Mauro Cetto : « Pas encore cramé »

Mauro Cetto n'est pas le genre de mec à se cacher sur un terrain. Après une dernière saison gâchée par les blessures, l'Argentin est reparti au combat avec son club de Toulouse. Le capitaine du Tef revient sur le début du championnat et évoque sa situation personnelle.

Modififié
0 0
Toulouse est quatrième après 8 journées. L'an dernier, à la même époque, vous pointiez au quinzième rang. Qu'est-ce qui a changé au TFC ?


Rien n'a changé, je pense juste que c'est une évolution logique prônée par le club et l'entraîneur Alain Casanova. Le coach est ici depuis trois saisons, tout comme la plupart des joueurs. La première année, il a mis en place un système solide et défensif pour pouvoir prendre des points assez vite. Au final, ça a bien marché, nous avons terminé quatrièmes. La deuxième saison, il a souhaité que nous ayons plus la maîtrise du ballon mais on a eu du mal à l'assimiler. Depuis août dernier, l'entraîneur a fusionné ces deux approches et les résultats sont là. Même si dernièrement, nous avons bien joué pour au final peu d'unités récoltées.

Est-ce que le départ de Pierre-André Gignac a libéré votre équipe ?


Inconsciemment, je pense que oui. Avant, les joueurs se reposaient sur Dédé, ils savaient qu'il pouvait faire la différence à lui tout seul, surtout la première année. Mes coéquipiers ne venaient pas en nombre dans la surface adverse. Aujourd'hui, tout le monde se porte vers l'attaque. La preuve, presque tous les milieux de terrain ont marqué.

Les attaquants recrutés pour remplacer Gignac connaissent pourtant des débuts mitigés.


Nous devons leur laisser du temps, ils n'ont que 19 ans. Il ne faut pas mettre trop de pression à ces mecs, ils sont novices en Ligue 1. Bien entendu, nous attendons qu'ils soient décisifs, c'est leur rôle. Mais ils doivent avant tout s'adapter au groupe, le reste viendra naturellement.

Comment expliquez-vous le manque récurrent de spectateurs au Stadium ?


Je pense que les supporters attendent avant de venir au stade. Ici, au niveau du football, il faut encore prouver des choses. Mais c'est vrai que j'ai été déçu du match contre Lille à la maison. A l'époque, nous étions co-leaders, nous recevions un gros club et au final, il n'y a eu que 15.000 spectateurs. Nous sommes sortis déçus car nous produisons du beau jeu en ce moment. Heureusement qu'il y a les fidèles... Les autres viendront lorsque Toulouse gagnera un titre, à nous de relever ce défi. Contre le PSG, samedi prochain, ce serait bien que le Stadium soit rempli pour récompenser les joueurs. Nous avons besoin des supporters.

Un mot sur votre ancien club de Nantes qui est descendu bien bas.


Ça me fait mal, c'est dur et j'ai de la peine de voir le club dans cette situation. Cette année, ils alternent le bon et le moins bon en Ligue 2. Je faisais partie du groupe quand ça ne tournait pas bien. A l'époque, Nantes était dans une situation difficile mais c'est pire aujourd'hui, le club touche le fond. Les Nantais doivent retrouver la Ligue 1 au plus vite.

Vous n'avez que 28 ans et pourtant les gens pensent que vous vous coltinez une bonne trentaine. Bizarre non ?


(rires) Il y a beaucoup de gens qui pensent que je suis vieux. Mais ça fait longtemps que je joue en France, je suis arrivé à 19 ans, c'est ma dixième saison dans l'Hexagone. Je ne suis pas encore cramé !

Vous n'avez toujours pas connu la joie de jouer pour un "gros" club français.


C'est sûr que quand on joue au foot, on a toujours envie de connaître le plus haut niveau. Et en France, ça veut dire Lyon, Marseille ou Paris. J'espère qu'un jour j'aurai la possibilité de côtoyer l'un de ces grands clubs. Je viens d'Argentine où le football est une religion et les ambiances bouillantes. Je saurai m'adapter.

D'ailleurs, vous avez des nouvelles de la sélection argentine ?


Non aucun coup de fil. Je n'ai été sélectionné que deux fois en jeunes il y a très longtemps. Mais bon je n'ai pas beaucoup d'espoir. Quand je vois la liste, les joueurs présents évoluent dans les plus grands clubs européens. Et Lisandro, le meilleur mec de Ligue 1 l'an dernier, n'y est même pas. C'est dire si le niveau est élevé.

Et de Pablo Correa (Mauro Cetto a eu une altercation avec le coach de Nancy après un match en Lorraine en août 2008) ?


Non non pas du tout, cette histoire s'est terminée le jour même. Je n'ai plus de nouvelles et je n'ai pas envie d'en avoir. C'est vrai que parfois je suis un peu sanguin. Mais en Argentine, on vit le foot d'une façon différente. Les joueurs, les supporters sont tous des passionnés de football. Nous sommes bercés très tôt dans la culture du ballon rond et le football devient vite la chose la plus importante de votre vie. Ça se passe comme ça en Amérique du Sud.

Propos recueillis par Romain Poujaud

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Les notes des Bleus
0 0