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Matchs de légende (6e) : Berlusconi, Sacchi et les grandes oreilles

Arrigo Sacchi, c'est un mouvement de pensée nouveau et inattendu qui envouta le football européen à la fin des années 1980. Nouveau, car le jeu de ce Milan est création. Inattendu, car ce même jeu provient de l'Italie « idéologiquement » conservatrice. Un soir d'avril 1989, les résultats de cette pensée arrivent jusqu'aux grandes oreilles de la Coupe des clubs champions, sous les yeux de son gendre éternel, le Real Madrid. Un dîner de famille étoilé est alors mis en scène, présidé par Berlusconi, cuisiné par Sacchi.

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AC MilanReal Madrid 1989 (5-0)

demi-finale retour de la Coupe des clubs champions, 19 avril 1989,
San Siro


Demi-finale aller de la Coupe des clubs champions au stade Santiago Bernabéu à Madrid. Le Milan est dominateur, le Real Madrid sûr de lui. Les Rossoneri gâchent et le Real punit. 1-0 sur corner, puis 1-1 sur une tête plongeante miracle de Van Basten. Tout se jouera à San Siro. A posteriori, ce match retour est entré dans l'histoire en tant que « moment révélateur  » de la grandeur du Milan de Sacchi. Ce pressing fou, cette défense placée si haut, le piège du hors-jeu et une maîtrise méticuleuse des zones : cette équipe innove, étonne, convainc. Mais si ce match est si grand, c'est aussi grâce au Real Madrid, malgré lui. Ironie de l'histoire, le Real est justement, et historiquement, l'unique gendre de la C1.

La portée de cette rencontre se situe là : le Milan, qui remportera cinq fois la C1 de 1989 à 2007, débute cette histoire d'amour face au grand Real Madrid au moment où celui-ci est le plus proche de remporter ce titre, « son » titre, qui lui échappait alors depuis 1966. À la fin des années 1980, le Real est lui aussi en train de tutoyer l'histoire : c'est la Quinta del Buitre ( « la bande du vautour » , le surnom de Butragueño), les cinq Liga consécutives (1986-90), les deux Coupes de l'UEFA (1985 et 1986) et les trois demi-finales d'affilée en C1 de 1987 à 1989. Hugo Sánchez, Sanchís, Míchel, Martin Vasquez, Schuster… C'était leur dernière chance, avec une finale au Camp Nou tout au bout. Pour Sacchi, c'était la toute première.

Sacchi pour séduire la belle aux grandes oreilles

C'est la deuxième saison milanaise de Sacchi lorsqu'en 1988-89, après avoir remporté le Scudetto lors de sa première tentative avec le Milan, Arrigo vient se présenter face à l'épreuve reine : la C1. Et après des victoires aussi modestes que compliquées contre l'Étoile rouge de Belgrade et le Werder Brême, Sacchi et son Milan arrivent en demi-finale comme un homme sur le point d'être présenté à sa belle-famille. Oui, Berlusconi a toujours aimé la séduction. Et il est alors tout près d'organiser le mariage entre son club et l'histoire de la Coupe des clubs champions. Pour cela, Sacchi doit encore faire sa demande. Avec deux armes : le génie et la conviction.

La conviction, d'abord, avec cet enchaînement crochet extérieur-frappe lointaine de Carlo Ancelotti. Paco Buyo semble ne rien comprendre. Et après tout, il n'y a rien à comprendre aux coups de foudre. Puis le génie : un corner à la rémoise conclu par une tête de Rijkaard. Le Milan revient à l'usage de la conviction, car il faut y mettre les sentiments : une superbe action de Donadoni pour une tête de Gullit. Les choses s'emballent, donc il insiste sur l'émotion : construction merveilleuse du milieu milanais, ballon dans la surface de Rijkaard, déviation de Gullit, contrôle de Van Basten. 4-0. Après les trois suédois Gre-No-Li des années 1950, les milanistes ont trouvé une nouvelle triplette venue du Nord. Enfin, pour conclure et rassurer, Sacchi fait à nouveau appel au génie. C'est si industriel que l'on pourrait presque parler d'ingénierie : nouveau corner à la rémoise, nouvelle ruse, et 5-0 pour le pied gauche de Donadoni. Demande acceptée : c'est la loi du plus fort.

Berlusconi les porte sur le toit du monde

Et le plus fort, c'est Berlusconi. Après le match aller, Silvio déclare sans gêne : « J'ai trouvé que Schuster était très lent et que Michel était mal en point » . L'instinct exceptionnel du Président avait défendu coûte que coûte Arrigo lors de ses premiers pas, répétant aux cadres du club : « c'est simple, si je dois choisir entre l'équipe et Sacchi, je choisirai Sacchi, toujours » . Alors qu'en 1989, la scène domestique est dominée par l'Inter des records de Trapattoni et Matthaüs, Berlusconi a compris qu'en football comme en politique, les plus grands coups se nourrissent des plus grandes scènes. L'Europe offre au Milan plus de visibilité, et plus de popularité à son Président. Coïncidence ou non, Arrigo Sacchi remportera plus de C1 que de championnats. Et lorsque Sacchi gagnait, Silvio triomphait. Quelque part, ce match fut le point de départ d'un mariage de raison, un mariage victorieux, entre la tactique et les couilles.

Résumé :
Youtube

Le match en entier :

Youtube

À lire : la suite du top 100 des matchs de légende

Par Markus Kaufmann
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La musique sur la première vidéo ... J'étais vraiment pas (mais alors vraiment pas) préparé à ça
Dostoievski Niveau : CFA2
Sympatoche la musique de la vidéo résumé du match...
On peut reprocher tout ce qu'on veut à Berlusconi (et dieu sait qu'il y a de quoi faire), il restera le président qui est allé chercher l'inconnu Sacchi et qui l'a imposé à toute l'Europe. Que ça plaise ou non, Berlusconi a changé le football.
Nicolas Conway Niveau : District
Allez je me lance, je me mate le match! Merci pour ce super article en tout cas.
Ah Gullit que de souvenirs!!!
Des grand moments de football avec mon père.
mais le début de l'enculade Berlusconienne.
Message posté par OmarLittle
On peut reprocher tout ce qu'on veut à Berlusconi (et dieu sait qu'il y a de quoi faire), il restera le président qui est allé chercher l'inconnu Sacchi et qui l'a imposé à toute l'Europe. Que ça plaise ou non, Berlusconi a changé le football.


Et pour le remplacer, il trouvera simplement un Fabio Capello...
Si on ajoute à ça les joueurs de classe (les néerlandais, Boban, Savicevic...) le bilan est pas mal, en effet.
Petite pensée quand même pour Ibou Ba!
Et dire que ça fait 25 ans déjà, je n'en reviens pas. Mes premières émotions footballistiques, et la domination la plus spectaculaire de l'histoire qu'il m'aie été donné de voir. Jamais je n'ai été aussi impressionné par le sens tactique d'une équipe allié à la qualité intrinsèque de ces joueurs. Peut être le Barça de Guardiola a-t-il fait cette impression aux plus jeunes que loi, pour qui il restera la référence du beau jeu. Mais Sacchi (avec le Milan parce qu'en tant que CT...), s'était rapide, direct, percutant et extrêmement jouissif. d'ailleurs tout le monde s'en souvient (alors qu'il n'a entraîné le Milan que 3 ans), et le record des deux CL consécutives tient toujours. Il a posé définitivement les bases de la plus grande équipe européenne du début des années '90 (pour mémoire le Milan est victorieux en 89-90-94, finaliste en 93-95.

Et le premier qui vient gâché cette douce nostalgie avec le milan actuel, je lui réponds qu'il n'a jamais été aussi mauvais depuis qu'il a autant de français dans son équipe.
Au moins la musique du résumé ça change des classiques "Requiem for a Dream" ou "Pirates des Caraïbes" qu'on doit se taper sur toutes les vidéos. Sinon cette triplette hollandaise, c'est quand même quelque chose ! D'ailleurs le Real a sans doute voulu s'en inspirer y'a quelques années en faisant venir Robben, Sneijder et Van der Vaart pour accompagner Ruuuuuuuuuuuuuuuuuud, avec la réussite que l'on connait.
Message posté par OmarLittle
On peut reprocher tout ce qu'on veut à Berlusconi (et dieu sait qu'il y a de quoi faire), il restera le président qui est allé chercher l'inconnu Sacchi et qui l'a imposé à toute l'Europe. Que ça plaise ou non, Berlusconi a changé le football.


Que ca plaise ou non Berlusconi a enculé l'Italie et pour plusieurs décennies.
Jeu direct Niveau : CFA
Très bon choix. Un match important, fondateur, des styles de jeu, des grands joueurs, des buts superbes dans des genres très différents (le but du "paysan" Ancelotti, joli!)
Par contre, c'est bizarre, dans ce classement, il n'y a que des matchs où le Real se prend des branlées (contre le Real, contre Paris...). Dur pour eux.
Par ailleurs, on me signale que le numéro 8 du classement est toujours attendu sur le site...
Message posté par samotraki
Et dire que ça fait 25 ans déjà, je n'en reviens pas. Mes premières émotions footballistiques, et la domination la plus spectaculaire de l'histoire qu'il m'aie été donné de voir. Jamais je n'ai été aussi impressionné par le sens tactique d'une équipe allié à la qualité intrinsèque de ces joueurs. Peut être le Barça de Guardiola a-t-il fait cette impression aux plus jeunes que loi, pour qui il restera la référence du beau jeu. Mais Sacchi (avec le Milan parce qu'en tant que CT...), s'était rapide, direct, percutant et extrêmement jouissif. d'ailleurs tout le monde s'en souvient (alors qu'il n'a entraîné le Milan que 3 ans), et le record des deux CL consécutives tient toujours. Il a posé définitivement les bases de la plus grande équipe européenne du début des années '90 (pour mémoire le Milan est victorieux en 89-90-94, finaliste en 93-95.

Et le premier qui vient gâché cette douce nostalgie avec le milan actuel, je lui réponds qu'il n'a jamais été aussi mauvais depuis qu'il a autant de français dans son équipe.


Je partage ton point de vue. Le Milan de Sacchi, c'était beau, clinique. Ils étaient considérés comme de vrais monstres, et même le Grand Barça de ces dernières années n'a pas donné autant cette impression de domination absolue.
Jouer le Milan de l'époque, c'était un honneur, se mesurer à l'himalaya. D'ailleurs pour tous les supporters de l'OM, la plus grande fierté est d'avoir pu battre cette équipe 2 fois, c'est presque plus fort que d'avoir gagné la C1, car ça relevait de l'impossible.



Message posté par Jeu direct
Très bon choix. Un match important, fondateur, des styles de jeu, des grands joueurs, des buts superbes dans des genres très différents (le but du "paysan" Ancelotti, joli!)
Par contre, c'est bizarre, dans ce classement, il n'y a que des matchs où le Real se prend des branlées (contre le Real, contre Paris...). Dur pour eux.
Par ailleurs, on me signale que le numéro 8 du classement est toujours attendu sur le site...


le 8 du classement est la demi-finale AR Barça Real. Autre élimination du Real au passage.
Message posté par samotraki
Et dire que ça fait 25 ans déjà, je n'en reviens pas. Mes premières émotions footballistiques, et la domination la plus spectaculaire de l'histoire qu'il m'aie été donné de voir. Jamais je n'ai été aussi impressionné par le sens tactique d'une équipe allié à la qualité intrinsèque de ces joueurs. Peut être le Barça de Guardiola a-t-il fait cette impression aux plus jeunes que loi, pour qui il restera la référence du beau jeu. Mais Sacchi (avec le Milan parce qu'en tant que CT...), s'était rapide, direct, percutant et extrêmement jouissif. d'ailleurs tout le monde s'en souvient (alors qu'il n'a entraîné le Milan que 3 ans), et le record des deux CL consécutives tient toujours. Il a posé définitivement les bases de la plus grande équipe européenne du début des années '90 (pour mémoire le Milan est victorieux en 89-90-94, finaliste en 93-95.

Et le premier qui vient gâché cette douce nostalgie avec le milan actuel, je lui réponds qu'il n'a jamais été aussi mauvais depuis qu'il a autant de français dans son équipe.








Je partage ton point de vue. Le Milan de Sacchi, c'était beau, clinique. Ils étaient considérés comme de vrais monstres, et même le Grand Barça de ces dernières années n'a pas donné autant cette impression de domination absolue.
Jouer le Milan de l'époque, c'était un honneur, se mesurer à l'himalaya. D'ailleurs pour tous les supporters de l'OM, la plus grande fierté est d'avoir pu battre cette équipe 2 fois, c'est presque plus fort que d'avoir gagné la C1, car ça relevait de l'impossible.
JuanSchiaffino Niveau : National
Note : 3
Giovanni Galli - Franco Baresi, Alessandro Costacurta, Paolo Maldini, Mauro Tassotti, -Frank Rijkaard, Carlo Ancelotti, Angelo Colombo, Roberto Donadoni, Ruud Gullit, Marco van Basten

Allenatore: Arrigho Sacchi

*_*
Fierté compréhensible est justifiée. Tu peux devenir champion du monde en battant Mormeck ou en battant Mohamed Ali, mais le prestige ne sera pas le même, c'est évident.
Message posté par JuanSchiaffino
Giovanni Galli - Franco Baresi, Alessandro Costacurta, Paolo Maldini, Mauro Tassotti, -Frank Rijkaard, Carlo Ancelotti, Angelo Colombo, Roberto Donadoni, Ruud Gullit, Marco van Basten

Allenatore: Arrigho Sacchi

*_*


Et sur le banc des Massaro, Virdis, Evani, Filippo Galli etc.

Dio mio che squadrone.
JuanSchiaffino Niveau : National
Message posté par samotraki


Et sur le banc des Massaro, Virdis, Evani, Filippo Galli etc.

Dio mio che squadrone.



Oui...c'était beau! Pour Massaro, je ne suis pas certain je crois qu'il avait été prêté cette année. (pas sur de moi)
Sinon je crois bien que Rene El Loco Higuita jouera contre eux la coupe intercontinentale un ou deux ans plus tard, avec le Nacional Medellin.
Message posté par JuanSchiaffino



Oui...c'était beau! Pour Massaro, je ne suis pas certain je crois qu'il avait été prêté cette année. (pas sur de moi)
Sinon je crois bien que Rene El Loco Higuita jouera contre eux la coupe intercontinentale un ou deux ans plus tard, avec le Nacional Medellin.


Tu as tout a fait raison, mais il s'agissait en fait de la même année (Coupe Intercontinentale 1989).

www.youtube.com/watch?v=WGHGEUbqpY8
JuanSchiaffino Niveau : National
Message posté par samotraki


Tu as tout a fait raison, mais il s'agissait en fait de la même année (Coupe Intercontinentale 1989).

www.youtube.com/watch?v=WGHGEUbqpY8




Ce gardien ahah. Quel mythe absolu. Merci pour la vidéo!
j avais 9 ns putain et j etais fasciner par Van basten ,poster cassette pannini ... enfin bref la plus belle equipe avec le barca de ronaldhino, que j ai pus suivre .

Baresi van basten gullit rijkard PUTAIN .

Quand je pense que le psg peut en devenire une , une equipe de legende.
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