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  2. // 2e tour préliminaire
  3. // Differdange/Trabzonspor (1-2)

Mehdi Martin : « J'ai réussi à avoir le maillot de Kevin Constant »

C'est le lot, chaque été, des tours préliminaires des compétitions européennes, les équipes semi-professionnelles, voire amateurs sont aux prises avec leurs homologues professionnelles. C'était le cas, jeudi, du club luxembourgeois de Differdange, qui recevait les Turcs de Trabzonspor. Avec une défaite attendue à la clé (3-1 au cumulé), mais sans avoir démérité, loin de là. Mehdi Martin raconte.

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D'un côté, Trabzonspor et ses 92 millions d'euros de budget. De l'autre, Differdange et son petit million. Un monde sépare donc le cinquième du dernier championnat turc et le deuxième du luxembourgeois. Un gouffre qui pouvait faire craindre un affrontement bien déséquilibré. Heureusement, la vérité des finances n'est pas celle des terrains. Car le petit poucet du Grand Duché a chèrement vendu sa peau lors ce deuxième tour préliminaire de Ligue Europa 2015/2016. À peu de choses près, Trabzonspor aurait même pu rejoindre Utrecht – éliminé par Differdange en 2013 - au tableau de chasse des Luxembourgeois. Mais, même privés de plusieurs de leurs meilleurs éléments, comme M'Bia et Cardozo – en déplacement avec le groupe, mais pas inscrits sur la feuille de match - et en condition physique aléatoire, les Bordo-Mavi de Trabzon ont fini par s'en sortir. Notamment grâce à deux coups de patte sur coup franc de l'international turc Mehmet Ekici. Les amateurs de Differdange doivent se contenter des honneurs, en attendant mieux, peut-être, la saison prochaine. Mehdi Martin, défenseur differdangeois, nous livre ses impressions.

Quelle était l'ambiance dans le vestiaire à la fin du match ?
On était un peu dégoûtés d'avoir perdu le match. Même si dans tous les cas, on passait pas, ça aurait été bien que ça se finisse sur ce match nul. Ça aurait été un gros résultat pour nous. Le président est quand même venu dans les vestiaires pour nous féliciter. Bon après, il faut dire que c'était la course aux maillots (rires).

T'as réussi à en récupérer un ?
Oui, j'ai réussi à avoir celui de Kevin Constant. On a bien parlé, c'est un bon mec. Il y aussi un autre joueur de Trabzon qui est venu me voir ensuite. En fait, j'avais joué contre lui en France, en 19 ans nationaux. C'est Serdar Gürler, il jouait à Sochaux à l'époque. On a aussi parlé avec M'Bia dans les tunnels, mais il ne voulait rien donner. On lui a même demandé son caleçon (rires). Ils étaient vraiment cools.

Tu as pensé quoi de cette équipe de Trabzon ? Ils étaient bons à prendre à ce moment de la saison, non ?
Oui, c'est sûr, c'est le début de saison. Ils ne sont pas prêts. Ils n'ont pas toutes leurs recrues. J'avais parlé avec Medjani après le match aller, et il m'avait dit qu'ils étaient cuits puisqu'ils venaient de reprendre l'entraînement depuis seulement 10 jours. Mêmes eux n'étaient pas si sereins pendant le match. À 0-0, on voyait qu'ils étaient tendus. Si on était parvenus à marquer en premier, ils auraient pu vraiment être en difficulté. Mais c'est là qu'on voit le haut niveau aussi. Sur les trois buts qu'on prend sur les deux matchs, deux sont inscrits sur coups de pied arrêtés.

Même si tu pars vite t'échauffer à la mi-temps, c'est quoi la première réaction des joueurs quand ils rentrent aux vestiaires ?
À la mi-temps, on se dit surtout qu'il ne faut rien lâcher. Si jamais tu arrives à marquer assez rapidement, on ne sait pas ce qu'il peut se passer ensuite. Tu sais très bien qu'en perdant 1-0 à la mi-temps contre une équipe de ce niveau, ça va être difficile de se qualifier, mais il faut continuer à y croire.

C'est dommage que l'égalisation vienne un peu tard.
Oui, c'est ça. On a vu que sur les cinq minutes qui ont suivi, on a réussi à mettre la pression sur leur but. C'est dommage qu'on ne marque pas plus tôt. On a eu les occasions pour en mettre un en plus.

Est-ce que tes partenaires et toi voyiez ce match comme une occasion de se faire repérer ?
On n'en a pas forcément parlé, mais on sait très bien qu'il y a du monde qui vient voir ce genre de match. On sait qu'en faisant un gros match, il y a des chances de se faire repérer. Si un club nous veut, il n'a pas à dépenser des millions. Je pense que c'est gagnant-gagnant.

« Ça me fait rire quand Trabzon dit qu'ils ont pêché physiquement. Eux vivent du foot. Certains de nos joueurs ont travaillé jusqu'à 17 h et sont venus jouer le match derrière » Mehdi Martin

Alors est-ce que certains ne jouent pas de la même manière qu'habituellement ?
Par rapport au championnat, il y a une différence au niveau de la concentration et de la motivation. C'est naturel. Mais on n'a pas une équipe individualiste. Personne ne joue pour sa gueule. Si ça avait été le cas, on aurait pris 3, 4-0. Si deux, trois joueurs jouent pour eux, à ce niveau-là, ça ne passe pas. Je pense que les joueurs de notre équipe sont assez intelligents pour savoir que si tu veux te montrer, ça passe par le collectif avant tout.

Dans quel état d'esprit sont les remplaçants pour un match comme ça ?
Dans la tête, ce n'est pas facile. Faut être prêt à rentrer à tout moment si on a besoin de toi, mais c'est sûr que c'est compliqué mentalement. Surtout si tu as l'habitude d'être titulaire. En plus en tant que défenseur, on sait bien que sauf blessure, c'est très rare d'entrer en jeu.

Honnêtement, vous y croyiez avant ce match retour ?
Oui, après le match aller, tu te dis que tu es toujours en vie. C'est dommage qu'on n'ait pas marqué à l'extérieur. Surtout qu'eux marquent sur un coup franc direct d'Ekici. Avant le retour, on se dit surtout qu'il ne faut avoir aucun regret. On se dit aussi que même s'ils marquent en premier, il faut continuer. Il y a deux ans, on perdait 3-1 à Utrecht et on avait réussi à revenir à 3-3 et à se qualifier.

Il y a un joueur qui t'a impressionné ?
Oui, Mehmet Ekici. Il est vraiment très fort, propre, serein. Il voit le jeu avant tout le monde. Dès qu'il y a un coup de pied arrêté, c'est dangereux avec lui. Il n'a pas été formé au Bayern pour rien.

Tu crois que les joueurs de Trabzon vous ont un peu pris de haut ?
Pas forcément. Ils sont en pleine préparation. Pour moi, ceux qui ont joué étaient à fond, puisque la plupart ont leur place à gagner. Quand M'Bia ou Cardozo seront là, ce sera aussi dur pour eux. Après, ça me fait rire quand ils disent qu'ils ont pêché physiquement. Quand leur coach dit qu'ils ne sont pas prêts physiquement, de notre côté des joueurs ont travaillé jusque 17 h et sont venus jouer le match derrière. Eux vivent du foot. Chez nous, il y a toutes les professions, même un facteur (rires).

Vos attaquants ont pensé quoi des défenseurs de Trabzon à qui ils ont posé pas mal de problèmes ?
Je pense que Trabzon ne s'attendait pas à subir autant défensivement. Jordan Yéyé par exemple passait à chaque fois son arrière droit. Même les deux défenseurs centraux avaient beaucoup de mal à prendre Er Rafik. Il leur a mis deux, trois petits ponts, ils n'arrivaient pas à le prendre.

« L'ambiance était impressionnante en Turquie. Les quatre tribunes chantaient, pas comme en France, où il y a un kop d'un côté et un de l'autre. Et encore, ils chantent entre deux merguez » Mehdi Martin

On a aussi vu Ekici et Medjani beaucoup parler.
Oui, ils ne s'entendaient pas au niveau du placement. Comment se placer entres les lignes, ce genre de choses. On était bien en place, on les a bien gênés. Ça se voyait que ça énervait Ekici, puisqu'ils n'arrivaient pas à le trouver. Mais ce sont des problèmes tactiques qui arrivent dans tous les matchs.

Il manquait plusieurs gros joueurs à Trabzon. On se dit quoi dans ces cas-là : on est content parce que ça vous laisse plus de chance, ou on aurait aimé jouer les meilleurs ?
Tu te dis que quitte à te faire éliminer, autant jouer contre eux. C'est sûr que sans eux, l'équipe est moins performante, mais on n'a pas tous les jours la chance de jouer contre des joueurs comme Cardozo, M'Bia ou Bosingwa. Même si ceux qui ont joué ne sont pas des peintres non plus (rires).

Tu as été impressionné par le public turc, qui était en nombre au Luxembourg ?
Le plus impressionnant, c'était là-bas en Turquie. Les quatre tribunes chantaient. Ce n'est pas comme en France, où il y a un kop d'un côté et un de l'autre. Et encore, ils chantent entre deux merguez (rires). Là, c'est vraiment tout le match. Je parlais justement de ça avec Constant et Medjani. Ils me disaient qu'au niveau de la ferveur des supporters, c'était incroyable. J'imagine comment ça peut être dans les grands matchs contre Galatasaray ou Fenerbahçe. Même avec nous, les supporters étaient cools là-bas. On s'était promenés dans la ville, les gens prenaient des photos avec nous. Vraiment une bonne ambiance.

J'imagine que ça donne envie.
Oui, vraiment. Ça donne vraiment envie d'avoir sa chance à ce niveau, pour au moins ne pas avoir de regrets. Surtout quand tu vois certains joueurs adverses à qui tu n'as rien à envier. Tu aimerais bosser dans les mêmes conditions qu'eux. Penser seulement au foot, du matin au soir. Après, il y a une part de chance. Il faut être au bon endroit, au bon moment. Ça va très vite.

D'ailleurs tu as joué en jeunes avec Laurini, qui est aujourd'hui en Serie A à Empoli.
Oui, c'est un très bon ami à moi. Il était d'abord à Metz, puis à Sedan où ils ne l'ont pas gardé. Et il a pris sa chance. Il est parti en sixième division italienne à Fossombrone Bikkenbergs. Et il est monté de division chaque année, jusqu'en Serie A. C'est sûr que ça donne envie.

Et toi tu n'as pas eu d'opportunités ?
Si, il y a deux ans, j'ai failli signer à Metz. J'ai fait aussi plusieurs essais ailleurs. Ça a failli le faire avec Lille, mais je n'ai pas pu aller à un deuxième test à cause du travail et ils ont pris un autre défenseur. Maintenant, si je devais partir de Differdange, ça serait pour quelque chose de vraiment concret. Ce n'est pas partir pour partir. Je suis quand même bien à Differdange.


Propos recueillis par Eric Marinelli
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Le mec a un blaze original.
Message posté par Pig Benis
Le mec a un blaze original.


Très original comme blaze et initiales "MM" comme Marvin Martin
John07000 Niveau : DHR
Le maillot de Constant ? Je l'aurais filé au premier clanpin qui passe
Didier Drogue Bas Niveau : Loisir
C'est le fils d'Edouard Martin l'ancien syndicaliste de Florange pour ceux qui se souviennent. Un de mes meilleurs pote a joué avec Mehdi Martin en nationaux on parle peu de lui dans l'interview mais c'est un excellent défenseur central !
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