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« Max-Morlock-Stadion » : le combat des ultras de Nuremberg

Depuis une dizaine d'années, les ultras du 1. FC Nuremberg se battent pour que le stade de la ville franconienne prenne le nom de Max Morlock, champion du monde 1954 et légende du club. Mais la municipalité ne semble pas prête à vouloir leur faire ce cadeau.

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L'image peut faire sourire, mais elle est hautement symbolique. Lorsqu'on tape dans Google Maps « Stadion Nürnberg » , le nom actuel du stade du 1.FCN, un autre nom apparaît sur l'une des tribunes : « Max-Morlock-Stadion » . Pourtant, ce blase n'a rien d'officiel. L'arène de la première ville de Franconie ne se nomme pas ainsi. Alors comment est-il arrivé là ? Personne ne sait. Mais les ultras de Nuremberg n'y sont sans doute pas pour rien. En 2006, la municipalité, propriétaire du stade, avait décidé de renommer l'enceinte « Easy-Credit Stadion » , et ce, contre l'avis des supporters qui avaient choisi, lors d'un vote officiel, le nom de « Max-Morlock-Stadion » .

Depuis, les ultras se battent sans relâche pour que l'antre du 1.FCN porte enfin le patronyme de meilleur joueur de l'histoire du club. Entre eux, ils le nomment ainsi. Sur les écharpes qu'ils vendent, ils n'hésitent pas à inscrire le nom « Max-Morlock-Stadion » . Un site internet est consacré à la cause et une pétition en ligne existe. Des tifos en hommage à la légende ont été déployés à de nombreuses reprises. Mais surtout, à chaque fois qu'un sponsor se barre, les ultras multiplient les manifestations pour rappeler à la mairie que leur revendication tient toujours. En masse, ils se retrouvent en ville, mégaphones et banderoles entre les mains, pour faire passer leur message.

Max Morlock, la légende


Si les supporters du 1.FCN tiennent autant à ce que le stade soit renommé ainsi, c'est parce que dans la légende du club, celui qui avant l'avènement de son ennemi bavarois possédait le plus de titres de champion, Max Morlock est à part. Né à Nuremberg en 1925, l'attaquant n'a jamais quitté sa ville. Après avoir commencé sa carrière à l'Eintracht Nuremberg, il intègre à quinze ans le 1. FCN. Jusqu'en 1964, il jouera près de neuf cents matchs sous les mêmes couleurs et inscrira près de sept cents buts. Il remportera deux titres de champion d'Allemagne, en 1948 et en 1961. Avec Nuremberg, il connaîtra même l’instauration de la Bundesliga en 1963. Sa fidélité envers son club alors que plusieurs écuries européennes, notamment italiennes, cherchaient à le recruter au début des années 1950 (et surtout après son titre mondial obtenu en 1954) ont fait de lui le chouchou du public.


Retraité en 1964, à l'âge de trente-neuf ans, la légende voudrait qu'il n'ait ensuite jamais raté un match à domicile de son équipe de cœur. Décédé en 1994 dans sa ville natale, ses funérailles ont rassemblé des milliers de personnes, allant des ultras du club à des habitants de la ville pas forcément fans de foot mais conscients de ce que le premier buteur allemand du «  Miracle de Berne » avait fait pour redorer le blason de la cité anciennement associée au IIIe Reich. Un an après sa mort, la ville de Nuremberg décide de renommer la place située devant le stade Max-Morlock-Platz. Un geste qui n'émeut pas tant que ça les ultras de Nuremberg. Pour eux, le grand Maximillian mérite mieux.

La lutte continue


Cet été, le contrat qui liait Grundig (sponsor du stade depuis 2013) à la ville n'a pas été renouvelé. Pour beaucoup, cette fin d'association aurait dû donner lieu à une nouvelle consultation concernant le nom de l'enceinte. Mais si en Allemagne, la mode n'est plus au naming – le stade du HSV vient de récupérer son nom historique (Volksparkstadion), tout comme celui du Hansa Rostock (Ostseestadion) –, la mairie de Nuremberg a déjà annoncé qu'elle cherchait un nouveau sponsor. Notamment pour l'aider à rembourser le prêt lié à l’extension du stade pour la Coupe du monde 2006. « Sans sponsoring, nous perdons beaucoup d'argent, on parle d'une somme à six chiffres quand même  » , a déclaré Christian Vogel, premier adjoint au maire et directeur du stade, à la presse locale en juillet dernier.


Or, si l'an passé, l'adjoint aux finances de la ville avait annoncé que la municipalité pourrait rembourser le crédit sans l'aide du naming et donc renommer l'arène en hommage à Max Morlock, la mairie a fait machine arrière cet été. En attendant qu'un nouveau sponsor se lie avec la ville, l'arène a donc pris le nom de Stadion Nürnberg. Un nom qui énerve plus d'un fan, mais que la mairie justifie par le fait que l'antre ne soit pas réservée qu'à la pratique du football. Pour de nombreux supporters, la solution serait évidemment que le 1.FCN rachète le stade. Du reste, le club avait formulé une offre de rachat en 2012, mais la mairie s'y était farouchement opposée. Les ultras devront donc pour le moment se contenter de la place, mais aussi de la statue à la gloire de leur héros située depuis 2008 derrière leur Nordkurve. Statue qu'ils ont eux-mêmes financée.

Youtube


Par Sophie Serbini
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Dans cet article

Quelle plaie ce naming... Je comprends bien la nécessité de trouver de l'argent où l'on peut mais le stade c'est la maison des supporters, c'est un peu vendre son ame au diable.

Moi qui suis fan d'Aberdeen je suis pas trop emmerdé car je vois pas quelle entreprise viendrait lacher des millions pour renommer Pittodrie...
De la meme manière je n'aime pas trop quand les municipalités filent le nom d'un politique au stade, comme le Pierre-Mauroy de Lille. J'ai pas d'avis sur Pierre Mauroy, mais est-ce vraiment le plus grand nom du foot lillois des cent dernieres années ?

Et l'excuse du "on n'y fait pas que des matchs de foot" ne tient pas debout dans ces cas là : 30 matchs de foot / an pour un concert de Johnny et un match de rugby... je refuse pas d'appeler mon stylo bic un stylo sous prétexte que meme si je m'en sers essentiellement pour écrire il m'arrive de l'utiliser pour me gratter le cul.
crabunjourcrabtoujours Niveau : CFA2
Dans le cas du Grand stade (je l'appelle toujours comme ça de toute manière) il est difficile de l'associer à "l'ame du LOSC", nouvelle enceinte, propriété de la mairie, Pierre Mauroy est un homme qui à marqué Lille... ils appellent leur stade de cette manière ok, ce n'est pas encore "Le stade du LOSC", ça reste le stade ou le losc joue.

Par contre, plus tu passes du temps dans ton stade, que tu y écris des histoires, plus il sera associé à "l'ame du club", il en fera partie même, pour reprendre l'exemple du LOSC, tu demandera à n'importe quel supporter, quel est le vrai stade, il te répondra le défunt stade grimomprez-jooris, ou Lille à abandonné une partie de ce qu'était le club là bas.
Il faudra du temps pour s'approprier le grand stade.

Mais effectivement, dans le cas de Nuremberg, les supporters ont le droit de revendiquer leur enceinte, même si, techniquement, elle ne leur appartient pas, c'est quand même la leur.
D'accord avec le fait qu'un stade ne peut être considéré comme mythique dés son inauguration, il faut y avoir vécu des emotions.

Mais dans vingt ans le stade lillois s'appellera sans doute toujours Pierre Mauroy, ce qui plaira certainement aux locaux qui adhéraient à la politique de M. Mauroy (sur laquelle je n'ai vraiment aucun avis). Le blase du stade a été choisi par une mairie PS qui kiffe le bonhomme, mais le stade ne va pas servir à tenir des conseils municipaux mais bien des matchs de foot du LOSC. C'est pour ca que je pense qu'il faut prendre un nom en rapport avec le foot, ou avec la region, plutot que de refiler le nom d'un mec célèbre pour son oeuvre politique très engagée et pas particulierement fan de foot. J'ai rien contre lui ou son parti hein, c'est juste l'exemple le plus recent que j'avais en tête.

Ca revient à politiser une chose qui n'a rien à voir avec la politique. Laissez nous le sport.
3 réponses à ce commentaire.
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