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Martial croque les Toffees

Grâce à un but d'Anthony Martial au bout du temps additionnel, Manchester United s'est qualifié cet après-midi pour sa première finale de FA Cup depuis 2007 en balayant Everton (2-1). L'attaquant français a été énorme et passeur décisif, alors que David de Gea a sorti un penalty de Lukaku. Le ticket est au chaud.

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Everton FC 1-2 Manchester United

Buts : Smalling (CSC 75e) pour Everton - Fellaini (34e) et Martial (90e) pour Manchester United

Il faut voir son visage. Il semble entré dans une nouvelle dimension. Anthony Martial vole vers le poteau de corner, habité, transcendé. Il ne restait que quelques secondes, mais l'attaquant français a fait basculer une demi-finale longtemps indécise entre Everton et Manchester United (2-1) grâce à une passe décisive et un but au bout du temps additionnel. Martial a été énorme toute la rencontre et emmène dans sa foulée rageuse les Red Devils vers leur première finale de FA Cup depuis 2007. Ce sera le mois prochain. Louis van Gaal peut sauter, enfin.

Emportés par la touffe


La FA Cup est un doudou. Un réconfortant, un shot de fin de saison, un morceau d’histoire à ranger dans une armoire à trophées. Cette Coupe d’Angleterre a ce côté particulier, cette faculté d’être hors du temps tant son passé est costaud. Car elle peut sauver une saison, lui donner une nouvelle tournure ou, au moins, faire décrocher un sourire lorsqu’on n’en a plus l’habitude. Hier, on en parlait comme d’un « cadeau de Noël  » . Aujourd’hui, elle est devenue un objectif. Louis van Gaal avait insisté, avant le rendez-vous, sur cette notion plutôt que de parler de son avenir déjà compromis. Car le Pélican le sait : une victoire à Wembley le mois prochain ne pourra pas arranger complètement sa copie. Elle pourrait simplement soigner sa sortie annoncée. Alors, comme souvent, l’enfant d’Amsterdam doit s’en remettre à des gosses. Des gamins, Anthony, Marcus, Jesse. Leur moyenne d’âge dépasse à peine les vingt ans, mais peu importe. Ils ont le pouvoir sur la feuille de match où Darmian laisse sa place à Rojo côté gauche et où une autre jeune pousse, Timothy Fosu-Mensah, pousse Valencia sur le banc. Devant, Rooney est aligné dans l’axe, alors que Carrick et Fellaini ont le monopole du cœur. Côté Everton, seule surprise, la présence de Phil Jagielka, capitaine incertain jusqu’à la dernière minute, alors que Coleman est remplacé côté droit par Bešić. Barry est également absent.


Et d’entrée, Manchester United ne veut pas regarder, profiter, mais attaquer. Les intentions des hommes de Louis van Gaal sont rapidement dessinées : Martial s’amuse tranquillement avec John Stones, Rojo fait passer un frisson dans le dos de Joel Robles et le duo Rashford-Lingard s’éclate avec un Baines à la peine. United domine, confisque le ballon, mais est rappelé à l’ordre par Lukaku après une mauvaise appréciation de Carrick et Fosu-Mensah. Rooney sauve les siens de la tête. Le scénario est clair : Everton va attendre, laisser Lukaku seul dans la moitié de terrain adverse, alors que, derrière sa ligne, Martinez n’est pas rassuré. Il se sait en danger et sait aussi qu’une élimination aujourd’hui pourrait signifier la fin de son aventure à Liverpool dans les prochaines semaines. Mais tout va trop vite pour ses Toffees, Anthony Martial multiplie les débordements, Rooney offre des cadeaux et sur un nouveau travail phénoménal de l’attaquant français à la demi-heure de jeu, Marouane Fellaini n’a plus qu’à se faire plaisir (0-1, 34e). Muhamed Bešić est au fond de la gamelle sur son côté, le milieu d’Everton aussi, alors que Jagielka a rarement été aussi dépassé. Louis van Gaal, lui, note, encore et toujours. Le rictus en plus.

David douillet


Car le Pélican sent son équipe quasiment intouchable face à un Everton trop timide. Dès le retour des vestiaires, les Red Devils reprennent leurs offensives et Lingard est tout proche de faire tomber le suspense. Reste que ce raté est presque un tournant. Sur l'action suivante, alors que Martial est touché à la cheville, Barkley s'en va jouer dans la défense mancunienne et Fosu-Mensah le déstabilise. La faute est réelle, l'occasion est belle pour revenir dans le scénario. Mais Lukaku bute sur De Gea qui sort avec autorité le penalty de l'attaquant belge. Everton est mieux, combine enfin et United commence à flancher. Louis van Gaal muscle son onze, sort Fosu-Mensah pour lancer Valencia dans la bataille. On sent qu'un détail peut changer l'histoire. Une accélération de Martial, une inspiration de Lukaku ou une main de Jagielka pour sauver une frappe en bout de course de Fellaini. Les hommes de Martinez ont récupéré la confiance, Deulofeu, entré en jeu, doit la traduire en réalisme. Les paroles et les actes.

Sur sa première véritable situation, le petit Gerard temporise et pousse sur son centre Chris Smalling à faire tomber son propre gardien au sol (1-1, 75e). La confiance a changé de côté, De Gea doit une nouvelle fois sauver les siens devant Deulofeu, Fellaini se sacrifier, lui, face à Lukaku. De l'autre côté, la défense d'Everton a retrouvé de la résistance, Rashford a moins d'espaces, et United est incapable de créer un décalage. Alors, on tente de loin comme le jeune attaquant mancunien. Martial s'essaye aux acrobaties, Herrera tente d'arracher le short de Barkley, signe d'une impuissance visible. De Gea, lui, se fait peur avec Lukaku. Coquin, toujours. C'est le moment choisi par Anthony Martial pour réveiller la foudre (1-2, 90e). Wembley explose, Louis van Gaal implose. Manchester United tient son ticket, le sert fort contre lui. Le souffle coupé.

Par Maxime Brigand
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