Maryan Wisniewski : « Mbappé doit éviter de devenir trop bon »

« Vous avez du temps, j'espère. Parce que des souvenirs, j'en ai plein. » À quatre-vingts ans, Maryan Wisniewski coule des jours tranquilles dans sa maison de Carpentras. La carrière de ce Nordiste de naissance suffirait à remplir plusieurs bouquins sur le football d'une autre époque. Parmi ses plus grands faits d'armes, sa convocation en équipe de France à dix-huit ans et deux mois, un de moins que Kylian Mbappé, un ailier comme lui. Le record tient toujours, mais pas question pour autant de rester scotché dans le passé.

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Vous savez qu'à un mois près, votre record du plus jeune joueur appelé en équipe de France (et encore vivant) tombait ?
(Il éclate de rire.) Super, il y au moins une trace que je laisse ! Mais cela finira par venir, les records sont faits pour être battus. Kylian Mbappé est un joueur très talentueux et je lui prédis un bel avenir.

Vous connaissez un peu son profil ?
Oui, je suis l'AS Monaco à la télé avec grand plaisir. C'est une équipe très agréable à regarder cette année, le jeu qu'elle propose est largement au-dessus du lot. Quand une passe arrive en retrait au niveau du point de penalty, il y a toujours deux ou trois gars qui sont prêts à la reprendre. Même le Paris Saint-Germain n'est pas aussi fort. Pourvu que ça dure !

Au milieu des années 1950, vous comptiez parmi les talents précoces du championnat de France. Mais à quoi ressemblait votre vie dans l'Artois, loin du faste de Monaco ?
Vous savez, des talents comme moi il y en avait plein dans la cité ouvrière où j'habitais. Sauf qu'ils n'ont jamais osé partir tenter leur chance. Comme tout le monde, je travaillais dans le secteur minier. Mais attention hein, pas au fond ! Je ne suis descendu qu'une fois pour voir et j'ai vite compris qu'il n'y en aurait jamais de deuxième. Moi, j'étais dans les bureaux. Je m'occupais de l'inscription des ouvriers aux camps de vacances de la compagnie. Tous les matins de 8 à 10h, avant l'entraînement, puis de nouveau l'après-midi. D'ailleurs, la retraite que je touche chaque mois correspond à mes dix ans passés là-bas. Et franchement, ce n'est pas terrible.

« J'étais au bataillon de Joinville, là où étaient casernés tous les sportifs professionnels. J'y ai passé trente-deux mois, c'était une période agréable, peu contraignante. De plus, la construction des locaux n'était pas complètement terminée, donc nous allions déjeuner aux studios Saint-Maurice tout proches, avec les vedettes de cinéma de l'époque. Difficile de se plaindre, non ? »

En 1955, vous êtes appelé en sélection à tout juste dix-huit ans. Quel souvenir en gardez-vous ?
Je ne suis pas le style de gars qui saute au plafond. Mais sans être prétentieux, je sais aussi que je n'étais pas mauvais à l'époque. Ma carrière professionnelle a commencé à Lens à l'âge de seize ans. Le premier à m'avoir vu en bleu, c'était un journaliste de L’Équipe, Gabriel Hanot (connu également pour avoir contribué à créer la Coupe d'Europe des clubs champions et le Ballon d’or, ndlr). Un véritable monsieur ! Lorsque je suis arrivé, je connaissais déjà la plupart des joueurs, puisque nous jouions les uns contre les autres en championnat. Mon intégration s'est faite très facilement, tout le monde a été très gentil avec moi.

Lors de la préparation à Clairefontaine, Mbappé a dû, comme les autres nouveaux, pousser la chansonnette à table en guise de bizutage. C'est quelque chose que vous avez également vécu ?
Pas du tout. À mon époque, cela n'existait pas. En même temps, l'équipe venait d'être rajeunie, j'imagine que cela a dû jouer. De manière générale, nous ne vivions pas de longues périodes ensemble comme c'est le cas aujourd'hui. Le championnat ne s'arrêtait pas pour les matchs internationaux, qui avaient souvent lieu le mercredi. Le jeudi matin, nous étions déjà tous de retour dans nos équipes respectives.


On souligne parfois le caractère indiscipliné des jeunes joueurs professionnels. Vingt ans après son abrogation, pensez-vous qu'il faille rétablir le service militaire pour leur apprendre la discipline ?
Pensez-vous, non ! Les temps ont changé, aujourd'hui les joueurs sont encadrés différemment à travers leur formation. Quand j'ai commencé, les sélections de jeunes n'existaient pas. On jouait en junior ou chez les A, c'est tout. Aujourd'hui, il y a un tri qui s'opère à travers les différents échelons et l'encadrement est très poussé, ce qui aide les gamins à développer leur maturité. Pas besoin de les envoyer à l'armée pour ça.

Racontez-nous votre période militaire justement.
J'étais au bataillon de Joinville, là où étaient casernés tous les sportifs professionnels. J'y ai passé trente-deux mois, c'était une période agréable, peu contraignante : entraînement le matin et l'après-midi, match contre des équipes militaires le mercredi et le jeudi, puis retour dans nos clubs le week-end pour le championnat. De plus, la construction des locaux n'était pas complètement terminée, donc nous allions déjeuner aux studios Saint-Maurice tout proches, avec les vedettes de cinéma de l'époque. Difficile de se plaindre, non ? Et puis j'ai aussi fait partie de l'équipe de France militaire avec laquelle j'ai gagné le championnat du monde en 1957. C'était en Argentine, et cette année-là, nous étions au-dessus de tout.

En 1958, vous participez à la Coupe du monde en Suède où la France termine troisième. Mais votre service n'est pas encore terminé.
Effectivement, j'avais été détaché pour l'occasion, alors que mon régiment était parti pour un stage de quatre mois en Algérie. J'avais vingt ans, j'étais le plus jeune de l'équipe et également le seul militaire, je devais donc rentrer immédiatement à Joinville. Mais au retour du tournoi, fin juin, j'ai rencontré une fille à Paris. Nous nous sommes éclipsés trois-quatre jours, je vous passe les détails. Pendant ce temps-là, mon commandant envoyait des télégrammes chez mes parents pour savoir où j'étais. Quand je suis retourné à la maison, les gendarmes m'ont embarqué jusqu'à la caserne et j'ai fini au trou pendant trois semaines !

« La Coupe du monde 58 en Suède, nous aurions pu la gagner si Robert Jonquet ne s'était pas blessé contre le Brésil. À l'époque, il n'y avait pas de remplacements et nous avons joué une heure à dix. Contre Pelé, c'était intenable. »

Pas terrible comme récompense.
Ah, c'est sûr que c'est loin des primes d'aujourd'hui (rires) ! Je ne suis sorti de prison que pour le 14 juillet. On m'a appris à marcher au pas pour l'occasion, car nous défilions devant le général de Gaulle. Dans le public, une partie nous applaudissait, car ils pensaient que nous étions des paras à cause de notre béret. Mais de l'autre côté, de la chaussée, on voyait notre insigne et on se faisait traiter de planqués parce que nous avions un régime spécial.

Et puis il y a eu l'Algérie.
Un passage obligatoire à l'époque. En 1958, la situation était explosive et la veille de mon départ, j'ai demandé à mon commandant la permission d'aller saluer mes parents. À l'époque, on ne savait jamais si on allait revenir. Permission refusée à cause de mon séjour en prison. Alors je suis allé voir un capitaine corse à qui je ne parlais jamais d'ordinaire : « Mon capitaine, je demande la permission d'aller dire au revoir à mes parents avant de partir en Algérie. » Un copain m'attendait déjà dehors avec une voiture pour m'emmener. « Tu me donnes ta parole que tu seras là demain matin ? » J'ai promis et il m'a laissé retourner chez moi. Mais mes parents étaient partis à la mer et je ne les ai jamais vus.

Comment s'est passé votre temps là-bas ?
Pour être honnête, très calmement. Sur les deux mois et demi que j'ai passés là-bas, c'est le retour qui a été le plus agité. L'équipe qui avait participé à la Coupe du monde allait rencontrer De Gaulle. Mon chef est venu me chercher pour m'informer que je devais repartir en quatrième vitesse. Nous avons sauté dans sa jeep et parcouru les trente kilomètres qui nous séparaient de l'aéroport d'Alger, où l'armée avait affrété un avion spécialement pour moi. J'étais seul avec les deux pilotes ! En atterrissant à Vélizy-Villacoublay, on m'a emmené directement à l’Élysée et nous avons pu voir le général tous ensemble. Ma carrière militaire s'est terminée comme ça.

Revenons au Mondial suédois. Cela constitue votre meilleur souvenir ?
Ah cette Coupe du monde... C'était un fameux bordel. Déjà, les amicaux de préparation étaient très mauvais. Nous avions remporté un match au Parc des Princes contre une sélection de joueurs du Racing et du Stade français (2-1), mais je soupçonne l'arbitre de nous avoir offert un penalty pour que nous ne soyons pas ridicules. Au retour, les supporters sont venus secouer notre bus en signe de mécontentement. Albert Batteux a alors décrété que nous étions atteints moralement et a décidé de nous donner congé pour la première semaine de préparation. « Allez à la pêche ! » , disait-il. Mais les anciens n'étaient pas d'accord et nous nous sommes finalement entraînés et avons enchaîné les matchs amicaux contre des équipes de division d'honneur. Je me rappelle une victoire 22 à 0. Très facile, mais elle nous a redonné le sens du but. C'est ce qui a fait que nous étions aussi forts en Suède. D'ailleurs, nous aurions pu la gagner, si Robert Jonquet ne s'était pas blessé contre le Brésil (en demi-finale, ndlr). À l'époque, il n'y avait pas de remplacements et nous avons joué une heure à dix. Contre Pelé, c'était intenable.

« Aujourd'hui, je constate que c'est le physique et l'endurance qui priment, ainsi que les passes du plat du pied, pour plus de sécurité. Il suffit de regarder en Ligue 2 comme les joueurs arrivent à cavaler pendant tout le match... Mais techniquement, c'est pauvre. »

L'année 1963 constitue un tournant dans votre carrière, puisque vous quittez Lens après dix ans dans le Nord.
Moi, je ne voulais pas partir, mais le club était déficitaire et m'a vendu pour un très bon prix à la Sampdoria où j'ai passé une saison, avant d'être revendu à Saint-Étienne. Là encore parce que le club avait besoin d'argent.

En 1963 toujours, vous portez le maillot bleu pour la trente-troisième et dernière fois.
(Il soupire) Eh oui. À la Sampdoria, nous n'étions que douze dans le groupe, dont deux gardiens. La question de savoir qui allait jouer ne se posait donc pas et c'est pourquoi on ne m'appelait plus en équipe de France : l'entraîneur craignait une blessure et le sélectionneur pensait que j'étais cramé. En arrivant à Saint-Étienne, Robert Lech, avec qui j'ai joué à Lens, m'avait entre-temps remplacé à mon poste. C'est comme ça.

Avez-vous des regrets aujourd'hui ?
Non, vraiment aucun, si ce n'est mon passage à Saint-Étienne où je n'avais pas le sentiment d'évoluer à mon meilleur niveau : on me faisait jouer centre-avant, alors que je suis ailier droit. Et puis je suis resté à la mauvaise époque (1964-1966, ndlr). Les Verts sortaient d'un titre de champion de France et ne le sont redevenus que lorsque je suis parti. Mon parcours en première division s'est terminé à Sochaux en 1969 après trois très belles années qui m'ont beaucoup rappelé Lens, à travers le public ouvrier et chaleureux, le président paternel et l'ambiance familiale.


Après votre carrière de joueur, vous avez entraîné plusieurs équipes en France et en Suisse. Quelles différences globales faites-vous entre votre époque et celles de vos successeurs ?
Je n'aime pas cette question, car on pourrait penser que je suis jaloux. À mon époque, quand les vieux parlaient de la manière dont nous jouions, ils donnaient déjà cette image. Après, je remarque quand même que les agents jouent un rôle de plus en plus important, ce qui peut être néfaste pour un jeune, s'il n'est pas bien entouré. Et puis dans le style de jeu, j'ai aussi l'impression que nous étions plus techniques, plus clairvoyants. Aujourd'hui, je constate que c'est le physique et l'endurance qui priment, ainsi que les passes du plat du pied, pour plus de sécurité. Il suffit de regarder en Ligue 2 comme les joueurs arrivent à cavaler pendant tout le match... Mais techniquement, c'est pauvre.

Pour finir, quels conseils donneriez-vous à Kylian Mbappé pour que la suite de sa carrière soit une réussite ?
Qu'il ne prenne pas le cigare, comme on dit vulgairement. Je ne le connais pas personnellement et je suis sûr qu'il progressera encore, mais je lui conseille aussi de ne pas trop s'améliorer. Parce que si c'est le cas, il perdra certaines de ses qualités initiales. En tant qu'ailier, il pourrait par exemple être tenté de faire davantage de passes et de ne plus marquer. Et Dieu sait que des buteurs, on en a besoin en ce moment.



Propos recueillis par Julien Duez
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Hier Mbappe etait coté 5 milliards d'euros, faut pas qu'il devienne trop bon sinon faudra vendre la Lune pour son transfert.
Note : 2
Pas sur que des acheteurs se bousculent pour la lune. J'dirais même que Mbappé > 5 milliard de lune.
Vous prenez le problème dans le mauvais sens messieurs, dans ce genre de situation afin d'éviter l'inflation ou qu'on se retrouve sans lumière la nuit, il est préférable que Mbappé devienne une monnaie échangeable à travers le monde! Je lance la production d'écus frappés de sa gueule dès demain, le mbappisme va ringardiser le capitalisme!
Alors déjà y'a pas assez de ressources sur Terre pour se payer Mbappé.
On peut l'échanger contre une galaxie habitable avec vue dégagée sur le Cosmos et acces direct a la Voie Lactée par voie rapide.
On peut se payer la résurrection du Christ et de Marylin Monroe si on négocie bien.

Et on parle de Mbappésation du monde, le Mbappisme c'était hier.
Demain on sera a l'ère de la Mbappitude.
mara donna des frissons Niveau : CFA2
Le Christ est déjà ressuscité . ( Si j'ai tout suivi...)
Et Marilyn picole avec Elvis sur un atoll lointain...
4 réponses à ce commentaire.
Génial. Quelle mentalité. Et le conseil à Mbappé est juste merveilleux.
Pfffff je ne veut pas faire mon Rabat joie mais là je n'en peut plus. On nous gave de Burger m'bappe avec des articles un peu partout. Oui il a du talent oui il est sur de bonnes performances depuis janvier mais calmons nous.
Assez d'accord sur le fond, après c'est pas forcément le meilleur article pour le dire : en l'occurence celui-ci est plutôt cool.
Bah non pourquoi? Il faut le griller comme les autres parce qu'il a fait 6 bons mois, pas de raison qu'il ait un traitement de faveur et que les medias le laissent progresser tranquille!
2 réponses à ce commentaire.
J'ai trop peur que ce petit ne devienne un marvin Martin bis ou qu'il nous fasse une carrière comme le légendaire Mourad zidane1er Meghni de Bologne.
Mais bon ya de quoi s'enflammer aussi
Il a fait a 18 ans plus que Martin et Meghni reunis.
1 réponse à ce commentaire.
Sinama-Pongolle aussi avait du talent !
Note : 2
Bravo a toi Julien Duez pour la qualité de ton article !
Je ne connaissais pas ce Franco-Polonais , sympathique entrevu .
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
De Kowalczyk à Koscielny, la liste des internationaux d'origine polonaise est impressionnante.
Ignace Kowalczyk, devenu simplement “Ignace”, est né en 1913 en
Pologne. Il joua à Lens, à Valenciennes et à l’OM, avant de finir à Metz,
et fut sélectionné cinq fois entre 1935 et 1938.
Édouard Wawrzeniak, dit “Waggi”, inséparable d’Ignace et né comme
lui en 1913. Il jouait ailier gauche et ne fut sélectionné qu’une fois, en
1935.
Edmond Novicki, surnommé “Mickey”, est également né en 1913. Il a
joué à Lens et compte deux sélections en 1936 et 1937.
Joseph Jadrejak est né en 1918. Il fut défenseur à Lille dans la grande
équipe de l’après-guerre, et joua trois fois en équipe de France en 1947.
César-Jean Ruminski, né en 1924, jouait à Lille. Gardien de but, il tirait
aussi les penalties et compte sept sélections, de 1952 à 1954.
Stanislas (Stan) Curyl est né en 1929 à Wittelsheim. Franco-polonais
de la deuxième génération né de parents venus travailler dans les mines
de l’Est, il fut sélectionné deux fois en 1952.

Stephan Bruey est né en 1932 dans une famille d’immigrants polonais.
Formé au Racing Club de Paris, il se révéla à Monaco, mais fit l’essentiel
de sa carrière au SCO d’Angers. Avant-centre, il ne joua pas mais faisait
partie des vingt-deux Français lors de la Coupe du monde 1958 en Suède
(les remplaçants, alors, n’entraient pas en cours de partie). Il compte
trois sélections.
Maryan Wisnieski est né en 1937 à Calonne, tout près de Lens où il
débuta avant de jouer à Sochaux, à Grenoble ainsi qu’en Italie, à la Sampdoria
de Gênes. Professionnel à dix-sept ans, international à dix-huit, il
compte trente-trois sélections et fut l’ailier droit de l’équipe de France
qui s’illustra en 1958 en Suède.
On pourrait ajouter Georges Lech, Stopyra père et fils, Koczur, Kargu, Theo, Zimny, Tylinski, Skiba, Rodzik, Maryan, Budzynski, Szczepaniak, etc...
1 réponse à ce commentaire.
Japhetauvillage Niveau : DHR
Pas "vieux con" le Visnivski ! Tout à fait alerte, même.
Et les petites anecdotes du temps ancien sont croustillantes ! Belle discussion.

Et puis, puisqu'il est sur la photo, un hommage à Jean Vincent, qui aura apporté deux championnats au FC Nantes, à la fin des seventies, avant que Suaudeau ne prenne la relève.

C'était un homme, ça, madame.
Mbappé un ailier, j'en apprends tous les jours.
Meme si c'est pas un pur attaquant de surface a la Trezeguet c'est un tueur dans l'ame,toujours a l'affut d'une opportunité de but . Je pense pas que ses coachs aient l'idée saugrenue de le gacher sur l'aile , et surtout de gacher le rendement de l'equipe.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Quel plaisir et quelle émotion de retrouver un "ancien de Suède", jeune d'esprit et pas aigri.
C'est vrai qu'en débutant trop tôt à l'époque, les carrières internationales pouvaient parfois tourner court: Georges Lech (et non Robert), Chiesa, Di Nallo,etc.
Ce n'est pas sûr qu'à onze, la France aurait battu le Brésil. Le seul regret, c'est de ne pas avoir été versé dans l'autre demi-finale.
Et dire que ce fameux quintette n'a jamais été reconstitué par la suite: 5 sélections ensemble seulement (pour le match de classement Douis remplace Piantoni, malade).Ils se sont recroisés par la suite, mais jamais les 5 à la fois: blessures, choix des sélectionneurs ?
Que devient Yvon Douis, lui aussi octogénaire ? Après un brillant séjour à Lille, Il fit partie du carré magique avec Theo-Hidalgo-Biancheri du Monaco de Lucien Leduc.
comme quoi, les gars qui faisait le mur pour sortir et faire la fête pour finir entre 2 flics, ça date pas de l'époque M'Vila, Benzema ou Serge Aurier.

Le jeunesse à a tout compris
Note : 2
De toute façon, dans le foot comme dans la vie en général, t'en auras toujours pour dire "moi à mon époque on était pas comme ça, on avait des valeurs, ...", et souvent quand tu creuses tu te rends compte qu'ils feraient mieux de fermer leur gueule.
1 réponse à ce commentaire.
pierrot92 Niveau : CFA2
Au gnouf après la CDM...aujourd'hui, y'a plus qu'en corée du nord que ça pourrait arriver.
Il n'y a pas si longtemps en 2000 après s'être fait sorti en poule de la CAN les ivoiriens avaient été envoyés en stage de "redressement" pendant un mois dans un camp militaire haha.
1 réponse à ce commentaire.
GLOBULES ROUGES ET BLANCS Niveau : DHR
J'adore l'article très lucide le papy ( ce n'est pas péjoratif) !

Sinon on a eu donc un article sur Bakayoko un autre article sur Lemar , un autre sur Mendy 360 sur Mbappé ^^ ne reste plus que Sidibé et on aura fait le club des cinq
Le pti vieux avec qui t'as envie d'échanger dans le bar du village. Merci
MariScott
S'ennuyer ce soir? Vous ne savez pas où trouver une fille pour la nuit? Bienvenue http://u.to/HtzPDw
S'ennuyer ce soir... vous traduisez depuis l'espagnol?
1 réponse à ce commentaire.
Evidemment, les interviews sont restituées...

Si celle-ci est fidèle au réel, je kiffe ce W.!
super papier,pas de syndrome "vieux con c'etait mieux avant retablissez le service molitaire"

instructif et emouvant!
GovouLegend Niveau : CFA
 //  18:03  //  Supporter de Lyon
Je suis vraiment un amateur de ces articles qui racontent le football d'après guerre, un autre monde.

Il à l'air d'avoir une excellente mentalité, c'est très drôle de voir un joueur de cette génération nous dire qu'à son époque il y avait déjà des vieux pour dire que c'était mieux avant. Faut croire que chaque génération a les mêmes défauts que la précédente. Y'avait-il parmi les politiques ou les journalistes certains pour se plaindre du nombre de joueurs d'origine polonaise ?
GovouLegend Niveau : CFA
 //  18:08  //  Supporter de Lyon
Plutôt années 50-60 qu'après guerre pardon.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Govou,
"Je suis vraiment un amateur de ces articles qui racontent le football d'après guerre, des années 50-60 ".
Sache que nous sommes deux, en fait beaucoup plus sur le site, mais pas tellement sur le foot français, car moins prestigieux que d'autres.
Pour les années 40-50, j'élargis ça à la musique et au cinéma.
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
@ Fred, on est bien plus que 2 ou 3 à être passionnés du foot des années 50-60. ;)
Après concernant le foot français en particulier, tu as raison : pour ma part, j'admets quelques lacunes à ce sujet, que j'essaye bien sûr de corriger.
En fait pour les décennies 50 et 60, je connais surtout le foot sud-américain (essentiellement argentin, brésilien et uruguayen, voire péruvien à un degré moindre), italien et espagnol - même si je n'ai évidemment pas la prétention de m'en considérer spécialiste.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Dans les années cinquante, plus de 10 % de la population
des footballeurs professionnels français
étaient d’origine polonaise.
Le RC Lens aligna parfois, à cette époque, des équipes formées essentiellement de joueurs d’origine polonaise.
Ils étaient neuf parmi les vingt-deux finalistes de la Coupe de
France de 1948, entre Lille et Lens.
helvétie Niveau : CFA
Faut aussi souligner que les polonais sont une des vagues migratoires les plus importante en France. Ils ont été présents dans tous les bassins miniers de l'hexagone et ils étaient en majorité au fond de la mine à extraire le charbon, pas planqués dans les bureaux.
Publio Elio Traiano Adriano Niveau : District
Pour les jeunes même Socrate disait "Notre jeunesse aime le luxe, elle est mal élevée, elle se moque de l’autorité et n’a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d’aujourd’hui sont des tyrans. Ils ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce, ils répondent à leurs parents et ils sont tout simplement mauvais". C'est amusant de constater qu'on peut remonter jusqu'à très loin dans "les jeunes c'est plus ce que c'était".

En ce qui concerne les polonais je sais qu'entre les deux guerres ils ont fait l'objet d'une certaine xénophobie et étaient considérés comme inassimilables car communautaristes. De nombreux ouvriers polonais se sont d'ailleurs vu expulser suite à la crise de 1929. Je crois que ça s'est petit à petit amélioré après la guerre et je n'ai pas d'exemple concernant le football.
GovouLegend Niveau : CFA
 //  22:16  //  Supporter de Lyon
Merci pour vos réponses !
7 réponses à ce commentaire.
Que d'humilité et de fraîcheur d'esprit dans ce bien chouette article!
Je l'associe autant à l'équipe de France de 1958 qu'au sketch Gérard où le grand Coluche le cite : "Tu sais qui c'est, Ujlaki, Stablinski, Kopa, Wisniewski?
C'est les plus grands Français qu'on a eus du monde!"
Un beau clin d’œil d'un fils d'immigrés italiens à un fils d'immigrés polonais.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
T'as raison: j'avais oublié le sketch de Coluche où il est cité.
Je ne sais pas si quelqu'un oserait refaire un sketch équivalent aujourd'hui ?
Oser, oui, encore que Gérard ne soit pas son sketch le plus anticonformiste. Mais il faudrait aussi avoir son talent et sa finesse d'observation pour écrire des choses si drôles, si pertinentes et si atemporelles.
C'est à chaque échéance électorale majeure que je trouve son absence plus pesante. Et cette année plus que jamais...
2 réponses à ce commentaire.
L'époque où les blessés ne pouvaient pas être remplacés, ça devait être quelque chose.

Super interview, belle lucidité l'ancien.
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
On avait droit à un remplacement (à partir de 54, sans certitude), puis deux (années 60), mais seulement dans les matches amicaux.
1 réponse à ce commentaire.
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
J'ai toujours eu un peu de mal avec cette théorie qui dit que sans la blessure de Jonquet, la France aurait pu battre le Brésil en demie.

Evidemment, comme tout scénario de foot-fiction, on ne saura jamais mais le Brésil 58 était au-dessus du lot et montait clairement en puissance depuis le difficile quart de finale face aux Gallois.
La Seleçao avait plusieurs joueurs qui étaient les numéros 1 mondiaux à leur poste, ou pas loin : Gilmar, Nilton Santos, Didi, Pelé, Garrincha, voire même Zito en milieu défensif (je ne compte pas Djalma Santos, futur meilleur latéral droit du monde mais qui n'a pris la place de Nilton de Sordi que pour la finale, contrairement à ce qu'on pense toujours) ! Et devant, Vava faisait aussi partie des meilleurs attaquants de l'époque tandis que Zagallo n'était certes pas l'ailier gauche le plus flamboyant (au même poste au Brésil, je lui préférais Pepe ou Canhoteiro, l'ailier gauche de Sao Paulo) mais il couvrait très bien les montées de Nilton Santos.
Mine de rien, on parle toujours du Brésil 70 mais je trouve la Seleçao de 58 peut-être plus complète (même si je préfère Tostao et Rivelino à Vava et Zagallo) car sans points faibles et avec une meilleure défense et un meilleur gardien. La charnière centrale Bellini-Orlando, c'était du solide et pour moi plus fort que celle de 70 : Piazza était un excellent joueur mais jouait plutôt milieu défensif à Cruzeiro, tandis que Brito était un bon défenseur central, endurant et physique, mais pas un génie non plus...

En fait, le regret pour l'équipe de France, c'est plutôt de ne pas avoir été dans l'autre demi-finale : elle était plus forte que la RFA et aurait sans doute pu accéder à la finale dans ce cas - on peut légitimement dire que c'était la 2e meilleure équipe du Mondial. En tout cas, les Bleus n'avaient rien à envier à la Suède même s'il est difficile de trancher (la Suède avait aussi une sacrée équipe avec son trio de stars de la Serie A, Liedholm-Gren-Hamrin).
Fred Astaire Niveau : Ligue 2
Evidemment que nous sommes nombreux, passionnés par ces époques, mais il me semble qu'il y en a moins pour le foot français.
D'accord avec toi, le Brésil semblait trop fort. Sinon, on n'en finirait pas de refaire les matches. Autre idée répandue: en 82 la France aurait gagné la finale. Rien ne permet de l'affirmer. Avec un meilleur gardien, peut-être.
Petite dissertation pour toi: si une coupe du monde avait eu lieu en 1946, qui verrais-tu, entre le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay ou l'Italie ? Il pourrait y avoir la France avec Ben Barek, la Hongrie (peut-être), mais pas l'Allemagne.
Je sais c'est compliqué, mais à l'impossible nul n'est tenu. Ecris nous une uchronie.
As-tu vu "La Coupe du monde disparue de 1942" un docu-fiction diffusé en 2014.
1 réponse à ce commentaire.
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