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  2. // Mayence/Hambourg

Master Mainz

Ce samedi face à Hambourg, l'ébouriffant leader allemand de Mayence 05 a l'occasion d'entrer dans le Livre Guinness des records à la rubrique "Huit victoires d'affilée en autant de rencontres". Là même où le Bayern 1995 et Kaiserslautern 2001 ont échoué. Mais jusqu'à quand peut décemment durer le conte de fée ?

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Soixante-quinze. C'est le pourcentage d'Allemands qui pensent que le buzz Mayence ne passera pas l'hiver. Parmi eux, Klaus Allofs, le boss du Werder Brême, sale treizième : « Ce que fait Mayence existe depuis dix ans. Cela me rappelle Hoffenheim. À l'époque, les joueurs étaient partis à New York pendant la trêve hivernale et lorsqu'ils sont revenus, tout était devenu différent avec les résultats que l'on sait. Le football est parfois étrange et incompréhensible » . Comme ces vingt-cinq pour cent qui pensent que "Oui, le FSV Mayence 05 peut devenir le futur champion d'Allemagne". Une chimère qui plaît bien au sein des clubs de Bundesliga. Ils sont ni plus ni moins que dix à croire au conte de fée. Et Félix Magath, le triplement champion d'Allemagne et coach de Schalke 04, est des leurs. « Bien sûr Mayence peut être champion, certifie l'entraîneur allemand de père portoricain. L'équipe a gagné son classement actuel et elle le mérite » . Même Christian Nerlinger, manager du goulu Bayern Munich, se sent obligé de suivre la mode : « Ils peuvent nous stopper, en effet » . Hoffenheim, Stuttgart, Sankt-Pauli et même leur adversaire du jour du HSV complètent la liste.

Club sans palmarès de Rhénanie-Palatinat et dans l'élite pour sa cinquième année seulement, Mayence ne veut pas dévier de son cap : le maintien. Après la victoire contre Hoffenheim (4-2), le chaste coach Thomas Tuchel, 37 ans et raie sur le côté, a fait du Guy Roux. « Notre but, c'est de nous établir en Bundesliga et nous sommes, je crois, sur la bonne voie, a rabâché l'ancien défenseur au look d'étudiant. Cela me réjouit que nos supporters ne pensent pas à la Ligue des Champions ou au titre de champion » . Il serait malaisé qu'il en soit autrement. Quatre départs, six arrivées pour un million d'euros dépensés au mercato, le club rhénan a fait du troc. Un stade de 20 000 places, soit la capacité du Stade de l'Aube à Troyes. L'effectif le plus jeune d'Allemagne : la moitié a moins de 25 ans. Et en guise de joker de luxe Haruna Babangida, huitième des dix frères de TJ Babangida. L'histoire du premier club alémanique à présenter un bilan carbone neutre (véridique !) a tout l'air d'un one-hit wonder. Mais gare au gorille.

Mayence est bien plus qu'un boys-band. Bien plus que les “Bruchweg Boys”, surnom affublé au trio offensif André Schürrle (19 ans), Lewis Holtby (20 ans) et Adam Szalai (22 ans). Le premier est le meilleur buteur du club avec 4 pions au compteur et il fête les buts de son club en mimant le geste d'un guitariste. Le second est capitaine de l'équipe espoirs allemande et il fête les buts de son club en faisant du “air karaoké”. Le dernier est hongrois, arrive du Real Madrid, affiche déjà 3 unités et il fête les buts de son club en imitant les gestes d'un batteur. La clé des chants rhénans réside dans leur arrière-garde. Le duo de trentenaire danois-macédonien Svensson-Noveski est à la tête de la deuxième meilleure défense du pays. Jamais elle n'a concédé un but de la tête. Alors même qu'elle a croisé la route de Miroslav Klose. Ça c'est pour les murs. Dans le rôle des vigies, le Slovaque Miroslav Karhan –son coach raconte qu'en phase de préparation, en montagne et sur la selle d'un vélo de course, personne ne le suit– et Elkin Soto, 31 ans, colombien, ancien meneur de jeu et nouveau Zé Roberto. Le tout en produisant un foot généreux et libre de droit bâti sur beaucoup de travail à l'entraînement et une proximité voulue entre joueurs, coach et dirigeants. Lors de la dernière victoire à domicile, Tuchel a terminé mégaphone en main, juché sur les grilles du Kop. S'il réédite son show face au HSV, puis Leverkusen et surtout face à son dauphin du Borussia dans une quinzaine de jours, alors Allofs pourra montrer à Van Gaal comment ravaler sa fierté.

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