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Mendes ou Nuno, qui a été viré de Valence ?

Écarté du banc de Mestalla à la suite d'une énième purge, Nuno Espirito Santo ne devrait pas retrouver Valence et ses plages avant un certain temps. Une satisfaction pour l’aficion ché qui espère un autre départ : celui de Jorge Mendes, coupable d’avoir fait main basse sur le jouet de Peter Lim.

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Trente-huit journées durant, FC Séville et Valence CF se tirent la bourre. Une lutte à distance qui se conclut, lors du dernier opus de la saison, par un succès homérique des Chés sur la pelouse d’Almería. Victorieux sur la plus petite des marges, ils confirment leur quatrième strapontin en Liga, synonyme de qualification pour le tour préliminaire de la Ligue des champions. Le fanion naranja semble alors ressuscité, tant sportivement que financièrement. Peter Lim, et ses millions, et Nuno Espirito Santo, et ses méthodes, deviennent même les messies de Mestalla. Quelques mois plus tard, pour des retrouvailles avec le concurrent sevillista, les mouches changent d’âne. Une nouvelle purge au Sánchez-Pizjuán, symbolisée par un zéro pointé dans la case des tirs, coûte sa place à l’entraîneur portugais. Destitué par le patron de Singapour, la direction emmenée par Layhoon Chan tarde à lui trouver un successeur : « Je suis assez agacé de ne parler que de Jorge Mendes. Si Jorge Mendes contrôlait le club, Nuno serait encore là. Je ne crois pas que le prochain entraîneur va avoir une relation avec Mendes. » Quelques jours plus tard, la nomination de Gary Neville en témoigne.

Une direction perdue dans sa maison


Les prémices de la gronde populaire à l’encontre de Nuno remonte à l’été dernier. Fort d’une première saison canon avec les Chés, il voit son rayon d’action grandir. Un statut, entre l’entraîneur lambda et le manager à l’anglaise, qui fait grincer des dents dans les offices de Mestalla. Si bien qu’après quelques jours de mercato, le divorce se consomme définitivement avec Rufete, directeur sportif, et Ayala, son bras droit. En cause, le oui de l’ancien de Rio Ave concernant le transfert d’Imbula qui se transforme, une semaine plus tard, en non sous la pression de son mentor Mendes. Une brouille qui pousse les deux historiques à quitter leur club de cœur, en compagnie d’Amadeo Salvo, président adoré par l’aficion, dès début juillet. Autant de départs qui permettent à l’entraîneur portugais de voir ses pouvoirs élargis. « Il ne peut pas être à trois postes à la fois, s’énerve alors Mario Kempes, ambassadeur à l’international de Valence, sur les ondes de Play Valencia Radio. Je n’aime pas voir Salvo, Rufete et Ayala en dehors du club. Nuno a été bon la saison passée parce qu’il n’était que l’entraîneur, alors qu’aujourd’hui, il se perd dans de multiples tâches. »

Fort d’un premier mercato rondement mené, marqué par les venues d'Otamendi, Mustafi et André Gomes, le milliardaire de Singapour se retrouve sans ancien de la casa pour le conseiller. Il se tourne donc vers son ami intime Jorge Mendes - qui lui vend, en guise de cadeau, les droits d’image de sa poule aux œufs d’or, Cristiano Ronaldo. Un choix stratégique duquel Peter Lim espère tirer le meilleur du carnet d’adresses de l’omnipotent agent portugais. Raté, puisque ce dernier se limite à caser de jeunes pousses peu, ou pas, habituées au haut niveau. À vouloir imposer un modèle à la Monaco à l’exigeant public de Mestalla, le big boss de Gestifute se place en porte-à-faux, comme l’indique Mario Kempes : « Je n’aime pas quand des entrepreneurs comme Mendes essayent de devenir les propriétaires des clubs. Cela me semble une énorme honte que cela ait été permis, car les entraîneurs et les agents ne doivent pas diriger les clubs. D’autres personnes doivent le faire. Mais l’argent gouverne tout… » À tel point que toutes les grosses dépenses se font sur le dos de jeunes joueurs appartenant à l’écurie Mendes.

Les Chés, « un corps étranger dans leur propre ville »


Ce mercato laisse des traces indélébiles dans la nébuleuse du Valencianismo. Supporters comme anciens de la maison se rejoignent sur le manque d’ambition des transactions estivales. Rapidement, les tracas des bureaux se transposent au rectangle vert. Les choix de Nuno se retrouvent illico critiqués de toute part. Furieux, Mestalla ne comprend pas les décisions techniques et sort les mouchoirs blancs dès le début d’exercice. La mise au ban de Negredo et De Paul, chouchous du public coupables d’avoir ouvertement questionné la tactique du Portugais, sert même de point d’inflexion dans la gronde populaire. Comme le résume Alfredo Relaño, rédacteur en chef de As, dans un édito au vitriol, « le Valence CF est presque devenu un corps étranger dans une ville qui vit pour lui » . Même les joueurs, solidaires de leurs deux comparses écartés, font fi des consignes d’un coach qu’ils lâchent. Ce, jusqu’au 29 novembre et une défaite humiliante face au FC Séville. Pas du genre à se remettre en cause, Nuno va même jusqu’à dire « que Jorge Mendes a énormément aidé Valence » . À moins que ce ne soit l’inverse.


Par Robin Delorme, en Espagne
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