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Mauro Cetto: « Gignac va vite retrouver sa place devant »

D’un côté de l’avenue Perito Moreno, la villa 11-14, l’un des plus grands bidonvilles de Buenos Aires. De l’autre, le stade et le centre d’entraînement du club de San Lorenzo. Après une opposition informelle sur terrain réduit, les joueurs signent des autographes et prennent des photos avec la vingtaine de fans présents, puis filent à la douche. L’occasion d’intercepter Mauro Cetto, rentré au pays après 10 ans passés en Europe, dont la majorité dans cette Ligue 1 qui lui est chère.

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Mauro, la Ligue 1, tu la regardes encore ?
Bien sûr, toujours, surtout les équipes dans lesquelles j’ai joué. Je suis très content pour Nantes, de retour en première division. L’objectif était bien évidemment le maintien, mais pour l’instant, ils font beaucoup mieux que ça. Quand je regarde leurs matchs, je vois beaucoup de confiance en eux et une claire identité de jeu. J’espère que ça durera toute la saison. J’ai encore pas mal de contacts là-bas.

Comment es-tu arrivé à Nantes ?
Ils m’ont vu lors du Mondial des moins de 20 ans ici en Argentine, en 2001. Après j’ai joué trois mois en première division à Rosario Central, dans mon club formateur. Ils sont venus m’observer et m’ont fait une proposition que j’ai tout de suite acceptée.

En France, tu as retrouvé un paquet de joueurs que tu avais affrontés avec l’Argentine en quart de finale de ce fameux Mondial U20.
Oui, je me rappelais surtout des plus connus : Cissé, Mexès. Le gardien Penneteau aussi, à qui Saviola avait mis un triplé ce jour-là. Quand je suis arrivé en France, j’ai cherché dans quels clubs étaient tous ces joueurs de la sélection française, et j’essayais de les reconnaître quand on jouait contre eux avec Nantes.

De cette génération argentine dorée, championne du monde, très peu de joueurs se sont imposés au niveau international.
On était très jeunes, on avait 18/19 ans, on n’était pas complètement formés. Il y a eu trois ou quatre joueurs de cette sélection qui ont fait une belle carrière par la suite : Burdisso, Coloccini, Maxi Rodríguez. Beaucoup d’autres n’ont pas pu continuer leur progression et franchir la marche de la sélection A.

Te concernant, le fait de jouer aussi longtemps en France, dans un championnat peu médiatique, t’a-t-il éloigné de la sélection ?
Je savais que le football français était peu observé en Argentine, surtout il y a 6/7 ans. Aujourd’hui, avec Paris et Monaco, on peut voir beaucoup plus de matchs et c’est devenu plus facile pour un Argentin qui joue en Ligue 1 de se faire remarquer. Tant mieux, parce que je peux vous dire que pour un défenseur, le championnat français est très compliqué. Il faut affronter des attaquants rapides et puissants. Je me rappelle de mon premier match, contre Lens, je devais prendre Dagui Bakari au marquage, 1m93 le type ! Ou d’autres, immenses, comme Koller à Monaco ou Carew à Lyon. Je suis content et fier d’avoir pu m’imposer en Ligue 1 et de m’y être maintenu autant d’années, mais je savais qu’il serait très difficile de rejoindre la sélection en restant en France. Ma carrière a pris cette direction, et je ne regrette rien.

Dans tes belles années en Ligue 1, tu n’as jamais été contacté par des clubs de plus grande envergure, en France ou à l’étranger ?
J’ai eu des propositions d’Angleterre et d’Allemagne, mais c’était à peu près du même niveau que Nantes et Toulouse, et moi, j’étais très heureux en France. Si j’ai passé près de six ans au FCNA et quatre au TFC, c’est parce que je m’y sentais bien. J’ai privilégié mon bien-être à la possibilité de découvrir d’autres choses, d’autres championnats. Ce n’est qu’une fois plus vieux, à 29 ans, que j’ai décidé de tenter l’Italie.

Qu’est-ce qui t’a tant plu en France ?
C’est un autre monde, surtout quand on vient d’Argentine. C’est bien mieux organisé chez vous, c’est plus tranquille. Ici, il y a beaucoup de folie autour du football, beaucoup plus de journalistes derrière chaque équipe, et d’autant plus dans un grand club comme San Lorenzo. Cette passion des supporters est toutefois très appréciable.

Elle t’a manquée, en France ?
On s’habitue à notre lieu de vie et à ses caractéristiques. Mais à Nantes, même s’il n’y avait pas la même ambiance qu’en Argentine, le stade était toujours plein. Et à Toulouse, j’ai connu de bonnes années sportives, donc les gens venaient au stade. Dans certains stades de Ligue 1, à Marseille, à Saint-Étienne et à Lens, j’ai retrouvé une ambiance qui ressemblait un peu à celle d’ici.

À Toulouse, tu étais très proche de Gignac…
(Il coupe) Oui ! Et je le suis toujours, on discute régulièrement. C’est un mec génial, particulier. À Toulouse, il était énorme. À l’OM, il a des hauts et des bas, mais pour l’avoir vu tous les jours à l’entraînement, je crois pleinement en lui. Cette année, il va vite retrouver sa place devant et marquer beaucoup de buts. J’ai vu qu’il avait marqué lors de la dernière journée, ça m’a fait plaisir.

... Et à Nantes, tu as vu éclore le jeune Toulalan.
On voyait tout de suite que Jérémy allait faire une grande carrière comme celle qu’il a faite, entre l’OL, Málaga et la sélection. Malheureusement, il s’est passé ce qu’il s’est passé lors du Mondial et ils ne l’ont jamais rappelé, mais il montre à Monaco qu’il a toujours le même état de forme.

En Italie, tu as dû retrouver un peu cette passion dont tu parlais ?
Surtout à Palerme, un monde de fous, et surtout en venant de Toulouse, un club très tranquille. À Palerme, ils ont des dirigeants vraiment tarés. Zamparini est un mec passionné de foot, mais il change d’entraîneur tous les cinq matchs, ce qui a rendu mon adaptation un peu difficile. Cette passion lui a fait commettre des erreurs qui ont conduit le club à la relégation l’année dernière.

propos recueillis par Léo Ruiz
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