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Marvin Martin, la lueur d’un renouveau

Son retour n’en est qu’à ses prémices, mais Marvin Martin revient peu à peu dans le paysage de la Ligue 1 depuis fin janvier. Prêté à Dijon, le milieu qui appartient à Lille entrevoit peut-être enfin le bout du tunnel après des dernières années frustrantes. L’occasion de reprendre le fil d’une carrière nourrie par les incompréhensions et les comparaisons illégitimes.

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Le parfum de cette nuit étoilée reste à jamais à part. Il y avait, en cette soirée du 6 juin 2011, à la fois les contours tracés d’une ascension inopinée et le souffle d’un sommet atteint qu’il ne ressentira sans doute plus. Son père, Christian, en avait même eu les larmes aux yeux en y repensant. « Il m’a dit : "Papa, c’est un rêve", se remémorait-il. Je suis sur un nuage. Je vis ce que n'importe quel père aurait rêvé pour son fils.  » Pour Marvin Martin, de son propre aveu, c’est là que « ça a explosé de partout  » . À un degré insoupçonné, inimaginable, démesuré. L’Ukraine, Donetsk, première sélection chez les Bleus, une entrée ponctuée d’un doublé ainsi que d’une passe décisive et la France s’emballe. Avec un excès propre à elle-même. Le Parisien s’aventure alors à poser cette question qui sera plus tard vécue comme un fardeau plutôt qu’un honneur national : « Est-il le nouveau Zidane ? » À travers le même doublement de ses initiales ( « MM » ), d’aucuns y ont vu de surcroît un signe. Une illusion habilement maquillée. « Il n’y aura qu’un Zidane, assurait-il pourtant en 2011. Ces comparaisons, ce n’est pas bon et ça n’aide pas celui qui en est l’objet. » Plus que quiconque, Martin peut en témoigner.

« Je n’ai jamais été un très grand rêveur »


« Je n'ai jamais été un père aveuglé, mais j'ai toujours cru en lui » , rappelait encore son père. Parce qu’il ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas, Martin n’a jamais eu l’ambition d’embrasser le parcours des élus : « Je n'ai jamais été un très grand rêveur. Des rêves, je ne sais pas si j'en ai. » Presque six ans sont désormais passés, ensevelissant au passage des promesses un brin vertigineuses. L’équipe de France représente aujourd’hui une douce chimère et le milieu de vingt-neuf ans tente, à pas feutrés, de donner un nouvel élan à sa carrière à Dijon. « Il est arrivé un peu tout feu tout flamme avec beaucoup d’ambition et d’envie, explique Olivier Dall’Oglio, son coach dijonnais. C’est un garçon qui était très impatient de jouer, trop même. Mais on a vu que dans le domaine médical, il y avait des déséquilibres, notamment musculaires. On essaie de lui donner les mêmes conditions qu’à Sochaux. Il a moins de pression médiatique. C’est un garçon qui a besoin d’affection, d’avoir une relation proche avec les gens qui l’entourent. » En Côte-d’Or, le Français retrouve un cadre familial propice à l’épanouissement. Peut-être ce qu’il faut pour renouer avec une simplicité qui lui a toujours permis de s’exprimer.

Issu d’une famille - père et oncles - qui a baigné dans le foot dans le 14e arrondissement de Paris, celui que son paternel surnommait le « Petit Platoche » était la mascotte du CA Paris (1994-1996). Avant de rejoindre Montrouge (1996-2002) où il remporte la Coupe de Paris au côté d’un certain Hatem Ben Arfa. Viennent ensuite les années sochaliennes, les plus belles de sa carrière. Avec sa bande de potes formée par Boudebouz, Peybernes, Boé-Kane, Tulasne et Cros, il apprend son métier. Entre insouciance, travail acharné et plaisir. « Par rapport à Jérémy Ménez, c’était un bon joueur, sans plus, assure Christian Walgenwitz, son coach en U14 fédéraux dans le Doubs. On ne se retournait pas forcément sur lui, mais c’était un gros bosseur. Il progressait chaque année. » « Marvin, c’est la joie de jouer. Tout le temps, complète Éric Hély, qui l’avait fait capitaine lors de la Coupe Gambardella remportée en 2007. Il adore jouer et était à fond à chaque entraînement. » Chez les pros, tout s’accélère. Leader technique des Lionceaux, le meneur de jeu envoie caviar sur caviar et boucle l’exercice 2010-2011 avec dix-sept passes décisives en L1. Soit à une unité du record établi par Jérôme Rothen en 2002-2003. Des chiffres suffisamment probants pour lui ouvrir les portes des Bleus et celles du LOSC un an plus tard.

Dall'Oglio : « Il se disait que le football ne voulait plus de lui  »


Lille devait être l’esquisse d’un envol attendu par tous. L’histoire ne sera finalement qu’un rendez-vous manqué. Car tout a débuté sur un malentendu et une nouvelle comparaison infondée. Débarqué dans la foulée du départ d’Eden Hazard pour le transfert le plus onéreux du club (12 millions d’euros), Martin est alors considéré comme le successeur attitré du prodige belge. Une hérésie tant leurs profils diffèrent. Alors que l’actuel joueur de Chelsea s’inscrit dans un registre de percussion, l’ex-Sochalien est lui un accélérateur de jeu par sa qualité de passe, sa vista et sa capacité à donner l’impulsion à son équipe. Des qualités qu’il n’a toutefois jamais été en mesure d’étaler en quatre années dans le Nord. Jamais épanoui dans les systèmes dessinés, son corps va progressivement le lâcher. Deux opérations au genou en 2014 et 2015, des blessures récurrentes aux adducteurs et aux ischio-jambiers : « À un moment donné, tu penses tout le temps à ça et tu développes une forme de peur.  » La confiance s’étiole en même temps que les rares prestations ne convainquent pas. Résultat : 70 matchs disputés sur 152 possibles en championnat et aucun but toutes compétitions confondues. Un constat aussi parlant que terrible.


Pour fuir ce cercle vicieux, l’international tricolore (15 sélections, 2 buts) a donc eu l’humilité de rallier Dijon en prêt. Pour « reprendre du plaisir » et se reconstruire à la fois physiquement et psychologiquement. Sauf qu’il y a d’abord eu les larmes lâchées, à Nancy, au cours d’une soirée de novembre écourtée à cause d’une rechute. « On l’a ramassé à la petite cuillère. Il se disait que le football ne voulait plus de lui. Mais, deux jours après, il était reparti » , révèle Dall’Oglio. Puis c’est le retour aux affaires, prometteur, depuis fin janvier. Reste tout de même cette incertitude de revoir ou non, un jour, le joueur qu’il a été. Et pas celui que la presse a voulu vendre sans juste mesure. « Ce sont des événements qui l’ont amené trop haut, alors que son réel niveau se situe une marche en dessous  » , souffle, lucide, Éric Hély. Le chemin de croix n’est pas encore derrière lui, mais Marvin n’en est pas à sa première déconvenue essuyée. À treize ans, il a vu « son rêve s’écrouler » après avoir été recalé par Clairefontaine, car jugé trop petit. Désormais, du haut de son mètre soixante et onze et à l’aube de la trentaine, il ne nourrit aucun regret ni aucune rancœur quant à sa trajectoire : « Ça a été vite, c'est vrai. Mais j'ai kiffé d'être encensé jeune. Et c'est dur de dire si c'était un bien ou un mal. » L’histoire de Marvin Martin est ainsi faite. Et ça, il ne l’a pas rêvé.

Par Romain Duchâteau Tous propos recueillis par RD, sauf ceux de Marvin Martin et de Christian Martin extraits de L’Équipe et du Parisien
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