Si l'équipe est vite en difficulté et que Jérémy ne retrouve pas sa condition après une année sans trop jouer;ça peut vite sentir mauvais.
Gourvennec joue la suite de sa carrière aux Girondins;gageons qu'il fera ce qu'il faut.
Message posté par AriGold
Quelque soit les résultats d'un point de vue comptable, j'ai bon espoir de voir Gourvennec mettre en place un projet de jeu clair, ce qui a manqué au club depuis le départ de Blanc (surtout sous Sagnol qui, malgré des réussites dans certains domaines, se comportait plus en selectionneur qu'en entraineur).

Les arrivées de Menez et Toulalan (surtout) sont destinées à réequilibrer le groupe en insufflant plus d'expérience.

Je n'aurais jamais pensé dire cela il y a tout juste un an mais ma principale crainte est que le groupe soit trop "joueur". Sertic devrait glisser en charnière et le milieu s'articuler autour d'une paire Toul-Plasil. Si l'on ajoute les Vada, Ounas, Malcom, Rolan, cela fait beaucoup de joueurs de ballons alignés mais, comme entrevu lors des matchs de prépa, je crains que nous ne manquions de hargne et de goût du duel.


Il risque fort de s'envoler tes joueurs de ballon.Ounas,Rolan,Vada.
Si une colonne vertébrale se dessine Carasso,Pallois,Toulalan,plasil,Ménez,il me parait encore difficile d'anticiper le style de jeu de l' équipe tant que le mercato ne sera pas bouclé.
cedoukeita Niveau : DHR
Note : 1
sans zlatan (en réference à son arrivé en 2012) il aurait pu avoir une toute autre carrière. Je me rappelle encore de la seconde parti énorme qu'il fait en 2011-2012, il est placé en pointe dans le "sapin de noel" d'ancelotti ou grace à sa pointe de vitesse il avait fait mouche ! d'ailleur l'anné ou il met plus de 15 but avec le milan il est en pointe . quelle déception !
C'est bien de savoir casser des reins et éliminer, ça fait frémir le public mais sans le sens de la passe et sans capacité de finition, ça ne sert pas à grand chose au tableau d'affichage. Voila tout le problème des Menez, Ben Arfa, Walcott, ...
Message posté par cedoukeita
sans zlatan (en réference à son arrivé en 2012) il aurait pu avoir une toute autre carrière. Je me rappelle encore de la seconde parti énorme qu'il fait en 2011-2012, il est placé en pointe dans le "sapin de noel" d'ancelotti ou grace à sa pointe de vitesse il avait fait mouche ! d'ailleur l'anné ou il met plus de 15 but avec le milan il est en pointe . quelle déception !


Lors de sa premiere partie de saison avec Ibra, les 2 tournaient bien, mais c'était avant les blessures et l'arrivée de Lucas

Le Kiosque SO PRESS

Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
953 29