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Marveaux : pour l'honneur du nom

Ils sont frères, bretons et jouent en Ligue 1. Ce soir, au cœur d'un sexy Rennes-Montpellier, Joris et Sylvain Marveaux vont se renter dans le lard pour la suprématie familiale.

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Ils ont dû en jouer des parties de football dans leur quartier de Ménimur, à Vannes, où les deux frangins ont vu le jour. Un contre un, chambrage et rêve d'enfant, les deux bro' ne s'imaginaient pas se retrouver sur le même pré un soir de match de championnat de France. L'un contre l'autre. Portraits croisés.

Les parcours : formation accélérée contre maturité tardive


Sylvain est le plus jeune (24 ans contre 28 à Joris), pourtant, il a plus de matches de Ligue 1 dans la besace que son grand frère. La faute à une éclosion précoce du petit gaucher rennais. A 20 ans, Sylvain découvre l'élite à un poste d'arrière-gauche qui n'est pas le sien. L'Hexagone découvre alors ce petit gaucher technique capable de déboiter une défense sur un coup de rein. Mieux, il snipe Aulas après un match contre Lyon. « C'est sans doute plus facile de siffler (un penalty) pour l'OL que pour une petite équipe [...] C'est le poids d'un gros club, c'est normal, on sent que le président Aulas a une grosse influence et que son club prend de l'importance dans le foot européen » . La réponse de JMA sera sévère : « Il est jeune et manque d'expérience. Pour son information, je lui rappellerai que l'Olympique Lyonnais n'a obtenu qu'un seul penalty en L1 cette saison, qui ne fut d'ailleurs pas décisif, alors que Rennes en a eu trois. Je trouve donc sa remarque orientée et vicieuse, a fortiori de la part d'un jeune joueur » . Pan.

L'apprentissage est expéditif. D'aucuns voient en lui le nouveau Malouda. Assujetti aux blessures (il se rompt les ligaments croisés du genou en 2005 ce qui l'amène à manquer l'Euro des moins de 19 ans), Sylvain Marveaux voit son ascension brisée en vol en août 2008 où il se pète avec les Espoirs. Il mettra plus de deux ans à retrouver un niveau correct. L'arrivée de Frédéric Antonetti donnera un coup de fouet à sa résurrection. Depuis, il délecte les rétines des spectateurs chaque week-end. Du côté de son frère, il aura fallu attendre le retour en Ligue 1 de Montpellier pour le voir à l'œuvre. Oublié par le centre de formation nantais, Joris fait ses premiers pas avec Lorient. Ensuite, le lascar évoluera dans l'anonymat des divisions inférieures dont deux bonnes saisons à Clermont-Ferrand (2006-2008 dont un titre de champion du National en 2007). Bien installé dans l'entrejeu héraultais depuis le passage de Rolland Courbis, Joris forme un duo de charognards avec Pitau.

Les styles : le technique et le besogneux


Techniquement, Sylvain est au-dessus de la moyenne. Vif, rapide, doté d'un pied gauche précis, il peut éclater à lui tout seul une défense compacte. Jusqu'à l'année dernière, il connaissait des difficultés dans le dernier geste. Mais sa dernière saison (10 buts) lui a fait franchir un cap. Très à l'aise dans une attaque à trois où il joue le rôle de piston gauche, le Breton peut aussi évoluer en soutien d'un duo d'attaquants. Doté d'une bonne vision et d'une qualité de passe non négligeable, Sylvain se partage avec Leroy et Dalmat la charge des coups de pied arrêtés. On parle de plus en plus de lui pour les Bleus. Tout sauf une hérésie. A l'inverse, son frère est un homme de l'ombre. Il détruit tout ce que son frère construit. Milieu relayeur/travailleur, Joris est au départ des actions. Il ratisse, gratte, presse et dynamise son milieu avec un physique de marathonien. Néanmoins, il peine parfois à reproduire régulièrement ses prestations de haut niveau. Buteur à ses heures perdues (dont un doublé contre... Rennes l'an dernier), le milieu de terrain possède un très bon jeu de tête.

L'avenir : la tentation étrangère contre la préférence nationale


Frédéric Antonetti ne s'en est jamais caché. Pour lui, Sylvain a une destinée internationale. « Il n'est pas très loin du groupe France. Il y a peu de gauchers. Ben Arfa est blessé, il y a Malouda et ensuite il est là. Il est capable de faire basculer un match par son accélération et est capable d'inventer dans les 30 derniers mètres. J'en ai pas beaucoup vus des comme lui. Il doit gagner en détermination pour faire basculer un match. Toutes proportions gardées, il me fait penser à Messi » . La comparaison qui dérange. Pourtant le gaucher devrait vite se laisser convaincre par les sirènes de l'étranger. L'Angleterre et l'Espagne seraient des points de chute logiques. Pour ce faire, le gamin de Vannes doit enchainer une seconde saison de qualité et mener son club à une place européenne plus en adéquation avec le talent -supposé- de la jeune génération rennaise. Joris, lui, est également dans la confirmation. Après une saison dernière exceptionnelle (5è en étant promu), Montpellier connaît un début d'exercice 2011 plus délicat. Le MHSC peine à confirmer les espoirs placés en lui (trois défaites sur les cinq derniers matches). Pour Joris, le but à moyen terme est de s'imposer en Ligue 1 et de s'immiscer dans le cercle des relayeurs confirmés du championnat. Pour le moment, tout reste à faire. Sans oublier que l'année dernière, les Héraultais avaient pris une valise au stade de la Route-de-Lorient (3-0).

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