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Mazzarri défie son passé

Ce soir, c’est retour vers le passé pour Walter Mazzarri. Le coach de l’Inter se déplace au San Paolo, pour y affronter un Napoli qu’il a coaché lors des quatre dernières saisons. L’occasion de faire le point sur sa première moitié de saison avec l’Inter.

La dernière fois, c’était le 12 mai 2013. Naples bat Sienne 2-1, grâce à des buts de Cavani (73’) et de Hamšík à la 90e minute. Avec ce succès, Walter Mazzarri, devant ses supporters, assure mathématiquement la deuxième place du Napoli au classement. La boucle est bouclée. Mazzarri avait débuté au San Paolo le 18 octobre 2009, avec une victoire 2-1 contre Bologne, grâce à des buts de Quagliarella (73’) et de Maggio à la 90e minute. Limite flippante, cette similitude entre le premier et le dernier match devant ses tifosi. Entre-temps, Mazzarri aura affiché un bilan plus qu’honorable dans ce stade : 43 victoires, 21 nuls et 9 défaites. Depuis ce 12 mai, Walter Mazzarri n’est jamais retourné au San Paolo. Ce sera chose faite ce soir, puisque son Inter s’y déplace avec la ferme intention d’aller faire un coup là-bas. Car, à vrai dire, personne autant que le Mazzarre ne connaît les forces et (surtout) les faiblesses de cette équipe napolitaine. Une équipe qui vient de sortir la tête très haute de la Ligue des champions, et qui aura forcément envie de passer sa frustration de l’élimination sur quelqu’un. Quoi de mieux, pour ce, qu’un ex-boyfriend ?

Une défense qui préoccupe

L’histoire de Mazzarri et du Napoli, c’est un peu l’histoire du « ils se sont tant aimés » … Pendant quatre ans, l’entraîneur a été le capitaine du navire napolitain. C’est lui qui a ramené Naples en Ligue des champions, c’est lui qui a permis au San Paolo de revivre des soirée magiques (Napoli-Juve 3-0, Napoli-City 2-1, Napoli-Milan 3-1, Napoli-Chelsea 3-1…), c’est lui qui a permis à Naples de remporter la Coupe d’Italie. Lui et ses hommes forts, Lavezzi, Hamšík, Cavani, Maggio, De Sanctis, Cannavaro. Alors, quand le coach a annoncé sa décision de quitter le club, les tifosi ont éprouvé un sentiment contradictoire. D’un côté, l'envie de le remercier pour tout ce qu’il avait accompli. De l’autre, celle de lui en vouloir de partir pour l’un des trois grands clubs du Nord, en l’occurrence l’Inter. Voilà pourquoi, ce soir, l’accueil pourrait être mitigé. Une ovation ? A priori, non. Des sifflets ? Peut-être. De l’indifférence ? Peut-être aussi. Ce sera selon l’humeur du moment. Mais à vrai dire, depuis mercredi soir, l’humeur est plutôt morose, dans le camp napolitain.

Car Benítez, nouveau coach du Napoli (et ancien de l’Inter, cela dit en passant), a échoué là où Mazzarri avait réussi : il n’est pas parvenu à qualifier Naples pour les huitièmes de finale de la C1. Évidemment, difficile de lui en vouloir. Son équipe s’est fait sortir avec 12 points, dans un groupe qui comptait l’actuel leader de Premier League et le finaliste de la dernière C1. À un but près, Naples aurait vu les huitièmes. Frustrant, et rageant. C’est dans cet état d’esprit que les Napolitains vont affronter le match face à l’Inter. Une rencontre pour tenter, avant tout, de se remettre sur les bons rails en Serie A. De fait, en championnat, la formation partenopea n’a pris que quatre points lors des quatre dernières journées et affiche une statistique particulièrement alarmante en défense, avec neuf buts encaissés lors de ses quatre dernières sorties (2,25 buts encaissés par match). La défense est d’ailleurs le secteur qui préoccupe le plus Benítez. Son équipe a déjà encaissé 17 buts en championnat. L’an dernier, à la même époque, avec Mazzarri sur le banc, elle n’en avait pris que dix.

Des points laissés en route


Mais trêve de comparaison. Aujourd’hui, Mazzarri est à l’Inter, et son esprit tout entier est consacré à l’évolution de la formation nerazzurra. Son bilan est pour le moment en demi-teinte. S’il est vrai que l’Inter ne s’est pour le moment inclinée qu’une seule fois (face à la Roma), elle a également concédé beaucoup trop de matchs nuls (sept), ce qui la pénalise au classement. Les Nerazzurri comptent aujourd’hui quatre points de retard sur le Napoli, troisième, et neuf sur la Roma, deuxième. Agaçant, lorsque l’on sait que des points bêtes se sont envolés lors des matchs nuls face à Cagliari (1-1, égalisation des Sardes à la 83e), au Torino (3-3, égalisation du Toro à la 90e) ou encore à la Sampdoria (1-1, égalisation de la Samp à la 88e). Avec un peu plus de concentration, cela aurait fait six points en plus et, forcément, cela changeait tout au classement. Mazzarri le sait, et cela a d’ailleurs tendance à l’agacer. Même si, évidemment, tout n’est pas bon à jeter. Son Inter a retrouvé une mentalité gagnante qu’elle avait clairement perdue en deuxième partie de saison avec Stramaccioni. Et c’était là l’objectif.

Retrouver de la sérénité, retrouver un équilibre et se qualifier pour l’Europe. La moindre des choses pour pouvoir construire une équipe solide pour les années à venir. Une équipe qui, très vraisemblablement, sera renforcée grâce aux investissements du nouveau président indonésien, Erick Thohir. Qui, espérons-le pour Mazzarri, n’aura pas la soudaine envie, l’été prochain, de se payer un coach plus bling-bling. Mais avant de penser aux recrues, avant de penser à l’été prochain, le bon Walter doit se concentrer sur ce match si particulier pour lui, au San Paolo. Lui qui retient toujours ses émotions va devoir être costaud. Car, très probablement, l’adrénaline montera crescendo lorsqu’il croisera dans les couleurs du stade des gens qui ont marqué sa vie, comme l’historique magasinier napolitain Tommaso Starace, ou l’autre magasinier, qui plus est ancien joueur, Antonio Albano. Attention, donc, à ne pas se tromper de banc lorsqu’il entrera sur la pelouse. Car l’atmosphère d’un San Paolo des grands soirs a de quoi faire tourner la tête. Mais ça, Mazzarri le sait déjà.

Eric Maggiori
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