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Mathieu, interdit de Parc pour une écharpe

Mathieu est supporter du PSG et abonné depuis 1999 au Parc. En février, il a été interpellé en virage Auteuil parce qu'il portait une écharpe d'un groupe dissous. Depuis il a reçu une interdiction de stade administrative de trois mois, prolongée de six mois par le PSG. Dépité, il témoigne.

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Mathieu, la trentaine, est abonné au Parc des Princes depuis 1999. Il a connu de nombreuses tribunes, Auteuil, Boulogne et les quarts de virage : « J'ai été un peu partout. » Depuis le début de la saison, la loterie de l'aléatoire l'a envoyé à Auteuil. Le 24 février dernier, il assiste comme d'habitude au choc PSG-OM quand, subitement, sa vie de supporter se trouve bouleversée. On joue la 50e minute quand les stadiers débarquent dans le virage Auteuil, à la recherche de quelqu'un : « Ils ne mettent que quelques secondes à me trouver. Je suis surpris... L'un d'eux me dit : "Ne t'inquiète pas, on veut juste te parler dans les coursives." Il m'explique que mon écharpe, qui porte la double inscription "Authenthiks" et "PSG", pose problème. Je lui tends, il me dit : "Non, la police veut te voir." Il m'emmène alors au commissariat du Parc où l'on m'explique que je vais être auditionné. Raison invoquée : "Encouragement à la reconstitution d'une association dissoute, les Authentiks." »

« Pas grand-chose, monsieur, une petite interdiction de stade de 4 à 6 mois »

Les Authentiks sont une ancienne association de supporters qui occupait la tribune G depuis 2002. Elle a été dissoute le 28 avril 2010 par décret du ministère de l'Intérieur, après qu'un supporter de la tribune Boulogne ait trouvé la mort lors de violences entre supporters parisiens dans lesquelles un membre des Authentiks aurait été impliqué. Mathieu, lui, n'a jamais fait partie des Authentiks, mais entre 2006 et 2010, il était abonné en tribune G : « C'était le groupe qui animait la tribune où je me trouvais, et plutôt bien d'ailleurs, donc un jour, j'ai décidé d'acheter une de leurs écharpes. » Une partie du matériel des groupes de supporters n'est pas réservée aux membres du groupe, mais vendu à tout public afin de financer les animations en tribune. Mathieu n'est donc pas le seul supporter parisien à être en possession de tee-shirts ou d'écharpes Authentiks ou Supras Auteuil, autre groupe dissous en avril 2010, sans avoir, pourtant, jamais participé aux activités de ces associations.

D'emblée, Mathieu invoque cet argument face aux agents de police du Parc des Princes : « J'explique que je n'ai rien à voir avec cette association, dont je n'ai jamais été membre, que je n'étais pas au courant de l'interdiction de ramener cette écharpe et qu'en plus c'est la seule écharpe du PSG que j'ai en ma possession. Je leur dis donc qu'à part, peut-être, de la naïveté, je n'ai pas grand-chose à me reprocher... » D'autant que l'écharpe comporte deux faces, l'une « Authentiks » , l'autre « PSG » . Mathieu ajoute qu'il a porté cette écharpe durant toute la saison dernière à Boulogne sans jamais rencontrer de problème. « Un peu agacé par la proportion prise pour une écharpe, je finis par demander ce que je risque. Les policiers me répondent : "Pas grand-chose, monsieur, une petite interdiction de stade de 4 à 6 mois." Inutile d'expliquer ce que je ressens à ce moment précis, je suis sidéré ! L'interrogatoire se termine par une petite photo souvenir avec ardoise, nom et date, comme dans les films. Ils me font le cadeau de ne pas prendre mes empreintes et me disent : "On vous contactera prochainement", avant de me libérer au coup de sifflet final. Je rentre chez moi, amer. »

« Je comprends qu'il n'y a plus d'issue »

Début mars, la police l'informe qu'il doit venir chercher la lettre d'intention du préfet de lui délivrer une interdiction administrative de stade : « J'avais un peu l'espoir qu'ils se rendent compte de l'absurdité des faits qui m'étaient reprochés, mais non. » Disposant d'un délai de six jours pour faire part, oralement ou par écrit, de ses observations, Mathieu prend un rendez-vous dès le lendemain, à la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), même si les fonctionnaires de police lui laissent peu d'espoir sur une issue favorable : « J'ai l'impression de me rendre à un entretien d'embauche ou un examen. Je me retrouve devant deux fonctionnaires de bureau en civil qui paraissent complètement étrangers au monde du football, du PSG et de ses tribunes. Je me lance dans un monologue de cinq minutes réexpliquant tout ce que j'avais déjà dit à l'agent de police du Parc afin de montrer, encore une fois, l'absurdité de la situation. Un des deux intervenants finit par m'interrompre pour me présenter l'éventail des différentes peines encourues... Je comprends qu'il n'y a plus d'issue. »

Entre-temps, Valence se présente au Parc des Princes pour un huitième de finale de Ligue des champions aussi excitant qu'historique. Mathieu se rend dans l'enceinte de la Porte d'Auteuil avec la peur au ventre : « Je me doutais que c'était très probablement mon dernier match avant longtemps et je ne savais pas si mon abonnement avait déjà été désactivé ou pas… Finalement, ça passe et j'ai un gros pincement au cœur en entrant dans la tribune. »


Le PSG prolonge l'interdiction de vente de 6 mois

Trois jours plus tard, il reçoit une lettre de la préfecture de police de Paris lui notifiant une interdiction de stade de 3 mois (soit jusqu'au 7 juin 2013) sans obligation de pointer au commissariat. La missive, que nous avons consultée, stipule que Mathieu a « contribué, par son action, au maintien et à la reconstitution d'une association dissoute, faits pénalement réprimés par l'article L 332-19 du code du sport » et qu'il constitue « par son comportement d'ensemble, une menace pour l'ordre public et la sécurité des personnes et des biens à l'occasion des rencontres de football de l'équipe du Paris Saint-Germain » . Deux accusations dont il est permis de douter, tant on peut se demander si se rendre au Parc des Princes avec une écharpe portant la mention d'un groupe – mais également celle du PSG – peut être considéré comme une manière de reconstituer une association dissoute, et surtout de menacer la sécurité des personnes. Cette interdiction pourrait se comprendre si un groupe de plusieurs supporters portait ostensiblement du matériel d'un groupe dissous dans l'enceinte du stade. Mais ce n'était pas le cas de Mathieu.

Malheureusement pour lui, la sanction ne s'arrête pas là. Le 27 mars, Mathieu reçoit une lettre signée du directeur de la billetterie du PSG l'informant de la résiliation de son abonnement jusqu'à la fin de la saison, conformément à la durée de son interdiction administrative de stade. Le PSG lui signale également qu'il ne pourra pas acheter de place pour ses matchs jusqu'au 9 décembre 2013. La lettre fait référence à l'article 18.b des conditions générales de vente qui précise que « le PSG ne délivrera aucun nouvel abonnement, aucune place de billetterie, aucune prestation de relations publiques, ni aucun titre donnant accès à ses matchs à toute personne concernée par ces faits (interdiction de stade, ndlr) pendant une durée maximum de trois ans. » De façon discrétionnaire, le PSG a ainsi décidé de prolonger de six mois l'interdiction de stade délivrée par la préfecture de police de Paris. « J'ai vraiment l'impression d'avoir subi une double peine, déplore Mathieu. Et puis j'ai peur maintenant de ne plus pouvoir me réabonner et de faire partie d'une black list établie par le PSG. » Ce qui devait être une fin de saison historique s'est transformée en cauchemar pour Mathieu : « Tout ça pour une foutue écharpe ! »

Par Anthony Cerveaux
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